[Almanach] August Strindberg …

[Étrangement, ce roman publié en français par un auteur disparu il y a plus de 100 ans n’est pas édité dans le domaine public.]

Le mercredi 14 novembre 2001, le Mercure de France publiait « inferno » de l’écrivain suédois August Strindberg.
Le récit ou le « roman » Inferno a été écrit par Strindberg en français, entre le 3 mai et le 25 juin 1897, à Lund, au sud de la Suède.
L’auteur s’en explique dans une lettre :
« La clarté du style, vois-tu, c’est cela, la langue française ! Je l’utilise comme Swedenborg et les autres maniaient le latin : comme la langue universelle. »
(Propos repris d’une émission consacrée à l’auteur, sur France Culture)

JE LIS UNE DÉLICIEUSE BROCHURE -letcr1-exp

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L’extrait complet

Bande annonce du film adapté d’Inferno
par Paul-Anthony Mille (2015)
https://www.youtube.com/watch?v=MK5cy-XVNac


Je lis une délicieuse brochure, La Joie de mourir, qui me donne le désir de quitter ce monde. Pour reconnaître la frontière de la vie et de la mort, je me couche sur le lit, et je débouche le flacon de cyanure de potassium qui répand son parfum mortel. Le voici qui s’approche, l’homme à la faux : il est doux et d’allures voluptueuses ; mais, au dernier moment, il arrive toujours quelqu’un ou quelque chose à l’improviste : le garçon sous un prétexte quelconque, une guêpe qui entre par la fenêtre.
Les puissances me refusent la seule joie, et je me soumets devant leur volonté.


[Almanach] Yves Bonnefoy …

[Un poète qui n’a pas traversé, de part en part, que le siècle.]

Le vendredi 13 mai 1983, les éditions Gallimard publies le recueil
« Poèmes » de Yves Bonnefoy (contenant les textes : Du mouvement et de l’immobilité de Douve – Hier régnant désert – Pierre écrite – Dans le leurre du seuil.)

LE NAVIRE QUI VEUT L ÉCUME PUIS-letcr1-exp

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L’extrait complet


Proposition de lecture du poème (« Le visage mortel« )


Dans une émission de France Culture, trois textes 

 

 

 

Le visage mortel

Le jour se penche sur le fleuve du passé
Il cherche à ressaisir
Les armes tôt perdues,
Les joyaux de la mort enfantine profonde.

Il n’ose pas savoir
S’il est vraiment le jour
Et s’il a droit d’aimer cette parole d’aube
Qui a troué pour lui la muraille du jour.

Une torche est portée dans le jour gris.
Le feu déchire le jour.
Il y a que la transparence de la flamme
Amèrement nie le jour.

Il y a que la lampe brûlait bas,
Qu’elle penchait vers toi sa face grise,
Qu’elle tremblait dans l’espace des arbres,
Comme un oiseau blessé chargé de mort.
– L’huile brisant au port de la mer cendreuse
Va-t-elle s’empourprer d’un dernier jour,
Le navire qui veut l’écume puis la rive
Paraîtra-t-il enfin sous l’étoile du jour ?

Ici la pierre est seule et d’âme vaste et grise
Et toi tu as marché sans que vienne le jour.