[Almanach] Joris Lacoste …

[Une écriture faite pour s’insérer dans le temps
et ce qu’il permet d’intensité fluctuante et de rythme
(que le signe code comme il peut dans
la ponctuation.) ]

Mardi 19 mai 2009,
de Joris Lacoste, les éditions Publie.net
donnent « Comment faire un bloc« 

(Extrait de la première partie « Ce qui s’appelle crier ».)

AURAIT ON PU SORTIR PRENDRE - letcr1-exp

                                                                       

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier 


Proposition de lecture   :


Voir son projet « encyclopédie de la parole »

 


A ceux qui reculent ceux qui n’y croient pas qui tombent de la voiture en marche ceux qui passent qui courent en tous sens et ne savent qui parlent sans cesse et ne savent plus par où qui cherchent et parlent à n’importe qui ceux qui disent qu’il ne faut pas s’inquiéter pas bouger qu’il faut rester calme et ceux qui veulent se voient couchés au milieu des champs de tournesols et veulent partir dans la chaleur qui se voient déjà ne se voient pas cherchent l’argent dans les tiroirs les bijoux et marchent même aurait-on su même aurait-on voulu

B même aurait-on voulu y croire absolument de partir de passer les barrages aurait-on pu sortir prendre la voiture et trouver de l’essence la grand-mère et foutre le camp le plus vite possible aurait-on voulu même et la voisine aurait-on pu partir que ça n’aurait pas marché pas suffi sans doute sur les routes encombrées les chemins défoncés fallait-il même aurait-on su d’avance aurait-on pu même presque dès avant que ça commence presque on savait déjà que quelque chose que quelqu’un fallait-il vraiment

C fallait-il vraiment qu’ils fussent pour nous les jours où chacun tremble où chacun trébuche pour son frère et finalement se couche sur le bord de la route où l’on ne voit plus personne en face où les plus valides succombent où l’on se souvient sur la route que rien que l’on n’a rien depuis deux jours pas la moindre et presque pas dormi ou alors par séries de cinq secondes à cause de la peur et des détonations les hommes en train de boire sur le côté les véhicules qui se suivent en file indienne un homme couché ou était-ce une vieille

THÉORIE DES ORAGES – LUCIEN SUEL – 4 –

(Ces mots de Lucien Suel évoquent
par ricochet
cette nécessité de ralentir la lecture
de temps à autre
pour épargner la parole

mais pas que.

Ils sont une des origines
du SlowReading²)




LES PHRASES DÉFILENT DANS - gif01

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à cliquer pour fixer

 



Sans image

LES PHRASES DÉFILENT DANS - letcr1


—-

Extrait de  « Théorie des orages »
Poèmes de Lucien Suel 


Parcours de lecture

LES PHRASES DÉFILENT DANS - s

 —

En clair

LES PHRASES DÉFILENT DANS - txt0

 

 Un extrait plus long

LES PHRASES DÉFILENT DANS - txt1


 

 

 Lucien suel chez Qazaq

Lucien Suel sur Publie.net

en son SILO

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les TAGS
donnent des mots de la grille.

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Le papier condense la valeur dans le glacis des lignes. Les écrivains, les philosophes augmentent régulièrement, considérablement, la masse de papier.
Ils utilisent des références, des tas de fiches, des dictionnaires, et leur propre mémoire vive. Les vrais écrits naissent du besoin de chauffer l’aire de la bête organique. Ce n’est pas la peine de vous faire un dasein, il est révolu, le temps de l’ânonnement. Les phrases défilent dans la flamme jaune et fuligineuse d’un briquet à essence qui lit à la vitesse de la lumière en brûlant l’être de papier. La table de matière s’effrite entre les pattes du pyromane qui brûle les étapes, lisant d’abord la fin, puis revenant en tête de l’œuvre. Il tourne définitivement la page sur l’écrit, fait des cendres la lumière du texte et crache sa loi.
 
La parole s’envole ; l’écrit crépite.

RENTREZ SANS MOI – CHRISTINE ZOTTELE – 10

Rentrez sans moi - couverture« À la mémoire de Lise Bonnafous* et de Nathalie Filippi* et à tou(te)s les immolé(e)s du silence… » Christine Zottele
L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq (de Jan Doets)  ici

(* Liens ajoutés ici)

[J -15 …]

RÉFUGIÉE DANS LE SILENCE - letcr1-exp

[Pour cela, il aurait fallu aller
bien loin.]

                

   

Extrait de « Rentrez sans moi » de Christine Zottele 

Weblog l–immolee–du–silence.fr/1–5
J– 15 (passage à l’acte dans 15 jours)

 —

Itinéraire de lecture

RÉFUGIÉE DANS LE SILENCE - sr

En clair

RÉFUGIÉE DANS LE SILENCE - txt0r

 Un extrait plus long
RÉFUGIÉE DANS LE SILENCE - txt1r


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Réfugiée dans le silence, je choisis de faire entendre ma voix ici. Et uniquement ici. En attendant le bidon d’essence, l’allumette, la rivière ou le pain. Quinze billets quotidiens. Il y avait trop de bruit (tous ces je qui crient leur première personne) trop de fureur également (tous ces je à qui l’on ne dit jamais tu), trop de trop et pas/plus assez de fièvre, pour continuer ainsi. Libérée de mon corps, je marche beaucoup mieux. La tête haute, les épaules dégagées, le buste droit, une démarche de danseuse. Je me souviens d’un professeur de danse qui nous disait que lorsqu’on marchait dans la rue, on devait voir qu’on était des danseuses à notre seul port de tête. Et bien ici, c’est la même sensation de légèreté en même temps que l’affirmation de mon identité.  
La machine m’a avalée morte. Elle me renaît. Longtemps mon ennemie, la machine m’a accueillie. Elle m’a fait visiter la–vaste–toile–du–monde, m’a fait faire de réelles rencontres avec de vraies premières personnes. Elle remet de l’ordre dans mon désordre, ma confusion mentale, comme ils disent. C’est une sorte de troisième personne narrateur de mon personnage.