[Almanach] Guillaume Vissac …

[Tout ici (y compris l’incertitude du parcours de lecture
est là
pour faire remonter des lieux où nous les tenons cachés, parfois enfermés,
ces germes de cauchemar qui nous habitent depuis que nous savons ne pas être
le monde. ]

Mercredi 18 mai 2011,
de Guillaume Vissac, les éditions Publie.net
donnent « Le livre des peurs primaires« 

(extrait « peur 117 »)

SA MAIN GLISSE LE MÉTRO-letcr1-exp

                                                                       

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Le passage en son entier 

 


Proposition de lecture de la peur primaire 117 :


Sa main glisse, le métro freine : il vacille : il tombe. Disparaît au cœur de la foule, son corps aspiré par le bas, caché sous ceux des autres, mais personne ne le voit. Les visages fixent encore — silence — leur reflet respectif, là, dans le flou de la vitre. Je me rapproche pour le chercher mais je le manque : aspiré par le sol et les câbles, il a sans doute basculé dans un envers quelconque, une dimension du sol, et le métro s’éloigne.

[Almanach] do altissimo …

[Elle est citée dans Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley …]

18-05-1783-LE 18 MAI 1783 DISPARAISSAIT-letcr1-exp                                                                       

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L’évocation 


Autre prestation de cantatrice
https://www.youtube.com/watch?v=YynRtkFukCs


Le 18 mai 1783 disparaissait Lucrezia Ajugari, dite la Bastardella une des plus grande interprète de l’œuvre de Mozart

[Almanach] Michel VOLKOVITCH …

[Suivre les traces d’un traducteur, ses certitudes sur le général, ses hésitations sur le particulier, pour le spécialiste (traducteur en herbe ou en fleur) ou le profane…]

Samedi 17 mai 2008, les éditions Publie.net
donnent de Michel Volkovitch
Babel & Blabla 
(carnet d’un traducteur)

(extrait)

« Un texte me tombe entre les mains,…JE LE TRADUIS SANS PRÉMÉDITATION-letcr1-exp

                                                                        …, comme on fait un enfant. »

 

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Le passage en son entier 


Voir aussi, à propos du geste du traducteur,
les parcours et traces de
Christine Jeanney  dans ses « explorations textuelles »  à propos de « Les Vagues » de Virginia Woolf (journal de traduction en cours)]
Guillaume Vissac en son « Ulysse par jour » traduction jour après jour, phrase après phrase (« ou presque ») de l’Ulysse de James Joyce.

 


Proposition de lecture :


Besoin d’écrire
1981. J’ai trente-trois ans, je rêve d’écrire mais ça ne sort pas. J’étudie le grec depuis peu avec une passion déraisonnable. Un texte me tombe entre les mains, je le traduis sans préméditation, sans savoir ce qui m’arrive, avec un sentiment d’évidence, une jubilation, un soulagement, comme on fait un enfant. Ces quelques pages traduites sont publiées, puis tout s’enchaîne. 1984, première traduction en volume. 1985, invitation aux Assises de la traduction d’Arles, où je rencontre pour la première fois mes consœurs et confrères. Puis la série des publications, prose (une bonne vingtaine de romans, recueils de nouvelles ou récits), poésie (près de trente recueils, quatre anthologies), théâtre (une dizaine de pièces).
Très tôt, je me suis impliqué dans la formation des traducteurs. C’était en ce temps-là — voilà un quart de siècle, déjà ! — une idée neuve. Jusqu’alors on devenait traducteur sur le tas, sans aide et tant bien que mal. Et cela ne choquait personne. Le plus difficile des métiers, être tout seul pour l’apprendre !
Ma chance est d’être né à la traduction au moment où elle accédait enfin à l’âge adulte, où les traducteurs littéraires ont pris la parole, créant des associations, des lieux de rencontre, des publications, mettant sur pied un enseignement de la traduction pour assurer la propagation et l’embellissement de l’espèce.

[Almanach] Isabelle Pariente-Butterlin…

[Date anniversaire rectifiée. Merci Jan !]
___
[Un écho (?) à un suicide par noyade d’une femme aimante mais qui n’en peut…
et, plus près de nous à ceux qui ne souhaitent pas cette mort, mais qui n’en peuvent …]

Samedi 17 mai 2014, en les terres des cosaques des frontières
(de Jan Doets)
Isabelle Pariente-Butterlin donne Aedificavit 9

(extrait)

JADIS ELLE EST MORTE MAIS ELLE -letcr1-exp

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Le passage en son entier 


Proposition de lecture :

 


Pourquoi continuer ? Le noyé un instant abandonne. S’abandonne.

