« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 17

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dix-septième page,

Malgré la surveillance rapprochée
de sa tante
Gaspard parvient à entrer en contact
avec

le fugitif.

 


« La tuyauterie descendait tout droit de la chambre 25 où était installé le réservoir d’eau. Par chance, dans la salle de bains, un écrou joignait deux tuyaux qu’on avait ainsi ajustés pour des raisons techniques difficiles à expliquer. Gaspard ne mit pas plus de cinq minutes à desserrer l’écrou et à libérer le tuyau supérieur, après quoi, il réussit par une pesée à l’éloigner du mur, juste assez pour pouvoir coller tour à tour son oreille et sa bouche à l’orifice. »…
  

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…- Tu m’entends?… murmura-t-il dans le tuyau.»

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Parfois
c’est tout ce que l’on a fait
pour éviter qu’un événement se produise
qui le favorise.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 16

P16-IL REGAGNA LA SALLE DE BAINS-image

 

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Seizième page,
La prison improvisée est bien surveillée
et
Gaspard n’y peut
pas grand chose
Sa tante
s’étant improvisée gardienne

veille.

 


« A peine sa tête fut-elle arrivée au niveau du palier supérieur, qu’une voix cria:  » Qui va là?… » C’était la voix de Gabrielle Berlicaut. Elle avait dû pousser son lit en travers du couloir. Ainsi, elle défendait l’accès du petit escalier qui menait au dernier étage occupé par le grenier et les deux mansardes. Gaspard s’avança. Il reçut en pleine figure la lumière d’une lampe électrique:
… – Qu’est-ce que tu viens faire ici, Gaspard?…
… – J’allais chercher ma savonnette dans ma chambre pour demain matin.
… – Redescends d’où tu viens, souffla la tante. Tu vas mettre toute la maison sur pied.
… – J’en ai pour deux minutes, insista Gaspard.
… – Descends imbécile.
… Gaspard ne pouvait enjamber le lit de la tante sans causer un scandale. »…
  

P16-IL REGAGNA LA SALLE DE BAINS-let


 

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…Il regagna la salle de bains avec la certitude qu’il n’y avait rien à tenter pour communiquer avec le jeune prisonnier..»

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Ce monde est comme un jardin
rien ne pourra y empêcher d’apparaître
des herbes sauvages
même dans les terres les plus contraintes
les plus surveillées
par des jardiniers raisonnables, consciencieux
et tenaces.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 15

P15-SE GRATTER , LA TÊTE TELLEMENT-image

 

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Quinzième page,

Suite du dialogue
L’un sait ce qui est
et ce qui devrait être
l’autre

finit par douter
de tout son être.


 

« Il cherche son pays, à ce que disent les gens.
– Son pays? Quel pays?…
– Voilà ce qu’il faudrait savoir, mademoiselle Fernande. S’il cherche son pays, c’est que là où il était, il n’était pas chez lui, et, de toute façon, c’est une histoire bizarre.
– Monsieur Aurélien, répliqua la servante, lorsqu’on cherche un pays on le trouve, et on sait dire au moins de quel pays il s’agit. Moi, je suis native de Saint-Omer…
– Si vous aviez quitté votre pays à l’âge de cinq ans, par exemple, est-ce que vous le connaîtriez, votre pays?…
– Si je ne le connaissais pas, alors ce serait tout comme si je n’en avais pas.
Cela pourra paraître extraordinaire, mais Gaspard entendit le cuisinier »…
  

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…se gratter la tête, tellement le silence fut profond, et tellement l’homme y mit une solennelle vigueur.»

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La tête est-elle le lieu où peut jaillir la compréhension
pour cette question
du pays que l’on cherche.

Il faudrait demander à Antée ?

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 14

P14-DES IDÉES D’ ENFANT DIT L’ AUTRE-image1

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Quatorzième page,

Dialogue d’adultes
à propos du comportement
des enfants
et de ce qui
leur passe par la tête.

Comme souvent
au coeur des paroles qui s’enchaînent plus où moins mécaniquement
se glisse
la clarté.


