TRAVERSER LES FORETS – Judith Bordas

EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-imageFrance Culture a proposé, le 11 novembre 2018,  dans le cadre de l’émission « Création on air » :
« Traverser les forêts »
Un essai radiophonique de Judith Bordas (« dramaturge et plasticienne qui travaille également en partenariat avec France Culture et la RTBF pour la réalisation de documentaires et essais de création sonore.« ) dans une Réalisation de Annabelle Brouard.

 


[présentation de l’émission]

TRAVERSER LES FORETS est un essai radiophonique qui a pour point de départ les lieux où une femme ne peut se rendre seule. Les lieux par nature interdits. 

Pendant deux ans Judith Bordas a interrogé plusieurs femmes sur la manière dont leur corps existait dans l’espace public, dans l’espace en général, sur la relation qu’elles entretenaient avec la peur et les stratégies et les mécanismes qu’elles mettaient en place pour continuer à aller justement là où elles avaient envie d’aller. 


EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-image2

L’homme et la femme ne traversent pas les forêts  avec la même facilité, le petit chaperon rouge en sait quelque chose.

[Extrait ]

« …EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-LET1

                                     … : il consiste au jeu en pointillés d’une marche alternée rapide et lente la nuit : une sorte de long message codé lancé dans le vide, au dessus des immeubles : j’ai appris notamment à tenir des conversations avec un téléphone éteint, à lever le nez au ciel pour donner l’illusion de chercher le numéro d’une rue, à boiter. À parler une autre langue. Plus absurde encore : j’ai appris à ralentir quand le danger triture mon dos afin de feindre de ne pas avoir peur.
Depuis l’enfance les zones où je suis invisible, où l’on ne peut me voir, me sont interdites, les zones non éclairées, les petits lacs noirs et les diverses ombres portées des immeubles me sont déconseillés, les espaces où l’on ne pourra me venir en aide sont bannis de ma trajectoire : de ma vie je ne traverserai peut-être jamais une forêt toute seule ».  


Deux extraits en vidéo

 


Une émission à réécouter ici « Traverser les forêts »

[L’occasion pour un homme de comprendre en quoi la domination masculine stérilise tout une partie du potentiel créatif de la femme … contrainte chaque fois qu’elle traverse un territoire incertain (et parfois même sa propre demeure peut le devenir) à mobiliser la plus grande partie de son être pour parler cette langue absurde évoquée plus haut.]

UN DE BAUMUGNES – Jean Giono – 006

un de baumugnes - image 2 flou

 

 

 

 

(Présentation … intention … rappel)


Albin
nous fait la relation de
cette rencontre ,
– ce premier toucher à distance –
qui a changé sa vie
l’a traversé d’une lumière qui désormais
l’habite à jamais
malgré les ténèbres et le néant qui lui creuse à présent
tout son être.

Au passage,
Giono évoque la dureté de l’existence
des femmes
de ces temps et de ces pays là.
Dureté dans laquelle
l’homme a sa part de responsabilité.


baumugne-nb


L’attelage s’arrête devant l’épicerie, d’un coup de rêne en première : le patatro, puis, d’un seul coup, les quatre sabots plantés dans la poussière, et, plus de bruit. Une bonne main qui menait, solide et juste. C’était une fille.
Je dis bien : une fille, et pas une femme, parce que, ici, une femme de la campagne, tu les connais comme moi, …

C EST DU BOIS ET DE LA PIERRE - letnb

                                                            … Ça, c’était une fille : deux sauts de pigeon, et la voilà dans la boutique.
Je la voyais de côté : son nez et sa bouche, c’était juste devant la lumière, et c’était net, et c’était beau, j’en ai encore plein la tête.


L’attelage s’arrête devant l’épicerie, d’un coup de rêne en premi-re : le patatro, puis, d’un seul coup, les quatre sabots plantés dans la poussière, et, plus de bruit. Une bonne main qui menait, solide et juste. C’était une fille.
Je dis bien : une fille, et pas une femme, parce que, ici, une femme de la campagne, tu les connais comme moi, c’est du bois et de la pierre ; ça marche comme saint qu’on porte, tout d’une pièce usé que c’est par la terre et par l’homme. , Ça, c’était une fille : deux sauts de pigeon, et la voilà dans la boutique.
Je la voyais de côté : son nez et sa bouche, c’était juste devant la lumière, et c’était net, et c’était beau, j’en ai encore plein la tête.

L’organisation … un prolongement de la technique – Jacques Ellul

IL EST PRÉVISIBLE QU IL RESTE À LA TECHNIQUE-letexe*

Pour une grande partie de ceux qui
tiennent entre leurs mains le destin de ce monde
l’organisation
serait susceptible
d’apporter des solutions
aux problèmes que la technique
lorsqu’elle est utilisée abusivement
ou de façon inappropriée
aurait créés

Jacques Ellul nie cela
en affirmant que
l’un n’est qu’un prolongement de l’autre
confier notre sort aux sciences de « l’organisation »
ce serait comme
« Boucher un trou en en creusant un autre »

*


IL EST PRÉVISIBLE QU IL RESTE À LA TECHNIQUE-letex

Certaines propositions (l’intelligence collective, où l’homme se réapproprie la technique) font autre chose que « boucher un trou en en creusant un autre ».

Parviendra-t-on à dépasser le stade du câblage, de la connexion qui réduit l’homme à ce que peut la machine ?


IL EST PRÉVISIBLE QU IL RESTE À LA TECHNIQUE-s
(à cliquer)

 


Il est prévisible qu’il reste à la technique quelques conquêtes décisives à faire dont entre autres l’homme.

Si un homme à faim … Si un enfant …

CE PROVERBE À PROPOS DE L HOMME-letexx*
Bien évidemment
tout cela n’a aucun sens
s’il ne s’agissait
que de l’engraisser
pour
le manger

*


CE PROVERBE À PROPOS DE L HOMME-letex

C’est un peu ce qui se dit ici

« Il n’y a pas de compétitivité économique sans une école efficace. Dans les systèmes productifs du XXe siècle, la productivité se jouait dans les bureaux des études et des méthodes. Dans les économies de la connaissance qui se mettent en place il ne suffit plus de disposer d’une élite brillante. La compétitivité repose sur une large diffusion des compétences au sein de l’ensemble de la population. « 

extrait de ce colloque

Si l’enfant est destiné à devenir le soldat, chair à canon de la guerre économique que se livrent les pays dans le cadre de la mondialisation … de l’économie*, il est inutile de lui apprendre à pécher … mais urgent de le nourrir pour lui donner … la matière première utile à cette guerre.

La suite du paragraphe éclaire les objectifs assignés à l’enseignement :

« … Aujourd’hui, la compétitivité des sociétés se forge à l’école. »

 

CE PROVERBE À PROPOS DE L HOMME-s à cliquer

 


Ce proverbe à propos de l’homme qui a faim auquel il vaut mieux apprendre l’art de pécher l’école devrait se l’appliquer.

 

*