Mois: février 2020
Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 10 (Utile pour qui alors ?)
Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)
Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.
Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.
Dans celui-ci on verra Giono envisager l’utilisation de la violence … mais contre les véritables ennemis de ce qu’il chérit le plus, à savoir : la vie.

« Ce qui me dégoûte dans la guerre, c’est son imbécillité.
J’aime la vie. Je n’aime même que la vie. C’est beaucoup, mais je comprends qu’on la sacrifie à une cause juste et belle. J’ai soigné des maladies contagieuses et mortelles sans jamais ménager mon don total.
A la guerre j’ai peur, j’ai toujours peur, je tremble, je fais dans ma culotte. Parce que c’est bête, parce que c’est inutile.
Inutile pour moi. Inutile pour le camarade qui est avec moi sur la ligne de tirailleurs. Inutile pour le camarade en face. Inutile pour le camarade qui est à côté du camarade en face dans la ligne de tirailleurs qui s’avance vers moi. Inutile pour le fantassin, pour le cavalier, pour l’artilleur, pour l’aviateur, pour le soldat, le sergent, le lieutenant, le capitaine, le commandant. Attention, j’allais dire : le colonel ! Oui peut-être le colonel, …
« Mais il est encore bien des Français qui, favorisés de la fortune, vivent oisifs. A ceux-là, nous disons : Vous avez mieux à faire. Vous devez ce qui vous reste de vie à la France; On peut se rendre utile de mille façons et les moyens sont à la portée de tous
…
Pointeur, c’est à toi qu’appartient la fonction délicate et méticuleuse de repérer, de diriger, de corriger; opérations dont le but est d’obtenir du tir des résultats appréciables. C’est dire l’importance de ton instruction à ce rôle et de son exécution pratique et utile à la guerre.
[Pour nos soldats : GUIDE DU POILU – Charles Charton]
Le mythe de la machine – Lewis Mumford – domestication
Pourquoi il faut (re)lire « Le Mythe de la machine »
Plus de cinquante années après sa publication
(Réédité récemment, sa première impression a été rapidement épuisée)
« Dotée de cette nouvelle « mégatechnique », la minorité dominante mettra en place une structure supra-planétaire uniforme, englobant tout, conçue pour fonctionner de manière automatique. L’homme n’agira plus de façon autonome, il deviendra un animal passif*, sans but, conditionné par la machine. Etant donnée le rôle que les techniciens assignent à l’homme aujourd’hui, soit il sera dévoré par la machine, …

* Lewis Mumford aurait pu dire « domestique ».
C’est à dire un animal ayant perdu une grande partie de ses capacités perceptives (la machine agissant alors comme un médiateur entre le réel et … les peaux- ce qui englobe la rétine, le tympan, …) et par conséquence de ses capacités mentales.
Car la nourriture première de la pensée est la perception (Tommaso Campanella)
Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 09
Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)
Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.
Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.
Dans celui-ci on verra Giono envisager l’utilisation de la violence … mais contre les véritables ennemis de ce qu’il chérit le plus, à savoir : la vie.
Plus bas on trouvera une actualisation récente, par un chef d’état, de cet exhortation à « donner sa vie » dans ces engagements

« Il n’y a pas un seul moment de ma vie où je n’ai pensé à lutter contre la guerre depuis 1919. J’aurais dû lutter contre elle pendant le temps où elle me tenait mais à ce moment-là, j’étais un jeune homme affolé par les poètes de l’état bourgeois. Mon cœur qui avait été maçonné et construit par mon père, le cordonnier à l’âme simple et pure, mon cœur n’acceptait pas la guerre, et je marchais avec un fusil fermé dans le bled de l’attaque. Je le regrette maintenant. Ce fusil, il aurait été bon de le garder fin prêt et astiqué et la culasse coulant bien, et les cartouches bien graissées, le garder avec moi, et …
« … ils savaient pourquoi ils mourraient et ils savaient que d’autres après eux, malgré le regret, malgré l’amour des leurs, choisiraient aussi de mourir pour cette cause sacrée : la France. «
Extrait du
» DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EMMANUEL MACRON AUX ÉPARGES »
6 Novembre 2018
Il y a un monde entre les paroles exaltées des écrivains, au service des faiseurs de guerre et cette chair à canon, ce grain qui meurt sous la meule du conflit.
( à Monsieur le président Macron) On ne CHOISIT pas de mourir pour, on vit pour, en ACCEPTANT le sort)
Témoin en est ces essais de fraternisation sur le front qui ont eu lieu entre ceux qui étaient censés se haïr et que ceux qui nourrissaient leurs galons du combat ont réprimé*…
jusqu’à nos jours, puisqu’un film qui relatait un de ces épisodes n’a pas pu se tourner en France ! (« les généraux français cessèrent de collaborer en lisant le scénario. Le film qui devait être tourné en France le fut plutôt en Roumanie » video )
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*[L’État-major fait donner l’artillerie pour disperser les groupes fraternisant les jours suivants et fait déplacer les Unités « contaminées » sur les zones de combat les plus dures.]
« Les soldats du front occidental étaient épuisés et choqués par l’étendue des pertes humaines qu’ils avaient subies depuis le mois d’août. Au petit matin du 25 décembre, les Britanniques qui tenaient les tranchées autour de la ville belge d’Ypres entendirent des chants de Noël venir des positions ennemies, puis découvrirent que des arbres de Noël étaient placés le long des tranchées allemandes. Lentement, des colonnes de soldats allemands sortirent de leurs tranchées et avancèrent jusqu’au milieu du no man’s land, où ils appelèrent les Britanniques à venir les rejoindre. Les deux camps se rencontrèrent au milieu d’un paysage dévasté par les obus, échangèrent des cadeaux, discutèrent et jouèrent au football. Ce genre de trêve fut courant là où les troupes britanniques et allemandes se faisaient face, et la fraternisation se poursuivit encore par endroits pendant une semaine jusqu’à ce que les autorités militaires y mettent un frein. Cet événement fut à l’origine du film Joyeux Noël de Christian Carion, sorti en 2005. »
Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 08
Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)
Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.
Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.

