Chasser la peur

Fernand Deligny, né le  à Bergues (Nord) et mort le  à Monoblet (Gard), est un éducateur et un animateur socioculturel français, une des références majeures de l’éducation spécialisée. Il a été un opposant farouche à la prise en charge asilaire des enfants difficiles ou délinquants et des enfants autistes. Son expérience avec ces enfants est à l’origine de lieux alternatifs de l’éducation spécialisée, à l’image des lieux de vie.

—————————— Wikipedia ————————-
L’émotion de la rencontre de ce monument d’humanité
me dissuade d’ajouter quoique ce soit à cette présentation
si ce n’est le conseil de rencontrer sa pensée

Ici

Fernand Deligny 1/3 : Les vies retranchées (1ère diffusion : 05/08/1977)

Fernand Deligny 2/3 : Le radeau du dernier recours (1ère diffusion : 12/08/1977)

Fernand Deligny 3/3 : La brèche aux loups (1ère diffusion : 19/08/1977)

Ou plus récemment

Pour une autre école (2/4) Fernand Deligny, l’éducation en marge


JE LA CONNAIS MA PEUR ELLE EST CAPABLE DE REVENIR ENCEINTE-letex1

(Lecture)


« Je la connais ma peur, elle est bien capable de revenir enceinte ! » Fernand Deligny

Peur – Christophe Sanchez

sous-les-tremblements-de-ta-terre-let**[Un écho
à cette vie imprévisible
de la terre
qui fait trembler
ces jours de fin d’octobre
les pieds
ce ceux qui foulent
celle-ci*]

*


« Peur« 

poème de Christophe Sanchez

sous-les-tremblements-de-ta-terre-letex

Christophe Sanchez en ses murs
(percés d’ouvertures multiples)

* Dans le même temps (il y a deux jours) sur des terres secouées elles aussi périodiquement de « blessures »


Sous les tremblements
De ta terre blessée
Où l’ombre git sur le pavé
Ton corps chu sur des corps
A peur

*

[Almanach] Fabienne Swiatly …

[La ville n’a pas de limite
mais le poète peut, dans ses débordements ordinaires
tenter de la borner en ses distances, ses actes …
ceux des êtres qui la font exister.]

Vendredi 23 mai 2008,
Les éditions Publie.net donnaient
de Fabienne Swiatly le texte
« Jusqu’où cette ville ?« 

ET SOUS LES GARGOUILLES -letcr1-exp

                                                                       

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier

 


Proposition de lecture


Lieu d’écriture virtuelle de Fabienne Swiatly  : La trace bleue


Jusque dans les camionnettes rouillées sur le terrain chaotique des chantiers, ville éventrée. La terre qui remonte à la surface, obstination des machines dans l’éboulis des cailloux. Là des femmes ouvrent leur sexe pour quelques euros. Bougies allumées derrière le pare-brise pour signaler la disponibilité. Madones des terrains vagues qui attendent les hommes le long des entrepôts abandonnés. Peinture écaillée sur des murs taciturnes. D’autres hommes ici, avant, raffinaient le sucre, fabriquaient le ciment, chargeaient les péniches. Aujourd’hui le commerce des corps sur le quai qui échappe aux regards.
Jusque sous le drapeau français où attend la file des visiteurs de la prison qui porte le nom d’un saint. Mouvement paresseux du tissu tricolore malgré le vent. À bout de bras des sacs plastiques aux couleurs vives, la marque lisible au centre. Le linge propre amené aux hommes que l’odeur de lessive émeut sans qu’il puisse trouver un lieu où pleurer. Le muscle énervé du peu d’espace. Cour de promenade plus petite que la fosse aux ours du parc. Sous le ciel prisonnier du grillage, des hommes réunis avec ce qu’il y a de plus difficile à partager en eux.
Jusque dans les cours rénovées du vieux quartier, à l’image des prospectus où l’on invite à découvrir la pierre figée de l’histoire. Le passé mis au propre. Et l’on vient voir, l’œil collé au viseur. Puis l’on s’arrête devant les tourniquets alignés sur le pavé, qui proposent la vieille ville en carte postale – cadrage impeccable. Et on achète par cinq ou par six pour se souvenir et envoyer aux autres. Faire signe à ceux qui sont restés, donner une preuve et dire j’étais là – dans la vieille ville. La photo à la marge blanche et le nom inscrit comme un sourire sur le côté, l’emplacement du timbre pré-imprimé. La ville vendue aux touristes.
Jusque sur le parvis de la cathédrale, la lumière qui se libère enfin des ruelles étroites. L’esplanade où les voitures cherchent malgré l’interdit à se faire une place. Et la scène ancestrale des pauvres réunis à l’extérieur, devant l’immense porte qui mène vers la croix. Groupe de jeunes aux chiens sans laisse qui boivent à même la bouteille l’alcool acheté dans un hard discount. La main tendue vers ceux qui marchent persuadés que Dieu saura les entendre malgré le vacarme des moteurs. Et sous les gargouilles aux visages de la peur, le monde semble aussi vieux que les pierres qui le cernent.

