« L’iris de Suse » – Jean Giono – page 292

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« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Deux cent quatre vingt douzième page, (dernière de cette série)
à deux pas de la fin
où rien ne se dénoue

mais qui voit Tringlot retrouver…


 

« Entre autres, Tringlot crut reconnaître la silhouette du Jocond, mais mélangée aux rouges et aux noirs du couchant et présentée de multiples façons par les méandres de la voie,il perdit de vue la forme familière. A la nuit close, le train s’arrêta ; pour aujourd’hui il n’allait pas plus loin. Tringlot coucha à l’auberge. Enfin, il était dans la montagne. …

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Dans la sienne. Dans la nôtre. Il respirait goulûment un air léger, fin comme un parfum de réséda. »

 


 

[A présent, il ne te reste plus qu’à (re)lire « L’iris de Suse, roman qui contient tous les germes* (et une part des fruits) de l’oeuvre de Giono, si ce n’est de l’homme lui-même.
Lire ou relire, en tout ou partie. Car, écrit vivant – en chaque parcelle vibre la durée – quelques lignes suffisent, si l’on connait l’oeuvre, à la convoquer toute entière.]

__
* On peut y trouver, au détour d’une phrase, « Le Coeur-Cerf » 

]

Songe d’automne (à Kuei chow en 766) – [Cartes Postales de la Chine ancienne]

Un des poèmes de
« Cartes Postales de la Chine ancienne »
Traductions de l’Apatride
(auquel Anh Mat a prêté sa voix, via sa plume)
publié aux éditions Qazaq

 

JAN DOETS dans sa présentation du recueil écrit :

« …solitude qui, par moment, donne tant de prix aux instants festifs que L’apatride a choisi de nous traduire. »

 

la rosée de jade inonde la forêt des érables …

DE LA MONTAGNE À LA GORGE DE WU-letex

au dessus des passes de la montagne vents et nuages sombres sur la terre
les chrysanthèmes deux fois épanouis en larmes pour le temps qui passe
la jonque vide encore amarrée d’une nostalgie au pays natal
déjà ciseaux et règles s’agitent pour les vêtements d’automne
à Pai ti sur les hauteurs au couchant les battoirs à linge en cadence


Anh Mat a également publié
aux éditions Publie.net

« Monsieur M« 


Anh Mat donne (textes de vie immobile ou vive, poèmes et captures de lumière) en  Les nuits échouées


songe d’automne (à Kuei chow en 766)
 
la rosée de jade inonde la forêt des érables
de la montagne à la gorge de Wu l’air est désolé
du fleuve les vagues jaillissent vers les cieux
au dessus des passes de la montagne vents et nuages sombres sur la terre
les chrysanthèmes deux fois épanouis en larmes pour le temps qui passe
la jonque vide encore amarrée d’une nostalgie au pays natal
déjà ciseaux et règles s’agitent pour les vêtements d’automne
à Pai ti sur les hauteurs au couchant les battoirs à linge en cadence

Assis face à la montagne Chin ting – [Cartes Postales de la Chine ancienne]

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[quand le Je s’émiette]

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Un des poèmes de
« Cartes Postales de la Chine ancienne »
Traductions de l’Apatride
(auquel Anh Mat a prêté sa voix)
publié aux éditions Qazaq

Disponible au format numérique pour le prix d’un café en bord de mer

« Les oiseaux s’envolent haut  …

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Anh Mat a également publié
aux éditions Publie.net

« Monsieur M« 


assis face à la montagne Chin ting

les oiseaux s’envolent haut et disparaissent
le nuage solitaire oisif doucement s’éloigne
assis seul et sans lassitude
face à la montagne Chin ting

Histoires du delta – LAN LAN HUÊ – 3

Histoires du delta - couverture« Le balcon », « La fente »,
« Potamomancie », « Dans un pli de l’âme » et « Ramayana » relatent des historioles de ce delta du Sud  du Viêtnam où
elles ne sont pas seulement particularités régionales. Mais aussi et surtout mémoires. Plurielles, effacées, transformées. En transit.

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

 L’illustration est de la main de Lan Lan Huê


[L’humain, son pays
ses racines
celles de son âme]


   EUX ILS DESCENDENT DE LA MONTAGNE - letcr1-exp1
(cliquer pour un texte plus lisible)

  

 « Histoires du delta »
de Lan Lan Huê

Extrait de   « Dans un  pli de l’âme »

