[Premières pages] La partition – Alain Veinstein

[Ses nuits demeurent, pour tous ceux qui se sont lovés dans leur creux, des lieux/instants rares , où « cette » pointe aiguë a laissé une trace précieuse]


La partition - lovée-p

Je suis aussi incapable de t’oublier qu’au premier jour de notre amour et tu t’imagines bien que je n’ai jamais cessé de t’écrire, même si tu ne me donnes plus signe de vie.
Ces mots que tu ne liras probablement pas de sitôt viennent de très loin. Ce sont les silences et la noirceur que tu me reproches qui les ont enflammés. Autant dire que je t’écris …

LA POINTE LA PLUS AIGUË DE MA VIE-let

…J’espère que cette pointe m’aidera aussi à atteindre le but que je me suis fixé : m’attaquer à la noirceur, terrasser le dragon et le déposer à tes pieds, ce qui suppose que je parvienne à aplanir quelques chemins raboteux, et l’un d’entre eux en particulier, celui qui me rafraîchira le sang du côté de l’enfance.


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Autour de la notion de plasticité (cérébrale) – SCHENK . LEUBA . BÜLA

du vieillissement cérébral à la maladie d'alzheimer

… raconter sa vie, hormis le fait que cet acte confère de la valeur à ce qui a été vécu et une impression de maîtrise, procure au narrateur un sentiment de compétence : sa capacité à évoquer (reconstruire) les expériences et événements passés rend compte d’une mémoire qui fonctionne (même lorsqu’elle présente des défaillances au quotidien).

Le récit de vie comporte ainsi des effets positifs sur la métamémoire et partant sur l’estime de soi, dont nous avons relevé l’importance dans le sentiment d’identité.

 

c_ est dire l_ intÉrÊt que peut-let

qui se sentent amoindris par -let

plus encore pour ceux qui-letbÉnÉficient de peu de sources-let


“Mme C.,  [de séance en séance], s’étonnait d’avoir pu verbaliser cela et se redécouvrait au fur et à mesure comme quelqu’un qui va à la rencontre de son propre être. La réattribution de son histoire était très éphémère — quelques minutes—, mais pendant ce temps bref, elle pouvait revivre son passé avant de quitter le bureau avec une partie du livre de sa vie.”

Dr C. Szekely, F. Ouvrard, La maladie d’Alzheimer, Solar, 2007