PLANÈTE POLLUÉE – Paul BERA – 02

Planète polluée - couverture[Il y a près de 50 ans, Paul Bera écrivait dans la collection fleuve noir (troisième version de la couverture N°623) un roman d’anticipation qui évoquait déjà les problèmes dans lesquels (une partie de) l’humanité se débat, en rapport avec la pollution croissante de l’environnement de la vie actuelle (plantes, animaux, dont l’homme)]

Après un court et brutal prologue, celui qui va à présent raconter l’histoire de sa vie, (ou tout du moins de la partie décisive de celle-ci, pour lui, et pour l’humanité,)évoque son enfance, dans un épisode particulièrement douloureux …
Mais on perçoit déjà le caractère particulier des survivants qui vivent dans « les Clans »


« Il m’a fallu bien longtemps pour comprendre que je n’étais pas tout à fait comme les autres : un peu plus de dix-huit ans. Et encore ç’a été par hasard et pour échapper aux flèches des Masques !

Mama était morte quand je commençais à me débrouiller tout seul ; je devais avoir dix ou douze ans et je savais trier les plantes. J’étais trop jeune, bien sûr, pour chasser, mais les plantes, ça me suffisait. Depuis, j’ai changé d’idée et j’aime bien un bon morceau de viande saignante.

Oui, Mama était morte et, bien entendu, elle avait été abattue par les Masques et elle s’était laissé abattre volontairement pour me sauver, moi, son fils. Comme presque toutes nos marnas.  …

02-ELLES ÉCHAPPENT DIX FOIS-le(Ou P G)

*


Ils avaient couru derrière elle, d’abord sans tirer : ils préfèrent égorger leur proie à l’arme blanche. Mais elle avait beau être très fatiguée et probablement malade – le sang suintait parfois de grosses boules qu’elle avait sur les jambes – elle courait plus vite qu’eux ! Les Masques, c’est bien connu, et c’est une chance pour nous, n’ont aucune résistance physique. Cent pas à la course et les voilà épuisés !

Moi, j’étais caché dans la grotte et je savais qu’ils ne m’y découvriraient pas car ils n’ont aucun flair et je regardais… Et je savais aussi que pour rien au monde Mama ne reviendrait se cacher avec moi, car ils l’auraient suivie et elle les aurait ainsi guidés jusqu’à moi.

Elle avait donc obliqué vers le Marais-où-l’on-meurt. Oh ! j’en avais vu d’autres qu’elle périr dans ce marais et, parfois, parce qu’ils s’y étaient engagés par inattention alors qu’aucun Masque ne les pourchassait !

Ne croyez pas que l’on s’enfonçait dans la boue traîtresse ou dans des sables mouvants. De telles boues, de tels sables, ça existe chez nous, mais précisément pas dans le Marais-où-l’on-meurt ; le sol y est relativement stable.

Mais on ne peut pas y respirer ! La vase verdâtre est gonflée par d’énormes bulles qui crèvent avec un bruit ridicule et l’atmosphère est totalement irrespirable. Les Masques s’en moquent et passent là sans dommages. Nous, non.

J’ai vu Mama qui courait en zigzaguant, parce qu’elle savait que d’un moment à l’autre les Masques, comprenant qu’elle allait leur échapper, tireraient sur elle avec leurs arcs. Ah ! si je pouvais m’emparer d’un de ces arcs ! Ils les font avec du métal, j’en suis sûr, puisqu’il n’y a plus de bois flexible.

Et je comprenais la tactique de Mama… Si elle pouvait arriver à la lisière du Marais-où-l’on-meurt sans être atteinte, elle obliquerait à gauche et la forêt pétrifiée était tout près de là. Une fois dans la forêt, elle leur échapperait sans peine.

Les flèches commencèrent à voler. Les Masques s’étaient déployés en une longue ligne de tireurs et je sus tout de suite que Mama était perdue parce qu’ils avaient compris ce qu’elle tentait de faire. La longue ligne de tireurs se refermait du côté de la forêt…

Mama comprit qu’elle ne pouvait plus passer. Trop tard. Accepter les flèches des Masques ? Elle savait, comme moi, comme nous tous, que les Masques ne la tueraient pas tout de suite, qu’ils s’acharneraient sur elle, qu’elle souffrirait atrocement. Alors que le marais, là, tout près, c’était la mort quasi instantanée. Oh oui ! nous en avions vu mourir, des nôtres, dans le marais ! Après quelques pas, ils s’immobilisaient, ouvraient la bouche toute grande, respiraient deux ou trois fois… et s’effondraient, inertes. Fini. Alors que tomber entre les mains des Masques …

03-JE SAVAIS QU’ ELLE-le(Ou P G)

*

Parce que ç’aurait été donner une indication aux Masques qui allaient certainement me chercher.

