[Almanach] Les cosaques des frontières …Christine Zottele

[Joyeuse ambiance … dans ce texte de Christine Zottele publiée il y a un an chez les cosaques de Jan Doets]

10-05-2015-ON N Y VIENT PAS POUR ÉCRIRE - letcr1-exp

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Le texte complet

On n’y vient pas pour écrire. Mais la Manivelle vous aide à redémarrer et rouler encore un petit bout de route.


Ce jour est aussi un anniversaire beaucoup moins joyeux

10-05-1933-LE 10 MAI 1930 PLUS DE 20000 - letcr1-exp
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Pour des précision à propos de ces événements
-1- texte

-2- video

 


Le 10 mai 1930 plus de 20000 livres sont brûlés parce que leurs auteurs étaient juifs. Parmi eux Kafka, Freud, Marx, Einstein.

VOUS VIVEZ DANS QUEL MONDE ? – CHRISTINE ZOTTELE -5 – « Après Rimbaud tu peux mourir »

Christine Zotelle explore les zones d’ombre du monde réel; celui ou nous vivons,
bien loin de … « plus belle la vie « … des autres.


Dans quel monde vous vivez - couverture« À la question « Dans quel monde vous vivez ? » je fais différentes réponses, selon les jours, selon mon humeur, selon la météo… Différentes réponses tout aussi vraies les unes que les autres. Je crois qu’il en va ainsi pour chacun d’entre nous : nous vivons tour à tour dans plusieurs mondes. Plus ou moins vivants.

Pour ma part, le monde du collège (…) me fait vivre et me permet de rejoindre d’autres mondes.

Le monde noir, blanc et silence des pages imprimées, par exemple. Depuis longtemps, depuis l’enfance, mon refuge et mon voyage. Dans le monde de la fiction, nous vivons plus intensément, plus fort, plus libres et tout fait sens. Libre à nous d’en sortir à notre gré.

Le monde où je vis s’écrit aussi. (…).

Bref, quelle était la question ? Dans quel monde vous vivez ? Je vis dans le vaste monde. Je vis dans un monde qui ne se pose pas de questions et ça me pose question. Je vis dans un monde de certitudes et je crois que ce n’est pas mon monde préféré. Je vis dans un monde noir, blanc – et cependant haut en couleurs – et silence.« 

Christine Zottele

disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets)  ici


[échapper aux soins
pour retrouver
la liberté.] 


JE MARCHE JE SENS L ODEUR - letcr1-exp

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JE MARCHE JE SENS L ODEUR - letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
« Vous vivez dans quel monde ? » de Christine Zottele 

 « Après Rimbaud tu peux mourir »

 —

Itinéraire de lecture

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Sortir des murs. Quelle joie! Pourquoi ne l’ai–je pas fait plus tôt? Il suffit de pousser la porte, de franchir le seuil, de prendre un air détaché. Je suis détaché. Sans lien, libre et en marche. Bon, d’accord, j’ai eu de la chance. Si l’infirmier n’avait pas été distrait par je ne sais quoi, s’il n’avait pas oublié de donner quelques tours de clés aux portes qui m’enfermaient, jamais je n’aurais pu m’enfuir de cette prison–hôpital. J’ai saisi ma chance et j’ai commencé à marcher dans la campagne. Dire la joie en moi, je ne saurai. Dire cette odeur de menthe foulée à mes pieds, je ne saurai. Dire mon corps, retrouver le plaisir de bouger, je ne saurai. Je ne sais que commencer à vivre. Alors je marche et je vis. Je cours, je vole même. Il faut mettre le plus de distance possible entre ces murs et moi. Fini le cauchemar. Je ne suis pas bien malin, je le sais, mais vivant parmi les vivants, j’ai le droit de vivre. Je me fixe un but: aller en France, retrouver ma famille adoptive. Ce sont eux qui m’ont placé ici mais ils croyaient bien faire. Ils ne savaient pas qu’on nous traitait comme des chiens. Qu’on se livrait à des expériences sur nous. Une infirmière a expliqué un jour à un journaliste que c’étaient des psychotropes qu’on nous administrait. Je marche. Je sens l’odeur de l’herbe coupée. J’ai un peu faim. Un grand sourire dans mon ventre vide.

VOUS VIVEZ DANS QUEL MONDE ? – CHRISTINE ZOTTELE – 4 – « Après Rimbaud tu peux mourir »

Christine Zotelle explore les zones d’ombre du monde réel; celui ou nous vivons,
bien loin de … « plus belle la vie « … des autres.


