Le mythe de la machine – Lewis Mumford

Le mythe de la machine - couverture

Lewis Mumford a, en général, toujours donné une nouvelle préface aux rééditions de ses oeuvres.

Malheureusement, il ne pourra le faire pour celle-ci. Il aurait assurément donné un éclairage actuel à cet essai en rapport avec les dernières « évolutions » de l’humain en rapport avec le progrès technique. Thème qui est précisément le sujet de ce premier tome « Technique et développement humain » qui concerne la période allant de la préhistoire … de l’homme jusqu’à l’époque médiévale.

Je donnerai donc un extrait de la note de l’éditeur qui comporte en ses tout derniers mots une citation de l’auteur.


BIEN PLUS DÉTERMINANTE-let


Le deuxième type d’utopie peut aussi être influencé par des désirs et souhaits primitifs ; mais ces désirs et souhaits ont appris à compter avec le monde dans lequel ils cherchent à se réaliser. Comme son nom l’indique, l’utopie de reconstruction est une représentation d’un environnement reconstitué, mieux adapté à la nature et aux buts des êtres humains qui l’habitent ; et non seulement mieux adapté à leur vraie nature, mais plus propre à les accompagner dans leur évolution. […] J’y ajoute une somme d’habitudes et une échelle de valeur neuves, un réseau d’institutions et de relations différent, et, peut-être – car toutes les utopies insistent sur l’importance de l’éducation – une transformation des caractères physiques et mentaux de la population choisie, grâce à l’éducation, la sélection biologique, etc. L’environnement reconstruit que cherchent à définir les véritables utopistes est à la fois une reconstruction du monde physique et du monde des idées. […] La recherche d’un idéal, d’un but, d’une finalité […] est fondamentale chez les utopistes. […] C’est sur ce point que l’utopie de reconstruction prouve sa supériorité. Elle ne se contente pas de dépeindre un monde complet car elle a le souci d’examiner simultanément tous les éléments qui le composent. Il est impossible d’étudier les utopies classiques sans voir leurs faiblesses et leurs propositions parfois dérangeantes. Mais pour le moment, il importe de découvrir leurs qualités.

Communiquer avec l’immensité – Serge Marcel Roche

L’ART et la PENSÉE fait écho à ce que dit de façon bien plus large Serge Marcel Roche dans  l’opus 86 de Ma vie au village

(qu’il rattache également à son glossaire incertain)

PEUT-ÊTRE EST-IL EN NOUS UN AUTRE-letex

Photo de Serge Marcel Roche empruntée à Graffitis dans la brousse

[Pour une lecture plus rapide cliquer sur l’image)

Lire le texte en son entier ici


De Serge-Marcel Roche, aux éditions Qazaq, lire (en numérique et gratuit)
lire « Journal de la brousse endormie«

Serge Marcel Roche en ses lieux virtuels : Chemin tournant


Foison d’oiselles d’oiseaux, qui sont de l’aube plutôt, si leur vol se dessinait dans l’air, s’incarnait en une couleur selon leur espèce, quel tableau à mourir de joie.
Ne suis-je plus qu’une ombre sur la véranda à qui l’on porte un peu de pitance, du gésier de poulet, une silhouette qui s’efface, ou comme une forme humaine en peinture chinoise assise au bord de l’eau. J’incruste encore le papier, une main me grattera la face au couteau.
Sommeilleux dans l’immobile à guetter l’occasion, le voyage, et demeurant souvent sans rien attendre, je pars du récepteur organique, de sa fixité mouvante. L’œil reçoit ce qu’il regarde, puis la vision se forme à l’intérieur de lui. Que dit le devant moi, à portée, je l’ignore. Peut-être est-il en nous un autre que le langage humain, un secret parler comme celui des choses, des plantes et des bêtes, communiquant avec l’immensité ou le plus petit rien, la luciole d’hier au coin de la fenêtre, la blancheur minuscule d’une fleur de gramine. Lâcher les mots pour cet idiome, sa fluidité. L’image de la vision, alors en l’œil, est une voix. Je l’écoute qui ne parle pas, je la regarde aussi, je m’étonne. 

