GOLEM – PIERRE ASSOULINE – 1

 

[en salle d’attente…les autres]

CE TRISTE ÉTAT VÉGÉTATIF QUE CERTAINS  - letcr1-exp

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CE TRISTE ÉTAT VÉGÉTATIF QUE CERTAINS  - letcr1-exp0

Extrait du roman
GOLEM
de
Pierre Assouline

Parcours de lecture

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Un extrait plus long

CE TRISTE ÉTAT VÉGÉTATIF QUE CERTAINS  - txt11


Il les dévisagea un à un, puis les envisagea un à un, même ceux qui flottaient dans ce triste état végétatif que certains s’obstinent à nommer la vie.
Drôle d’échantillon d’humanité, mais pourtant bien de nous qu’il s’agit. Des personnes de toutes sortes et de toutes conditions que réunissait leur qualité de solliciteuses. On les sentait prêtes à se jeter du haut de leurs secrets. Certaines ne lisaient pas. Même pas un vieux magazine.
Le spectacle de gens capables de ne rien faire du tout pendant plus d’une demi-heure l’avait toujours stupéfié, surtout dans les trains ou les avions long-courriers dans lesquels ce néant absolu pouvait durer des heures.
Ici leur regard ne se fixait sur rien. Il suintait l’ennui, cette araignée silencieuse. L’ennui et l’angoisse.

Mon livre d’heures – Frans Masereel – 01

[Loco … motive]

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Evocations
à partir des illustrations
du livre d’heure de Frans Masereel


 

Parcours de lecture

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Dans la fumée, derrière le fer qui rugit, sur le fer qui gémit, la joie au cœur, la folie est la raison qui m’emporte vers toi.

VOUS VIVEZ DANS QUEL MONDE ? – CHRISTINE ZOTTELE – 3

Dans quel monde vous vivez - couverture« À la question « Dans quel monde vous vivez ? » je fais différentes réponses, selon les jours, selon mon humeur, selon la météo… Différentes réponses tout aussi vraies les unes que les autres. Je crois qu’il en va ainsi pour chacun d’entre nous : nous vivons tour à tour dans plusieurs mondes. Plus ou moins vivants.

Pour ma part, le monde du collège (…) me fait vivre et me permet de rejoindre d’autres mondes.

Le monde noir, blanc et silence des pages imprimées, par exemple. Depuis longtemps, depuis l’enfance, mon refuge et mon voyage. Dans le monde de la fiction, nous vivons plus intensément, plus fort, plus libres et tout fait sens. Libre à nous d’en sortir à notre gré.

Le monde où je vis s’écrit aussi. (…).

Bref, quelle était la question ? Dans quel monde vous vivez ? Je vis dans le vaste monde. Je vis dans un monde qui ne se pose pas de questions et ça me pose question. Je vis dans un monde de certitudes et je crois que ce n’est pas mon monde préféré. Je vis dans un monde noir, blanc – et cependant haut en couleurs – et silence.« 

Christine Zottele

disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets)  ici


[aux frontières…
retenu par un fil] 


SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - letcr1 -exp

(grille simple
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SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
« Vous vivez dans quel monde ? » de Christine Zottele 

 —

Itinéraire de lecture

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 Extrait plus long

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Je ne sais plus très bien qui est cet adolescent endormi dont on aperçoit le visage tuméfié, violet et brun parmi les couleurs les plus identifiables. Il est allongé sur un lit métallique, relié à des machines sophistiquées émettant des bips, des sons plus ou moins réguliers. Sur les écrans, des lumières rouges tracent des courbes, parlent un langage que je ne comprends pas. Je sais juste qu’elles parlent de l’état de ce corps, elles l’aident même peut–être à le maintenir en vie. Je ne comprends pas cette image. Je plane au–dessus du lit comme dans ce jeu de guerre où l’on peut avoir une vision aérienne sur les lieux des différents combattants. Le problème c’est que je ne suis pas dans un jeu. D’ailleurs jamais je n’ai joué. Je prends peur quand je m’aperçois que ce garçon me ressemble étrangement au point que… Pff… Pff… Biiiiiiiiiiiiiip – Biiiiiiiiiiiiiiip– Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…. Mon pouls s’accélère. Une femme arrive, jette un œil sur les écrans, prend la main du patient. Ma main. Elle saisit un flacon, le visse à la perfusion. Les machines se sont calmées, sons et lumières ont repris un rythme régulier. Entre–temps j’ai réintégré mon corps. Ce n’était pas encore l’heure du grand passage. Celui d’où on ne revient pas. Le produit m’apaise, me plonge dans l’oubli de ce dont je ne veux pas me souvenir. Jamais.

