L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 2

[Rien n’est épargné dans cette première partie du texte qui se donne comme but (mission) de définir la Critique avec un grand C. Tout est canaille !]


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Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Extrême exigence de René Daumal et du Grand Jeu
concernant le rôle de la critique
une position qui serait de nos jours très

critiquée

Point de « départ » bien nécessaire pourtant
que cette révolte à propos du traitement qui est fait
du Verbe, notamment.
Un peu excessif peut-être

mais ça réveille !)

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Je ne suis d’abord pas sûr qu’un livre comme celui de Roland de Reneville sur Rimbaud le voyant soit ce que le langage commun appelle un ouvrage de critique ; mais je préfère user de charité envers le langage commun en étendant un peu le sens de ce mot, pour pouvoir le prononcer autrement qu’avec la grimace du dégoût.
Aujourd’hui que toute parole vivante ne peut s’imposer qu’en s’entourant de la plus extrême rigueur, au milieu du pullulement littéraire des recettes pratiques grâces auxquelles le premier venu, pour peu qu’il ait la plume agile, peut imiter, en agitant de froid cadavres, un torrent de révélations, aujourd’hui que le Verbe est prostitué, la Beauté vendue à la canaille du pinceau ou de la plume, La Vérité vendue à la canaille de la science qui construit les machines à abrutir et à tuer, le Bien vendu à la canaille législative et policière, l’Esprit vendu à la canaille ecclésiastique, aujourd’hui c’est glorifier une entreprise que simplement la justifier.

L’ÉVIDENCE ABSURDE – RENÉ DAUMAL – DE L’ATTITUDE CRITIQUE DEVANT LA POÉSIE – 1

[En fin du préambule à cet article, qui n’a rien perdu de son actualité, René Daumal, donne un avertissement propre à fâcher davantage celui qui ne le comprendra pas, et à se gagner la sympathie de ceux qui ne se sentiront pas concernés.
Aucun doute, nous sommes bien là au cœur du GRAND JEU]


 

« Si ma pensée sous son apparence abstraite…

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Extrait du recueil d’essais
« L’Evidence absurde 1926-1934 – Essais et notes 1 »
de René Daumal

dans
« DE L’ATTITUDE CRITIQUE
DEVANT LA POÉSIE »

(Dernière phrase d’une préface
saignante.
La franchise sauvage et fine
de ces couteaux là
manquent terriblement à notre siècle.)

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Le préambule en son entier


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Cette rapide esquisse ne prétend à rien de moins qu’à établir les fondement d’une critique appliquée à la poésie.
La tâche était indispensable. Elle ne suffit pas. La condamnation qu’elle porte sur la plupart des soi-disant critiques et sur les modes de vie et de pensée les plus respectés de nos contemporains doit être complétée par des attaques concrêtes. Mais ceux qui m’entourent, ceux avec qui je mène ce combat n’auront pas, j’en suis sûr, oublié les flêches empoisonnées.
Aujourd’hui je leur apporte l’art de viser. J’ajoute que si ma pensée, sous son apparence abstraite, était comprise par les défenseurs de l’ordre, j’encourrais une bien moins dangereuse fureur de leur part en leur crachant à la figure.

IL Y A LE CHEMIN – JEAN-YVES FICK – 2

« … Les images n’illustrent pas le texte – elles sont plutôt un voyage, qui s’amorce depuis des points précis du texte, passeront par une mosaïque qui les rassemble toutes, vous permettant de resurgir depuis l’image vers un autre point du texte. »
François Bon

Extrait de la présentation du livre

 


 

[Explorer les densités de … l’absence
c’est hors de portée des sciences
seul le poète peut s’y immerger et en rapporter … un « présent »]


 


LE POÈME SE POSE OU SON REFUS - letcr1-exp

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 Extrait de  « Il y a le chemin »
de Jean-Yves Fick

LA TABLE

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Présentation de l’oeuvre chez Publie.net

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Chez Publie.net : Jean-Yves Fick

D’autres mots de Jean-Yves Fick gammalphabet


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Table carnet page clavier
qu’importe le lieu
c’est même nuit autour même au midi
cette scène s’éclaire seule

le jeu de ce qui s’écrit
dramaturgie
fluide ou plus âpre
le poème se pose
ou son refus

pantomime des mots amuïs sourds autour
la contorsion extrême des phrases
suspend les rythmes à la syncope

et forme sens la figure qui flotte
indistincte
proche et précaire
l’encre capte et crayonne
cela qui échappe déjà
s’évapore se recompose s’évanouit
s’efface et se perd
revient soudain autre
l’apparence renouvelée du même
fugace et légère
un influx ruisselle comme l’eau sur des rocs

dehors / hors de / horde – Armand Dupuy – 1

[Le cercle et la chaîne]

RIEN AU CENTRE QU UN PIQUET - letcr1-exp


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RIEN AU CENTRE QU UN PIQUET - letcr1