[Almanach] Anh Mat …

[Celui qui accompagne Anh Mat
s’apprête à descendre aux enfers.]

Lundi 26 mai 2014
Sur site des cosaques des frontières (Jan Doets)
Anh Mat
donne « Au pas de la porte de l’enfer« 

L APATRIDE NE SAIT MÊME-letcr1-exp

                                                                       

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Proposition de lecture :


Du même auteur
aux éditions Qazaq  : cent trente cinq cartes postales de la Chine ancienne

aux éditions Publie.net : Monsieur M


Au pas de la porte de l’enfer, je quitte l’apatride.

Il me salue brièvement de la main s’épargnant ainsi un baiser qui n’a plus lieu d’être entre nous. Et puis les mains dans le dos, sa silhouette disparaît au loin dans la marée humaine de ce jour gris.

L’apatride faiblit. Sa pensée se gâte. Son souffle est de plus en plus court. Sa tête de plus en plus basse. Et son regard se perd dans l’angoisse renouvelée de chaque seconde lui passant sur le corps et le visage.

Chacune de nos rencontres le rapproche d’une effrayante sénilité. Et lui déjà prêt à se suicider si écœuré à l’idée de finir infirme et baveux sur un fauteuil me confiait il y a peu ceci   :

«   La mort   ? J’ai hâte…   »

Aujourd’hui, nous ne nous sommes rien dit. De toute façon, l’apatride ne sait même plus s’exprimer. Il a comme perdu le chemin de la parole dans le langage. Les langues qui autrefois l’ont habité désormais se mélangent formant ainsi un dialecte insaisissable et incompris de tous. Alors il se tait. Longtemps. De longues heures. Des années. À force son haleine est devenue abominable, sèche, empuantie d’une vague odeur de cadavre. Probablement celui des mots morts du ressentiment de n’avoir pas su les adresser.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 5

[pas d’idée sans acte … ne serait-ce que dans un esprit.]


« l’essence du poème, …

 C EST LA PENSÉE DU POÈTE - letcr1-exp

 

 

Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Extrême exigence de René Daumal et du Grand Jeu
concernant le rôle de la critique
une position qui serait de nos jours très

critiquée

Exigence absolue
L’esprit suit le corps
avec au passage
une pichenette
à Paul Claudel.

—–

parcours de lecture
C EST LA PENSÉE DU POÈTE - s

En clair

C EST LA PENSÉE DU POÈTE - txt0

Un extrait plus long

 C EST LA PENSÉE DU POÈTE - txt1

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D’une deuxième façon on veut chercher la détermination du poème en lui-même, dans son sens ; non plus dans sa matière, mais dans son idée. Or aucune idée n’est réelle sinon en acte dans un esprit : l’essence du poème, c’est la pensée du poète dans sa pure unité, qui, pénétrant et animant le multiple langage, donne aux mots leur sens. Cet acte créateur, libre par origine, impose sa loi au chaos verbal présenté par le mécanisme de la voix ou de l’écriture. La nécessité du poème sera donc prouvée si le critique reconnait la pensée du poète comme en soi identique à la sienne propre et à la pensée universelle parlant par un organe particulier.
Autrement dit, et sans remonter jusqu’à cette source suprême, comme le savant cherche dans ce qui change ce qui ne change pas, et par cette enquête forme des lois, ainsi dans la mouvante diversité des mots le critique poursuivra l’identique. Or, chercher la loi unissant les membres épars d’une parole, c’est travailler à constituer une doctrine. Cette tâche ne se peut sans un schéma originel, une anticipation de la doctrine, un dogme. La critique établira donc la nécessité interne d’une oeuvre en rattachant la pensée de l’auteur à une doctrine préconçue.

