20 octobre 1939 : naissance de Jean-Claude Pirotte à Namur.
Avocat condamné, il est parti en cavale avant de vagabonder dans les campagnes françaises.
Poète de la pluie, des bistrots et des chemins de traverse, il a fait de sa chute « une chance miraculeuse ».
Un seul écrivain lui a parlé de vive voix de ses propres livres, André Dhôtel.
Pirotte s’en explique : « c’est normal, j’en figurais un des personnages, je sortais tout droit des « Rues dans l’aurore » ou du « Village pathétique ». »
Comme les héros de Dhôtel, contrebandiers, adolescents en fuite et paresseux, il a choisi «l’indignité et l’ignorance » : se déconsidérer aux yeux du beau monde et « réapprendre l’ignorance » pour rester fidèle à l’enfant qu’il avait été.
Cet enfant, la grille de ce jour le retrouve en promenade avec une drôle de compagne, qui n’a, exceptionnellement, rien de terrifiant.
enfant
PLANÈTE POLLUÉE – Paul BÈRA – 13
PLANÈTE POLLUÉE – Paul BERA – 01
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PLANÈTE POLLUÉE – Paul BÈRA – 12

[Il y a près de 50 ans, Paul Bera écrivait dans la collection fleuve noir (troisième version de la couverture, N°623) un roman d’anticipation qui évoquait déjà les problèmes dans lesquels (une partie de) l’humanité se débat, en rapport avec la pollution croissante de
l’environnement-de-la-vie-actuelle (plantes, animaux, dont l’homme) ]
Kim va ici expliquer à Jak ce qu’elle attend de lui, en rapport avec la singularité qui est la sienne, autant par rapport à la population des Terriers que celle du Clan d’où il vient.
La réaction de Jak sera à la mesure de l’attirance qu’il éprouve pour la jeune femme.
Jak, je t’ai dit tout à l’heure que, à la suite de la guerre nucléaire, en certains points de la surface le taux de radioactivité s’était dangereusement élevé. Cela a entraîné des mutations dans l’espèce humaine, des changements, quoi ! Certains bébés mouraient, asphyxiés presque tout de suite. D’autres n’étaient pas tout à fait comme ils auraient dû être… On dit qu’ils étaient « monstrueux ». Comprends-tu ?
— Je comprends.
— Ceux-là aussi n’étaient pas viables et succombaient dans l’atmosphère presque irrespirable où leurs parents tentaient de végéter. Mais, sur le nombre, quelques-uns de ces bébés se trouvèrent, soit hasard, soit réaction de leur organisme, adaptés aux nouvelles conditions de vie.
— Ils pouvaient vivre dans l’air de la surface, irrespirable pour vous, c’est bien ça ?
— C’est ça. D’après ce que nous supposons, sans jamais avoir pu le vérifier, il y a eu une légère modification dans votre système respiratoire… Nous fixons, nous, directement l’oxygène sur nos hématies… nos globules rouges. Vous semblez l’y fixer, vous, indirectement en partant du CO2… du gaz carbonique… qui, comme tu le sais, est un composé de carbone et d’oxygène.
Hé non, je ne le savais pas ! Et je prenais mes tempes à deux mains, essayant d’assimiler ce qu’elle venait de dire. Elle dut comprendre mon désarroi car elle reprit :
— Ce qui importe, Jak, c’est ce que ça signifie pour nous du Terrier K. Cela t’expliquera l’importance que tu as à mes yeux. Jak, nous en sommes arrivés à la conclusion que vous êtes, vous les mutants, l’avenir de la planète. Parce que nos ressources énergétiques des Terriers s’épuisent et que nous sommes incapables d’utiliser celles de la surface. Si nous pouvons vous faire bénéficier de tout ce que nous savons, de tout ce que nous possédons…
— Vos enfants ? dis-je. Mais pas plus que vous ils ne pourront respirer à la surface !
Elle me regarda droit dans les yeux.
— Qu’en sais-tu ? Un enfant qui viendrait de moi…, et de toi. Nous, du Terrier K, nous voudrions savoir si un tel enfant serait, comme tu l’es, capable de respirer à la surface. C’est la seule voie d’avenir qui s’ouvre à l’humanité.
Je la regardais, un peu ahuri.
— Si je comprends bien, tu désires que je te fasse un enfant ?
— Oui, murmura-t-elle.
— Pour l’avenir de l’humanité ?
— Oui, Jak.
Alors, je me pus contenir ma colère. Je la happai par les épaules, furieux.
— Dès que je t’ai vue, fis-je, j’ai su que jamais je ne rencontrerais une femme plus belle et plus désirable que toi. J’ai su que j’allais t’aimer. J’espérais que, peut-être, tu me jugerais digne de toi. Et qu’est-ce que tu me proposes ? De faire l’amour « pour l’avenir de l’humanité » !… Mais je m’en fous, moi, de l’humanité et de son avenir. Mon avenir à moi, ce sont les mutants… et ils se portent bien, merci. Quant aux Masques des Terriers, …
…
Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 15 – industrie – capitalisme – esclavage
Dans son refus d’obéissance, Jean Giono fait un parallèle entre la guerre, le capitalisme et l’asservissement par le travail industriel.
Ce parallèle est loin d’être illégitime lorsque on sait que le conflit 14-18 a vu la première guerre dans laquelle le plus grand nombre des tués l’a été de manière anonyme, sans contact visuel « meurtrier/victime » et à distance (« on s’est tué sans se voir »). En effet plus de 70% des « pertes humaines » sont le résultat de « l’industrie des obus »