Extrait du recueil
dehors / hors de / horde
de
Armand Dupuy
Publié
aux
éditions publie.net

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// c’est parler fort d’un bout à l’autre / tu vois pour une portière… / le bras trace une stratégie bien rodée par l’habitude du réel / aucune amplitude mouvement précis près du corps / sec de muscle ce corps s’ignore s’emboîte en sa nuit / tout à fait s’y loge mais sans tricher fini / de – hors hors de soi récidive / manque le temps de se rassembler / ce côté-ci des murs n’y suffit pas //
// moi c’est plutôt les chiffres / je m’approche on tourne court / c’est 2πr de chemin / rien au centre / qu’un piquet fiché dans l’œil une laisse très tendue / rien de plus / on broute autour une herbe égale / tout est dit qu’il faut redire et ruminer / on apprend quand même on apprend //
// tunnel pour joindre / remontées d’égouts moisissures / un court pont de planches courbes ferme un livre sous les pieds / grilles sonnettes laissez-passer / dehors le grand dehors gratte et pèse autrement / le mot s’affole en bouche qu’on ne comprend plus d’être là //
// ni terre ni ciel ici le ciment prend vite au ventre / le stock de mots récurrents se serre en boulet qu’on traîne / plus que dire freinent le corps le ralentissent / mots par lesquels ne pas s’évader / font comme une brique de verre déforme et chauffe à peine son tour de mur froid //

Hybrides – aunryz

cérèsCérès était chez les Romains, à la fois déesse de l’agriculture, des moissons et de la fécondité.
Que dirait-elle, si elle était encore de ce monde
de nos hybrides ?

ILS S ÉTONNENT D ÊTRE DE MOINS - letcr0-exp

 


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Ils s’étonnent d’être de moins en moins féconds alors même que la plupart de ce qu’ils consomment a été rendu stérile.

 

 

La véritable scission dans l’Internationale -« obsolescence programmée » Internationale Situationniste – 2

[Peut-on se moquer
à nouveau
de l’I.S. ?
Comme ce fut le cas par le passé]


AU DÉBUT DE L ANNÉE 1968 UN CRITIQUE - letcr1-exp

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Extrait

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Extrait  de
La véritable scission dans l’internationale. 

circulaire publique de l’internationale situationniste.
de
Guy Debord

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Extrait plus complet

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[«Au début de l’année 1968, un critique traitant de la théorie situationniste, évoquait, en se moquant, une “petite lueur qui se promène vaguement de Copenhague à New York”. Hélas, la petite lueur est devenue, la même année, un incendie, qui a surgi dans toutes les citadelles du vieux monde (…) Les situationnistes ont dégagé la théorie du mouvement souterrain qui travaille l’époque moderne. Alors que les pseudo-héritiers du marxisme oubliaient, dans un monde bouffi de positivité, la part du négatif, et du même coup mettaient la dialectique chez l’antiquaire, les situationnistes annonçaient la résurgence de ce même négatif et discernaient la réalité de cette même dialectique, dont ils retrouvaient le langage, “le style insurrectionnel” (Debord).» — François Bott, «Les situationnistes et l’économie cannibale» (Les Temps modernes, nos 299-300, juin 1971).]

Toi au moins, tu es mort avant – Chrònis Mìssios ,(traduit par Michel Volkovitch) -1-

 

[Solitude du prisonnier Mìssios]

ET POURTANT ON EST TELLEMENT- letcr1-exp


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ET POURTANT ON EST TELLEMENT- letcr1

Extrait de
« Toi au moins, tu es mort avant »
de
Chrònis Mìssios

Aux éditions Publie.net

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Je t’écris, mais pas depuis Corfou et sa prison, je t’écris d’Athènes, à peu près libre… Oh non, je ne suis pas en perme. Je suis officiellement, éternellement assiégé. Enfin, quelle importance, partout c’est plus ou moins pareil, prison, asile, parti, société… On ne peut même plus être en soi-même. Et pourtant on est tellement seul, comme si tous les matins on partait se faire fusiller…
Je veux te parler de nos vieilles histoires, de nous tous. Toi le veinard, tu es mort tout de suite, et d’une balle en plus. Nous, m’en parle pas, comme des poules qu’on nous a baladés, de poulailler en poulailler : Corfou, Yendi-Koulè, Athènes, Egine, Yàros, Halikarnassos, Makronìssi, Aï-Stràtis… En géographie, tu penses, on est devenus des cracks, et en « instruction révolutionnaire », comme on dit, on ne chômait pas non plus. Tu nous aurais vus préparer nos coups, toutes les fois qu’on se retrouvait au poulailler, des trucs dingues. De ces grèves de la faim complètement folles, pour qu’on nous ouvre les cellules cinq minutes de plus, qu’on nous emmène le matin et non la veille de l’exécution, et je ne sais quoi encore. On les a baisés tant qu’on a pu. Dans le poulailler, tu vois, à tous les coups on retrouvait notre « identité révolutionnaire ». Et puis il y avait les mouchards. Alors là… Drôles de types, vraiment. Nous bien sûr on leur parlait jamais, sauf pour les injurier, on leur en faisait baver, mais ces gars-là qui vivaient tout avec nous, la prison, les coups, la faim, le peloton d’exécution, qu’est-ce que tu veux… À nos plénums (nos assemblées) on en réhabilitait quelques-uns, bien sûr, et d’autres devenaient mouchards… Tu comprends, ces types, on ne pouvait plus s’en passer. Et puis merde à la fin, je te saoule avec tout ça, mes histoires à la mords-moi-le-nœud…
Tu te souviens de Barou, notre pote, avec son violon et l’étoile jaune sur sa veste, à Salonique ? Tu te souviens quand on s’est glissés entre les barbelés pour le piquer aux Allemands, et sa mère qui ne l’a pas laissé sortir ? Les Allemands l’ont fait griller dans les fours…