 

« Les paroles qu’il avait entendues étaient tout à fait contradictoires. Certainement, elles ne pouvaient concerner que cet enfant qu’il avait vu, hagard et magnifique. Comment expliquer qu’il avait quitté son père pour rejoindre sa famille? Peut-être que sa mère, pour quelque raison, avait dû s’éloigner de la maison?… Mais qu’il prétende en outre chercher son pays, cela n’avait pas de sens. Sur le signe du premier homme, Gaspard alla quérir le café. L’autre demanda un tilleul.
– C’est bien ce que je ne m’explique pas, disait justement le marchand d’engrais, buveur de tilleul. Comment peut-il chercher un pays?…
».…
  

P14-DES IDÉES D’ ENFANT DIT L’ AUTRE-let


 

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… – Des idées d’enfant, dit l’autre.

    – On croit toujours que les enfants n’ont pas d’idées, concluait le premier .»

___

Il faut croire que la tisane au tilleul
a des vertus
et inspire des pensés
– si ce n’est profondes –
capables de briser le fil
des paroles qui s’enchaînent mécaniquement.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 13

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Treizième page,

Gaspard ressent
pour la première fois
la présence de ce que d’aucuns nomment
le merveilleux
et que probablement

Gaspard perçoit comme
la vie.*


 

« Il espérait guetter le jeune coupable par les fenêtres qui donnaient sur le terre-plein.
Entre les fusains plantés dans les baquets, il apercevait la rue descendant vers l’église.
Un peu plus tard, il vit approcher deux voyageurs de commerce qui entrèrent et s’attablèrent. Gaspard se précipita vers la cuisine, pour enlever le potage.
Certainement, la tante l’avait préposé à cette fonction afin d’éviter qu’il n’aperçût l’enfant. Elle restait fidèle à la règle qui voulait que Gaspard fût écarté lorsqu’une affaire de quelque importance se présentait, et c’était un pis-aller que de le cantonner au restaurant. ».…
  

P13-UNE FOIS DE PLUS IL SERAIT ÉLOIGNÉ-let


 

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… Une fois de plus il serait éloigné de tout événement, et il ne saurait jamais d’où cet enfant venait, ni qui il était. »

___

*En Calabre,
beaucoup de gens aiment,
le plus souvent sans vouloir l’avouer,
les chiens errants.
(qui sont parfois en bandes bigarrées, à proximité des « lieux de collecte des ordures »
et montrent occasionnellement les dents)

Très proches de certains personnages d’André Dhôtel
le jour ils s’en plaignent et les vouent au gémonies
et la nuit
ils leurs donnent secrètement à manger.

Eux aussi
semblent percevoir (?)
ces errances
cette liberté coûteuse
– beaucoup de ces animaux sont impotents ou malades –
comme l’expression même de la vie
en regard
de l’existence très contrainte qu’ils mènent
au quotidien.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 12

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Douzième page,

Remue ménage général
dans l’hôtel de la tante.

Gaspard se voit confier une tâche
un peu plus noble que d’ordinaire.


 

« Fernande, allez préparer le numéro 25.
– Le numéro 25? Mademoiselle n’y songe pas, répondit Fernande. Voici deux ans que personne n’y a mis les pieds.
– Je vous apprendrai à discuter mes ordres, dit Gabrielle Berlicaut. Laissez votre omelette et faites ce qu’on vous demande.
– Mais qui servira dans la salle? reprit Fernande.
– Gaspard servira, trancha Gabrielle Berlicaut.
Cette dernière parole eut un effet prodigieux. La servante se leva avec une hâte soudaine. Elle disparut dans l’escalier en s’essuyant la bouche du revers de sa manche […]
– Le numéro 25, ne put s’empêcher de dire le commis.
[…]
Le numéro 25 désignait une mansarde qui ne possédait qu’une ouverture en tabatière et ».…
  

P12-ET QUI ÉTAIT SITUÉE DANS LE GRENIER-let


 

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… qui était située dans le grenier au-dessus de l’appartement de Gabrielle Berlicaut.«