Le record de destruction (d’obus*) est de 3 millions en 5 heures.
____
*Pour ce qui est des humains, du territoire et du bâti les statistiques sont plus difficile a obtenir, s’agissant de produits non calibrés)
« Ce rythme qui était passé de nos grands-pères dans nos pères, de nos pères dans nous. Cet esprit d’esclavage qui se transmettait de génération en génération, ces mères perpétuellement enceintes …
Ici, il s’agit de rassurer les « cavaliers » sur leur utilité dans le combat, et de justifier leur passage « momentané » au statut de fantassin.

[Pour nos soldats : GUIDE DU POILU – Charles Charton]
Après la guerre 14-18, la « cavalerie » ne sera plus à cheval (tout comme le (Rallye) Dakar ne passe plus par Dakar) mais dans un char (sous l’étrange nom de cavalerie blindée) plus facile à produire industriellement qu’un cheval et (supposé) plus efficace dans les nouveaux conflits.
La seule utilisation de charges de cavalerie après la Grande Guerre sera dans certains pays à l’encontre de la population, pour disperser des manifestations.
« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 13
« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»
…
disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.
C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.
Treizième page,
Gaspard ressent
pour la première fois
la présence de ce que d’aucuns nomment
le merveilleux
et que probablement
Gaspard perçoit comme
la vie.*
« Il espérait guetter le jeune coupable par les fenêtres qui donnaient sur le terre-plein.
Entre les fusains plantés dans les baquets, il apercevait la rue descendant vers l’église.
Un peu plus tard, il vit approcher deux voyageurs de commerce qui entrèrent et s’attablèrent. Gaspard se précipita vers la cuisine, pour enlever le potage.
Certainement, la tante l’avait préposé à cette fonction afin d’éviter qu’il n’aperçût l’enfant. Elle restait fidèle à la règle qui voulait que Gaspard fût écarté lorsqu’une affaire de quelque importance se présentait, et c’était un pis-aller que de le cantonner au restaurant. ».…
… Une fois de plus il serait éloigné de tout événement, et il ne saurait jamais d’où cet enfant venait, ni qui il était. »
___
*En Calabre,
beaucoup de gens aiment,
le plus souvent sans vouloir l’avouer,
les chiens errants.
(qui sont parfois en bandes bigarrées, à proximité des « lieux de collecte des ordures »
et montrent occasionnellement les dents)
Très proches de certains personnages d’André Dhôtel
le jour ils s’en plaignent et les vouent au gémonies
et la nuit
ils leurs donnent secrètement à manger.
Eux aussi
semblent percevoir (?)
ces errances
cette liberté coûteuse
– beaucoup de ces animaux sont impotents ou malades –
comme l’expression même de la vie
en regard
de l’existence très contrainte qu’ils mènent
au quotidien.
« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 11
![]()
« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.«
…
disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.
C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.
Onzième page,
Ici le narrateur fait un clin d’oeil
à tous ceux qui s’étonnent de voir
au cinéma
un personnage
dans un moment où l’urgence est de mise
annoncer de façon grandiloquente
les circonstances, les causes … et
l’action déterminante qui sera la sienne
dans les prochaines secondes.
« Pantalon gris, chemisette de laine. Dans le visage de l’enfant, amaigri et déchiré par les ronces, et qu’encadraient des cheveux en désordre; poussiéreux et d’un éclat magnifique, brillaient des yeux où filtrait une lumière d’une dureté angélique. Gaspard demeura stupéfait. L’enfant l’examinait avec attention et sembla même, en ces brefs instants, s’intéresser à Gaspard. Il allait parler lorsqu’une voix se fit entendre à dix pas de là. C’était la voix du garde champêtre:…
… – Voilà bien un quart d’heure que je te vois tourner autour de l’église. Tu n’échapperas pas, cette fois.
… Les gardes champêtres et maints agents de la fonction publique éprouvent la nécessité de faire un discours pour expliquer ce qu’ils vont faire, et ainsi il n’est pas impossible de leur échapper. » .…

