HOPPER, ou « La seconde échappée » – CHRISTINE JEANNEY -« South Carolina morning »

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J’ai déjà évoqué le livre de Christine Jeanney aux éditions Qazaq, en version numérique, 21 textes consacrés à 21 tableaux de Hopper.

« Hopper ou « la seconde échappée »

[ Évocation de cette temporalité particulière aux œuvres de Edward Hopper dont Christine Jeanney donne à percevoir l’épaisseur et la texture à travers ces 21 écrits.]

L’oeuvre est disponible aux éditions QazaQ (de Jan Doets)
(cliquer sur le titre)

Ici c’est à propos de son texte sur le tableau intitulé :
« South Carolina morning »

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Proposition de lecture :

 

 


Christine Jeanney  aux édition  Qazaq
chez publie.net

son espace d’écriture sur la toile : Tentatives


Elle amplifie le ciel et le chemin à parcourir jusqu’aux limites de la terrasse, du paysage, et de la terre, elle force la hauteur des murs, étend les branches du labyrinthe aux couloirs qu’on devine à l’intérieur, derrière son dos, qu’elle cache et offre en même temps avec son air « viens les chercher ». C’est le propre du rêve d’emmener clairement où l’on ne sait pas marcher, du contraire au contradictoire, d’élever des maisons en équilibre instable en bord de vide.
Une fois de plus, c’est tournoyant (peut-être ça l’explication de la seconde figée en vol, elle dépasse la logique, elle tourne sur elle-même alors que rien ne l’y prépare que de fines courbes et des lignes toutes droites).

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY – OSCAR WILDE – 6 (traduction Christine Jeanney )

[Conseils
d’un cynique]


RIRE N EST PAS UN MAUVAIS DÉBUT-lx1


(à cliquer pour le parcours de lecture )


Extrait du roman « Le Portrait de Dorian Gray »
d’ Oscar Wilde

(Nouvelle traduction de Christine Jeanney éditeur publie.net )


Extrait plus long


La pauvre Lady Brandon traite exactement ses invités comme un commissaire-priseur ses objets. Elle les décrit dans les moindres détails, ou raconte tout à tout le monde, sauf bien sûr ce que tout le monde veut savoir. Et qu’a-t-elle dit sur Mr Dorian Gray ?
— Oh, elle a murmuré « Charmant garçon — sa pauvre mère et moi inséparables — fiancées au même homme — je veux dire mariées le même jour — suis-je bête ! complètement oublié ce qu’il fait — bien peur que — il ne fasse rien du tout — Oh, oui, joue du piano — ou c’est du violon, n’est-ce pas, cher Mr Gray ? » Nous n’avons pas pu nous empêcher de rire tous les deux, et nous sommes devenus amis sur le champ.
— Rire n’est pas un mauvais début pour une amitié, et c’est sûrement la meilleure fin possible », dit le jeune Lord, cueillant une autre marguerite.
Hallward se cacha la tête dans les mains. « Vous ne savez pas ce qu’est l’amitié, Harry, murmura-t-il, et l’animosité non plus, d’ailleurs. Vous aimez tout le monde, ce qui revient à dire que tout le monde vous indiffère.
— C’est très injuste de votre part ! » s’écria Lord Henry, inclinant son chapeau pour lever la tête vers les petits nuages qui dérivaient, comme de petites pelotes de soie blanches sur le fond turquoise de ce ciel d’été. « Oui, horriblement injuste. Je fais une différence entre les gens. Je choisis mes amis pour leur bel aspect, mes camarades pour leur caractère, et mes ennemis pour leur intelligence.

[Almanach] … Christine Jeanney

[Elle dit que
parfois
elle ne manque pas d’air !]

Mercredi 26 Juin 2013
Christine Jeanney
évoque son travail de traduction dans son

« Journal de bord des Vagues« 

(extrait de « journal de bord des Vagues -24 [le « comme »]