« Enfin, ce qui est fait est fait et ce qui est à faire reste à faire. Le temps est pour tout, même ce soir pour regarder cette immense plaine qui s’en va toute d’une traite, depuis le pied de ma terrasse jusqu’au fleuve. L’été de tout le jour s’est appesanti sur les blés. La chaleur sent la farine. Vingt ans. Depuis vingt ans j’ai vu se succéder ces moissons et les vendanges de la terre, la feuillaison des arbres,…
LES BELLES LETTRES.
LETTRE D’UN TOUT JEUNE CONSCRIT.
« Mes chers parents, vous m’excuserez de ne pas vous avoir écrit plus tôt. Je n’ai pas eu beaucoup de temps. J’ai été les premiers jours dans les tranchées. J’ai fait le coup de feu comme les autres. Un jour, j’ai surpris deux Boches derrière un arbre, en train de manipuler des bombes. Je les ai tirés à bout portant.
J’ai été blessé par un éclat d’obus. Ce n’était rien, et je suis resté ici. »
Extrait de « La Grande guerre par les grands écrivains : Messidor : revue bi-mensuelle illustrée » qui reprend une lettre produite par Paul D’Ivoi et publiée dans le journal « Le matin ».
Cette lettre est citée comme une correspondance réelle dans « Pour nos soldats : GUIDE DU POILU » de Charles Charton
Le mythe de la machine – Lewis Mumford – transformation de l’homme
Pourquoi il faut (re)lire « Le Mythe de la machine »
Plus de cinquante années après sa publication
(Réédité récemment, sa première impression a été rapidement épuisée)
« Jamais depuis l’âge des pyramides on n’avait vu un bouleversement d’une telle ampleur se produire en un laps de temps si court. Ces changements ont modifié à leur tour la personnalité humaine, …