Dans quel monde vous vivez - couverture« À la question « Dans quel monde vous vivez ? » je fais différentes réponses, selon les jours, selon mon humeur, selon la météo… Différentes réponses tout aussi vraies les unes que les autres. Je crois qu’il en va ainsi pour chacun d’entre nous : nous vivons tour à tour dans plusieurs mondes. Plus ou moins vivants.

Pour ma part, le monde du collège (…) me fait vivre et me permet de rejoindre d’autres mondes.

Le monde noir, blanc et silence des pages imprimées, par exemple. Depuis longtemps, depuis l’enfance, mon refuge et mon voyage. Dans le monde de la fiction, nous vivons plus intensément, plus fort, plus libres et tout fait sens. Libre à nous d’en sortir à notre gré.

Le monde où je vis s’écrit aussi. (…).

Bref, quelle était la question ? Dans quel monde vous vivez ? Je vis dans le vaste monde. Je vis dans un monde qui ne se pose pas de questions et ça me pose question. Je vis dans un monde de certitudes et je crois que ce n’est pas mon monde préféré. Je vis dans un monde noir, blanc – et cependant haut en couleurs – et silence.« 

Christine Zottele

disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets)  ici


[des instants uniques
où ce qui se dit
s’écoute.] 


CERTAINS APPELLENT ÇA LA  - letcr1-exp

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CERTAINS APPELLENT ÇA LA  - letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
« Vous vivez dans quel monde ? » de Christine Zottele 

 « Après Rimbaud tu peux mourir »

 —

Itinéraire de lecture

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Lecture qui inclut ce passage


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Tu batailles avec ce passage.  Tu as perdu le rythme et la cohérence de ton récit en imaginant cette expérience de dédoublement au seuil de la mort. Tu ne connais pas l’état du garçon. Peut–être est–il mort à l’heure actuelle, certaines informations ont fuité en ce sens. Ce n’est pas ce que tu cherches. Tu ne vois plus la scène. Ce garçon est trop jeune, trop rom, trop loin de toi et de ton univers. Un pauvre gamin battu à mort par d’autres pauvres gamins. Un misérable tué par d’autres misérables. Hey ! Père Hugo, reviens terminer le travail! Comment lui faire dire je? Tu n’arrives pas à trouver la voix.
Comme avec tes élèves. La voix qui permettrait qu’ils t’entendent. Pourtant dans tes classes, tu en as des Darius, Kevin, Stella, Stephen qui font ce qu’ils peuvent, mais le français, monsieur, c’est pas notre truc, c’est trop dur. Toutes ces règles. Et dans le foot, il n’y en a pas des règles? Comment jouer ensemble si on n’a pas les mêmes règles? Comment vivre ensemble si on n’a pas les mots? Tu leur dis. Mais non, la plupart ont capitulé déjà en 5e. Avec la poésie, z’y va, oui parfois, un miracle survient. Tu vois les yeux de certains s’ouvrir comme des oreilles. Quelque chose les touche. Simplement parce que tu as trouvé la voix. La voix et le toucher. Certains appellent ça la grâce. Toi, tu dis le toucher, car tu ne crois pas que ça vienne du haut ou de l’extérieur. Ça vient de ton corps. Ton corps fait passer Rimbaud en eux. Par les soirs bleus d’été, j’irai par les sentiers… 
C’est ça que tu cherches maintenant dans l’écriture. Impuissant. Tu as mis trop d’écrans entre toi et ce pauvre gamin. Tu as suivi l’errance possible de D. dans le quartier des poètes sur Google street view.  Avant cela, tu as reconstitué son itinéraire de Roumanie en France. Sur ton bureau, éparpillés, une cinquantaine de pages de notes sur ce sujet, d’articles de journaux. Au moment d’écrire cette scène capitale, tu bloques. Tu t’obstines à penser avec ta tête au lieu de suivre ton corps. Ton corps, là, maintenant, il te dit de lever ton cul, de te bouger, d’aller marcher, et pas dans la nature, non… C’est quoi ton sujet? Tu cherches quoi? Qu’est–ce que tu veux faire passer à tes lecteurs? D’abord, ce fait divers, en quoi ça te concerne? Pourquoi celui–ci plutôt qu’un autre? Qu’est–ce qui te gêne, toi? Tu dis que c’est l’oubli que tu ne te résignes pas à accepter. On en a parlé pendant une semaine et puis plus rien. Une nouvelle information spectaculaire a déjà pris le relais. Pourquoi ne parles–tu pas des jeunes lycéennes nigérianes enlevées par la secte Boko Haram?  Le monde joue une tragédie shakespearienne mais sans le génie de Shakespeare: les coups de théâtre se succèdent sans jamais aboutir à un dénouement. Dans une pièce que tu as vue à Avignon ces derniers jours, l’un des comédiens disaient: il faut d’abord apprendre à dire je avant de dire je t’aime. Oui c’est ça, c’est exactement ça.

