[Almanach] Louis-Ferdinand Céline … retour aux sources de son premier héro.

[A cette date, Céline a déjà publié « Voyage au bout de la nuit » roman avec lequel il a frôlé le Goncourt. Il va, pour son second roman, revenir sur le personnage de Bardamu (qu’il ne nommera plus que Ferdinand) dont il évoquera l’enfance.]

08-05-1936-EXACTEMENT 9 ANS AVANT LA - letcr1-exp
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Le roman reçu dans un premier temps un accueil mitigé. Il est à l’heure actuelle considéré comme un chef-d’oeuvre, beaucoup de ses lecteurs le considérant comme un monument de la littérature française.

[Où il est question des difficultés du petit commerce face aux grandes enseignes, longtemps avant l’apparition des hypermarchés.]

[Extrait de l’oeuvre.]

NOS PETITS MAGASINS TU VOIS - letcr1-exp

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Lecture de la page


Exactement 9 ans avant la signature de l’armistice qui met fin à la 2ème guerre mondiale mort à crédit de Céline est publié

Nos petits magasins, tu vois, sont condamnés à disparaître !… Ça n’est plus qu’une question d’années… De mois peut-être !… Une lutte acharnée pour rien… Les grands bazars nous écrasent… Je vois venir tout ça depuis longtemps… Déjà du temps de Caroline… on avait de plus en plus de mal… ça n’est pas d’hier !… Les mortes-saisons s’éternisent… et chaque année davantage !… Elles duraient comme ça de plus en plus… Alors moi, tu sais, mon petit… c’est pas l’énergie qui me manque !… Il faut bien que nous en sortions !… Voilà alors ce que je vais tenter… aussitôt que ma jambe ira mieux… même si je pouvais un peu sortir. Alors j’irais demander une “ carte ”… dans une grande maison… J’aurais pas de mal à la trouver !… Ils me connaissent depuis toujours !… Ils savent comment je me débrouille ! Que c’est pas le courage qui me manque… Ils savent que ton père et moi, nous sommes des gens irréprochables… qu’on peut bien tout nous confier… n’importe quoi !… ça je peux le dire… Marescal !… Bataille !… Roubique !… Ils me connaissent depuis Grand-mère !… Je suis pas une novice sur la place… Ils me connaissent depuis trente ans, ils me connaissent depuis toujours comme vendeuse et comme commerçante… J’aurais pas de mal à trouver… J’ai pas besoin d’autres références… J’aime pas travailler pour les autres… Mais à présent y a plus le choix… Ton père ne se doutera de rien… absolument… Je dirai que je vais chez une cliente… Il n’y verra que du feu !… Je partirai comme à l’habitude, je serai toujours rentrée pour l’heure… Il aurait honte le malheureux de me voir travailler chez autrui… Il serait humilié le pauvre homme… Je veux lui épargner tout ça !… À n’importe quel prix !… Il s’en relèverait pas !… Je saurais plus comment le retaper !… Sa femme employée chez les autres !… Mon Dieu !… Déjà avec Caroline, il en avait gros sur le coeur… Enfin il se rendra compte de rien !… Je ferai mes tournées régulièrement… Un jour une rue, l’autre jour une autre… Ça sera beaucoup moins compliqué… que ce perpétuel équilibre !… Cette sale voltige qui nous crève !… Toujours des tours de force !… À boucher des trous partout ! c’est infernal à la fin ! Nous y laisserons toute notre peau ! Nous aurons beaucoup moins de frayeurs ! Payer ici ! Payer par là ! Y arrivera-t-on ? Quelle horreur ! Quelle torture qui n’en finit pas… On aura que des petites rentrées, mais absolument régulières… Plus de retournements ! Plus de cauchemars ! C’est ça qui nous a manqué !… Toujours !… Quelque chose de fixe ! Ça ne sera plus comme depuis vingt ans ! Un dératage perpétuel ! Mon Dieu ! Toujours à la chasse aux “ cent sous ” ! Et les clientes qui ne payent jamais ! À peine encore qu’un trou bouché qu’en voilà un autre !… Ah ! c’est joli l’indépendance ! Je l’aimais pourtant, ma mère aussi ! mais je ne peux plus… Nous finirons bien, tu verras, en nous y mettant tous ensemble par joindre les deux bouts !… On l’aura la femme de ménage ! puisque ça lui fait tant plaisir !… sans compter que j’en ai bien besoin ! Ça sera pas de luxe ! » 

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 9 –

[Quand, au détour, d’un …détour, Céline nous parle du voyage]

QUAND ON EST LANCÉ DE LA SORTE - letcr1-exp

 

 [De certains, il faut croire que
le médecin des pauvres* n’est pas revenu]

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QUAND ON EST LANCÉ DE LA SORTE - letcr1

                                                                

Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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QUAND ON EST LANCÉ DE LA SORTE - txt1


 

 * François Duvalier, dit « Papa doc« , a lui aussi été médecin des pauvres.
Voyage dont il est difficile de revenir indemne.

