[Almanach] Olivier Toussaint & Daniel Bourrion …

[Le regard de l’un, qui saisit la puissance des traces
les mots de l’autre qui fait resurgir leur parfum. ]

Samedi 22 mai 2010,
Avec les photographies de Olivier Toussaint  et les textes de  Daniel Bourrion , les éditions Publie.net
donnent « Chemins« 

(Parfois le pas est écrasé
et aveugle)

TRAVERSER À TÂTONS CE MONDE-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


Traverser à tâtons
ce monde à dos d’écailles,
presque un désert pour nous et pas un bout de ciel.

[Almanach] Gilles Labruyère …

[Son thème de prédilection : sa randonnée du Jeudi à travers ses paysages
plus variés qu’on ne pourrait le penser
du Nord.
Occasion de parler de tout et de … tout.]

Mercredi 21 mai 2014,
Gilles Labruyère, sur son blog « Les dessins d’humeur de Gil »
donnait
Consoude – Comfrey

(Un jeu de mots pour … une belle plante)

JE NE CONNAIS DE LA GRANDE-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage et le dessin en son entier chez Gilles Labruyère 


– This is comfrey ! Indeed I am going to disapoint my English speaking friends ! « This is comfrey », in French, sounds exactly like : this is the tall thing that one welds !

Je ne connais de la grande consoude que les exclamations de mon groupe de randonnée quand on en rencontre … et c’est souvent ! La grande consoude que je connais peu est une plante vivace de 40-60 cm de hauteur, aux fleurs violettes qui pendent en grappes, et qu’on trouve dans les bas côtés humides des sentiers. Elle possède, si j’en crois mes références des vertus remarquables … et controversées. Pour en savoir plus voir le site de Denis Tempé : det68.free.fr/index.html et le livre Sorties de Bois de Christine Delevoye aux éditions Noires Terres.

I do not know much about comfrey except the exclamations of my hiking group when we meet some … and that is often ! The comfrey I know little is a perennial herb, 40-60 cm tall, with purple flowers that hang in clusters, and found in the wet sides of roads or tracks. It has, if I believe my references, remarkable … and controversial virtues. For more information see Denis Tempé’s website : det68.free.fr/index.html and Christine Delevoye’s book Sorties de Bois, Noires Terres editions., both in French.

[Almanach] G@rp …

[Un coma dépassé où nous attire l’auteur, qu’il nous provoque
en jouant sur tous les paramètres du texte
dont le sens (sourire)²]

Samedi 21 mai 2011,
sous la signature G@rp, les éditions Publie.net
donnent « LOCKED IN SYNDROME« 

(Tremblements ext et int ernes)

RIEN N EST TERMINÉ LA TERRE -letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


 Proposition de lecture


La langue épaisse et pâteuse – plâtrée ? – la tête dans un étau pulsatile, au cœur d’un silence d’outre-tombe : que s’est-il passé ?
J’ouvre des yeux aveugles, avance une main en canne blanche : je suis allongé sur un champ de débris qu’aucun de mes doigts ne peut identifier…
Sur, ou sous ?
Une gangue de béton ? verre ? plâtre ? poussière ? un mille-feuilles dont je suis la crème ou une feuille brisée en mille ? Que s’est-il passé ?
Le sol, ou le plafond, ou les deux me répondent d’un frisson érigé en grognement réprobateur – je suis prisonnier d’un sarcophage de mandibules décidées à broyer au moindre
geste suspect, brusque – rien n’est terminé.
La Terre n’en a pas fini avec nous.
Je pense : à force de l’avoir fait trembler, elle nous le rend au centuple.
Je pense : conneries de baba cool sur le retour.
Nouveau frisson, nouveau coup de semonce des mâchoires qui me tiennent en cisaille  – avertissement !
Je m’abstiens de bouger.
Je suis vraiment mal barré.
Puis je me dis que je ne dois pas être le seul dans mon cas : ça ne me rassure pas.
Puis je me demande si c’est ça, la fin du monde qu’on nous avait annoncée.
Possible.
Probable.
Puis je me dis que la fin de moi n’est plus qu’une question de temps.
Ce qu’elle a toujours été…
Alors j’attends.
Paniquer ne servirait qu’à rendre les derniers instants plus pénibles que nécessaire, alors j’attends.
Puis je me demande pourquoi j’ai survécu s’il était écrit que je devais y passer ? Dans quel but, ce sursis ? Ça ne peut être gratuit, ce serait vraiment trop inhumain – un rapide bilan de ma vie me confirme que je n’ai rien fait pour mériter cela. Comme tout le monde, je ne suis pas blanc-bleu, donc rien qui…
Comme tout le monde…
J’ignore ce qu’il est advenu du monde.
Que s’est-il passé ?
Je pense : je suis mal barré.
Je suis, je pense…
Jusqu’à quand ?