Elle fonça vers le marais. Aurait-elle le temps de l’atteindre ? Plusieurs flèches l’avaient déjà frôlée… Je ne sais pourquoi, je me dis que les Masques étaient de bien piètres tireurs et que, moi, à leur place… Et je ne me trompais pas ! Plus tard, j’en acquis la certitude : ils n’avaient pas la force physique suffisante pour tendre leurs arcs ! Et je devais comprendre pourquoi quelques années plus tard, quand j’entrai dans le Terrier.

Mama abandonnait le terrain rocheux et fonçait dans le marais dont la surface nue se boursouflait au soleil.

Elle fit cinq ou six pas, puis ouvrit la bouche toute grande, respira deux ou trois fois… et tomba face contre terre, juste au moment où une flèche l’atteignait. Trop tard pour la flèche. Les Masques devaient être très déçus…

Ils s’engagèrent dans la boue, se penchèrent sur le corps de Mama. L’un d’eux essaya de la soulever par les épaules, ne put y parvenir. D’ailleurs, il dut constater qu’elle était morte, car il écarta les bras en un geste d’impuissance et de colère.

Ils revinrent sur le sol ferme et commencèrent à me chercher.

Et, bien entendu, ils ne me trouvèrent pas.

Les normes … et les mornes vies

Couverture - la planète des Normes

La planète des normes est un roman de Jan De Fast écrit dans les années 70, belles années de la collection fleuve noir.

L’auteur y évoque un monde où l’esprit des humains est, tout comme le corps, entouré de soins qui lui évitent, ainsi qu’à la société, tout dérèglement.Couv-cut - la planète des Normes

 


« Il savait maintenant ce que signifiait ce terme en apparence anodin : « Normes »…

Dans le vocabulaire qu’il avait emmagasiné au début, le vocable revenait très souvent et le translateur sémantique lui-même l’avait assimilé à celui de « loi » ou de « principe directeur ». Le code civil et pénal en quelque sorte, l’ensemble des règlements et préceptes régissant la vie sociale sur Hod, les articles ordonnant ou interdisant telle ou telle action conforme ou contraire à la législation en vigueur et, en fait, c’était bien cela, dans une certaine mesure tout au moins. Les Normes constituaient bien la base juridique sur laquelle se réglait l’ensemble de la civilisation hodienne, mais elles ne se composaient pas d’un ensemble de textes pondus et remaniés par des législateurs sous la direction d’un parlement ou d’un exécutif pour être utilisées par une hiérarchie de tribunaux servis par un appareil policier. C’était à la fois beaucoup plus simple et beaucoup moins humain que cela. Les Normes étaient des machines.

Quelque part dans la banlieue de la capitale s’érigeaient de gigantesques constructions à l’intérieur desquelles de puissants ordinateurs étaient groupés par dizaines de milliers. C’était dans leurs immenses mémoires que se trouvait inscrite la Loi, c’était la technocratie poussée à la limite, puisque le technicien n’était plus nécessaire sauf pour réparer un éventuel court-circuit et que la machine agissait seule en fonction d’une programmation définitive conçue pour que tout sur la planète demeure « normal ». Le terme exact était « Centre de gestion et de contrôle ». Les milliards de circuits électroniques renfermés dans ces armoires étaient là pour assurer à la communauté entière un rythme de vie sans problème, calculant les besoins sur tous les plans et y répondant à chaque instant par la régulation des ressources, le fonctionnement des exploitations et celui des industries de transformation et de production, l’animation des réseaux de distribution ; il ne pouvait jamais y avoir ni excès ni disette, ni surabondance ni rupture de stock.

Toutefois la continuité de la vie économique n’était pas le seul but des Normes, le facteur sociologique était tout aussi important sinon davantage. Il était indispensable que lui aussi soit parfaitement équilibré ; le cycle production-consommation devait demeurer parfait. C’était là qu’intervenait la fonction contrôle des machines : veiller en somme à ce que chaque membre de la population soit toujours satisfait de son sort et surtout ne désire pas le modifier.