VOUS VIVEZ DANS QUEL MONDE ? – CHRISTINE ZOTTELE – 3

Dans quel monde vous vivez - couverture« À la question « Dans quel monde vous vivez ? » je fais différentes réponses, selon les jours, selon mon humeur, selon la météo… Différentes réponses tout aussi vraies les unes que les autres. Je crois qu’il en va ainsi pour chacun d’entre nous : nous vivons tour à tour dans plusieurs mondes. Plus ou moins vivants.

Pour ma part, le monde du collège (…) me fait vivre et me permet de rejoindre d’autres mondes.

Le monde noir, blanc et silence des pages imprimées, par exemple. Depuis longtemps, depuis l’enfance, mon refuge et mon voyage. Dans le monde de la fiction, nous vivons plus intensément, plus fort, plus libres et tout fait sens. Libre à nous d’en sortir à notre gré.

Le monde où je vis s’écrit aussi. (…).

Bref, quelle était la question ? Dans quel monde vous vivez ? Je vis dans le vaste monde. Je vis dans un monde qui ne se pose pas de questions et ça me pose question. Je vis dans un monde de certitudes et je crois que ce n’est pas mon monde préféré. Je vis dans un monde noir, blanc – et cependant haut en couleurs – et silence.« 

Christine Zottele

disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets)  ici


[aux frontières…
retenu par un fil] 


SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - letcr1 -exp

(grille simple
à cliquer)

SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
« Vous vivez dans quel monde ? » de Christine Zottele 

 —

Itinéraire de lecture

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En clair

SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - txt0

 Extrait plus long

SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - txt1


N’hésitez pas à signaler une erreur 


Je ne sais plus très bien qui est cet adolescent endormi dont on aperçoit le visage tuméfié, violet et brun parmi les couleurs les plus identifiables. Il est allongé sur un lit métallique, relié à des machines sophistiquées émettant des bips, des sons plus ou moins réguliers. Sur les écrans, des lumières rouges tracent des courbes, parlent un langage que je ne comprends pas. Je sais juste qu’elles parlent de l’état de ce corps, elles l’aident même peut–être à le maintenir en vie. Je ne comprends pas cette image. Je plane au–dessus du lit comme dans ce jeu de guerre où l’on peut avoir une vision aérienne sur les lieux des différents combattants. Le problème c’est que je ne suis pas dans un jeu. D’ailleurs jamais je n’ai joué. Je prends peur quand je m’aperçois que ce garçon me ressemble étrangement au point que… Pff… Pff… Biiiiiiiiiiiiiip – Biiiiiiiiiiiiiiip– Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…. Mon pouls s’accélère. Une femme arrive, jette un œil sur les écrans, prend la main du patient. Ma main. Elle saisit un flacon, le visse à la perfusion. Les machines se sont calmées, sons et lumières ont repris un rythme régulier. Entre–temps j’ai réintégré mon corps. Ce n’était pas encore l’heure du grand passage. Celui d’où on ne revient pas. Le produit m’apaise, me plonge dans l’oubli de ce dont je ne veux pas me souvenir. Jamais.

CAHIER DE DÉSÉCRITURE – PHILIPPE BERTHAUT – 03

[Tout le projet de Philippe Berthaud
est dans ces mots
serrés entre deux crochets.

Mais ne croyez pas pour cela
qu’il part en thèse]


( …

JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - letcr1-exp

                        …Mon échec sera mon espoir.)

(Si tu es novice
ici
les passage d’un mot à l’autresont donnés
–  à cliquer – )

JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - letcr1-sr

Extrait de  « Cahiers de désécriture»
de Philippe Berthaut

Parcours de lecture

JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - sr

En clair

JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - txt1r


(Je fais vibrer cette clôture que le langage crée
 
Jusqu’à le faire éclater comme un cristal détruit par un son suraigu.
 
Mon échec sera mon espoir.)