[Almanach] … Galibert

[Cette addition qui réclame … la soustraction. ]

Samedi 6 Juillet 2013
aux éditions Publie.net
Jean-Paul Galibert
donnait :
Éloge de la contradiction

 LE GRAND CRIME DU CAPITAL-letcr1-exp

        (à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)


*


Le site de Jean-Paul Galibert
existence


Proposition de lecture de l’extrait complet :


L’esprit de la contradiction

Si nous parvenions toujours à rire du pire, nous serions heureux. Car le moyen le plus sûr de rire souvent est de rire du néant. Et le capital, qui domine notre temps, nous aide puissamment : le principe de l’hypercapitalisme est la rentabilité, l’inexistence comme rasoir de l’existence. La chose, pour exister, doit être rentable, rapporter plus qu’elle ne coûte, et donc être à la fois équivalente et supérieure à sa valeur. Ainsi elle doit, pour exister, exister de moins en moins. Elle n’apparaît qu’à la condition expresse de disparaître peu à peu. L’hypercapitalisme est un mode de destruction, une économie négative, qui place la négation en condition unique de l’existence. C’est l’expansion du domaine du néant .
À quel principe ontologique plus vaste, plus puissant et plus drôle pourrait-on songer pour être comme une alternative ? La ludique propose d’opposer à la négation capitaliste le principe par excellence qui n’exclue rien : la contradiction. C’est la voie du moindre effort, la seule ouverte au fond à ceux qui n’ont aucune force. Car pour se rassembler sous la bannière de la contradiction, les adversaires du capital n’ont même pas besoin de surmonter leurs divisions. Point besoin de cohérence pour avoir des conséquences. Ils n’ont même plus besoin d’agir pour ne rien faire. Au fond, le seul espoir d’en finir avec le capital, c’est qu’il tombe de lui-même en poussière, et c’est très exactement cela, la contradiction.
À première vue, le capitalisme est une sorte d’intense et perpétuelle soustraction. Il fonctionne à la ponction secrète d’une ressemblance. En lieu et place de la chose promise, il délivre un sous-clone : un ersatz ou une image. Mais la vraie critique du capital ne réside pourtant pas dans le reproche de la ponction. Car si on l’accuse de ne pas livrer toute la chose, on demeure fasciné par la promesse du même. Or là est l’erreur, hélas commune jusqu’ici au capital et à ses adversaires.
Car ce que l’on veut, c’est toujours le contraire. Aurions-nous le même à l’état pur que nous serions définitivement tétanisés, échoués, détruits. Nous-mêmes, qui ne sommes qu’à ne jamais être mêmes, quel besoin pourrions-nous avoir d’une mêmeté stricte, nécessairement inerte, fétide, factice ? Quel besoin le vivant peut-il avoir d’un cadavre ? Tant de choses, disait Socrate, dont je n’ai nul besoin. Le grand crime du capital n’est pas de léser la vie, mais de promettre et de faire désirer la mort.

 

[Almanach] Louis-Ferdinand Céline … retour aux sources de son premier héro.

[A cette date, Céline a déjà publié « Voyage au bout de la nuit » roman avec lequel il a frôlé le Goncourt. Il va, pour son second roman, revenir sur le personnage de Bardamu (qu’il ne nommera plus que Ferdinand) dont il évoquera l’enfance.]

08-05-1936-EXACTEMENT 9 ANS AVANT LA - letcr1-exp
Pour le parcours de lecture, cliquer sur l’image

Le roman reçu dans un premier temps un accueil mitigé. Il est à l’heure actuelle considéré comme un chef-d’oeuvre, beaucoup de ses lecteurs le considérant comme un monument de la littérature française.

[Où il est question des difficultés du petit commerce face aux grandes enseignes, longtemps avant l’apparition des hypermarchés.]

[Extrait de l’oeuvre.]

NOS PETITS MAGASINS TU VOIS - letcr1-exp

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Lecture de la page


Exactement 9 ans avant la signature de l’armistice qui met fin à la 2ème guerre mondiale mort à crédit de Céline est publié

