« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 20

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Vingtième page,
Gaspard va tenter quelque chose
C’est l’heure des adieux
Gaspard a un plan
L’enfant fugitif
peut compter
sur lui

 


«  Peut-être je ne te reverrai plus. En tout cas, écoute-moi bien. Je vais revisser l’écrou du tuyau, et puis je frapperai sur le tuyau. Alors tu compteras lentement jusqu’à mille. Lentement, tu as bien compris. Ne t’occupe de rien d’autre. A mille, tu sors de ta chambre et tu descends jusqu’au premier étage.  »…
  

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…Là tu ouvres la fenêtre, tu sautes dans la cour, et après tu verras bien. Je te promets qu’il n’y aura personne …»

____________

La présence d’un enfant rebelle
est le petit incident
qui dérègle tout ce que
la tante raisonnable avait mis de mécanique
pour capturer Gaspard
Si on demandait à celui-ci
pourquoi il agit ainsi
probablement qu’il n’aurait pas
de mots pour le dire « clairement »

Il faut croire qu’il n’est pas
des disciples de Boileau.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 19

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dix-neuvième page,
A présent
et sans vraiment savoir pourquoi
Gaspard veut aider
l’enfant
à s’échapper

une fois de plus.

 


«  Il murmura  » Seigneur « , et comme un automate gagna l’escalier. Peut-être était-il poussé à ce moment par l’idée de profiter du sommeil de la tante pour rejoindre l’enfant.
Il mit la main sur la rampe et murmura encore:  » Seigneur!  » Mais au lieu de monter, il descendit l’escalier.
Il serrait dans sa main une clef qui ouvrait sa chambre aussi bien que le numéro 25 et, soudain,  »…
  

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…il avait compris ce qu’il fallait faire pour que la clef parvienne jusqu’à son ami…»

____________

Peut-être que
lorsqu’on laisse quelqu’un s’échapper
(ne serait-ce que
comme André Dhôtel lui-même

 en regardant par la fenêtre)

on retrouve soi-même
la sensation de liberté ?

___
[A dix ans,
je m’échappais par la fenêtre
physiquement
de la pièce
– son bureau –
où le directeur d’école
m’avait enfermé.]

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 18

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dix-huitième page,

Quelques mots échangés suffisent
à convaincre Gaspard
qui pourtant jusqu’à ce jour
ne s’est pas montré particulièrement rebelle à l’autorité

d’aider l’enfant fugitif.

 


«  – Pourquoi est-ce que tu ne dors pas? Il est trois heures du matin.
– Je ne peux pas dormir. Et toi?…
– Je pensais à toi.
Encore un long silence.
– Pourquoi t’es-tu sauvé?
– Je cherche mon pays.
– Quel pays?…
– Je ne sais pas. Je cherche.
– Explique-moi.
– Ce serait trop long.
– Tu veux toujours te sauver?…
– Je voudrais bien.
– Je vais t’aider. Ne t’endors pas cette nuit…
Gaspard ne savait comment il pourrait aider l’enfant, mais il  »…
  

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…en éprouvait un tel désir qu’il eut soudain l’assurance de réaliser l’impossible.»

____________

Le désir peut tout ?

A minima permet-il de rendre possible n’importe quel projet
en nous.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 17

P17 - TU M’ ENTENDS-image

 

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dix-septième page,

Malgré la surveillance rapprochée
de sa tante
Gaspard parvient à entrer en contact
avec

le fugitif.

 


« La tuyauterie descendait tout droit de la chambre 25 où était installé le réservoir d’eau. Par chance, dans la salle de bains, un écrou joignait deux tuyaux qu’on avait ainsi ajustés pour des raisons techniques difficiles à expliquer. Gaspard ne mit pas plus de cinq minutes à desserrer l’écrou et à libérer le tuyau supérieur, après quoi, il réussit par une pesée à l’éloigner du mur, juste assez pour pouvoir coller tour à tour son oreille et sa bouche à l’orifice. »…
  

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…- Tu m’entends?… murmura-t-il dans le tuyau.»

