Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 08

Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)

Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.

Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.

 


Cimetière de douaumont-11


« Enfin, ce qui est fait est fait et ce qui est à faire reste à faire. Le temps est pour tout, même ce soir pour regarder cette immense plaine qui s’en va toute d’une traite, depuis le pied de ma terrasse jusqu’au fleuve. L’été de tout le jour s’est appesanti sur les blés. La chaleur sent la farine. Vingt ans. Depuis vingt ans j’ai vu se succéder ces moissons et les vendanges de la terre, la feuillaison des arbres,…

JNPgi-08- LES MOISSONS ET LES VENDANGES-le-i


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LES BELLES LETTRES.
LETTRE D’UN TOUT JEUNE CONSCRIT.
« Mes chers parents, vous m’excuserez de ne pas vous avoir écrit plus tôt. Je n’ai pas eu beaucoup de temps. J’ai été les premiers jours dans les tranchées. J’ai fait le coup de feu comme les autres. Un jour, j’ai surpris deux Boches derrière un arbre, en train de manipuler des bombes. Je les ai tirés à bout portant.
J’ai été blessé par un éclat d’obus. Ce n’était rien, et je suis resté ici. »

Extrait de « La Grande guerre par les grands écrivains : Messidor : revue bi-mensuelle illustrée  » qui reprend une lettre produite par Paul D’Ivoi et publiée dans le journal « Le matin ».
Cette lettre est citée comme une correspondance réelle dans « Pour nos soldats : GUIDE DU POILU » de Charles Charton

Le mythe de la machine – Lewis Mumford – transformation de l’homme

Pourquoi il faut (re)lire « Le Mythe de la machine »

Plus de cinquante années après sa publication
(Réédité récemment, sa première impression a été rapidement épuisée)


« Jamais depuis l’âge des pyramides on n’avait vu un bouleversement d’une telle ampleur se produire en un laps de temps si court. Ces changements ont modifié à leur tour la personnalité humaine, …

LMDLM01-ET DES TRANSFORMATIONS-let-i


On a longtemps cru et répété que le cerveau de l’homme n’était utilisé qu’à 30% (ou moins) de sa capacité.

De récents travaux ont montré la fausseté d’une telle assertion.
Le cerveau est utilisé dans sa totalité, en fonction des sollicitations qui lui sont faites : activité sensorielle, motrice … pensée.

Ainsi par exemple, un illettré possède en général une mémoire plus développée que quelqu’un qui sait lire, mémoire qui régresse s’il apprend à lire (au bénéfice d’autre chose) car les capacités correspondant à la lecture vont coloniser une partie du cerveau utilisée pour la mémorisation.

Lewis Mumford évoque dans cet extrait les mutations profondes dont le cerveau humain est le siège du fait de l’irruption dans le quotidien d’un nombre toujours croissant d’innovation en rapport avec les progrès de la science et de la technique.

Chaque fois que l’on cherche à acquérir une compétence, lorsque c’est possible, il est donc indispensable de faire le bilan entre les gains et les pertes correspondants.
Ce qui n’est pas chose facile et nécessite absolument une bonne connaissance de soi et une perception fine de SES évolutions (introspection).

[Les cinq dernières années pendant lesquelles j’ai enseigné les mathématiques, discipline qui a sacrifié alors progressivement, jusqu’à quasi disparition, la géométrie, au profit de la programmation et du codage, je ne parvenais plus à écrire de poésie.]

La conclusion – Aurélien Bellanger – Pourquoi la mort de Bretécher m’a-t-elle rendu aussi triste ?

Dans sa chronique quotidienne 
Aurélien Bellanger, (un peu frustré de ne plus retrouver la cause d’un ancien excès verbal à son encontre) se souvient du passage de Claire Bretécher (dont le premier e est muet, ce qui explique peut-être une relative timidité/discrétion* chez elle) dans la librairie où il travaillait.

À l’heure de sa disparition récente, il s’interroge, avec la profondeur d’analyse qu’on lui connait sur la  » féminisation d’un cauchemar baudelairien aux héroïnes avachies et spleenétiques » qu’est pour lui (au moment d’écrire cette chronique, car le cycle de la pensée d’A.B. est divinement incertain) l’oeuvre de Claire (laquelle est peut-être un peu également pour A.B. « l’oeuvre au Noir » du point de vue de l’alchimie secrète du gag).

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* D’autant que la dessinatrice et écrivain a toujours insisté farouchement pour défendre son nom à la lettre


CONB07-QUI LES AVAIT AUTANT-le-i


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Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 07

Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)

Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.

Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.