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Pour ma part, je n’avais plus à me plaindre. J’étais même en train de m’affranchir par la médaille militaire que j’avais gagnée, la blessure et tout. En convalescence, on me l’avait apportée la médaille, à l’hôpital même. Et le même jour, je m’en fus au théâtre, la montrer aux civils pendant les entractes. Grand effet. C’était les premières médailles qu’on voyait dans Paris. Une affaire !
C’est même à cette occasion, qu’au foyer de l’Opéra-Comique, j’ai rencontré la petite Lola d’Amérique et c’est à cause d’elle que je me suis tout à fait dessalé.
Il existe comme ça certaines dates qui comptent parmi tant de mois où on aurait très bien pu se passer de vivre.
Ce jour de la médaille à l’Opéra-Comique fut dans la mienne, décisif.
À cause d’elle, de Lola, je suis devenu tout curieux des États-Unis, à cause des questions que je lui posais tout de suite et auxquelles elle ne répondait qu’à peine. Quand on est lancé de la sorte dans les voyages, on revient quand on peut et comme on peut…
Au moment dont je parle, tout le monde à Paris voulait posséder son petit uniforme. Il n’y avait guère que les neutres et les espions qui n’en avaient pas, et ceux-là c’était presque les mêmes. Lola avait le sien d’uniforme officiel et un vrai bien mignon, rehaussé de petites croix rouges partout, sur les manches, sur son menu bonnet de police, coquinement posé de travers toujours sur ses cheveux ondulés. Elle était venue nous aider à sauver la France, confiait-elle au Directeur de l’hôtel, dans la mesure de ses faibles forces, mais avec tout son cœur ! Nous nous comprîmes tout de suite, mais pas complètement toutefois, parce que les élans du cœur m’étaient devenus tout à fait désagréables. Je préférais ceux du corps, tout simplement. Il faut s’en méfier énormément du cœur, on me l’avait appris et comment ! à la guerre. Et je n’étais pas près de l’oublier.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 8 –

[« L’Africain » (vu par les yeux d’un personnage) de Céline.
difficile de savoir que l’on parle ici
d’un homme]



DANS LA JOURNÉE C EST - letcr1-exp2

 

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DANS LA JOURNÉE C EST - letcr1

                                                                

Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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— Y a encore le village, qu’il ajouta… Y a pas cent nègres dedans, mais ils font du bousin comme dix mille, ces tantes !… Vous m’en direz des nouvelles de ceux-là aussi ! Ah ! si vous êtes venu pour le tam-tam, vous vous êtes pas trompé de colonie !… Parce que ici, c’est tantôt parce que c’est la lune qu’ils en jouent, et puis, parce que c’est plus la lune… Et puis parce qu’on l’attend la lune… Enfin, c’est toujours pour quelque chose ! On dirait qu’ils s’entendent avec les bêtes pour vous emmerder les charognes ! À crever que je vous dis ! Moi, je les bousillerais tous d’un bon coup si j’étais pas si fatigué… Mais j’aime encore mieux me mettre du coton dans les oreilles… Avant, quand il me restait encore de la vaseline dans ma pharmacie, j’en mettais dedans, sur le coton, maintenant je mets de la graisse de banane à la place. C’est bon aussi la graisse de banane… Avec ça, ils peuvent toujours se gargariser avec le tonnerre de Dieu si ça les excite, les peaux de boudin ! Moi, je m’en fous toujours avec mon coton à la graisse ! J’entends plus rien ! Les nègres, vous vous en rendrez tout de suite compte, c’est tout crevés et tout pourris !… Dans la journée c’est accroupi, on croirait pas ça capable de se lever seulement pour aller pisser le long d’un arbre et puis aussitôt qu’il fait nuit, va te faire voir ! Ça devient tout vicieux ! tout nerfs ! tout hystérique ! Des morceaux de la nuit tournés hystériques ! Voilà ce que c’est que les nègres, moi j’vous le dis ! Enfin, des dégueulasses… Des dégénérés quoi !…

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 7 –

De quoi faut-il avoir le plus
peur ?