<< Ici c’est la difficulté du « comme » …

QUI REVIENT SI SOUVENT-letcr1-exp

        (à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)*

L’extrait complet

* Bien évidemment l’illustration correspond à un quintet de Fauré (sourire)²


il y a neuf « interludes » dans Les Vagues et celui-ci est le deuxième

il faut quitter les personnages un instant et attraper ce dire presque désincarné, au plus près des éléments en mouvement, objets changeants aux infimes modifications, des détails merveilleux mangés des yeux

ici c’est la difficulté du « comme » qui revient si souvent en anglais et installe cette musique rêveuse, aérienne, presque désinvolte
as if, like, c’est si simple, de tout petits mots à peine plus larges qu’une ponctuation
en français, le comme répété insiste, on dirait qu’il assène et qu’il prend à témoin, qu’il montre du doigt lourdement

seul, il évoque,
s’il se double se redouble, il grossit, devient démonstratif
pour qu’il se taise un peu, et qu’il laisse parler Virginia, je décide parfois de l’enlever

(décidément je ne manque pas d’air)
work in progress

[Almanach] Christine Jeanney …

[Le muscle est encore parfois utile]

vendredi 10 juin 2011
Les éditions publie.net donnaient
Cartons de Christine Jeanney

LES GROS BRAS LES PRENDRONT-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

Proposition de lecture :


LIVRES SALON écrit au feutre noir une fois dessus, une fois sur le côté, les gros bras les prendront trois par trois et même plus, je m’échine sur un seul, poussé péniblement, tiré, il s’arrache, je recouvre de scotch la plaie, cache un morceau de couverture violette, livre en allemand, historique, familier, mystérieux, pas ouvert à cause d’une langue impénétrable mais gardé, rassurant, l’obscurité pour lui, tiens, me promettre de l’ouvrir à l’arrivée, là-bas, au moment de remplir les étagères vides, déménager c’est se faire de petites promesses, là-bas, il faudra, on pourra, on fera attention, et plus question de (et puis on fait comme on a l’habitude, le temps de retrouver nos déplacements et de lever la tête dans la bonne direction, déménager c’est se demander souvent et plusieurs fois par jour où est accrochée la pendule)

[Almanach] Juliette Mézenc …

[Le vendredi 11 mai 2012,  Juliette Mézenc donnait
« Poreuse« , aux éditions Publie.net .

Avec trois parcours de lecture possibles que Christine Jeanney a brouillés, « rendus poreux« .]

ENFIN LE CENTRE DE MISE AU MONDE-letcr1-exp

[à cliquer pour obtenir le parcours de lecture]

Le texte complet


Mathilde consent parfois, mais c’est rare, à arrêter net son vélo pour observer les oiseaux.

Elle file, ne s’arrête, ne peut. Les chaluts lui font une haie d’honneur, elle longe les flancs ventrus que la lumière agace en riant. Mathilde la laisse se gondoler sur les coques flambant neuves, pas le temps de s’arrêter, embarque le tableau avec elle pour le regarder à loisir, plus tard. File, passe au feu rouge, fait un écart sous le coup de semonce d’un klaxon, lance un regard noir et puis repart. Un drapeau, attaché au porte-bagages, juste derrière sa selle, vante les mérites de la Riche Crème Grand Soin d’Yves Rocher ; ça lui fait quelques sous. Pédale, pont de Pierre, le Petit Marcus est à quai : vert et blanc avec un poisson rouge, enfantin, peint juste à côté du nom. Débouche sur le Canal Royal, embardée, une bourrasque, violente, tiens ! les ponts sont levés, au loin ils se dressent : deux rampes vers le ciel étrillé par le vent. On aperçoit aussi la pointe courte, un triangle où sont posées de minuscules maisons carrées, avec un phare au bout, et puis l’étang : noir. Tourne à gauche sur le pont du Commissariat, sous ses roues la tramontane noircit l’eau du canal, Mathilde lutte, se ramasse, lutte, garder son cap, surtout ne pas se laisser déporter sur la voie. Puis c’est l’avenue de Verdun qu’elle remonte, défilent la station Esso, le pizzaïolo, de maigres troupeaux d’ados — le LEP n’est pas loin — les abribus qui affichent des femmes minces et dévêtues qui sourient sous le froid, insensibles à sa morsure, Mathilde aperçoit son reflet dans la vitre, fantôme qui glisse sur la poitrine lisse d’un mannequin… une silhouette engoncée, des traits flous… se sent soudain épaisse, terne, chasse cette pensée, pédale de plus belle, chasse, chasse. Des berlines silencieuses la dépassent parfois, leurs carrosseries rutilent, renvoient elles aussi aux passants une image d’eux-mêmes dégradée. Figures pâlottes, contours imprécis.
Enfin, le Centre de Mise au Monde Assistée se profile.