UN HIVER DE CANICULE -OLIVIER LAUCOURNET

[Une peur qui ne date pas d’aujourd’hui
mais qui a tendance à s’amplifier
avec le « supplément » de confort ]

MAIS POURQUOI LES CLOCHARDS  - letc1-exp

 

Extrait de «Un hiver de canicule»

de Olivier Laucournet

(Plus facile
avec les liens entre les mots
– à cliquer – )

MAIS POURQUOI LES CLOCHARDS  - letc1-sr

En clair (à cliquer)

MAIS POURQUOI LES CLOCHARDS  - txt0r


Pourquoi, mais pourquoi les clochards font-ils aussi peur aux gens ? Oui, les clochards. Arrêtons avec ses trois horribles lettres qui ne semblent avoir été inventées que pour se cacher encore plus derrière je ne sais quel « alibi ». D’ailleurs, ce soir, je vous propose d’éradiquer SDF de la langue française. Des clochards, voilà ce que nous sommes, des clochards, voici comment on ne doit pas avoir peur de nous appeler. Mais le clochard fait peur. 

LOTUS SEVEN – CHRISTINE JEANNEY -2-

[Une peur que certains,
enfant,
ont pu connaître.]

LA NUIT LA TENSION DE NE PAS - letcr1-s

 

(à cliquer)

LA NUIT LA TENSION DE NE PAS - letcr1-exp

Extrait de Lotus Seven

de Christine Jeanney

Parcours de lecture

LA NUIT LA TENSION DE NE PAS - sr

En clair

LA NUIT LA TENSION DE NE PAS - txt0r


Présentation de l’oeuvre par Thierry Beinstingel

Christine Jeanney
aux éditions publie.net
aux éditions qazaq

son espace d’écriture sur la toile : Tentatives


La tension invisible tire. C’est lorsque tu attends qu’il rentre, s’il rentre, dans la pendule et le bruit de sa toux. L’idée idiote pendant qu’on te parle, tu as pourtant besoin de paix, et la nuit, la tension de ne pas savoir dormir, la peur de l’avoir désappris (on pourrait désapprendre à vivre aussi).

L’HONORABLE MONSIEUR JACQUES – ANDRÉ DHÔTEL – 9

[Ceux de la Saumaie sont
bien au-delà de la peur.]

 CE QUE VOUS IGNOREZ - letcr1-exp

—-

Une lecture plus facile
pour s’initier aux mots liés
(à retourner en cliquant)

CE QUE VOUS IGNOREZ - letcr1-expSR

  —     

Extrait du roman « L’Honorable Monsieur Jacques »

de André Dhotel

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Parcours de lecture

CE QUE VOUS IGNOREZ - sr

  —–

En clair  sur babelio

*

CE QUE VOUS IGNOREZ - txt0r

Un extrait plus long

CE QUE VOUS IGNOREZ - txt1r


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Ce que vous ignorez, c’est que cela n’a pas de sens pour nous vraiment d’avoir peur de l’orage et d’échapper à l’orage. A quoi bon ? Quelle sorte de vie la foudre briserait ? Mais nous pensons à quelque chose qu’il y a plus loin toujours plus loin, sans rien comprendre, et nous vivons comme cela de jour en jour.

VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT – LOUIS-FERDINAND CÉLINE – 7 –

De quoi faut-il avoir le plus
peur ?



COMME ON CHANGE J ETAIS UN - letcr1

 

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Pour une lecture plus lente

COMME ON CHANGE J ETAIS UN - let1



                                                                 

Extrait du roman « Voyage au bout de la nuit  »
de Louis-Ferdinand Céline

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Parcours de lecture

COMME ON CHANGE J ETAIS UN - s

En clair

COMME ON CHANGE J ETAIS UN - txt0

 Un extrait plus long

COMME ON CHANGE J ETAIS UN - txt1

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Les TAGS
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combien n’aurais-je pas donné à ce moment-là pour être en prison au lieu d’être ici, moi crétin ! Pour avoir, par exemple, quand c’était si facile, prévoyant, volé quelque chose, quelque part, quand il en était temps encore. On ne pense à rien ! De la prison, on en sort vivant, pas de la guerre. Tout le reste, c’est des mots.
Si seulement j’avais encore eu le temps, mais je ne l’avais plus ! Il n’y avait plus rien à voler ! Comme il ferait bon dans une petite prison pépère, que je me disais, où les balles ne passent pas ! Ne passent jamais ! J’en connaissais une toute prête, au soleil, au chaud ! Dans un rêve, celle de Saint-Germain précisément, si proche de la forêt, je la connaissais bien, je passais souvent par là, autrefois. Comme on change ! J’étais un enfant alors, elle me faisait peur la prison. C’est que je ne connaissais pas encore les hommes. Je ne croirai plus jamais à ce qu’ils disent, à ce qu’ils pensent. C’est des hommes et d’eux seulement qu’il faut avoir peur, toujours.