Au-dessus, il est vrai, la vie est là. L’enfer aussi, non moindre, pourquoi s’acharner ? Les enfers liquides se referment mollement, on dit qu’elle est morte, jadis, les enfers liquides se replient mollement, le noyé s’abandonne et tout va s’abolir. Enfin. L’air manque. Tout est flou. L’air manque. Tout est pire. Oui, tout est pire, vraiment, l’air manque, les noyés sont gonflés d’eau, du moins est-ce ce qu’on dit. L’air manque atrocement, horriblement, cela flotte. C’est atroce. Mais tout est pire. S’arrêter est pire ; il faut remonter.

La surface des eaux est pire mais il faut remonter. Cela demande un effort inimaginable. L’eau se refermait lentement. C’est une poussée extraordinaire dont il ne se serait jamais soupçonné, un effort infini, un effort infini, immense, plus vaste que les eaux. C’est tant d’impossible à accomplir que cela s’accomplit. Effort désespéré de la noyade, tout est pire, mais il ne peut périr noyé.

Jadis elle est morte mais elle l’aimait. Elle n’a pas senti que les eaux tentaculaires la berçaient, elle emportait son image. Non, pardonne-moi, elle aussi a tenté un dernier sursaut mais d’autres silences l’accablaient et l’entraînaient. En vain, elle essaya et de dût être atroce. In memoriam.

Et c’est pourquoi ils tentent de se redresser, de revenir. L’effort est immense et certains, épuisés, sont pâles et blêmes de leur abandon.

(…)

Je relis ces lignes et elles se superposent à d’autres images, et d’autres images encore se superposent à elles. 

Toutes ces scènes de noyade aujourd’hui laissent des corps sur les côtes de l’Europe. Les images nous parviennent, accompagnées d’un commentaire. D’eux, c’est tout ce qu’il reste, une image et un commentaire. On aperçoit des corps dans des couvertures. La mer en apportera d’autre quelques jours plus tard, et ils effaceront les précédents. On ferme tous les yeux un instant. On préfère ne pas voir mais on ne peut pas ne pas ressentir. Ce n’est pas possible. 

Sur les côtes, les plages ensoleillées de la Méditerranée, des corps échouent que la mer a dévorés. Les eaux de nos côtes sont coupantes comme des lames de rasoir. 

Des corps échouent, qui tentaient seulement de rejoindre, vivants, nos côtes, qui tentaient de dérouler le fil de leur vie. Et derrière chaque corps, chacun de ces noyés, il y a une scène irréductiblement singulière, d’une vie qui préfère prendre un bateau dans la nuit, tenter sa chance pour rejoindre des côtes lointaines. Il y a donc un moment où il faut décider de mettre sa vie sur quelques planches, pour traverser la mer, pour continuer à dérouler le fil de ses espoirs. 

Puis ils échouent sur les côtes ensoleillées.

Et cet homme, qui tenta de traverser la Manche pour passer en Angleterre. Quand on l’a ramené à terre, il disait qu’il se récitait des poèmes. Je n’ose même pas imaginer ce que c’est que traverser la Manche, la nuit, avec pour seul bateau un triangle de bois et des flotteurs, en compagnie des poèmes qu’on aime. Je n’ose pas l’imaginer. 

Toutes ces scènes nous parviennent, on ne peut pas ne pas les entendre. N’est-ce pas ?, on ne peut pas ne pas les entendre. On ne peut pas ne pas les conserver en soi. Les coucher dans sa mémoire. Je ne sais pas comment nous faisons pour ne pas penser seulement à cela. Pour penser à autre chose. Pour repartir dans la vie. Ensuite. 

Texte et image : Isabelle Pariente-Butterlin

[Almanach] Chateaubriand …

[L’auteur eut le sentiment qu’il devait prévenir le lecteur, dans son prologue, du caractère particulier
de l’écriture cette oeuvre, à la fois romanesque et poétique,
autant que de son sujet « qui sort de toutes les routes connues et qui présente une nature et des mœurs tout à fait étrangères à l’Europe« ,
du fait que celui-ci est quasiment sans « aventure« .
Et en effet, celui qui a survolé l’oeuvre de Chateaubriand, ou qui ne le connait que par écho, sera assurément surpris par l’histoire.]