[Almanach] Serena Jacques

[.]

Lundi 20 mai 2013,
de Jacques Serena, les éditions Publie.net
donnent « musaraignes« 

ILS ONT SIMPLEMENT FAIT LA BOURDE-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


Proposition de lecture

 


Qu’est-ce qu’il fabrique, encore là planté au pied de mon lit. Il dit que je ne suis pas le seul, qu’est-ce qui nous prend, on s’est donné le mot ou quoi, que c’est un fléau dans le quartier. Dans beaucoup de quartiers, dans le pays. On dirait que ça l’étonne. Que ça l’énerve. À quoi bon lui dire que non, pas de complot, qu’on ne le fait pas exprès. Qu’ils ont simplement fait la bourde, les comme lui, de ne nous laisser aucune chance, aucun espoir, et aucun espoir d’en ravoir jamais. Alors un jour on reste un peu trop couché, et au bout de vingt-et-un jours couché on se met à trop voir les ficelles. Vingt-et-un jours hors-jeu, et difficile de se remettre à y jouer. De voir pourquoi on devrait. C’est ça, surtout ça, qui faisait le taulard irréconciliable. Vingt-et-un jours couché c’est à la base de toute remise en perspective. On ne se voit plus se recoller aux choses idiotes, médiocres, licites. Autant rien. À qui a eu trop le temps d’y penser tout est pareil. Tout est égal. D’où rester longtemps couché devrait être tenu pour une des manifestations les plus sûres de la sagesse. Mais pour faire entendre ça à un debout.

[Almanach] Jacques Josse

[Poésie dont François Bon dit
« Il y a toujours ce recueillement : pas de parole, pas de visage,
sans savoir ce que vie et mort organisent, dans notre plus immuable théâtre.
Justement des mots que Jacques Josse n’emploierait pas. »
Dans ce « Solitude » il y a presque ce visage en celle qui fait à peine un geste
sur l’herbe, derrière sa fenêtre.]

Jeudi 20 mai 2010,
de Jacques Josse, les éditions Publie.net
donnent « Talc couleur océan« 

ELLE SE DÉSHABILLE UN PEU PLUS S ASSOIT -letcr1-exp

                                                                       

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Proposition de lecture

 

 


Près des digitales
sur l’herbe,
 
l’orage gronde,
 
elle se déshabille
un peu plus,
 
s’assoit, soupire,
ferme les yeux,
fume une cigarette et attend
 
que la clarté
efface l’ombre qui l’entoure.

[Almanach] Olivier Le Deuff …

[Pour notre paresse grandissante
et notre folie des grandeurs, voilà
une punition qui nous pend aux neurones
Il en a fait un polar.]