Nos petits magasins, tu vois, sont condamnés à disparaître !… Ça n’est plus qu’une question d’années… De mois peut-être !… Une lutte acharnée pour rien… Les grands bazars nous écrasent… Je vois venir tout ça depuis longtemps… Déjà du temps de Caroline… on avait de plus en plus de mal… ça n’est pas d’hier !… Les mortes-saisons s’éternisent… et chaque année davantage !… Elles duraient comme ça de plus en plus… Alors moi, tu sais, mon petit… c’est pas l’énergie qui me manque !… Il faut bien que nous en sortions !… Voilà alors ce que je vais tenter… aussitôt que ma jambe ira mieux… même si je pouvais un peu sortir. Alors j’irais demander une “ carte ”… dans une grande maison… J’aurais pas de mal à la trouver !… Ils me connaissent depuis toujours !… Ils savent comment je me débrouille ! Que c’est pas le courage qui me manque… Ils savent que ton père et moi, nous sommes des gens irréprochables… qu’on peut bien tout nous confier… n’importe quoi !… ça je peux le dire… Marescal !… Bataille !… Roubique !… Ils me connaissent depuis Grand-mère !… Je suis pas une novice sur la place… Ils me connaissent depuis trente ans, ils me connaissent depuis toujours comme vendeuse et comme commerçante… J’aurais pas de mal à trouver… J’ai pas besoin d’autres références… J’aime pas travailler pour les autres… Mais à présent y a plus le choix… Ton père ne se doutera de rien… absolument… Je dirai que je vais chez une cliente… Il n’y verra que du feu !… Je partirai comme à l’habitude, je serai toujours rentrée pour l’heure… Il aurait honte le malheureux de me voir travailler chez autrui… Il serait humilié le pauvre homme… Je veux lui épargner tout ça !… À n’importe quel prix !… Il s’en relèverait pas !… Je saurais plus comment le retaper !… Sa femme employée chez les autres !… Mon Dieu !… Déjà avec Caroline, il en avait gros sur le coeur… Enfin il se rendra compte de rien !… Je ferai mes tournées régulièrement… Un jour une rue, l’autre jour une autre… Ça sera beaucoup moins compliqué… que ce perpétuel équilibre !… Cette sale voltige qui nous crève !… Toujours des tours de force !… À boucher des trous partout ! c’est infernal à la fin ! Nous y laisserons toute notre peau ! Nous aurons beaucoup moins de frayeurs ! Payer ici ! Payer par là ! Y arrivera-t-on ? Quelle horreur ! Quelle torture qui n’en finit pas… On aura que des petites rentrées, mais absolument régulières… Plus de retournements ! Plus de cauchemars ! C’est ça qui nous a manqué !… Toujours !… Quelque chose de fixe ! Ça ne sera plus comme depuis vingt ans ! Un dératage perpétuel ! Mon Dieu ! Toujours à la chasse aux “ cent sous ” ! Et les clientes qui ne payent jamais ! À peine encore qu’un trou bouché qu’en voilà un autre !… Ah ! c’est joli l’indépendance ! Je l’aimais pourtant, ma mère aussi ! mais je ne peux plus… Nous finirons bien, tu verras, en nous y mettant tous ensemble par joindre les deux bouts !… On l’aura la femme de ménage ! puisque ça lui fait tant plaisir !… sans compter que j’en ai bien besoin ! Ça sera pas de luxe ! » 

UN HYMNE À LA PAIX (16 FOIS) – LAURENT GRISEL – 2

( …Enfin parce qu’ainsi, au centre des seize hymnes, comme leur axe, on sait que sans Voix de Femme il n’y a pas de paix. *)


Slow²Reading

QUE POUVONS NOUS FAIRE - letc1-exp

(si tu es novice, une lecture plus facile pour commencer
avec les liens d’un mot à l’autre
– à cliquer -)

QUE POUVONS NOUS FAIRE - letc1-sr

 

Extrait du recueil
« Un hymne à la paix (16 fois) »

de Laurent Grisel

Parcours de lecture

QUE POUVONS NOUS FAIRE - sr

L’extrait

QUE POUVONS NOUS FAIRE - txt0r

 Un extrait un peu plus grand

 QUE POUVONS NOUS FAIRE - txt1r

Un entretien avec l’auteur à propos de ce livre
Son site  imagine36tigres

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les TAGS
donnent des mots de la grille.

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Que pouvons-nous faire pour les morts
sinon penser, se rassembler, crier : Plus jamais ça ?
Comment faire
avec les vivants
nous qui ne savons quoi leur dire –
nous qui ne savons nous y prendre
sinon faire tout comme eux ?

Cartes postales de la Chine ancienne – l’Apatride (via Anh Mat)

 

 

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A la racine de ce recueil de poésies de la Chine ancienne
se trouve la biographie
ou comme il préfère la désigner
« Les poussières de vie » du traducteur.

Cet extrait provient de cette première partie.

(Suit la biographie des 8 auteurs choisis, puis les 143 poèmes de ses auteurs)

Une présentation chez l’éditeur 

——————[extrait]—————-

Sur chacune des branches de l’arbre sont posées, bien arrimées ainsi au réel, les cartes postales qu’évoque le titre.