… Dès les premiers mots, l’enfant blond s’était élancé, bousculant Gaspard.«
« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 10
« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.«
…
disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.
C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.
Dixième page,
Le narrateur s’éloigne pour un temps
de Gaspard (quoique…)
et
donne la voix à un communiqué de la radio
qui évoque un enfant fugueur
« Le communiqué s’interrompit brusquement. On venait de tourner le bouton du poste. Il y eut une brève discussion dans la maison, probablement entre le maire et sa femme, et de nouveau la voix se fit entendre:
… « … une quinzaine d’années, qui d’Anvers a traversé à pied toute la Belgique, réussissant à échapper à la police. L’enfant portait un pantalon de velours gris, une chemisette de laine bleue. Cheveux blonds abondants descendant sur la nuque. Il y a lieu de supposer que » .…

… cet enfant s’est perdu dans la forêt entre Revin et Laifour où on l’a aperçu pour la dernière fois… »
L’urgence d’éduquer … de baptiser …
*
*
[« Tout ce joue avant 7 ans
…
avant l’âge de raison
après
i l sera trop tard ! »
…
pour qui ? ]
*
*
Et si
la résistance à « l’apprentissage » … Lire la suite
Bit génération
*
[La génération qui suit
celle qu’évoque
Dominique Hasselman dans sa série
« Beat Generation » revisitée [1]
« Beat Generation » revisitée [2]
« Beat Generation » revisitée [3]
« Beat Generation » revisitée [4] ]
[Confiance …
certains seront programmés par la machine
dans ce rapport intime qu’on nomme interactivité
mais
il y aura parmi eux des Kerouac, des Dylan, des Baez
qui saurons prendre le large]
Lors de l’apprentissage du codage par un enfant sur le clavier d’un ordinateur ou bien d’une tablette qui donc code l’autre ?
[Almanach] … Daniel Bourrion
[D’abord
évoquer la langue d’avant]
Samedi 14 Juillet 2012
aux éditions Publie.net
Daniel Bourrion
donnait :
Légendes
(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)
L’extrait complet
Proposition de lecture :
Ma langue d’avant, je ne la sais même plus, qui est tombée dans la grande fosse du temps où tombent aussi les hommes et puis les femmes et puis toutes les heures et puis même chacun des mots que nous lâchons comme nous semons. Il ne m’en reste que quelques traces, des sortes de cailloux qui viennent dans ma bouche et changent si je n’y prends garde les sons que je mâchouille, en font des choses qui ne se disent pas, pas comme cela, et pas ici.
Je ne la sais donc plus mais je sais par contre que quelque part, sur de très vieilles bandes magnétiques, on m’entend un peu parler cette langue d’avant et là je suis encore enfant, et c’est tout juste avant que ma langue ne parte, ne fonde, sorte de sorbet dont on finit par n’avoir plus que la mémoire, et encore. Je sais cela, ces enregistrements, ces témoignages, mais je n’y vais pas voir, pas écouter. Cela ne ferait rien revenir.
[Almanach] Julien Boutonnier …
[Long cri/poème où se dit, se lit, se déplie, la perte de la mère et ce qu’elle arrache à l’être qu’elle quitte.]
Jeudi 15 mai 2014, les éditions Publie.net donnent
de Julien Boutonnier
« Ma mère est lamentable »
en version numérique
depuis peu, une version papier est également disponible
(qui permet également d’accéder au fichier sous les différents formats)
(extrait)
(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)
Le poème en son entier
Petite note : La citation par l’auteur d’un tweet de Anh Mat, en fin de l’oeuvre ne doit rien au hasard
à l’heure où il écrivait « ici reposent les racines de son nom »