Vendredi 20 mai 2011,
de Olivier Le Deuff, les éditions Publie.net
donnent « Print brain technology« 

L INDEXATION CÉRÉBRALE PERMETTAIT-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


L’aventure d’Argos avait commencé comme souvent par une histoire d’étudiants engagés dans un projet de recherche et avait fini par déboucher sur une transnationale plénipotentiaire à laquelle il était impossible d’échapper, que l’on soit simple individu ou entreprise innovante.
Argos avait donc lancé synabrain, un implant jetable qui pouvait indexer l’intégralité de votre cerveau ou tout au moins une grande partie, car c’était devenu un âpre combat technologique en ce qui concerne l’indexation profonde. L’indexation cérébrale permettait d’éviter toutes pertes de mémoires et offrait parfois la possibilité de revivre certaines des sensations du passé. Les premières puces commercialisées jetables étaient vendues relativement à bas prix. On pouvait, moyennant quelques eurodollars, retrouver une information enfouie dans sa mémoire ou revivre un court instant un événement du passé. Cela ne durait que peu de temps et cela ne fonctionnait que si l’information demeurait en surface et pas totalement effacée.
Argos continuait à faire fortune avec ses puces jetables, mais son marché s’était diversifié, notamment avec les implants compensatoires et autres « plugins » cérébraux qui permettaient de pouvoir stocker davantage d’informations et de dynamiser les capacités cérébrales. Cela permettait par exemple de pouvoir plus aisément maîtriser certaines langues, voire certains langages informatiques complexes. Certains s’amusaient ainsi à se greffer des dictionnaires, notamment de citations, ou les œuvres complètes de Marcel Proust. Dans un autre domaine, celui des blagues connaissait un fort succès. Il était devenu pour une grande partie de la population impossible de vivre sans ces petits implants sous peine d’être réduit à l’impuissance la plus totale.

[Almanach] David Christoffel …

[Apprendre sa langue parlée,
son rythme, les modulés de son ar-ti-cu-la-tion
pour que la voix porte
et que le son sorte grandi
de la gorge.]

Dimanche 20 mai 2012,
de David Christoffel, les éditions Publie.net
donnent « Argus du cannibalisme« 

1 TEMPS PAR MAJUSCULE ET D AUTANT-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


Sur France Culture
une émission en compagnie de l’auteur du jour
(encore audible quelques temps)

 


Poèmes pour mégaphone

Inspirez !
Expirez !
 
L’imagination
Voiler la machine inductive
Supposez !
Voyez !
Et : par-dessus le marché
Regarder dans une autre direction.
 
le droit à la vie
Ce n’est pas que
le droit de faire des erreurs
sans quoi supposerait
le droit de recommencer
qui est d’une grande arrogance
envers tous les gens qui sont morts
pour le droit –
ou alors :
le droit de tout balancer
ce n’est pas que
le problème de la castration
ou simple histoire de
ceux qui demandent de
recommencer
le droit de revendiquer
le droit de dire
pas négociable
pas réductible
un ou deux badges
un ou deux slogans
deux ou trois amis.
les joies de l’appartenance :
le droit au bonheur.
le plaisir de pas suivre le mouvement :
le bel élan de la belle vie.
C’est donc,
Entendez bien
Le droit de se faire entendre
indéniable
et même quand articule pas tout
 
(1 temps par majuscule et d’autant plus mal articulé que très bien rythmé)
Y’en A Plein
Veut-pas Sa Voir
On Veut Plus
Y’en-a As’ Y’a-donc
Trop
Plan
Sache
Nuire
-table -tion
-vers Quoi-on –rus Qui eux
 
Tu Vois C’est-pas Ça – En-core – Par-contre
C’est Que Moi-non Plus C’est-pas Pour Mais
Tou- Jours Re-ve Nir Voyez Vous-très – Mi-nable
Et Bien Je-di Rai Je-veux Pas -Tout-dire
Sur- Tout Si-en Plus Bien-en- Ten-du – Serre-tête
 
Mégot jus d’orange Nocif C’que ça peut J’te l’demande Encore Vous faire Demain et pis quoi En arrière 2-2 pas Histoire Réformer Tout de suite Épluchure C’est la preuve Peut toujours L’État Alors lui Si tu savais
Rlu Rlu Le gros tas Et… Hop Recycler Recycler Rebrancher Rebrancher Connecter
 