VOUS VIVEZ DANS QUEL MONDE ? – CHRISTINE ZOTTELE – 3

Dans quel monde vous vivez - couverture« À la question « Dans quel monde vous vivez ? » je fais différentes réponses, selon les jours, selon mon humeur, selon la météo… Différentes réponses tout aussi vraies les unes que les autres. Je crois qu’il en va ainsi pour chacun d’entre nous : nous vivons tour à tour dans plusieurs mondes. Plus ou moins vivants.

Pour ma part, le monde du collège (…) me fait vivre et me permet de rejoindre d’autres mondes.

Le monde noir, blanc et silence des pages imprimées, par exemple. Depuis longtemps, depuis l’enfance, mon refuge et mon voyage. Dans le monde de la fiction, nous vivons plus intensément, plus fort, plus libres et tout fait sens. Libre à nous d’en sortir à notre gré.

Le monde où je vis s’écrit aussi. (…).

Bref, quelle était la question ? Dans quel monde vous vivez ? Je vis dans le vaste monde. Je vis dans un monde qui ne se pose pas de questions et ça me pose question. Je vis dans un monde de certitudes et je crois que ce n’est pas mon monde préféré. Je vis dans un monde noir, blanc – et cependant haut en couleurs – et silence.« 

Christine Zottele

disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets)  ici


[aux frontières…
retenu par un fil] 


SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - letcr1 -exp

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SUR LES ÉCRANS DES LUMIÈRES - letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
« Vous vivez dans quel monde ? » de Christine Zottele 

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Je ne sais plus très bien qui est cet adolescent endormi dont on aperçoit le visage tuméfié, violet et brun parmi les couleurs les plus identifiables. Il est allongé sur un lit métallique, relié à des machines sophistiquées émettant des bips, des sons plus ou moins réguliers. Sur les écrans, des lumières rouges tracent des courbes, parlent un langage que je ne comprends pas. Je sais juste qu’elles parlent de l’état de ce corps, elles l’aident même peut–être à le maintenir en vie. Je ne comprends pas cette image. Je plane au–dessus du lit comme dans ce jeu de guerre où l’on peut avoir une vision aérienne sur les lieux des différents combattants. Le problème c’est que je ne suis pas dans un jeu. D’ailleurs jamais je n’ai joué. Je prends peur quand je m’aperçois que ce garçon me ressemble étrangement au point que… Pff… Pff… Biiiiiiiiiiiiiip – Biiiiiiiiiiiiiiip– Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…. Mon pouls s’accélère. Une femme arrive, jette un œil sur les écrans, prend la main du patient. Ma main. Elle saisit un flacon, le visse à la perfusion. Les machines se sont calmées, sons et lumières ont repris un rythme régulier. Entre–temps j’ai réintégré mon corps. Ce n’était pas encore l’heure du grand passage. Celui d’où on ne revient pas. Le produit m’apaise, me plonge dans l’oubli de ce dont je ne veux pas me souvenir. Jamais.

RENTREZ SANS MOI – CHRISTINE ZOTTELE – 10

Rentrez sans moi - couverture« À la mémoire de Lise Bonnafous* et de Nathalie Filippi* et à tou(te)s les immolé(e)s du silence… » Christine Zottele
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq (de Jan Doets)  ici

(* Liens ajoutés ici)

[J -15 …]

RÉFUGIÉE DANS LE SILENCE - letcr1-exp

[Pour cela, il aurait fallu aller
bien loin.]

                

   

Extrait de « Rentrez sans moi » de Christine Zottele 

Weblog l–immolee–du–silence.fr/1–5
J– 15 (passage à l’acte dans 15 jours)

 —

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Réfugiée dans le silence, je choisis de faire entendre ma voix ici. Et uniquement ici. En attendant le bidon d’essence, l’allumette, la rivière ou le pain. Quinze billets quotidiens. Il y avait trop de bruit (tous ces je qui crient leur première personne) trop de fureur également (tous ces je à qui l’on ne dit jamais tu), trop de trop et pas/plus assez de fièvre, pour continuer ainsi. Libérée de mon corps, je marche beaucoup mieux. La tête haute, les épaules dégagées, le buste droit, une démarche de danseuse. Je me souviens d’un professeur de danse qui nous disait que lorsqu’on marchait dans la rue, on devait voir qu’on était des danseuses à notre seul port de tête. Et bien ici, c’est la même sensation de légèreté en même temps que l’affirmation de mon identité.  
La machine m’a avalée morte. Elle me renaît. Longtemps mon ennemie, la machine m’a accueillie. Elle m’a fait visiter la–vaste–toile–du–monde, m’a fait faire de réelles rencontres avec de vraies premières personnes. Elle remet de l’ordre dans mon désordre, ma confusion mentale, comme ils disent. C’est une sorte de troisième personne narrateur de mon personnage.