Vendredi 16 mai 1969, parait, aux éditions de la Pleïade
Le premier tome des
« Oeuvres romanesques et voyages »
François-René de Chateaubriand

La première oeuvre de ce volume
« Atala« 

(extrait)

COMME TOUS LES HOMMES IL AVAIT-letcr1-exp

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Le passage en son entier 


 L’oeuvre est disponible en téléchargement libre (format liseuse ou pdf)

Atala

 


Il y avait parmi ces sauvages un vieillard nommé Chactas [La voix harmonieuse. (N.d.A.)], qui, par son âge, sa sagesse et sa science dans les choses de la vie, était le patriarche et l’amour des déserts.

Comme tous les hommes, il avait acheté la vertu par l’infortune. Non seulement les forêts du Nouveau−Monde furent remplies de ses malheurs, mais il les porta jusque sur les rivages de la France.

Retenu aux galères à Marseille par une cruelle injustice, rendu à la liberté, présenté à Louis XIV, il avait conversé avec les grands hommes de ce siècle et assisté aux fêtes de Versailles, aux tragédies de Racine, aux oraisons funèbres de Bossuet ; en un mot, le sauvage avait contemplé la société à son plus haut point de splendeur.

Depuis plusieurs années, rentré dans le sein de sa patrie, Chactas jouissait du repos. Toutefois le ciel lui vendait encore cher cette faveur : le vieillard était devenu aveugle. Une jeune fille l’accompagnait sur les coteaux du Meschacebé, comme Antigone guidait les pas d’Oedipe sur le Cythéron, ou comme Malvina conduisait Ossian sur les rochers de Morven.

Malgré les nombreuses injustices que Chactas avait éprouvées de la part des Français, il les aimait. Il se souvenait toujours de Fénelon, dont il avait été l’hôte, et désirait pouvoir rendre quelque service aux compatriotes de cet homme vertueux.

[Almanach] Anna Jouy …

[Images fortes, qui, telles les notes d’un piano, donnent leur vibration à ce qui devient, musique, tableau, ballet…]

Samedi 16 mai 2015, Anna Jouy donne en ses « mots sous l’aube »
journal de l’aube 410,
qu’accompagne une valse d’Evgeny Grinko

(extrait)

ECLATER COMME UN DRAP DANS-LETCR1-EXP

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Le texte en son entier 


Proposition de

lecture

 Un autre doigt


Alors se joignent les doigts, les cils aussi, tout le corps épèle l’espérance
Craquements de phalanges toutes ces coudées d’os dans l’acte à venir
Ils s’assemblent, force des mots nus, la pensée travaille son silence, pétrin chaud d’amour ou de folie. Développer sa fougère
Reprendre aussitôt à la ligne des doigts, y retendre les suppliques
Jusqu’à ce qu’un peu d’air glisse et ventouse.
Éclater comme un drap dans le repli des langues

[Almanach] Julien Boutonnier …

[Long cri/poème où se dit, se lit, se déplie, la perte de la mère et ce qu’elle arrache à l’être qu’elle quitte.]

Jeudi 15 mai 2014, les éditions Publie.net donnent
de Julien Boutonnier
« Ma mère est lamentable »
en version numérique
depuis peu, une version papier est également disponible
(qui permet également d’accéder au fichier sous les différents formats)

(extrait)

MON ENFANT MOURRAS -letcr1-exp

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le poème en son entier 


Petite note : La citation par l’auteur d’un tweet de Anh Mat, en fin de l’oeuvre ne doit rien au hasard

MON ENFANT MOURRAS - tweet anh mat

à l’heure où il écrivait « ici reposent les racines de son nom »


Mon enfant, mourras-tu bientôt que je vaque à mon néant ?

Rêve a dit ma mère
était lamentable
taire !
mère !
quoi taire !
quoi ma terre mère : mon cri oui !
ronger l’os !
to be crâne !
quoi mon cri quoi !
merde !
crâne !
six pieds sous mère !
morte !
to be morte !
crâne !
taire or not mon cri
et chialer oui chialer !
or not chialer !
gueulanter !
viscérer !
splanchniquer !

