De la fabrication d’une image merveilleuse et … troublante

NOUS N’ AVONS PLUS RIEN À DÉCOUVRIR-let1

 

 

 

 

Aujourd’hui, sur @franceculture, il a dit :

NOUS N’ AVONS PLUS RIEN À DÉCOUVRIR-let


Dans sa chronique quotidienne


On ne lui en voudra pas d’avoir qualifié de photo ce qui est attendu avec impatience par
les médias et ceux qui voient la science comme ce qui nous reste de possibilité d’émerveillement.

En effet …
cette image attendue sera en fait une véritable création, comme résultat de l’interprétation de signaux captés par différents appareillages scientifiques, mis en correspondance avec des couleurs, selon des principes qui n’auront eux rien de scientifiques, puisqu’ils seront le résultat du choix de quelques experts graphistes (commandités pour produire du beau, du merveilleux visuel) … suivi de celui de ceux qui, choisiront dans la centaine d’images « nominées », celle qui sera élue « première image d’un trou noir »


Scoop du jour : Toutes les images vues jusqu’à ce jour étaient des faux.
Ce qui nécessite de préciser dans les titres aujourd’hui, comme le fait LCI par exemple :

EN DIRECT – La 1re vraie image d’un trou noir dévoilée aujourd’hui

Leçon retenue, à l’avenir nous serons plus vigilants.

Notamment en lisant des titres d’articles scientifiques où l’on nomme encore cette production …

Première photo d’un trou noir

« Pour la première fois, les astronomes vont découvrir une photographie de cet objet céleste… »


 

Pour aller plus loin : https://www.france24.com/fr/20161218-pourquoi-photos-multicolores-telescope-hubble-nont-rien-a-voir-realite

TRAVERSER LES FORETS – Judith Bordas

EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-imageFrance Culture a proposé, le 11 novembre 2018,  dans le cadre de l’émission « Création on air » :
« Traverser les forêts »
Un essai radiophonique de Judith Bordas (« dramaturge et plasticienne qui travaille également en partenariat avec France Culture et la RTBF pour la réalisation de documentaires et essais de création sonore.« ) dans une Réalisation de Annabelle Brouard.

 


[présentation de l’émission]

TRAVERSER LES FORETS est un essai radiophonique qui a pour point de départ les lieux où une femme ne peut se rendre seule. Les lieux par nature interdits. 

Pendant deux ans Judith Bordas a interrogé plusieurs femmes sur la manière dont leur corps existait dans l’espace public, dans l’espace en général, sur la relation qu’elles entretenaient avec la peur et les stratégies et les mécanismes qu’elles mettaient en place pour continuer à aller justement là où elles avaient envie d’aller. 


EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-image2

L’homme et la femme ne traversent pas les forêts  avec la même facilité, le petit chaperon rouge en sait quelque chose.

[Extrait ]

« …EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-LET1

                                     … : il consiste au jeu en pointillés d’une marche alternée rapide et lente la nuit : une sorte de long message codé lancé dans le vide, au dessus des immeubles : j’ai appris notamment à tenir des conversations avec un téléphone éteint, à lever le nez au ciel pour donner l’illusion de chercher le numéro d’une rue, à boiter. À parler une autre langue. Plus absurde encore : j’ai appris à ralentir quand le danger triture mon dos afin de feindre de ne pas avoir peur.
Depuis l’enfance les zones où je suis invisible, où l’on ne peut me voir, me sont interdites, les zones non éclairées, les petits lacs noirs et les diverses ombres portées des immeubles me sont déconseillés, les espaces où l’on ne pourra me venir en aide sont bannis de ma trajectoire : de ma vie je ne traverserai peut-être jamais une forêt toute seule ».  


Deux extraits en vidéo

 


Une émission à réécouter ici « Traverser les forêts »

[L’occasion pour un homme de comprendre en quoi la domination masculine stérilise tout une partie du potentiel créatif de la femme … contrainte chaque fois qu’elle traverse un territoire incertain (et parfois même sa propre demeure peut le devenir) à mobiliser la plus grande partie de son être pour parler cette langue absurde évoquée plus haut.]