COMME ON CHANGE J ETAIS UN - letcr1

 

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COMME ON CHANGE J ETAIS UN - let1



                                                                 

Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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combien n’aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d’être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c’était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c’est des mots.
Si seulement j’avais encore eu le temps, mais je ne l’avais plus ! Il n’y avait plus rien à voler ! Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas ! Ne passent jamais ! J’en connaissais une toute prête, au soleil, au chaud ! Dans un rêve, celle de Saint-Germain précisément, si proche de la forêt, je la connaissais bien, je passais souvent par là, autrefois. Comme on change ! J’étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 6 –

Terrible phrase pour exprimer à quel point il y a avant et après l’horreur.

ON EST PUCEAU DE L HORREUR - letcr10

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ON EST PUCEAU DE L HORREUR - let1
                                                                 

Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Nous étions jolis ! Décidément, je le concevais, je m’étais embarqué dans une croisade apocalyptique.
On est puceau de l’Horreur comme on l’est de la volupté. Comment aurais-je pu me douter moi de cette horreur en quittant la place Clichy ? Qui aurait pu prévoir avant d’entrer vraiment dans la guerre, tout ce que contenait la sale âme héroïque et fainéante des hommes ?
À présent, j’étais pris dans cette fuite en masse, vers le meurtre en commun, vers le feu… Ça venait des profondeurs et c’était arrivé.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 5 –

Certains appelleraient cela de la lâcheté … lui ne voit pas les choses comme cela.



IL NE FAUT JAMAIS SE - letc1
                                                                 

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Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Toute possibilité de lâcheté devient une magnifique espérance à qui s’y connaît. C’est mon avis. Il ne faut jamais se montrer difficile sur le moyen de se sauver de l’étripade, ni perdre son temps non plus à rechercher les raisons d’une persécution dont on est l’objet. Y échapper suffit au sage.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 4 –



QUAND LA HAINE - letc1
                                                                 

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Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Le Commandant du navire, gros malin trafiqueur et verruqueux, qui me serrait volontiers la main dans les débuts de la traversée, chaque fois qu’on se rencontrait à présent, ne semblait même plus me reconnaître, ainsi qu’on évite un homme recherché pour une sale affaire, coupable déjà… De quoi ? Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tout seuls.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 3 –


MOI D ABORD - letc1
                                                                    … avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part… »

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Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Moi d’abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir, je l’ai toujours trouvée triste, avec ses bourbiers qui n’en finissent pas, ses maisons où les gens n’y sont jamais et ses chemins qui ne vont nulle part. Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c’est à pas y tenir.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 2 –


JAMAIS JE NE M ETAIS - letc1
                                                                    … Une immense, universelle moquerie..… »

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Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Jamais je ne m’étais senti aussi inutile parmi toutes ces balles et les lumières de ce soleil. Une immense, universelle moquerie.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 1 –

« J’avais parlé leur langue. C’était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles et furtifs comme ceux des loups ; on allait toucher ensemble les filles après l’école dans les bois d’alentour, où on tirait aussi à l’arbalète et au pistolet qu’on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence…

 LA GUERRE EN SOMME C ETAIT TOUT CE QU ON NE COMPRENAIT PAS CA NE POUVAIT PAS CONTINUER-let                                                                                       … Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir.
Mes sentiments toujours n’avaient pas changé à leur égard. J’avais comme envie malgré tout d’essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j’avais envie de m’en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m’apparaissait soudain comme l’effet d’une formidable erreur.…
 »

Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Lui, notre colonel, savait peut-être pourquoi ces deux gens-là tiraient, les Allemands aussi peut-être qu’ils savaient, mais moi, vraiment, je savais pas. Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands. J’avais toujours été bien aimable et bien poli avec eux. Je les connaissais un peu les Allemands, j’avais même été à l’école chez eux, étant petit, aux environs de Hanovre. J’avais parlé leur langue. C’était alors une masse de petits crétins gueulards avec des yeux pâles et furtifs comme ceux des loups ; on allait toucher ensemble les filles après l’école dans les bois d’alentour, où on tirait aussi à l’arbalète et au pistolet qu’on achetait même quatre marks. On buvait de la bière sucrée. Mais de là à nous tirer maintenant dans le coffret, sans même venir nous parler d’abord et en plein milieu de la route, il y avait de la marge et même un abîme. Trop de différence.
La guerre en somme c’était tout ce qu’on ne comprenait pas. Ça ne pouvait pas continuer.
Il s’était donc passé dans ces gens-là quelque chose d’extraordinaire ? Que je ne ressentais, moi, pas du tout. J’avais pas dû m’en apercevoir…
Mes sentiments toujours n’avaient pas changé à leur égard. J’avais comme envie malgré tout d’essayer de comprendre leur brutalité, mais plus encore j’avais envie de m’en aller, énormément, absolument, tellement tout cela m’apparaissait soudain comme l’effet d’une formidable erreur.
« Dans une histoire pareille, il n’y a rien à faire, il n’y a qu’à foutre le camp », que je me disais, après tout…