– On Veut -Vou-Loir – Cli-quer
A-na Nas -Gan-Ter Pam-ple Mousse A-lors A-près

[Almanach] Serge Bonnery …

[Conte qui restitue le climat de vie
dans les hameaux de montagne]

Lundi 19 mai 2014,
de Serge Bonnery
en les terres où Jan Doets recueille les « cosaques des frontières »
à déposé  « Vieilles Histoires d’un Pays Haut : Vie de Marie Metche« 

(Extrait de la seconde partie )

JOSEPH NE SAVAIT PAS TOUJOURS-letcr1-exp-

                                                                       

La première partie de la nouvelle

La seconde partie (d’où provient cet extrait)


Proposition de lecture   :

 


Voir  le site de  Serge Bonnery : l’épervier inclassable


[Almanach] Joris Lacoste …

[Une écriture faite pour s’insérer dans le temps
et ce qu’il permet d’intensité fluctuante et de rythme
(que le signe code comme il peut dans
la ponctuation.) ]

Mardi 19 mai 2009,
de Joris Lacoste, les éditions Publie.net
donnent « Comment faire un bloc« 

(Extrait de la première partie « Ce qui s’appelle crier ».)

AURAIT ON PU SORTIR PRENDRE - letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


Proposition de lecture   :


Voir son projet « encyclopédie de la parole »

 


A ceux qui reculent ceux qui n’y croient pas qui tombent de la voiture en marche ceux qui passent qui courent en tous sens et ne savent qui parlent sans cesse et ne savent plus par où qui cherchent et parlent à n’importe qui ceux qui disent qu’il ne faut pas s’inquiéter pas bouger qu’il faut rester calme et ceux qui veulent se voient couchés au milieu des champs de tournesols et veulent partir dans la chaleur qui se voient déjà ne se voient pas cherchent l’argent dans les tiroirs les bijoux et marchent même aurait-on su même aurait-on voulu

B même aurait-on voulu y croire absolument de partir de passer les barrages aurait-on pu sortir prendre la voiture et trouver de l’essence la grand-mère et foutre le camp le plus vite possible aurait-on voulu même et la voisine aurait-on pu partir que ça n’aurait pas marché pas suffi sans doute sur les routes encombrées les chemins défoncés fallait-il même aurait-on su d’avance aurait-on pu même presque dès avant que ça commence presque on savait déjà que quelque chose que quelqu’un fallait-il vraiment

C fallait-il vraiment qu’ils fussent pour nous les jours où chacun tremble où chacun trébuche pour son frère et finalement se couche sur le bord de la route où l’on ne voit plus personne en face où les plus valides succombent où l’on se souvient sur la route que rien que l’on n’a rien depuis deux jours pas la moindre et presque pas dormi ou alors par séries de cinq secondes à cause de la peur et des détonations les hommes en train de boire sur le côté les véhicules qui se suivent en file indienne un homme couché ou était-ce une vieille

[Almanach] Guillaume Vissac …

[Tout de ces lieux que nous habitons et qui parfument et colorent nos pensées,
souvent malgré nous.
Avec la lecture en audio de l’auteur pour l’intégralité des textes. ]

Mercredi 18 mai 2011,
de Guillaume Vissac, les éditions Publie.net
donnent « Qu’est-ce qu’un logement ?« 

(Texte 5)

JE NE ME SUIS JAMAIS FAIT -letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 


Lecture du texte par Guillaume Vissac  :


Je ne me suis jamais fait à ces fenêtres en rang serré qui me font face. Chaque jour je les obstrue, je les camoufle, je m’en détourne. Je les vois tous les jours sans les voir. Au-delà je vois le ciel, la lune. Ça me suffit. La vue s’engrise. Je ferme les stores à nouveau. Je m’entends les fermer. Au fond nous n’avons jamais fait que camper derrière leurs reflets. Si je clos complètement l’opacité des stores, peut-être les reflets se terreront.