BALIVERNES HIVERNALES – JY – 3 –

« Ainsi donc,  …
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JE RESTAI COMME D AUTRES - letcr1

Extrait des « Balivernes hivernales »

de JY

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Il dépose son sac à dos. L’ouvre. Sort le sac plastique. L’ouvre. Fouille un peu l’intérieur avec la main. Sort une page au format A5 dactylographiée. La met dans sa poche. Range le contenu du sac plastique. Le remet dans le sac à d’os. Puis ré-installe le sac à d’os. Il prend le papier dans sa poche, le déplie, le regarde, le murmure une première fois à voix basse. Puis, relève la tête. Il récite à voix haute :
 
“Ainsi donc, je restai comme d’autres situés en lisière des foules, à cette distance de tout que l’on appelle communément Décadence. La Décadence, c’est la perte totale de l’inconscience ; car l’inconscience est le fondement de la vie. S’il pouvait penser, le cœur s’arrêterait. À nous (mes rares semblables et moi) qui vivons sans savoir vivre, que reste-t-il, sinon le renoncement comme mode de vie”.

Des voix dans l’obscur – Françoise Ascal – 1 –

Certains la craignent d’autres l’affectionnent,
pour d’autres encore elle est une interrogation, un impossible…*

LA SOLITUDE J EN RÊVE - letcr1-exp


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Extrait du recueil
« Des voix dans l’obscur »
de
Françoise Ascal
[Imprimé sur la presse typographique d’ Æncrages & Co]

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* Peut-être que cette solitude, n’est qu’un manque, une dépression d’intentions bienveillantes de l’autre ou pire, le résultat d’une entrave à leur perception.

A moins qu’elle ne soit, la submersion des présences extérieures par … la multitude des êtres gris qui nous habitent, et leurs incantations morbides ?


 

la solitude connais pas n’ai jamais connu même au fond de mon corps lorsqu’il ressemble à un puits
la solitude j’en rêve quelquefois
ce serait reposant

vous-mêmes vous connaissez dites-moi quand et comment dites-moi à quel instant vous faites cesser les voix à quel instant les autres tous les autres sortent de votre peau quittent votre cerveau vos pensées vos émotions vos muscles votre souffle à quel instant s’apaise assez le fracas ordinaire pour qu’un vent de solitude caresse votre visage à quel instant vous parvenez à vous détacher de la ronde au point de vous croire seul

MONDELING – GUILLAUME VISSAC & JUNKU NISHIMURA – 5

Slow²Reading

[L’incertain au bord des rails]


 

« mon train partira bien à l’heure…

LE CHAT DE L HEURE IRA TOUT - letcr1-exp

...de mes deux yeux fermés dans mes deux manies grises »

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LE CHAT DE L HEURE IRA TOUT - letcr1

Extrait de

« Mondeling »
de Guillaume Vissac  (textes)
et
Junku Nishimura (photographies)

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Une proposition de lecture

 


Le site de Guillaume Vissac « Fuir est une pulsion »

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« une voix pose un chiffre
19h33 pile
s’ouvrent les vannes fanées
que fais-je à cet instant précis ?
que font nos proches à cet instant précis ?
que fait quiconque à cet instant précis ?
quel est l’alignement des lunes et des chimères à cet instant précis ?
quel air quelle musique est cet instant précis ?
quelle pensée nous aimante à cet instant précis ?
quels autres femmes ou hommes à cet instant précis ?
qu’ont-ils-elles en commun ?
quelles ombres sémaphores à cet instant précis ?
quel chat sur quelle photo à cet instant précis ?
c’est aussi pour ne plus rien savoir
que l’on enfonce dans ses deux mains une tête et que l’on dit
c’est non »
 
« mon train partira bien à l’heure
le chat de l’heure ira
tout dépend des lumières
de la surface des lunes
des caillots dans le vent
de mes deux yeux fermés dans mes deux manies grises »