La Loi ainsi établie et promulguée était parfaite jusque dans ses moindres détails et il aurait été criminel de vouloir la changer au nom d’une phraséologie aussi vaine et inconsistante que liberté de pensée ou droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’eût été ouvrir la porte à l’anarchie et à tous les maux qui en auraient résulté. Là était le rôle des psycho-traceurs, ces bracelets individuels qui retransmettaient en permanence aux Normes les courbes d’activités cérébrales de chaque citoyen. Lorsque la mentalité d’un Hodien devenait anormale, lorsque des conceptions hors-série naissaient en lui et s’intensifiaient, le graphique enregistré se déformait et, dans la case correspondante à sa fiche d’identité, un voyant rouge s’allumait. Une psychose de déviation venait de se manifester. Certes le phénomène était rare, l’équipement des Normes datait de nombreuses générations et la très grande majorité des sujets était conditionnée d’une façon quasi héréditaire. Personne n’était plus capable d’imaginer…

UNE AUTRE FORME-let-i

Le « déviant » ainsi détecté n’était cependant pas considéré comme un coupable, il n’était pas question de le châtier, de le mettre au ban de la société, de l’interner dans une prison ou dans un camp de concentration. C’était un malade, un patient atteint d’une affection psychotique qui n’était pas plus répréhensible ni plus honteuse que la tuberculose ou le diabète. Il devait simplement être soigné. Un groupe spécial de fonctionnaires dépendant directement des Normes, les Servants, allait le chercher en se guidant directionnellement sur les émissions du psycho-traceur, l’emmenait à la clinique neurologique où il était soumis à cette intervention orthoneuronale à laquelle Alan avait participé, et d’où il ressortait guéri, c’est-à-dire à nouveau « normal ». Pour lui, redevenu semblable à ses concitoyens, tout se retrouvait pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Le professeur Féhir l’avait expliqué dès le premier jour : tout déviant primaire était réintégré dans le rang après normalisation. Mais s’il y avait récidive, la seconde intervention était plus profonde et le sujet ne retournait plus dans son milieu ; il devenait un Servant.

Étant donné que le désir d’échapper aux Normes ne pouvait naître que dans un esprit très évolué, les quelques centaines de milliers d’individus constituant cette caste particulière possédaient donc des cerveaux nettement au-dessus de la moyenne, ils étaient de taille à déjouer toutes les ruses. Cette technique consistant à transformer les coupables potentiels en super-policiers était d’ailleurs admirable et démontrait à quel point la programmation des machines était proche de la perfection : il ne peut y avoir de meilleur agent de sécurité qu’un rebelle converti et la parcelle d’autorité qui lui est ainsi confiée achève d’en faire un loyal sujet. On ne rêve de bouleverser un ordre établi que lorsqu’on lui est subordonné,

À PARTIR DU MOMENT-le-i« 

(PG)




C’est la décision qu’ils ont prise au nom d’une civilisation entière.

— L’autogénocide… Comment ont-ils fait ? … »


A la fin du roman, libérés des Normes, les habitants de cette planète auront beaucoup de difficultés à,
pour les uns, ne pas tout détruire de rage contenue
pour les autres, sortir des limites étroites dans lesquels leur corps et leur esprit était confiné depuis leur naissance.


On peut trouver le scénario peu réaliste, mais le besoin de sécurité fausse aussi parfois totalement notre propre jugement. En étant rassuré par des pulvérisations de « biocide » dans les classes de nos enfants … pour les protéger d’un virus qui les menacent moins que la rencontre inopinée d’une voiture roulant à une allure … normale.

ZODIACAL – PIERS ANTHONY – 1

 SI VOUS ETIEZ UN POISSON DU LAC DE QUEL GENRE VOUDRIEZ VOUS ETRE  UN BON POISSON NATURELLEMENT-3

(En référence à la parabole des bons et des mauvais poisson de l’évangile selon Matthieu )

Extrait de « Zodiacal  »

de Piers Anthony

Solution

SI VOUS ETIEZ UN POISSON DU LAC DE QUEL GENRE VOUDRIEZ VOUS ETRE  UN BON POISSON NATURELLEMENT-s3

parcours de lecture

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