BLANCS – LOUISE IMAGINE ET JEAN-YVES FICK – 11

 

À DÉFAUT DE NOMMER - letcr2-exp

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À DÉFAUT DE NOMMER - letcr21

 Extrait de  « BLANCS » (Parole les fonds noirs III)
Photographies de Louise Imagine et Textes de Jean-Yves Fick


Parcours de lecture
À DÉFAUT DE NOMMER - s

L’extrait

À DÉFAUT DE NOMMER - txt0

Le poème

À DÉFAUT DE NOMMER - txt1


________

les TAGS
donnent des mots de l’extrait.

___________________________________

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Chez Publie.net : Jean-Yves Fick

Louise Imagine

D’autres mots de Jean-Yves Fick gammalphabet
D’autres passages de Louise Imagine PASSAGES ALEATOIRES – LA VILLE


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à défaut de nommer 
ce qui dans l’arbre passe 
la racine et la hampe 
l’ombre ligne la branche
 
la blessure les creux 
après la pluie d’été 
— l’errance n’aura rien 
eu autre mouvement
 
que celui qu’il te faut 
reprendre sans cesser 
ni discerner jamais
 
cela qui fait cristal 
au sein même des noirs 
quand œuvrer s’y retire.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 4

[Le critique en poésie est-il celui qui expose ses valeurs ?]


VOILÀ DEUX OPINIONS ET - letcr1-exp

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VOILÀ DEUX OPINIONS ET - letcr0


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Extrême exigence de René Daumal et du Grand Jeu
concernant le rôle de la critique
une position qui serait de nos jours très

critiquée

Un coup d’épée
dans le sac de sable
qui sert de ventre
aux bavards
à style.

—–

parcours de lecture
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Un extrait plus long

 VOILÀ DEUX OPINIONS ET - txt1

Lecture au-delà de ces extraits


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Quant aux critiques proprement dits, j’en trouve deux grandes catégories ; les premiers jugent le poète avec toujours la supposition sous-entendue qu’il écrivité librement son œuvre, choisissant telle expression plutôt que telle autre au nom de principes esthétiques, moraux ou logiques, les mêmes qui servent au critique à juger le poème. Les seconds tentent d’expliquer ou de justifier l’oeuvre en la montrant clairement déterminée.
Ce que j’ai dit plus haut de la critique en général condamne les premiers ; ils jugent le poème selon des préjugés propres à eux, qu’ils prêtent arbitrairement au poète. Préjugés esthétiques : « comme le Bateau Ivre est beau ! quelle maîtrise du rythme et du vocabulaire ! quelle science des sonorités ! … » ou : « comme les Illuminations sont laides ! quel manque de composition ! quelle méconnaissance de la vraie beauté !… »
Voilà deux opinions – et l’on en a exprimé certes de plus stupides – aussi tristement bêtes l’une que l’autre.

Aux mait’naj’

EST CE TOI QUI TE FRAIES - letcr1-exp

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EST CE TOI QUI TE FRAIES - letcr1

(peut se lire en clair là-bas)

Clin d’oeil à la revue piscine
qui, après un premier numéro ZérH2O
dont on cherchera en vain l’envers du décors

se projette vers un nouvel horizon
« L’âme des lieux sans âme »


 

Présentation du numéro 0

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 3

[Rien n’est épargné dans cette première partie du texte qui se donne comme but (mission) de définir la Critique avec un grand C. Détruire l’inutile est aussi de son devoir (!?)]


CETTE JUSTIFICATION D UNE OEUVRE - letcr1-exp

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CETTE JUSTIFICATION D UNE OEUVRE - letcr1


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Extrême exigence de René Daumal et du Grand Jeu
concernant le rôle de la critique
une position qui serait de nos jours très

critiquée

Point de « départ » bien nécessaire pourtant
que cette révolte à propos du traitement qui est fait
du Verbe, notamment.
Un peu excessif peut-être

mais ça réveille !
(bis))

—–

parcours de lecture
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Lecture de ces pages


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Cette justification d’une œuvre ne peut pas être une plus ou moins vague approbation ; elle doit être une stricte démonstration de la nécessité externe et interne de l’œuvre. Justifier l’œuvre, c’est établir qu’elle est justement placée parmi les choses extérieures là où elle doit être, et qu’intérieurement toutes ses parties sont justement placées les unes par rapport aux autres telles qu’elles doivent l’être ; c’est prouver qu’elle est nécessaire parce que déterminée, dans sa nature organique, du dehors et du dedans.
Je vois maintenant que nommer ce travail une critique, au sens philosophique du terme, n’est pas abuser du langage, et que ce sont les autres qui se trompent, qui appellent ainsi les plus stériles bavardages.
J’ai dit que justifier seulement une œuvre c’était la glorifier : mais ne voyez-vous pas qu’après l’examen critique sévèrement fait de la façon que je viens de le définir, il ne resterait qu’une goutte d’eau pure de tout l’océan littéraire, ce royaume du plus vain caprice où tous les esprits faciles du siècle nagent leur nage de parasites ; qu’une goutte d’eau pure, oui, mais intensément grosse du déluge.

