« Le chant du monde » – Jean Giono – page 15

P15-TOUT EN NAGEANT , IL SENTAIT-ima

« Je sais très nettement que j’ai commencé à voir un fleuve, à voir un personnage qui était un homme du fleuve » J.G.


Giono ne se lasse pas de décrire le corps d’Angelo. Immobile ou en mouvement dans ses contacts avec le vivant, comme lui, fluide et mouvant.


P06-JE CROYAIS CONNAÎTRE-ima

Quinzième page …

À la pointe du jour, Antonio est revenu, près de la rivière* qui est toujours sa première rencontre, au sens plein du mot, à son réveil.
Cette rivière dont il disait cependant, quelques pages auparavant :

« … Je croyais connaître. On croit toujours connaître. Mais ça ne raisonne pas comme nous, alors c’est difficile. »

__
* Qu’il (et J.G.) nomme le « fleuve. » Mais on serait bien en peine de trouver un fleuve ayant toutes les caractéristiques données dans le roman.***
** Il y habite sur une île.


« Tous les matins Antonio se mettait nu. D’ordinaire sa journée commençait par une lente traversée du gros bras noir du fleuve. Il se laissait porter par les courants; il tâtait les nœuds de tous les remous; il touchait avec le sensible de, ses cuisses les longs muscles du fleuve et,  …»

 

P15-TOUT EN NAGEANT , IL SENTAIT-let


 

P15-TOUT EN NAGEANT , IL SENTAIT-ima

… tout en nageant il sentait avec son ventre si l’eau portait, serrée à bloc, ou si elle avait tendance à pétiller. »


Percevoir le fleuve, si ce n’est le comprendre, afin de se glisser dans l’esprit de ceux qui l’habitent.

« De tout ça, il savait  […] si les brochets sortaient des rives, si les truites remontaient, si les caprilles descendaient du haut fleuve …« 

Loin d’être un homme insouciant, vivant au jour le jour, sans projet, Antonio a, malgré les apparences, des désirs qui durent (au-delà des rencontres féminines épisodiques) des rêves à réaliser. Mais ils sont bien sur en rapport avec sa nature.

 » … toucher cet énorme poisson noir et rouge impossible à prendre et  qui, » 

P15b-TOUS LES SOIRS-let


*** Qui sait la différence absolue entre un fleuve et une rivière saura également nous dire (mais la verrons nous ?) celle qui existe entre le vert et le bleu.

Le genre y joue-t-il un rôle ?
Est-ce pour cette raison que Jean Giono a choisi de faire du double d’Antonio un fleuve ?
Ou est-ce l’origine du héro de son roman qui a décidé de ce choix. La distinction entre rivière et fleuve y étant des plus floues.

 

 

 




 

 

 

 

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– Des évocations courtes des 24 premières pages du roman
avec extrait en clair et en jeu (et illustrations)
– Ainsi qu’une page de la fin (qui ne dévoile rien)
– Les solution en fin de cahier (parcours et citation en clair).

 

 


 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 14

P14-SANS CREUX NI BOSSE-ima11

La sensualité d’Angelo s’exprime dans chacun de ses gestes sans aucune feinte ni pudeur.  Giono ne donnera plus par la suite de personnages aussi proche de l’animal … qui ne parle pas.


P06-JE CROYAIS CONNAÎTRE-ima

Quatorzième page …

C’est le soir, tout est dit ou presque, le départ est pour le lendemain, il va être l’heure de se coucher. On tarde encore un peu à se séparer.

 


« Antonio caressait la tête de la petite fille, il en faisait tout
le tour avec la paume de la main. Les flammes du feu se couchèrent comme si l’air s’était mis à peser. L’odeur du fleuve descendait dans le vallon. La jeune femme regardait Antonio elle suivait tous ses gestes.
Matelot vint s’asseoir près du feu. C’était un homme épais sans lourdeur. Il s’était un peu tassé avec l’âge et maintenant il était rond comme un tronc d’arbre,  …»

 

P14-SANS CREUX NI BOSSE-let


 

P14-SANS CREUX NI BOSSE-ima11

… sans creux ni bosse,depuis ses épaules jusqu’aux pieds. Son visage était couvert de barbe blanche. »


Ici encore Antonio est au centre de toutes les attentions, y compris de « la vieille Junie » qui n’est pas sortie de sa maison … quant aux regards de la jeune veuve, Giono les prolonge par ceux de sa toute petite fille.

« Il se dressa. La petite fille abandonnée le regardait d’en bas en essayant de parler. La jeune femme le regardait. Matelot le regardait. »

Ces attentions et désirs dont il jouit comme un enfant se baigne en la lumière du jour.

(plus loin)

« C’était la jeune femme. Elle appelait doucement
–- Antonio !
Puis, elle faisait un pas presque sans bruit, avec juste le bruit de sa jupe.

Elle appelait autour d’elle en baissant un peu la tête pour que sa voix aille toute chaude vers le dessous des buissons. Un oiseau réveillé se mit à gémir.

