« L’iris de Suse » – Jean Giono – 16

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Seizième page,
Tringlot s’équipe

et révèle une part
de ce qui le fascine.


 

« Il entra demander un couteau, mais pas n’importe quel couteau : un Opinel. On le lui donna tout de suite et même on lui en étala tout un choix. Alors là il jubilait ! Il prit un Opinel, bien marqué sur la lame, le plus grand, à cran d’arrêt, naturellement. Que voulez-vous qu’il fasse avec un couteau sans cran d’arrêt ?   …

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Une fois payé, il le soupesa encore au creux de sa main. C’était un bon couteau. Il essaya encore la lame : bien emmanché ! »

 

[Almanach] les éditions Qazaq – … Lucien Suel, il y a un an

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[Une écriture buissonnière]

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[Publié aux éditions Qazaq
le 4 octobre 2016]

Lucien Suel
donne

« Sombre Ducasse« 

Dimanche 4 Octobre 2015

(extrait de
DERNIÈRE CHARRETTE AVANT L’ÉCHAFAUD.)

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(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)


La présentation du recueil par  Jan Doets
sur le site « des cosaques des frontières » :


Lucien Suel en son SILO


Proposition de lecture du texte


& puis une autre mort, accidentelle ! Extrême-Onction volatile après des semaines de privation… & puis la participation aux funérailles… & puis l’unique inhumation dans le cerveau de famille. Réunion à la mission mortuaire… Clash…
Ce grand envol de jupes, des années de cela, une main toute en plis. Mère… se pose sur mes boucles. Laisse tes mains au-dessus des draps ! Je vais te raconter. C’est gentil. L’était un marchand de pastilles pour ou contre la soif, Docteur Omnes pour vous servir… Un médecin marchand marron marrant, errant dans une maison envahie de plantes vertes, une odeur de parquet ciré. Jour de repos allongé dans la véranda… Pluie d’orage… Une grosse chatte qui ronfle… Mère, où ? Un pot de crème pour astiquer les aiguilles de l’horloge dans la salle d’attente.
Omnes sans ciller, sans souffler, sang sous ses paupières : il n’est pas utile de nettoyer les aiguilles ; l’horloge s’est arrêtée à bien des kilomètres d’ici, à l’orée du sommeil. Clash.
Mère… accrochée au téléphone de l’angoisse dans la parole. Une course à travers champs & le poste téléphonique qui sursaute à chaque sillon.
Dans la salle d’attente, le serpent me glisse des mains et plante ses crochets dans ma chair à travers l’étoffe bleue.
Les aiguilles… La crème…
A reculons vers la gare turque. Clash.

[Almanach] naissance des éditions Qazaq – … Zakane

[Nouveau recueil de poésie
aux éditions Qazaq]

Zakane
donne
« L’heure heureuse« 

Samedi 18 Juillet 2015

[L’oeil peut tout.]
J AI BESOIN DE VOS CHAIRS-letcr1-exp

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le texte


La présentation du recueil par Jan Doets sur le site « des cosaques des frontières »
L’heure heureuse : l’auteur Zakane a rejoint Éditions QazaQ – et des autres bonnes nouvelles


Les mots de Zakane


Proposition de lecture


je fume
mon café fume
et je vous regarde

il y a de la beauté en vous
sous la couche des peurs

je connais vos désirs
je suis passé
moi aussi
par cette transe
cette envie folle
de vous voir nu(e)s

vous voir
même sous votre peau
voir vos ruisseaux et vos torrents
votre fleuve de sang

j’ai décelé parfois
l’émoi et le sourire
le partage fugace
de cet écrin ouvert

l’espace d’un coup d’ailes

mais votre ombre
toujours

ce fantôme
qui porte un nom
un avatar
et qui jette des mots
des orthographes qui semblent réunir
mais qui n’y parviennent pas

ce fantôme
qui colle des photos
des images troublantes
oubliées
aussitôt qu’elles sont vues

j’ai connu cette vitesse lente
attente fébrile
de l’acquiescement

le compte n’y est pas
j’ai besoin de vos chairs
j’ai besoin
dans ma main
de soupeser la terre
détresser les cheveux
et puis manger les fleurs

je retourne au soleil
au silence du vent
et aux chants des oiseaux

[Almanach] Guillaume Vissac …

[Tout ici (y compris l’incertitude du parcours de lecture
est là
pour faire remonter des lieux où nous les tenons cachés, parfois enfermés,
ces germes de cauchemar qui nous habitent depuis que nous savons ne pas être
le monde. ]

Mercredi 18 mai 2011,
de Guillaume Vissac, les éditions Publie.net
donnent « Le livre des peurs primaires« 

(extrait « peur 117 »)

SA MAIN GLISSE LE MÉTRO-letcr1-exp

                                                                       

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier 

 


Proposition de lecture de la peur primaire 117 :


Sa main glisse, le métro freine : il vacille : il tombe. Disparaît au cœur de la foule, son corps aspiré par le bas, caché sous ceux des autres, mais personne ne le voit. Les visages fixent encore — silence — leur reflet respectif, là, dans le flou de la vitre. Je me rapproche pour le chercher mais je le manque : aspiré par le sol et les câbles, il a sans doute basculé dans un envers quelconque, une dimension du sol, et le métro s’éloigne.

Montedidio – Erri de Luca – 1

 

[Rafaniello répare les chaussure des pauvres
et touche un salaire … des pauvres]

LE TAS DE CHAUSSURES TROUÉES - letcr1-exp3

(Sans l’image
à cliquer)

LE TAS DE CHAUSSURES TROUÉES - letcr1

 

Extrait du récit « Montedidio  »
de Erri De Luca

Parcours de lecture

LE TAS DE CHAUSSURES TROUÉES - s

En clair

LE TAS DE CHAUSSURES TROUÉES - txt0

Un extrait plus long

LE TAS DE CHAUSSURES TROUÉES - txt1

[On devrait cracher plus souvent
Pour jeter au sol tous nos tristes mots.]

Lecture


Merci de signaler une éventuelle erreur 


Je laisse le boumeran près de Rafaniello. Le tas de chaussures trouées diminue, sous ses mains elles marchent toutes seules, la graisse les fait briller, on sent un parfum de cuir heureux. À midi, quand mast’Errico va déjeuner, les gens passent chercher leurs souliers réparés. Avec les premières nuits fraîches, les pauvres semblent encore plus mal lotis, ils se mettent sur le dos une couverture en laine de l’armée, deux vestes ou bien toutes leurs chemises, s’ils n’ont pas autre chose. « Don Rafaniè, o pateterno v’adda fa’diventa’ricco comm’‘ o mare », Don Rafaniè, le Père éternel doit vous faire riche comme la mer, lui disent-ils en échange du travail qu’ils ne peuvent payer, avec les bénédictions sur la santé, contre les mauvaises langues et le mauvais œil. « Puissiez-vous échapper au feu, à la terre et aux gens méchants », « puisse l’or sortir de votre bosse », Rafaniello est content, il dit qu’il vaut mieux des bénédictions que des sous parce que au ciel on les écoute. Et les malédictions aussi on les écoute, dit-il, et il crache par terre pour se rincer la bouche de ce triste mot.