« La grande beuverie » – René Daumal – Dialogue laborieux – 5 –

A05-PAS DE TRUCS -image

La grand beuverie - en Calabre

Tout ce qui est sans chair et sans émotion vraie, en prend pour son grade dans cette oeuvre truculente.


Dialogue laborieux – 5 –
Ici nous sommes
à contrario de notre époque
qui se méfie du mystère non cartographié
et
vénère
celui qui l’est
tel que
« Les trous noirs »
« le big bang » (rien à voir avec la genèse (sourire)²)
« La matière manquante »

 


«L’Araucanien ayant bu, il y eut un grand silence. Puis une vieille dame cria sèchement :

— Pas de trucs de magie, ici ! Nous voulons des explications. Qui a cassé la guitare ? Et comment ? Et pourquoi ?

»…

  

A05-PAS DE TRUCS -let


 

A05-PAS DE TRUCS -image


Pas de trucs scientifiques, cria Othello de sa voix ferrailleuse, l’écume aux lèvres. Pas de trucs scientifiques, hein ? »

____________

On pourra
pour ceux qui connaissent la poétesse
songer à ce qui est écrit chez Tristan Félix

Ouvroir de poésie sauvage et magique.
Fabrique de créatures grotesques et tragiques.
Haut-fourneau de l’enfance et de l’animalité.
Observatoire des extrémités du vivant.
(et surtout …)
CHANTIER INTERDIT AU CONCEPT


Dialogue laborieux 5,  complet (au format pdf) Dialogue Laborieux 05

« La grande beuverie » – René Daumal – Dialogue laborieux – 3 –

La grand beuverie - en Calabre

Tout ce qui est sans chair et sans émotion vraie, en prend pour son grade dans cette oeuvre truculente.


Dialogue laborieux – 3 –
Daumal évoque l’état
que nous considérons comme
conscient

et qui n’est selon lui que

 


« Faute de direction, nous étions emportés au gré des mots, des souvenirs, des manies, des rancunes et des sympathies. Faute d’un but, nous perdions le peu de force de nos pensées à enchaîner un calembour, à dire du mal des amis communs, à fuir les constatations désagréables,  »…

  

A03- À CHEVAUCHER DES DADAS-let


 

A03- À CHEVAUCHER DES DADAS-image1


à chevaucher des dadas, à enfoncer des portes ouvertes, à faire des grimaces et des grâces.»

____________

L’essai de demeurer conscient à soi-même
pendant plus d’une minute
suffit à comprendre
à quel point
comme dit « … »
la plupart du temps
nous ne pensons pas

cela pense en nous.


Dialogue laborieux 3,  complet (au format pdf) Dialogue Laborieux 03

« La grande beuverie » – René Daumal – Dialogue laborieux – 2 –

La grand beuverie - en Calabre

Tout ce qui est sans chair et sans émotion vraie, en prend pour son grade dans cette oeuvre truculente.

Plus que jamais, dans notre société qui court-circuite l’être, le monde réel, (et nous avec) est mis au placard.
René Daumal décrit l’intérieur de ce placard avec sa population de 
– découpeur de poil de lapin en quatre : les Scients
– aplatisseurs de mots en galette fine … mais étendue : les Sophes
– extracteurs de bout de pensée à projeter sur une toile, du bronze ou même du néant : les fabricateurs d’objets inutiles.


Dialogue laborieux – 2 –
Le personnage de derrière les fagots
adresse une de ses sentences
qui ponctueront la beuverie
des 10 ou mille (?) présents

il est question de la solitude.

 


« Si l’âme sœur arrive, ils ne peuvent plus supporter d’être deux, et chacun commence à se frénétiser pour devenir un avec l’objet de ses tiraillements intestins. N’a pas de bon sens : un, veut être deux ; deux, veut être un. Si l’âme sœur n’arrive pas, il se scinde en deux, il se dit : bonjour mon vieux,  »…

  

A02- IL SE JETTE DANS SES BRAS -let


 

A02- IL SE JETTE DANS SES BRAS -image


il se jette dans ses bras, il se recolle de travers et il se prend pour quelque chose, sinon pour quelqu’un.»

Vous n’avez pourtant qu’une chose en commun, c’est la solitude ; c’est-à-dire tout ou rien, cela dépend de vous..

____________

Presque une description
voire même une explication
de la création du monde
et de ce qui s’en suit.


Dialogue laborieux 2,  complet (au format pdf) Dialogue Laborieux 02

« La grande beuverie » – René Daumal – Avant propos

La grand beuverie - en Calabre

Tout ce qui est sans chair et sans émotion vraie, en prend pour son grade dans cette oeuvre truculente.

Plus que jamais, dans notre société qui court-circuite l’être, le monde réel, (et nous avec) est mis au placard.
René Daumal décrit l’intérieur de ce placard avec sa population de 
– découpeur de poil de lapin en quatre : les Scients
– aplatisseurs de mots en galette fine … mais étendue : les Sophes
– extracteurs de bout de pensée à projeter sur une toile, du bronze ou même du néant : les fabricateurs d’objets inutiles.
– …

Mais il ne se contente pas de cela (ce n’est pas un re-bêle)
il nous donne aussi des pistes pour en sortir…de ce placard et retrouver l’espace libre où étendre nos bras, nos émotions, nos pensées.