Antonio se serra dans sa couverture; il cacha son visage dans la mousse…. » 

P14b-SANS CREUX NI BOSSE-let


 

 




 

 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 13

P13-QUI PASSAIT PARFOIS-ima

Antonio est une part de Giono que l’on retrouve dans « Le Bonheur fou »*.
Roman dont le héro porte un nom assez voisin (Angelo)
Giono a d’ailleurs fait pour ce personnage ce qu’il envisageait pour Antonio.
En effet, l’intention initiale de l’auteur était d’écrire un « chant du monde » composé de trois romans (ou plus). La première publication de son livre (dans la Revue de Paris déjà citée) le présentait d’ailleurs ainsi, avec comme titre de cette première partie : »Le besson rouge ».
On peut penser que Giono n’a pas trouvé matière (ou lecteur) pour les deux autres parties qu’il imaginait initialement, et choisi pour ce projet* un Antonio un peu plus civilisé (et donc plus riche pour l’intrigue … et le lecteur) à savoir Angelo.
Angelo qui pourrait lui aussi mériter le surnom de « Bouche d’or » (au sens où le précise ici** Antonio, et non comme le suggère, Junie.)

____
* « Angelo » , « Le hussard sur le toit » , « Le Bonheur fou » (ordre des publications)
** Dans la citation


P06-JE CROYAIS CONNAÎTRE-ima

Treizième page …

Junie, Mère du besson rouge, à l’origine de la demande faite à Antonio concernant la disparition de son fils, s’adresse à celui-ci, sans pourtant aller à sa rencontre.

 


« – Je te vois sans sortir, comme si je t’avais fait, dit Junie.
Le Matelot m’a raconté, dit Antonio. Si vous voulez m’écouter ici, voilà ce qu’il faut faire. Nous partirons demain, ton homme et moi, et on remontera l’eau un de chaque côté. S’il est à la côte on le trouvera. S’il passe, on le verra. On remontera jusqu’au pays Rebeillard, on demandera. Ça se fond pas, un homme.
– C’est pas pour rien que nous t’avons appelé « bouche d’or » , dit la voix de Junie. C’est parce que tu sais parler.
– Non, dit Antonio, c’est parce que je sais crier plus haut que les eaux.
La jeune femme regardait Antonio. Elle se souvenait de ce cri que tous les gens de la forêt connaissaient, …»

 

P13-QUI PASSAIT PARFOIS-let


 

P13-QUI PASSAIT PARFOIS-ima

…  qui passait parfois au-dessus des arbres comme le cri d’un gros oiseau pour dire la joie d’Antonio sur son fleuve. »


Cette joie d’Antonio qu’il exprime comme un animal, dans un cri qui serait une sorte de don au fleuve et à ce qui y vit, pourrait être rapproché, d’autres manifestations similaires (mais dans des modes plus « humains », et des intentions plus « subtiles ») de certains usages de twitter ou du plaisir que certains ont à faire participer leur entourage à la musique qu’ils écoutent chez eux ou dans leur voiture.


 

 




 

 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 11

P11-SES ÉPAULES MONTAIENT-ima

Giono peut être cruel dans ses descriptions.
Ce sont là des apparitions furtives d’un autre Giono, celui de « Un roi sans divertissement »


P06-JE CROYAIS CONNAÎTRE-ima

Onzième page …

Antonio est arrivé dans le lieu de la forêt qu’habitent Matelot et sa famille.
Dont la femme du besson (jumeau) qui est mort tragiquement un an plus tôt.

 


« C’était une femme brune aux cheveux raides. Elle était sans couleur, toute grise malgré le feu : grise de front, de joues, de lèvres, avec un long visage dur aux fortes pommettes. Les yeux, d’un jaune violent, étaient largement allumés comme les yeux des bêtes de nuit.

– Assis-toi, Antonio, dit Matelot, je vais chercher la mère.

Ici, on voyait bien Antonio.C’était un homme au plein de l’âge. Il avait des bras longs, de petits poignets et les mains longues …»

 

P11-SES ÉPAULES MONTAIENT-let


 

P11-SES ÉPAULES MONTAIENT-ima

Ses épaules montaient un peu. Sa chair était souple et forte, toute armurée de muscles doux et solides. »


La proximité des deux descriptions est sans pitié pour celle qui vit dans la famille de celui dont elle n’est plus que la veuve, mère d’une toute jeune enfant qui lui tête encore le sein.
A côté de Charlotte, veuve triste et fade (la « grise »),  posée dans un coin d’ombre (« on ne la voyait pas ») sans réel avenir, Antonio (« On voyait bien Antonio ») est l’incarnation du beau et de la force virile promise à l’action.