Itinéraire de lecture

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En clair

EUX ILS DESCENDENT DE LA MONTAGNE - txt0

 un extrait plus long

EUX ILS DESCENDENT DE LA MONTAGNE - txt1

Lecture de quelques pages



Les poules se promènent entre les jambes lors des consultations. Les cochons s’ébrouent. Ils se roulent même dans la boue et leur peau noire, corps à cette vase fraîche, leur fait manteau réfrigérant. Ils ont alors des grognements d’aise, une délectation que leur envient les humains qui les observent. Patience. Peut–être dans une prochaine vie ?
Mais les voilà. Faut–il les appeler les malades ? Quand il les a rencontrés la première fois,  il se demandait s’ils se vivaient vraiment comme malades. Peut–être seulement différents, pas comme ceux des rizières ou des campagnes, ni comme ceux qui ont la culture de la voix, des chants et des instruments de musique. Eux, ils descendent de la montagne. Certains semblent même faire corps avec la montagne. Ils sont montagne. Elle s’infiltre par leurs pieds et pousse vers le ciel. Et leurs bras, leurs regards étreignent les nuages. Et dans les berceuses chantait l’âme de la montagne. Dans le creux de leur glotte. Dans les vibrations de leurs cordes vocales. Dissociée. Et pourtant si intime. Suivant les inflexions de la langue. Elle double les sons, les mots, les phrases. Venue d’ailleurs. Esprit de la montagne devenue.

Carnets du Népal – Mahigan Lepage

[la paresse … le corps
la fatigue … l’écriture.]

LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - letcr1-exp


(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )

LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - letcr1-sr

Extrait de
« Carnets du Népal »

de Mahigan Lepage

aux éditions publie.net

Parcours de lecture

LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - sr

L’extrait
LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - txt0r

Extrait plus long

LA PARESSE C EST DE RENONCER À GRAVIR - txt1r


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Hier, journée sans écriture au carnet. Cause : paresse.
La paresse est la face négative de la fatigue. L’une et l’autre concernent l’écriture au plus près. Quand j’écris, ou quand je vais écrire, la paresse est toujours là qui me guette, tapie dans un coin. La paresse, c’est de renoncer à gravir la montagne parce qu’elle nous effraie. On reste là, à son pied, pétrifié comme la roche. La fatigue, c’est l’état même d’écriture, c’est de se trouver dans l’écriture, encore et déjà. C’est de monter la montagne insurmontable sans penser, le corps en avant.
C’est ce que j’écrivais dans ma tête aujourd’hui en marchant, les pieds lourds de fatigue, en suivant les sentiers qui ceignent le massif de l’Annapurna.
J’ai bien failli ne pas noter ces phrases ce soir, et les perdre à jamais. Non pas cette fois pour cause de paresse, mais pour cause d’angoisse. L’angoisse aussi intéresse l’écriture, mais autrement que la fatigue ou la paresse : comme sa résorption dans le corps, dans les nerfs.

Carnets du Népal – Mahigan Lepage

[fatigue, grêle et froid]

JE N ENTENDS RIEN QUE LA GRÊLE - letcr1-exp


(Si tu es novice
ici les liens entre les mots sont donnés
–  à cliquer – )

JE N ENTENDS RIEN QUE LA GRÊLE - letcr1-sr

Extrait de
« Carnets du Népal »

de Mahigan Lepage

aux éditions publie.net

Parcours de lecture

JE N ENTENDS RIEN QUE LA GRÊLE - sr

L’extrait
JE N ENTENDS RIEN QUE LA GRÊLE - txt0r

Extrait plus long

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J’ai peut-être déployé aujourd’hui l’effort physique de ma vie. Au deuxième jour de la randonnée, M. et moi avons décidé de bifurquer du sentier principal. Nous nous sommes perdus de village en village. Nous nous sommes engagés sans le savoir dans une sente attaquant la montagne de front, par un versant exposé au plein soleil de midi. Nous avons frôlé le coup de chaleur. Nos jambes n’en pouvaient plus de porter le poids de nos sacs et de nos corps. Nous nous sommes finalement hissés, au-delà de nos forces, sur le haut plateau. Puis, après encore deux ou trois heures d’une marche moins harassante, nous avons enfin atteint le village de Siurung.
Mes paupières tombent. Quand je rouvre les yeux, je suis presque surpris par l’éclat de ma lampe torche frontale. Plus de glace maintenant, mais une simple pluie qui tambourine sur le toit. Derrière mon dos, le tonnerre gronde. Mais la glace est revenue ; elle entrecoupe la pluie en se brisant sur la tôle. J’ai les jambes endolories, la nuque qui chauffe. La grêle a repris de plus belle. Des gouttes d’eau filtrent par la tôle percée, me mouillent les jambes et le dos.
Il est cinq ou six heures du soir. Dans les maisons, on doit parler, cuisiner. Je n’entends rien que la grêle sur la tôle. Que le bruit du ciel s’épuisant comme mon corps sur les montagnes de l’Himalaya.

SOLEA – JEAN-CLAUDE IZZO – 1

(Première phrase d’un livre)  

SA VIE ETAIT - let2

(Pour une lecture plus lente)

SA VIE ETAIT - let0

 

Extrait du roman « Solea »

de Jean-Claude Izzo

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Parcours de lecture

SA VIE ETAIT - s

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En clair  sur babelio

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SA VIE ETAIT - txt0


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Sa vie était là-bas, à Marseille, La-bas, derrière ces montagnes que le soleil couchant éclairait, ce soir d’un rouge vif.