____________

Parfois
c’est tout ce que l’on a fait
pour éviter qu’un événement se produise
qui le favorise.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 16

P16-IL REGAGNA LA SALLE DE BAINS-image

 

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Seizième page,
La prison improvisée est bien surveillée
et
Gaspard n’y peut
pas grand chose
Sa tante
s’étant improvisée gardienne

veille.

 


« A peine sa tête fut-elle arrivée au niveau du palier supérieur, qu’une voix cria:  » Qui va là?… » C’était la voix de Gabrielle Berlicaut. Elle avait dû pousser son lit en travers du couloir. Ainsi, elle défendait l’accès du petit escalier qui menait au dernier étage occupé par le grenier et les deux mansardes. Gaspard s’avança. Il reçut en pleine figure la lumière d’une lampe électrique:
… – Qu’est-ce que tu viens faire ici, Gaspard?…
… – J’allais chercher ma savonnette dans ma chambre pour demain matin.
… – Redescends d’où tu viens, souffla la tante. Tu vas mettre toute la maison sur pied.
… – J’en ai pour deux minutes, insista Gaspard.
… – Descends imbécile.
… Gaspard ne pouvait enjamber le lit de la tante sans causer un scandale. »…
  

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…Il regagna la salle de bains avec la certitude qu’il n’y avait rien à tenter pour communiquer avec le jeune prisonnier..»

____________

Ce monde est comme un jardin
rien ne pourra y empêcher d’apparaître
des herbes sauvages
même dans les terres les plus contraintes
les plus surveillées
par des jardiniers raisonnables, consciencieux
et tenaces.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 15

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Quinzième page,

Suite du dialogue
L’un sait ce qui est
et ce qui devrait être
l’autre

finit par douter
de tout son être.


 

« Il cherche son pays, à ce que disent les gens.
– Son pays? Quel pays?…
– Voilà ce qu’il faudrait savoir, mademoiselle Fernande. S’il cherche son pays, c’est que là où il était, il n’était pas chez lui, et, de toute façon, c’est une histoire bizarre.
– Monsieur Aurélien, répliqua la servante, lorsqu’on cherche un pays on le trouve, et on sait dire au moins de quel pays il s’agit. Moi, je suis native de Saint-Omer…
– Si vous aviez quitté votre pays à l’âge de cinq ans, par exemple, est-ce que vous le connaîtriez, votre pays?…
– Si je ne le connaissais pas, alors ce serait tout comme si je n’en avais pas.
Cela pourra paraître extraordinaire, mais Gaspard entendit le cuisinier »…
  

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…se gratter la tête, tellement le silence fut profond, et tellement l’homme y mit une solennelle vigueur.»

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La tête est-elle le lieu où peut jaillir la compréhension
pour cette question
du pays que l’on cherche.

Il faudrait demander à Antée ?

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 14

P14-DES IDÉES D’ ENFANT DIT L’ AUTRE-image1

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Quatorzième page,

Dialogue d’adultes
à propos du comportement
des enfants
et de ce qui
leur passe par la tête.

Comme souvent
au coeur des paroles qui s’enchaînent plus où moins mécaniquement
se glisse
la clarté.


 

« Les paroles qu’il avait entendues étaient tout à fait contradictoires. Certainement, elles ne pouvaient concerner que cet enfant qu’il avait vu, hagard et magnifique. Comment expliquer qu’il avait quitté son père pour rejoindre sa famille? Peut-être que sa mère, pour quelque raison, avait dû s’éloigner de la maison?… Mais qu’il prétende en outre chercher son pays, cela n’avait pas de sens. Sur le signe du premier homme, Gaspard alla quérir le café. L’autre demanda un tilleul.
– C’est bien ce que je ne m’explique pas, disait justement le marchand d’engrais, buveur de tilleul. Comment peut-il chercher un pays?…
».…
  

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… – Des idées d’enfant, dit l’autre.

    – On croit toujours que les enfants n’ont pas d’idées, concluait le premier .»

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Il faut croire que la tisane au tilleul
a des vertus
et inspire des pensés
– si ce n’est profondes –
capables de briser le fil
des paroles qui s’enchaînent mécaniquement.