Première page du livre
René Daumal s’emploie
dans un « avant-propos pouvant servir de monde d’emploi »
à décourager le lecteur
qui se serait trompé de livre
en lisant le titre
ou
en pensant
après une brève note sur l’auteur
qu’il allait lui donner un accès aisé à …

 


« Je nie qu’une pensée claire puisse être indicible. Pourtant l’apparence me contredit : car, de même qu’il y a une certaine intensité de douleur où le corps n’est plus intéressé, parce que s’il y participait, fût-ce d’un sanglot, il serait, semble-t-il, aussitôt réduit en cendres, de même qu’il y a un sommet où la douleur vole de ses propres ailes, ainsi il y a une certaine intensité de la pensée où les mots n’ont plus part. »…

  

LES MOTS CONVIENNENT-let


 

LES MOTS CONVIENNENT-image


Les mots conviennent à une certaine précision de la pensée, comme les larmes à un certain degré de la douleur.  »

____________

Qui s’en sortira sans trouble ?
de ce passage où René Daumal
dit la chose
– l’impuissance partielle du langage –
et son contraire.


L’introduction complète (au format pdf) Avant propos

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 24

P24-SOUDAIN GASPARD-image

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Vingt quatrième page, (avant dernière, ici)
À présent
tous sont à la poursuite
de l’enfant.

Gaspard
lui
le cherche des yeux.

 


«Gaspard lança un regard à droite et à gauche sur ces vastes pâturages que le vent balaie avec violence pendant les longs hivers. Il n’y avait là aucune cachette et l’enfant avait dû comprendre que sa seule ressource était de tenter un coup d’audace et de se cacher dans une grange. »…
  

P24-SOUDAIN GASPARD-let


 

P24-SOUDAIN GASPARD-image


Soudain, Gaspard le vit qui se couchait au fond d’un petit fossé.  »

____________

On ne peut (?)
s’empêcher de penser
à un autre fossé
et
à un autre oiseau blessé
qui lui
ne regagnera jamais son pays

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 18

P18-EN ÉPROUVAIT UN TEL DÉSIR-image1

 

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dix-huitième page,

Quelques mots échangés suffisent
à convaincre Gaspard
qui pourtant jusqu’à ce jour
ne s’est pas montré particulièrement rebelle à l’autorité

d’aider l’enfant fugitif.

 


«  – Pourquoi est-ce que tu ne dors pas? Il est trois heures du matin.
– Je ne peux pas dormir. Et toi?…
– Je pensais à toi.
Encore un long silence.
– Pourquoi t’es-tu sauvé?
– Je cherche mon pays.
– Quel pays?…
– Je ne sais pas. Je cherche.
– Explique-moi.
– Ce serait trop long.
– Tu veux toujours te sauver?…
– Je voudrais bien.
– Je vais t’aider. Ne t’endors pas cette nuit…
Gaspard ne savait comment il pourrait aider l’enfant, mais il  »…
  

P17 - TU M’ ENTENDS-let


 

P18-EN ÉPROUVAIT UN TEL DÉSIR-image1


…en éprouvait un tel désir qu’il eut soudain l’assurance de réaliser l’impossible.»

____________

Le désir peut tout ?

A minima permet-il de rendre possible n’importe quel projet
en nous.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 17

P17 - TU M’ ENTENDS-image

 

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dix-septième page,

Malgré la surveillance rapprochée
de sa tante
Gaspard parvient à entrer en contact
avec

le fugitif.

 


« La tuyauterie descendait tout droit de la chambre 25 où était installé le réservoir d’eau. Par chance, dans la salle de bains, un écrou joignait deux tuyaux qu’on avait ainsi ajustés pour des raisons techniques difficiles à expliquer. Gaspard ne mit pas plus de cinq minutes à desserrer l’écrou et à libérer le tuyau supérieur, après quoi, il réussit par une pesée à l’éloigner du mur, juste assez pour pouvoir coller tour à tour son oreille et sa bouche à l’orifice. »…
  

P17 - TU M’ ENTENDS-let


 

P17 - TU M’ ENTENDS-image


…- Tu m’entends?… murmura-t-il dans le tuyau.»

____________

Parfois
c’est tout ce que l’on a fait
pour éviter qu’un événement se produise
qui le favorise.

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 11

P11-DÈS LES PREMIERS MOTS-image

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Onzième page,

Ici le narrateur fait un clin d’oeil
à tous ceux qui s’étonnent de voir
au cinéma
un personnage
dans un moment où l’urgence est de mise
annoncer de façon grandiloquente
les circonstances, les causes … et

l’action déterminante qui sera la sienne
dans les prochaines secondes.


 

« Pantalon gris, chemisette de laine. Dans le visage de l’enfant, amaigri et déchiré par les ronces, et qu’encadraient des cheveux en désordre; poussiéreux et d’un éclat magnifique, brillaient des yeux où filtrait une lumière d’une dureté angélique. Gaspard demeura stupéfait. L’enfant l’examinait avec attention et sembla même, en ces brefs instants, s’intéresser à Gaspard. Il allait parler lorsqu’une voix se fit entendre à dix pas de là. C’était la voix du garde champêtre:…
… – Voilà bien un quart d’heure que je te vois tourner autour de l’église. Tu n’échapperas pas, cette fois.
… Les gardes champêtres et maints agents de la fonction publique éprouvent la nécessité de faire un discours pour expliquer ce qu’ils vont faire, et ainsi il n’est pas impossible de leur échapper. » .…
  

P11-DÈS LES PREMIERS MOTS-let


 

P11-DÈS LES PREMIERS MOTS-image


… Dès les premiers mots, l’enfant blond s’était élancé, bousculant Gaspard.«