[Almanach] Brigetoun …Paumée…

[Parfois, mais trop rarement, elle nous donne un moment de poésie écrit en poème.
(Souvent ils le sont en prose)]

Jeudi 15 mai 2008, Brigetoun
qui n’est pas « Brigitte Célérier et ses entours »
écrivait « Pour » se « faire pardonner »

(extrait)

INTIMITÉ PEUPLÉE DE VIDE-letcr1-exp

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le poème en son entier 
(sur « Paumée« )

Proposition de lecture


Intimité peuplée de vide,
enfermant la lumière
et la faisant sienne
Porte entrouverte sur un ailleurs
qu’elle se refuse à voir
En sécurité ou en prison derrière un élégant treillis
et rongée par l’extérieur,
le temps autre qui la submerge,
et l’enferme plus fortement
contre un mur solide et rêveur.
Résumé : nada
Ma mi piace tanto nulla che sono nulla
Pero tanto mi quiero nada que yo soy nada
Et j’suis pas sure des mots mais nada n’est tenu à rien

 

[Almanach]  Audrey Lemieux …

[Sur les traces d’une étoile filante qui a éclairée quelques temps, telle une illustre devancière, la route des surréalistes.]

Le vendredi 14 mai 2010, les éditions publie.net donnent en version numérique Isidoro de Audrey Lemieux.

L’oeuvre, qui évoque le voyage de Lautréamont (Isodore Ducasse) en Uruguay , convoquant des lieux et des faits que l’histoire ne nous a pas rapportés. A présent celle-ci est disponible en version papier (version numérique inclue)

SES GRANDS YEUX BRUNS LUISENT-letcr1-exp

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

L’extrait complet

 


Une proposition de lecture :


Bordeaux, le samedi 25 mai 1867

Il tombe une pluie si fine qu’Isidore la remarque à peine, jusqu’à ce qu’elle lui dégouline le long des joues et qu’il lui faille sortir son mouchoir pour s’éponger un peu. De l’endroit où il se trouve, il observe que le port a la forme de la lune, lorsqu’elle atteint sa deuxième ou sa dernière phase calendaire — à moins que ces quais qui bordent la Garonne ne décrivent exactement la courbe d’un chien courant après son maître. Un chien immense, un bouledogue, à la poursuite de Dieu. Tout bouge sur la promenade boueuse, les matelots et les barriques qu’ils font rouler, les chevaux attelés à des voitures ou des charrettes, les ouvriers chargés de madriers et les marchandes de soupe portant leur soupière à bout de bras. Les rails du port grondent, écrasés par de lourdes locomotives à vapeur ; au milieu de la rivière, des navires jettent l’ancre, reçus aussitôt par un ballet de gabares et de chaloupes.
Isidore se penche au-dessus de l’eau pour apercevoir son reflet embrouillé par la pluie : on croirait voir un visage de bois tout craquelé, une tête de poupée. Ses grands yeux bruns luisent, on ne pourrait dire d’où vient la lumière qui les anime et qui fait en sorte que leur aspect contraste tant avec celui de sa bouche, de son nez, de son menton — saillies épargnées par la gouge. S’il renversait la tête vers l’arrière, on entendrait ses paupières claquer et ses longs cils bruire en se touchant. Mais il lisse plutôt l’épouvantable chevelure qu’il a héritée de son père et l’eau coule sur sa veste. Il pense à ses livres, en sécurité dans la malle. S’ils étaient mouillés par cette pluie, ils moisiraient — les livres ne sèchent pas en pleine mer.

[Almanach] Pacte avec …

[Parfois une signature engage bien au-delà de l’horizon visible du texte concerné.
Notamment lorsque la notion d' »assistance » est pris dans un sens très large.]

14-05-1955-LE 14 MAI 1955 HUIT PAYS-letcr1-exp

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L’extrait … Des précisions

 

Autres précisions


Le 14 mai 1955 huit pays signent un accord d’assistance mutuelle qui permettra l’intervention Russe en Tchécoslovaquie.

Ces huit pays sont l’URSS, l’Albanie, qui quittera le pacte le 13 septembre (on comprendra pourquoi cette date) la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, la pologne, la Tchécoslovaquie et l’Allemagne (qui ne le rejoint en réalité qu’en 1956)
Ce traité signé à Varsovie permettra l’intervention des forces dites du pacte de Varsovie pour endiguer le mouvement populaire du printemps-été 1968 en faveur d’une démocratisation du régime.
L’Union Soviétique, dont les forces constituaient l’essentiel des forces engagées (blindés, aviation, troupes au sol) intervenait alors non comme envahisseur, mais dans le cadre de l’assistance mutuelle évoquée par le traité.
Il en avait été de même lors de la révolution Hongroise de 1956 avec l’intervention de l’armée rouge en octobre 1956.