« Tes yeux de lecture se mélangent à leurs doigts de pinceau »
Il s’agit bien d’images autant que de texte, morceaux de réel peint qui, comme dans les natures mortes des grands maitres, parlent de ce qui est tu, évoquent les profondeurs de ce qui s’agite dans le cœur et l’âme de ceux qui ont tenu le pinceau. Ainsi en est-il aussi du pinceau du calligraphe.

« le toujours gai Chieh Yu déjà ivre … vocalise à tue-tête à mes saules pleureurs. »
L’ivresse, omniprésente, au propre comme au figuré, détourne de cette recherche pour  « en oubliant presque les mots » évoquer ce qui dépasse le sens, ce qui se trouve « au-delà des tombeaux fréquentables ».]

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Il fut décidé alors que tu porterais - letc1-exp

(Si tu es perdu dans cette lecture
tente celle-ci
pour laquelle les liens entre les mots sont donnés
– à cliquer – )

Il fut décidé alors que tu porterais -letc1-sr

Extrait de la première partie
du recueil de 135 poèmes
de Li Po , Lu Yu, Po Chu Yi, Su Tung Po
Tao Yuan Ming, Tu Fu, Wang Wei et Yang Wan Li
« Cartes postales de la Chine ancienne »
Poèmes traduits par L’apatride
(transmis par Anh Mat)

On Peut se procurer ce recueil
aux éditions Qazaq
—–

Parcours de lecture
(à cliquer)

Il fut décidé alors que tu porterais - sr

En clair

Il fut décidé alors que tu porterais - txt0r


La rude traversée finit par emporter nombreux de tes compagnons d’infortune: pour un problème de contagion d’hygiène, les morts furent jetés en mer avec leurs papiers d’identité avec juste un parfum d’encens comme simple rituel vers dieux et démons. Mais lors d’une de ces cérémonies funèbres, tes papiers avec un cadavre en linceul furent jetés par erreur dans les flots. Il fut décidé alors que « tu » porterais les papiers d’identité du mort et que désormais à cet instant-là si tu débarquais en terre promise, tu aurais un nouveau nom: celui d’un défunt parti avec ton nom confié aux vagues et marées.

Poussière – Transmis par Pascal Sevère

Pascal (peintre quand il est en son atelier, jardinier lorsqu’il soigne son carré de terre) sait que je mets les mots en cage pour qu’ils respirent
il m’envoie donc de temps à autre des extraits de ses lectures.
Celle-ci, il me dit l’avoir lu dans  « la ferme africaine de Karen Blixen »
Je n’en trouve nulle trace sur la toile
(rassurant, tout n’est pas piqueté de 1 et de 0)

 

(N’hésitez pas, comme Pascal, à me transmettre une phrase qu’il vous plairait de voir découvrir non pas brûlée par le regard en un trait, mais en lecture lente où le sens apparaît peu à peu et donne le temps à chaque mot d’exploser comme une gerbe de feu d’artifice
dans l’esprit du lecteur)

 

(tout ici peut-être agrandi ou métamorphosé en cliquant dessus)

 

PEU IMPORTE QUE LE FEU DE LA MORT - letcr1

 

Pour les novices de la lecture sinueuse

PEU IMPORTE QUE LE FEU DE LA MORT - letc1-sr

 

Parcours de lecture

PEU IMPORTE QUE LE FEU DE LA MORT - sr

En clair

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« Table mise » – Pascale Sevère

table mise


Merci à qui sait qui a écrit ces mots … et m’en fait part.

CAMPEMENTS – ANDRÉ DHÔTEL – 24

Un livret dédié à l’oeuvre d’André Dhôtel
(28 extraits provenant de quatorze romans et nouvelles
à redécouvrir en mots liés)
Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

(cliquer sur l’image pour lire le livret)


 QUELQUE RENCONTRE SURNATURELLE - letcr1-s

(à cliquer)
QUELQUE RENCONTRE SURNATURELLE - letcr1-exp

L’image de fond est empruntée à
« Pavane pour une infante défunte« 
de Anna Jouy
(publié aux édition Qazaq)


Extrait du roman « Campement »
de André Dhotel

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Parcours de lecture

QUELQUE RENCONTRE SURNATURELLE - sr

En clair


(à cliquer pour retourner)

QUELQUE RENCONTRE SURNATURELLE - txt0r

Un extrait plus long

QUELQUE RENCONTRE SURNATURELLE - txt1r


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Les aigremoines qui se dressent sur ces paysages sans haies sont pour le passant consolantes comme les arbres dans les régions plus fertiles, et les regards s’y arrêtent.
Là on pourrait faire quelque rencontre surnaturelle d’un enfant égaré sur la terre, pour avoir en errant, dépassé les limites de la mort. boire dans l’ornière, après la pluie, et dont un rayon de soleil oblique éclairait les yeux.