Appel_au_poilu


« Il y avait aussi — je les oubliais mais ils sont très importants — les écrivains qui exaltaient l’héroïsme, l’égoïsme, la fierté, la dureté, l’honneur, le sport, l’orgueil. Des écrivains qui n’étaient pas tous vieux de corps, mais des jeunes aussi qui étaient devenus vieux par l’ambition et qui trahissaient la jeunesse par désir d’académie. Ou tout simplement qui trahissaient la jeunesse parce qu’ils avaient des âmes de traîtres et qu’ils ne pouvaient que trahir. Ceux-là ont retardé mon humanité. Je leur en veux surtout parce qu’ …

JNPgi-07- ILS ONT EMPÊCHÉ QUE-le-i1


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LES BELLES LETTRES.
LETTRE D’UN TOUT JEUNE CONSCRIT.
A Madame Louise N., à X.
2 aout 1914.
Bonne et chère petite tante Lou, Le régiment part ce soir pour la guerre libératrice.
Où, je ne sais pas, mais cela n’a pas d’importance, puisque les Allemands y seront.
Hein ! quelle chance que, mes 18 ans révolus, j’aie contracté en avril un engagement volontaire !.
Il ne s’agit pas de cela. Le temps m’est compté et j’ai tous mes bouts de lettres d’adieu à écrire à toi, à maman et à Jean, qui sont en vacances à notre ferme des Chênerets. Il faut que je donne du courage à’ Jean. Pauvre petit frère, comme il va s’ennuyer ! Il a à peine 15 ans et devra regarder sans se battre.

Extrait de « Femmes et gosses héroïques » Paul D’Ivoi
Lettre imaginée par l’auteur pour concourir à « l’effort de guerre », à partir, dit-il, de ce qu’il a pu entendre ça et là.
Cette lettre est citée comme une correspondance réelle dans « Pour nos soldats : GUIDE DU POILU » de Charles Charton


 

The Pied Piper of Hamelin – Le joueur de flute de Hamelin – Rattenfänger von Hameln – III (a)

(Un conte bien plus actuel qu’on pourrait le penser.
À condition de savoir en transposer les termes

sans toucher aux enfants.)

Hamelin-1


(La version française du conte donnée ici est la traduction du poème de Robert Browning, illustré par Kate Greenaway)

II (b)

HAM-03-ILS MANGEAIENT LES FROMAGES-le-i


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(Chemin de lecture)


« En haut de l’arbre 
est la part de l’oiseau
dans le bas 
la part du voleur
le reste est à toi.
Ne fais pas le rat ! »

Lélio Lacaille


Poème original de Robert Browning

Hamelin-11


HAM-en-03-AND THEY ATE-le-i


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(Reading path)


(A tale much more current than one might think.
Provided you know how to transpose the terms

without touching children.)


At the top of the tree
is the part of the bird
at the bottom
the thief’s share
the rest is yours.
Don’t be a rat!

 

[SlowReading] Les Droits de l’Humain

Pourquoi ralentir la lecture ?

Il est des textes qu’il faut lire à haute voix, mot après mot, comme on peut le faire d’un poème, pour que ces mots nous touchent, nous saisissent, fassent l’assaut de notre pensée, bousculent ces mécanismes protecteurs qui conservent le sens à distance, paysage qui demeure au loin sans réelle profondeur.

Il est des textes qu’il faut lire plus lentement encore, lettre après lettre, le sens apparaissant peu à peu, comme par surprise. C’est le cas des textes qui fondent notre humanité.

Droits de l'homme couverture-SR

La déclaration universelle des droits de l’homme, rédigée il y a plus de 70 ans par des êtres qui ont laissé leur nom (Eleanor Roosevelt, Peng Chun Chang , Émile Saint-Lot, William Roy Hodgson,Hernán Santa Cruz, René Cassin, Alexander E. Bogomolov, Charles Dukes, John Peters Humphrey.) mais à laquelle de nombreux anonymes, femmes et hommes ont participé, cette déclaration, les grilles en labyrinthe de mots (MOTSLIES) en proposent une telle lecture ralentie avec l’espoir que ce texte, mis à mal parfois à l’occasion de crises de confiance en l’humain, soit davantage connu, en son esprit et en ses mots, au-delà son premier article.

La déclaration des droits de l’homme en lecture lente 
(format pdf)

 

Version plus facile

 

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 06

Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)

Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.

Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.


soldats près à l'assaut


« Il y avait là des professeurs tous les professeurs que j’avais eu depuis la classe de 6e, des magistrats de la République, des ministres, le président qui signa les affiches, …JNPgi-06- ENFIN TOUS CEUX QUI AVAIENT-le-i


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« La discipline se manifeste par la subordination de grade à grade, le respect envers les chefs, l’obéissance confiante et instantanée à leurs ordres, la volonté sincère et opiniâtre d’atteindre le but qu’ils ont fixé.

L’éducation militaire renforce l’action de la discipline et en accroît les effets; elle élève le niveau moral de celui qui la reçoit, éveille ou développe en lui les idées de dévouement et de sacrifice, lui montre le but à atteindre et lui donne l’ambition d’y parvenir. »

[Pour nos soldats : GUIDE DU POILU – Charles Charton]


« Tu es l’aiguille de la montre
que les engrenages commandent
Tu es le sable dont la chute
mesure l’approche de la fin
dans un temps
qui n’est plus
le tien »