 


 

 




 

 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 2

P02-IL DOIT ARRIVER-imaB

« Il y a bien longtemps que je désire écrire un roman dans lequel on entendrait chanter le monde (et ferait) percevoir le halètement des beaux habitants de l’univers.  »

Disait Jean Giono à propos de ce livre, en germe bien avant qu’il en ait écrit les pages. (Puis en nombreux brouillons hésitants)


Deuxième page …

Le second héro de ce roman, dont on ne connaîtra que le surnom : Matelot
apparaît dans ce pays* d’arbres et d’eau.
Pas de salutation entre ces deux-là
comme dans les véritables amitiés
entre ceux qui ne songent même pas qu’ils ont pu être l’un
sans un peu de la présence de l’autre.

 


« Cet automne dès son début sentait la vieille mousse.
De l’autre côté du fleuve on appela :
– Antonio !
Antonio écouta.
– C’est toi Matelot ?
– Oui, je veux te voir.
– Le gué a changé de place, cria Antonio.
– Je viens à cheval, dit le Matelot.
Et on l’entendit pousser l’eau un gros tronc d’arbre.
…»

 

P02-IL DOIT ARRIVER-let


 

P02-IL DOIT ARRIVER-imaC

… Il doit arriver à peu près aux osiers, pensa Antonio,avec ce nouveau détour du gué le courant doit se balancer par là.»


*Un de ces pays où l’on met l’article devant le nom de la personne.
Et comme on y est avare de mots, c’est que cela a vraiment un sens !

« Le pays où on arrive jamais » – André Dhôtel – Le livret

Cahier 2 - première grille

 

Je te propose ici un livret gratuit, entièrement dédié à l’oeuvre de André Dhôtel :
« Le pays où on arrive jamais »

André Dhôtel-4
Il comporte
– Des évocations courtes des 24 premières pages du roman
avec extrait en clair et en jeu (et illustrations)

– Ainsi que la page de la fin (qui ne dévoile rien)

– Les citations à découvrir, à la fin du cahier, en clair et avec le parcours solution.


Cliquer sur le titre pour télécharger ce cahier N°2 *

Pour saluer Dhôtel- livret N°2
« Le pays où on arrive jamais »

Le pays où l’on arrive jamais – André Dhôtel

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Extrait : (première page du roman et une citation avec les lettres de la grille)
Cahier 2 - première grille

___
* Le premier cahier consacré à Dhôtel
peut être téléchargé ci-dessous

Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

(cliquer sur l’image pour lire le livret)

Il correspond à des citations extraites de l’ensemble de l’oeuvre de André Dhôtel.


(Une version plus difficile)

Pour saluer Dhôtel- livret N°2-
Le pays où on arrive jamais
difficile 

Cahier 2 - première grille-difficile

(Ici l’utilisation du crayon est indispensable. Voir ci-dessous)


Pour jouer directement sur le fichier pdf, sans avoir à imprimer les pages, il suffit de l’ouvrir avec Foxit Reader (ou un autre lecteur pdf)

On utilisera ensuite, dans le menu « commentaire, l’outil stylo, pour tracer le parcours solution sur la grille, comme ci-dessous.

Ce qui donne le début « Sur des places souvent désertes, s’élèvent des beffrois qui inspirent …

Cahier 2 - première grille - quasi solution-méthode

(Pour obtenir ce résultat, dans le sous menu « outils de dessin » j’ai réglé l’épaisseur du trait  au maximum et l’opacité à 25%. On peut également tracer un simple trait à travers les lettres.)
Le lecteur Acrobat Reader, fonctionne de la même manière. Un mode d’emploi se trouve ici )

Sur tablette ou sur smarphone, c’est tout aussi simple avec une application qui lit les fichiers pdf (par exemple pdf Viewer pour OneDrive) , le dessin du parcours se fait alors avec le doigt à partir de la fonction Pen du menu.
Pdf viewer outil

 

« La grande beuverie » – René Daumal – Les paradis artificiels – 9 –

B09- ILS APPELLENT CELA GOUVERNER-image

La grand beuverie - en Calabre

« … Parfois il y en a un qui par hasard, parce que ça se trouve sur son chemin, passe par sa peau et s’y empêtre et la reconnaît ; alors il se fait le plus souvent sauter la cervelle.  »  

 


Les paradis artificiels – 9 –
De la riche … et pauvre existence des bougeotteurs


« Leur bougeotte est invisible. Tandis que leurs carcasses demeurent attablées à quelque tapis vert, ils voyagent aux quatre coins du monde, ou de leur pays, ou de leur usine, ou de leur maison, selon leur envergure, mais partout où ils se dépensent, c’est un fourmillement de malheurs.  »…

  

B09- ILS APPELLENT CELA GOUVERNER-let


B09- ILS APPELLENT CELA GOUVERNER-image


« Ils appellent cela gouverner. Ce sont tous de grands organisateurs. Ils ont fortune et gloire. Ils sont incurables. »

____________

La suite de « La Grande Beuverie » nous montrera que les deux autres catégories « d’évadés » ne sont pas moins nocives.
En particulier les « fabricateurs d’objets inutiles »

B09- ILS APPELLENT CELA GOUVERNER-image2

Combien faudrait-il payer ces personnes, si on leur présentait cette activité comme un travail ?


 

Les paradis artificiels 9,  complet (au format pdf) Les Paradis artificiels 9