RENTREZ SANS MOI – CHRISTINE ZOTTELE – 9

Rentrez sans moi - couverture« À la mémoire de Lise Bonnafous* et de Nathalie Filippi* et à tou(te)s les immolé(e)s du silence… » Christine Zottele
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

(* Liens ajoutés ici)

[Non pas retraite,
mais …]

ELLE RÊVAIT DE FONDER - letcr1-exp

[Pour cela, il aurait fallu aller
bien loin.]

                

(Si tu es novice ici
ceci est pour toi
le lien d’un mot à l’autre son donnés
– à cliquer – )

 ELLE RÊVAIT DE FONDER - letcr1-sr    

   

Extrait de « Rentrez sans moi » de Christine Zottele 

Brouillons et notes éparses
5 – Personnes et personnages

 —

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 Un extrait plus long
ELLE RÊVAIT DE FONDER - txt1r


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On ne parlait jamais de son métier, elle me l’avait formellement interdit. Mais des personnes oui. Des gosses et des adultes. Les deux. Je ne suis pas un grand parleur mais un bon entendeur, salut ! Ça ne vous fait pas rire ? Et bien vous voyez, elle, elle aurait au moins souri. Juste pour me faire plaisir. Parce que j’adorais la voir sourire et que je la voyais de moins en moins sourire. Qu’est–ce que je vous disais ? Ah oui que je l’écoutais parler plus que moi je ne parlais… Et bien, je servais un peu à ça aussi. Elle n’aimait pas spécialement étaler tous ces problèmes et n’était pas du genre bavarde – elle parlait suffisamment en cours – mais avec moi elle se laissait aller à rêver tout haut. Elle rêvait de fonder une maison de retrait, c’est son expression. Un lieu de vie pour elle et ses amis vieillissants. Une sorte de maison autogérée où chacun puisse avoir à la fois son indépendance et se sentir utile à la communauté. Elle me disait que j’avais toute ma place en tant que médecin et amant de poche. Elle voulait bien me prêter à son amie Agathe. On visitait souvent des maisons avec elle, en faisant croire qu’on était mariés.

RENTREZ SANS MOI – CHRISTINE ZOTTELE – 8

Rentrez sans moi - couverture« À la mémoire de Lise Bonnafous* et de Nathalie Filippi* et à tou(te)s les immolé(e)s du silence… » Christine Zottele
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

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[Elle a réagi au mot « grandir »

Un peu triste si ce n’est que cela !]

C EST QUOI GRANDIR PRENDRE CONSCIENCE -letcr1-exp2

[Heureusement,
plus loin,
celle qui dit cela
se ravise,
nuance

malgré tout ce qui dans cette phrase
scelle son existence.]

                          

Extrait de « Rentrez sans moi » de Christine Zottele 

Brouillons et notes éparses
5 – Personnes et personnages

 —

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C EST QUOI GRANDIR PRENDRE CONSCIENCE - txt0r

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C EST QUOI GRANDIR PRENDRE CONSCIENCE - txt1r


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Nous lui avons tous dit qu’elle nous avait fait grandir. Elle a souri tristement – j’ai eu le sentiment que ce n’est pas ce qu’elle voulait entendre – et elle a demandé : Grandir ? C’est quoi grandir ? Prendre conscience qu’on ne réalisera pas forcément ses rêves d’enfant ? Et puis comme on se taisait, elle s’est reprise : Pardon, je dis n’importe quoi ! Bien sûr qu’on peut réaliser ses rêves. Tenez, je viens de retrouver un ancien élève. Il s’élève dans le ciel sur une échelle de tissu, comme dans le conte du haricot magique… il joue avec la pesanteur et l’apesanteur. Il tombe dans les bras du tissu, se livre à une fougueuse étreinte, s’enroule dans les draps, s’échappe, tombe quelques mètres plus bas, le tissu le rattrape sans cesse. C’était un élève dyslexique mais dans les airs il écrit un texte sans erreur.