On a longtemps cru et répété que le cerveau de l’homme n’était utilisé qu’à 30% (ou moins) de sa capacité.
De récents travaux ont montré la fausseté d’une telle assertion.
Le cerveau est utilisé dans sa totalité, en fonction des sollicitations qui lui sont faites : activité sensorielle, motrice … pensée.
Ainsi par exemple, un illettré possède en général une mémoire plus développée que quelqu’un qui sait lire, mémoire qui régresse s’il apprend à lire (au bénéfice d’autre chose) car les capacités correspondant à la lecture vont coloniser une partie du cerveau utilisée pour la mémorisation.
Lewis Mumford évoque dans cet extrait les mutations profondes dont le cerveau humain est le siège du fait de l’irruption dans le quotidien d’un nombre toujours croissant d’innovation en rapport avec les progrès de la science et de la technique.
Chaque fois que l’on cherche à acquérir une compétence, lorsque c’est possible, il est donc indispensable de faire le bilan entre les gains et les pertes correspondants.
Ce qui n’est pas chose facile et nécessite absolument une bonne connaissance de soi et une perception fine de SES évolutions (introspection).
[Les cinq dernières années pendant lesquelles j’ai enseigné les mathématiques, discipline qui a sacrifié alors progressivement, jusqu’à quasi disparition, la géométrie, au profit de la programmation et du codage, je ne parvenais plus à écrire de poésie.]
La conclusion – Aurélien Bellanger – Pourquoi la mort de Bretécher m’a-t-elle rendu aussi triste ?
Dans sa chronique quotidienne
Aurélien Bellanger, (un peu frustré de ne plus retrouver la cause d’un ancien excès verbal à son encontre) se souvient du passage de Claire Bretécher (dont le premier e est muet, ce qui explique peut-être une relative timidité/discrétion* chez elle) dans la librairie où il travaillait.
À l’heure de sa disparition récente, il s’interroge, avec la profondeur d’analyse qu’on lui connait sur la » féminisation d’un cauchemar baudelairien aux héroïnes avachies et spleenétiques » qu’est pour lui (au moment d’écrire cette chronique, car le cycle de la pensée d’A.B. est divinement incertain) l’oeuvre de Claire (laquelle est peut-être un peu également pour A.B. « l’oeuvre au Noir » du point de vue de l’alchimie secrète du gag).
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* D’autant que la dessinatrice et écrivain a toujours insisté farouchement pour défendre son nom à la lettre
Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 07
Giono jeune, a écrit un texte que Giono sage a partiellement renié, lui reprochant précisément tout ce qui en fait sa force : la colère, la fougue, l’audace, la témérité et cette capacité de faire déborder le sens au-delà des mots.
(Entretien avec Pierre Lhoste Avril 1968 « …C’est une erreur de jeunesse, une exaspération de violence … »)
Pourtant ce texte contient tout de ce qui pourrait réveiller … ce monde.
Autant à propos des guerres permanentes dans lesquelles nous sommes habilement engagés (idéologique, économique, énergétique, climatique …) que concernant la place à laquelle l’homme à le droit … parmi les autres formes de vie sur terre.
Ces extraits concernent la guerre dans laquelle Giono s’est trouvé engagé de 1914 à 1918.
« Il y avait aussi — je les oubliais mais ils sont très importants — les écrivains qui exaltaient l’héroïsme, l’égoïsme, la fierté, la dureté, l’honneur, le sport, l’orgueil. Des écrivains qui n’étaient pas tous vieux de corps, mais des jeunes aussi qui étaient devenus vieux par l’ambition et qui trahissaient la jeunesse par désir d’académie. Ou tout simplement qui trahissaient la jeunesse parce qu’ils avaient des âmes de traîtres et qu’ils ne pouvaient que trahir. Ceux-là ont retardé mon humanité. Je leur en veux surtout parce qu’ …
LES BELLES LETTRES.
LETTRE D’UN TOUT JEUNE CONSCRIT.
A Madame Louise N., à X.
2 aout 1914.
Bonne et chère petite tante Lou, Le régiment part ce soir pour la guerre libératrice.
Où, je ne sais pas, mais cela n’a pas d’importance, puisque les Allemands y seront.
Hein ! quelle chance que, mes 18 ans révolus, j’aie contracté en avril un engagement volontaire !.
Il ne s’agit pas de cela. Le temps m’est compté et j’ai tous mes bouts de lettres d’adieu à écrire à toi, à maman et à Jean, qui sont en vacances à notre ferme des Chênerets. Il faut que je donne du courage à’ Jean. Pauvre petit frère, comme il va s’ennuyer ! Il a à peine 15 ans et devra regarder sans se battre.
Extrait de « Femmes et gosses héroïques » Paul D’Ivoi
Lettre imaginée par l’auteur pour concourir à « l’effort de guerre », à partir, dit-il, de ce qu’il a pu entendre ça et là.
Cette lettre est citée comme une correspondance réelle dans « Pour nos soldats : GUIDE DU POILU » de Charles Charton
The Pied Piper of Hamelin – Le joueur de flute de Hamelin – Rattenfänger von Hameln – III (b)
(Un conte bien plus actuel qu’on pourrait le penser.
À condition de savoir en transposer les termes
…
sans toucher aux enfants.)
(La version française du conte donnée ici est la traduction du poème de Robert Browning, illustré par Kate Greenaway)
II (b)
Malheureux par les rats !
Ces bêtes tenaient tête aux chiens et étranglaient les chats, mordaient les petits enfants dans leurs berceaux, …
« En haut de l’arbre
est la part de l’oiseau
dans le bas
la part du voleur
le reste est à toi.
Ne fais pas le rat ! »
Lélio Lacaille
Poème original de Robert Browning
Rats!
They fought the dogs and killed the cats,
And bit the babies in the cradles,
(A tale much more current than one might think.
Provided you know how to transpose the terms
…
without touching children.)
At the top of the tree
is the part of the bird
at the bottom
the thief’s share
the rest is yours.
Don’t be a rat!
Lélio Lacaille
[SlowReading] Les Droits de l’Humain
Pourquoi ralentir la lecture ?
Il est des textes qu’il faut lire à haute voix, mot après mot, comme on peut le faire d’un poème, pour que ces mots nous touchent, nous saisissent, fassent l’assaut de notre pensée, bousculent ces mécanismes protecteurs qui conservent le sens à distance, paysage qui demeure au loin sans réelle profondeur.
Il est des textes qu’il faut lire plus lentement encore, lettre après lettre, le sens apparaissant peu à peu, comme par surprise. C’est le cas des textes qui fondent notre humanité.

La déclaration universelle des droits de l’homme, rédigée il y a plus de 70 ans par des êtres qui ont laissé leur nom (Eleanor Roosevelt, Peng Chun Chang , Émile Saint-Lot, William Roy Hodgson,Hernán Santa Cruz, René Cassin, Alexander E. Bogomolov, Charles Dukes, John Peters Humphrey.) mais à laquelle de nombreux anonymes, femmes et hommes ont participé, cette déclaration, les grilles en labyrinthe de mots (MOTSLIES) en proposent une telle lecture ralentie avec l’espoir que ce texte, mis à mal parfois à l’occasion de crises de confiance en l’humain, soit davantage connu, en son esprit et en ses mots, au-delà son premier article.
La déclaration des droits de l’homme en lecture lente
(format pdf)
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