Beauté – Katia Chausheva

Ce matin, sur France Culture dans son émission « Répliques »  Alain Finkielkraut  accueillait deux hommes très différents, en apparence tout du moins,

François-Xavier Bellamy qui invite dans son dernier livre à « Demeurer »
et
Sylvain Tesson l’éternel vagabond.

Au fil de l’émission, il apparaît au contraire que ces deux propositions de vie se rejoignent dans leur dénonciation du mouvement pour le mouvement.
Le vagabondage de Sylvain Tesson semble en effet être plus une invitation à la rencontre du réel dans une succession d’immobilité (?) qu’un appel au « bougement » perpétuel.

Katia Chausheva est photographe, on peut voir un aperçu de son oeuvre ici
(et ici)

Le rapport avec ce qui s’écrit plus bas ?

Elle s’inscrit dans le projet des trois personnes nommées.


Le monde connaîtra le meilleur et le pire lorsque

TOUS CES ÊTRES PRESSÉS-let

 

TOUS CES ÊTRES PRESSÉS-sol


 

Le monde connaîtra le meilleur et le pire lorsque tous ces êtres pressés de partir et d’arriver s’apercevront que la beauté a de profondes affinités avec l’immobilité.

La beauté / la grâce

Il est bien plus facile à la science de définir pour l’art (qui n’en demandait pas tant*), les divines pro-portions ou les canons de la beauté
que de donner la moindre indication à propos de ce qui, dans le déséquilibre et le défit à ces normes produit un frémissement aux caractéristiques tout à fait aléatoires, du coeur à la peau.
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L’image de synthèse, la musique qualité cd, ont longtemps fasciné du fait de la disparition, du grain, de la poussière.

Mais c’est une amplitude excessive (dosée) des hanches (d’un tissus) …, une note un peu en avance, en retard par rapport à la norme de la partition …, qui créent la grâce.

[ceci n’est bien sur
– tout comme un poison –
utile/vrai qu’en quantité infime]


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La beauté est souvent le résultat d’un effacement.
La grâce est toujours celui d’un ajout.


Dans une époque frileuse, craintive
et dont
toutes les expressions vitales sont scientifiquement normées
on préférera bien entendu
la beauté à la grâce.


* Je ne parle pas ici des artistes. Chez eux, les avis sont … très partagés.

[Almanach] Marc Bonneval …

[Le titre du poème est l’annonce d’un voyage
au cœur du vivant
le poème tient cette promesse. ]

Dimanche 30 mai 2010
Les éditions Ouvres Ouvertes
qui, elles aussi tiennent (depuis 16 ans) la promesse de leur nom
publiaient
de Marc Bonneval
« Du lieu à l’être » (6)

(Poème que Laurent Margantin, donnait
le mois de la disparition de l’auteur )

EST CE PRÉSOMPTION SENTIR-LETCR1-EXP1                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Proposition de lecture :


Le poème en son entier se trouve (6 parties) ici 


Le temps est à l’attente. L’attente est le temps.
Et l’attente est sans savoir, et sans sagesse.

Pourtant, l’attente n’est pas aisée, il est besoin de savoir. Et de reconnaître le juste temps de l’attente, pour l’attente.

L’enfant, qui ne sait pas encore qu’il est un enfant, et il l’oubliera. Moi aussi, et j’ai oublié.

La terre nous est-elle familière ? La sécurité que donnent le jour, et la nuit, nous l’avons conquise, et tous les métiers y contribuent.

Sauf l’été méditerranéen, je ne connais pas de moment où le jour soit absolue certitude, et la nuit consolatrice de son ardeur.

Est-ce présomption, sentir que la beauté – de ce paysage, de cette lumière, de ce crépuscule – rejoint la douleur pure ?

Il n’est pas vrai que tout « ici » en vaille un autre : il en est qui ne donnent que le désir d’être ailleurs, il en est dont il ne faudrait jamais partir, dont jamais il n’aurait fallu partir.

Mais on n’aurait jamais su, ni la douleur, ni l’absence, ni peut-être le plaisir. On ne sait jamais ce qu’il faut, tout au plus ce qui a eu lieu, et encore y faut-il et le temps, et toute la distance qui se creuse, d’un lieu à l’autre, d’un temps à l’autre.)

