« L’iris de Suse » – Jean Giono – 15

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Quizième page,
Tringlot profite de l’anonymat
que procure la nuit

et se restaure enfin.
A attendre longtemps son repas
un rien lui est … Byzance.


 

« La nuit était tombée. Il allait pouvoir faire des quantités de choses dans ces ombres et ces ronds de lumières rouges. Boire encore, bien entendu, mais d’abord manger. Après il irait chercher des trucs par-ci par-là, sans imprudence.  …

P25 - IL ACHETA DEUX SOUS DE PAIN-let


 

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Il acheta deux sous de pain et trois sous de cervelas.Ce pain était de première bourre et la charcuterie : un luxe !»

 

Au Nom de Qui … Yan Kouton


*

ON ATTEND LA MATINÉE FAVORABLE-letexx[vouloir

fuir

appuyés

sur nos corps
?]

*


ON ATTEND LA MATINÉE FAVORABLE-letex

Extrait d’un poème de
Yan Kouton
et emprunt de l’image

Texte entier
en son espace d’écriture en ligne

ON ATTEND LA MATINÉE FAVORABLE-s

Yan Kouton chez JAN DOETS
(les cosaques des frontières)


Ce mauvais vouloir

Qui embarrasse

Qui erre parfois

Jusqu’à l’aube

Vestige d’un sacrifice

On l’anéantit

On attend la

Matinée favorable

Qui fera fuir

La nuit et

Reculer l’épreuve

On attend ce qui

Se passe entre nous

Quand appuyés

Contre le jour limpide

On échappe

A la méprise

Sa douleur tenace

Alors on use

De ce vent coulis

Sur nos corps

[Almanach] Jules Michelet …

[Ce n’est pas tout à fait celle de Charles Trenet.]

Jeudi 7 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
« La mer » de Jules Michelet

DANS TOUTES LES ANCIENNES-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet


Proposition de lecture :


UN BRAVE MARIN HOLLANDAIS, ferme et froid observateur, qui passe sa vie sur la mer, dit franchement que la première impression qu’on en reçoit, c’est la crainte. L’eau, pour tout être terrestre, est l’élément non respirable, l’élément de l’asphyxie. Barrière fatale, éternelle, qui sépare irrémédiablement les deux mondes. Ne nous étonnons pas si l’énorme masse d’eau qu’on appelle la mer, inconnue et ténébreuse dans sa profonde épaisseur, apparut toujours redoutable à l’imagination humaine.
Les Orientaux n’y voient que le gouffre amer, la nuit de l’abîme. Dans toutes les anciennes langues, de l’Inde à l’Irlande, le nom de la mer a pour synonyme ou analogue le désert et la nuit.
Grande tristesse de voir tous les soirs le soleil, cette joie du monde et ce père de toute vie, sombrer, s’abîmer dans les flots. C’est le deuil quotidien du monde, et spécialement de l’Ouest. Nous avons beau voir chaque jour ce spectacle, il a sur nous la même puissance, même effet de mélancolie.

[Almanach] Zyrànna Zatèli …

[Un recueil de nouvelles, traduites du grec par Michel Volkovitch.
La nouvelle citée ici évoque d’étranges lettres
et un personnage tout aussi étrange
malmené par le destin et ses auxiliaires : les proches.]

Jeudi 28 mai 2009
Les éditions Publie.net donnaient
de Zyrànna Zatèli 
« Gracieuse dans ce désert »
(extrait de la nouvelle « Lettre du moyen âge« )

                                        IL BÉGAYAIT TELLEMENT QUE LE TEMPS -letcr1-exp2                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Proposition de lecture :


Récemment une version papier qui inclut l’accès au format numérique
a été publiée par le même éditeur.


Tous les deux ou trois jours, Tàkis passait dans les magasins, une gamelle de l’armée à la main ; on lui donnait une tomate, ou une pomme, le boulanger un demi-pain, le poissonnier deux sardines — un jour, quelqu’un eut l’idée macabre d’y mettre, enveloppé dans du papier sulfurisé, un rat crevé. Tàkis n’avait qu’un frère, qui une fois marié, disait-on, l’avait chassé de chez lui ; ou plutôt c’était sa femme, elle avait honte de son beau-frère fou, la malheureuse. C’est ton frère ou moi, avait-elle dit, mais ce n’était peut-être que des bobards. Lui-même n’en parlait jamais — il bégayait tellement que le temps qu’il dise bonjour, il faisait déjà nuit, à la longue il finit même par ne rien dire du tout, déambulant bouche cousue, mis à part un hennissement sauvage qui parfois tombait de sa bouche, rire ou plainte, selon. Car on savait à peu près s’il riait ou pleurait. À son regard, à sa façon de réagir. On lui disait Salut, capitaine ! et ses yeux étincelaient de joie, son visage s’adoucissait, le hennissement était un rire. On lui disait Salut, pope ! et tout entier il s’assombrissait, ses yeux noirs, ne pouvant noircir davantage, s’enfonçaient dans leurs orbites, le hennissement était une plainte. Il ramassait des pierres, les jetait en tous sens et gare à qui se trouvait là. Il ne supportait pas d’être appelé pope. Le rêve de sa vie : être capitaine. Voilà pourquoi Artèmios T. lui accorda cette faveur.
Artèmios T., commandant des gardes mobiles, venait d’ailleurs, et nous n’aurions su dire, jusqu’alors, de quel bois il était fait ; mais quand, près de la soixantaine, il s’amouracha d’Àspa K., une délicate créature qui avait le tiers de son âge, et qu’il réussit à l’épouser non sans mal, cet amour tardif et brûlant le rajeunit, lui donna ce qu’on appelle un « cœur d’or », au point qu’il prit sous sa protection tous les humbles et les opprimés, Tàkis en tête.
— Tu veux être capitaine, mon garçon ? Tu l’es ! dit-il en guise de baptême, et il lui donna une vieille capote encore solide, un pantalon kaki, une chemise kaki, un pull, un maillot de corps, des godillots, un béret de capitaine, et même des gants de laine kaki et un caleçon. Il lui céda aussi un coin pour dormir dans un magasin des gardes mobiles, avec un lit de camp, des couvertures, un oreiller, plus un poêle pour l’hiver.
— Ça te va, mon garçon ? Tu veux autre chose ?
Tàkis fit non de la tête.
— Une femme, peut-être ?
Il refit non.
— Une gamelle pour ton manger ?
— Oui, dit Tàkis, et c’est ainsi qu’il obtint la gamelle.
Trois ans plus tard, hélas, Artèmios T. prit sa retraite et s’en fut avec Àspa et leurs deux enfants, puis on ne tarda pas à liquider les gardes mobiles, on vida les grandes salles, les magasins, tout. L’édifice appartenait à la commune, qui mit les scellés en attendant qu’on le démolisse, quelques années plus tard ; seul un assez grand espace, derrière, plein de broussailles et de cognassiers stériles, qu’on appelait généreusement verger, resta ouvert au public, ainsi que les cabinets, au fond. La région produisant du tabac, les gens des maisons alentour venaient y étendre leurs feuilles de tabac pour les faire sécher au soleil ; certains tentèrent de faire pousser des tomates et des melons, mais rien à faire, la terre était stérile, elle n’acceptait que des chardons et des cognassiers sans coings.