Sur la table – Murièle Modely – 1

couvertureAvec ce nouveau recueil, Murièle Modely, rejoint le groupe des poètes et poétesses de Qazaq.
Ecriture qui se construit en construisant le monde (en y contribuant du côté des rechargeurs de mots) et le pose ici tout entier « sur la table »
ou tout du moins ce qui mérite d’y être posé
et du reste « on se contrefout »

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

 L’illustration de la couverture ainsi que
celles du recueil lui-même sont de Maxime Dujardin


[bois et lueur du partage]


   SUR LA TABLE ENTRE NOUS - letcr12
(Ou, à cliquer)
SUR LA TABLE ENTRE NOUS - letcr11


  

 « Sur la table»
de Murièle Modely

Itinéraire de lecture

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Lecture

 

Murièle Modely en ses contrés virtuelles de « L’Oeil bande« 



Tu répètes à qui veut
l’entendre
qu’il s’agit de noyer
– l’image est éculée
le chagrin dans
le boire

mais tu mens
tu ne bois que pour
la giclée ardente
contre la langue
dans les verres
entre les doigts

sur la table entre nous
la rondeur ambrée du moment
la lumière tamisée de l’instant

et la fièvre et les cris et le monde au dehors dont on se contrefout

Histoires du delta – LAN LAN HUÊ – 3

Histoires du delta - couverture« Le balcon », « La fente »,
« Potamomancie », « Dans un pli de l’âme » et « Ramayana » relatent des historioles de ce delta du Sud  du Viêtnam où
elles ne sont pas seulement particularités régionales. Mais aussi et surtout mémoires. Plurielles, effacées, transformées. En transit.

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

 L’illustration est de la main de Lan Lan Huê


[L’humain, son pays
ses racines
celles de son âme]


   EUX ILS DESCENDENT DE LA MONTAGNE - letcr1-exp1
(cliquer pour un texte plus lisible)

  

 « Histoires du delta »
de Lan Lan Huê

Extrait de   « Dans un  pli de l’âme »

Itinéraire de lecture

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Lecture de quelques pages



Les poules se promènent entre les jambes lors des consultations. Les cochons s’ébrouent. Ils se roulent même dans la boue et leur peau noire, corps à cette vase fraîche, leur fait manteau réfrigérant. Ils ont alors des grognements d’aise, une délectation que leur envient les humains qui les observent. Patience. Peut–être dans une prochaine vie ?
Mais les voilà. Faut–il les appeler les malades ? Quand il les a rencontrés la première fois,  il se demandait s’ils se vivaient vraiment comme malades. Peut–être seulement différents, pas comme ceux des rizières ou des campagnes, ni comme ceux qui ont la culture de la voix, des chants et des instruments de musique. Eux, ils descendent de la montagne. Certains semblent même faire corps avec la montagne. Ils sont montagne. Elle s’infiltre par leurs pieds et pousse vers le ciel. Et leurs bras, leurs regards étreignent les nuages. Et dans les berceuses chantait l’âme de la montagne. Dans le creux de leur glotte. Dans les vibrations de leurs cordes vocales. Dissociée. Et pourtant si intime. Suivant les inflexions de la langue. Elle double les sons, les mots, les phrases. Venue d’ailleurs. Esprit de la montagne devenue.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 2

[Rien n’est épargné dans cette première partie du texte qui se donne comme but (mission) de définir la Critique avec un grand C. Tout est canaille !]


LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- letcr1-exp

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LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- letcr1


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Extrême exigence de René Daumal et du Grand Jeu
concernant le rôle de la critique
une position qui serait de nos jours très

critiquée

Point de « départ » bien nécessaire pourtant
que cette révolte à propos du traitement qui est fait
du Verbe, notamment.
Un peu excessif peut-être

mais ça réveille !)

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Lecture de ces pages


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Je ne suis d’abord pas sûr qu’un livre comme celui de Roland de Reneville sur Rimbaud le voyant soit ce que le langage commun appelle un ouvrage de critique ; mais je préfère user de charité envers le langage commun en étendant un peu le sens de ce mot, pour pouvoir le prononcer autrement qu’avec la grimace du dégoût.
Aujourd’hui que toute parole vivante ne peut s’imposer qu’en s’entourant de la plus extrême rigueur, au milieu du pullulement littéraire des recettes pratiques grâces auxquelles le premier venu, pour peu qu’il ait la plume agile, peut imiter, en agitant de froid cadavres, un torrent de révélations, aujourd’hui que le Verbe est prostitué, la Beauté vendue à la canaille du pinceau ou de la plume, La Vérité vendue à la canaille de la science qui construit les machines à abrutir et à tuer, le Bien vendu à la canaille législative et policière, l’Esprit vendu à la canaille ecclésiastique, aujourd’hui c’est glorifier une entreprise que simplement la justifier.