Ce paysage invite à deviner ce qui pourrait être vraiment visible, et que pourtant l’on ne voit pas. Ce n’est qu’au paradis que les bienheureux pourront, et peuvent déjà, contempler pour l’éternité la face de Dieu.

Il n’est pas vrai que le lieu suffise. Le lieu est, et, pour accéder à son être, il y faut davantage que le séjour. Et tout séjour n’est pas présence, et donc joie.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 2

[Rien n’est épargné dans cette première partie du texte qui se donne comme but (mission) de définir la Critique avec un grand C. Tout est canaille !]


LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- letcr1-exp

Sans l’image
(à cliquer)

LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- letcr1


Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Extrême exigence de René Daumal et du Grand Jeu
concernant le rôle de la critique
une position qui serait de nos jours très

critiquée

Point de « départ » bien nécessaire pourtant
que cette révolte à propos du traitement qui est fait
du Verbe, notamment.
Un peu excessif peut-être

mais ça réveille !)

—–

parcours de lecture
LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- s

En clair

LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- txt0

Un extrait plus long

 LE VERBE EST PROSTITUÉ LA BEAUTÉ- txt1

Lecture de ces pages


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Je ne suis d’abord pas sûr qu’un livre comme celui de Roland de Reneville sur Rimbaud le voyant soit ce que le langage commun appelle un ouvrage de critique ; mais je préfère user de charité envers le langage commun en étendant un peu le sens de ce mot, pour pouvoir le prononcer autrement qu’avec la grimace du dégoût.
Aujourd’hui que toute parole vivante ne peut s’imposer qu’en s’entourant de la plus extrême rigueur, au milieu du pullulement littéraire des recettes pratiques grâces auxquelles le premier venu, pour peu qu’il ait la plume agile, peut imiter, en agitant de froid cadavres, un torrent de révélations, aujourd’hui que le Verbe est prostitué, la Beauté vendue à la canaille du pinceau ou de la plume, La Vérité vendue à la canaille de la science qui construit les machines à abrutir et à tuer, le Bien vendu à la canaille législative et policière, l’Esprit vendu à la canaille ecclésiastique, aujourd’hui c’est glorifier une entreprise que simplement la justifier.

L’HONORABLE MONSIEUR JACQUES – ANDRÉ DHÔTEL – 17

[Insouciance de la belle]


 ELLE FICHAIT LE CAMP SANS MANIERES - letc1-exp


                      


(a cliquer
plus simple)

ELLE FICHAIT LE CAMP SANS MANIERES - letc1-sr

  —     

Extrait du roman « L’Honorable Monsieur Jacques »

de André Dhotel

 —

Parcours de lecture

ELLE FICHAIT LE CAMP SANS MANIERES - sr

  —–

 Sur babelio
*

En clair

ELLE FICHAIT LE CAMP SANS MANIERES - txt0r

 Un extrait plus long

ELLE FICHAIT LE CAMP SANS MANIERES - txt1r


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Elle s’en allait comme si elle ignorait Jacques parfaitement, peu soucieuse de prendre une allure gracieuse ou non.
Elle fichait le camp sans manières, mais la beauté de son corps se livrait au travers des mouvements de sa robe d’été.
Jacques resta un long moment immobile. Il fut surpris par une voix dans son dos 

 


CAMPEMENTS – ANDRÉ DHOTEL – 20

Un livret
entièrement dédié à l’oeuvre d’André Dhôtel
(28 extraits provenant de quatorze romans et nouvelles
à redécouvrir en mots liés)
Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

(cliquer sur l’image pour lire le livret)


  



ELLE MARCHERA - letc1

 (Pour une lecture plus ralentie encore)

ELLE MARCHERA - let1


Extrait du roman « Campement »
de André Dhotel

 —

Parcours de lecture

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En clair  sur babelio

*

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Elle marchera auprès de lui par le mauvais temps et il devinera sous sa robe grossière la beauté de ses épaules.

LA MISSION DE L’ARTISTE – FERDINAND HODLER – 1


 

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—     

Extrait de l’essai « La mission de l’artiste »
de Ferdinand Hodler

 —

Parcours de lecture

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En clair  sur babelio

*

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[Une conception battue en brèche
par les artistes qui considèrent
qu’il est possible de faire de l’art
sur une tabula rasa
et pour les quels la beauté n’est pas
le but de leur … geste ni ce qui le produit.]


N’hésitez pas à signaler une éventuelle erreur 


L’art, c’est le geste de la beauté.