De quoi faire rêver nos écoliers – Rapport Bach – 01

(Une fois n’est pas coutume, une introduction un peu plus longue que d’ordinaire)
[Un rapport bourré d’incohérence dans l’usage des mots.
La moindre n’étant pas de confondre complexité avec complication.

Car si effectivement la nature est complexe, la technique n’est que compliqué, dans la mesure où tout s’y ajoute simplement suivant les lois du calcul pour lequel 1 + 1 = 2
Alors que le complexe est précisément le lieu d’une addition qui ne se réduit pas à cela et peut donner par exemple 1 + 1 = 3
La somme étant supérieure à l’addition des composants.
(Voir le travail Edgar Morin en rapport avec le défi de la complexité)]


LA NATURE ET LA COMPLEXITÉ - letcr1-exp

 

Extrait du rapport Bach

Document qui définit les nouveaux programmes du collège en 2002 (prolongé par les orientation actuelles dans le domaine des sciences.
(Un concept particulièrement « poétique » y est développé en Sciences et Vie de la Terre
 celui de la « Machine Terre » sic.)

Parcours de lecture

LA NATURE ET LA COMPLEXITÉ - s

En clair

LA NATURE ET LA COMPLEXITÉ - txt0

Un extrait plus long
LA NATURE ET LA COMPLEXITÉ - txt1

Un peu plus de nuance à propos de ces affirmations au statu de « certitudes » aurait été la bienvenue.


 

Unité et diversité du monde
L’extraordinaire richesse de la nature et la complexité de la technique peuvent être décrites par un petit nombre de lois universelles et de concepts unificateurs.

L’’unité du monde se traduit d’abord par l’unicité des « briques » qui constituent les édifices qu’’il contient : objets naturels ou artificiels, organismes vivants. La matière, est un assemblage d’’atomes, le plus souvent associés au sein de molécules. Les propriétés des substances sont fonction de la nature des molécules qui les constituent. Celles-ci peuvent se modifier par un réarrangement des atomes donnant naissance à de nouvelles molécules et ainsi à de nouvelles substances. Une telle transformation dans laquelle la nature des atomes, leur nombre total et la masse totale restent conservés est appelée transformation (ou réaction) chimique.
La matière vivante est constituée d’atomes qui ne sont pas différents dans leur nature de ceux qui constituent la matière inerte. Son organisation fait intervenir un niveau d’’organisation qui lui est particulier, celui de la cellule, elle-même constituée d’’un très grand nombre de molécules et siège de transformations chimiques.
Les êtres vivants possèdent un ensemble de fonctions (par exemple respiration et circulation sanguine, digestion, mouvement et posture, perception et communication nerveuse, reproduction et défense contre les agressions) qui leur permettent de vivre et de se développer dans leur milieu. La sexualité permet à la fois le maintien et la diversification du patrimoine génétique des êtres vivants.
L’ »unité du monde se traduit aussi par l’universalité des lois qui permettent de décrire ses constituants : la conservation de la matière, qui se manifeste par celle de sa masse totale au cours des transformations qu’elle subit, celle de l’ »énergie au travers de ses transformations sous diverses formes. Les concepts d’échange de matière et d’énergie, complétés par celui d’’échange d’information, sous-tendent aussi bien la géographie économique que la compréhension du fonctionnement des organismes vivants ou des objets techniques. Ils sont également la base d’’une approche rationnelle des problèmes relatifs à la sécurité et à l’’environnement.
C’’est au contraire une prodigieuse diversité du monde que met en évidence l’observation quotidienne des paysages, des minéraux, des espèces vivantes, des individus … Il n’’y a là aucune contradiction : ce sont les combinaisons d’’un nombre limité d’ « espèces atomiques » (éléments chimiques) qui engendrent le nombre gigantesque d’’espèces chimiques présentes dans notre environnement, c’’est la combinaison des gènes qui rend compte de l’’unicité de l’’individu….
En tant que tel, l’’individu possède les caractères de son espèce (unité de l’espèce) et présente des variations qui lui sont propres (unicité de l’individu). Comme chaque être vivant, il est déterminé par l’’expression de son patrimoine génétique et par l’influence de ses conditions de vie. L’accord entre l’homme et son milieu se traduit, au niveau des individus, par la santé qui résulte à la fois du patrimoine génétique et de choix personnels, et représente un idéal de vie sur le plan individuel et social.
L’’homme est apparu récemment dans l’évolution des espèces et se caractérise par le développement de ses capacités intellectuelles, motrices, sensorielles et affectives qui lui permettent de penser le monde qui l’’entoure, d’’agir sur lui et de percevoir les effets de ses actions.
Les échanges de l’’organisme vivant avec le milieu extérieur sont à l’’origine d’’un approvisionnement des cellules en matière (nutriments et dioxygène permettant la production d’énergie et de nouvelles molécules nécessaires à leur fonctionnement) et du rejet dans le milieu de déchets produits par leur activité. Le bon fonctionnement des cellules est également assuré par un échange permanent d’’informations.

D’ici et d’ailleurs – Marie-Christine Grimard – La Bohème – 01

Couverture - d'ici et d'ailleurs

Marie-Christine Grimard
déjà présente dans le refuge de JAN DOETS (les cosaques des frontières) rejoint  les plumes publiées aux éditions Qazaq avec un recueil de nouvelles, histoires courtes (hormis la première).

Qui a déjà rencontré les écrits de l’auteure, ici ou …
sur la toile, ne s’effrayera pas du 13 dans le titre, se doutant bien qu’ici, il ne peut être qu’un porte bonheur.

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq  (de Jan Doets)  ici


[L’étrange fait irruption
dans la nouvelle habitation.]

ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN - letcr1-exp


(sans image
à cliquer pour agrandir)

ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN -letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
D’ici et d’ailleurs de Marie-Christine Grimard

« La bonhème »

Parcours de lecture

LES AMANTS SÉPARÉS AU POINT - s

En clair

ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN - txt0

Un extrait plus long

ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN - txt1


En voulant poser la viande sur la table pour la découper, elle remarqua un détail qui lui coupa la respiration.
Une sensation de froid intense l’envahit et elle poussa un petit cri qui arracha un grognement sourd au chien. Elle resta figée devant un objet posé en évidence au milieu de la table, qu’elle avait vu le matin même rangé sur l’étagère. C’était un de ses moules à charlotte dans lequel un fouet métallique était soigneusement posé, semblant attendre les ingrédients nécessaires et son savoir-faire. Sarah prit le moule entre ses mains, l’examina puis le retourna comme si elle attendait qu’il lui fournisse une explication à sa présence sur la table.
Le chien continuait de grogner en l’observant, crocs découverts, en fixant le moule du regard.
Décidément, ce qui se passait dans cette maison commençait à l’inquiéter.
Mais Sarah n’eut pas le loisir d’y réfléchir plus avant. Le chien se précipitant vers le corridor, se rua dans l’escalier en jappant. Il disparut à l’étage supérieur et Sarah entendit sa voix se perdre dans les combles de la maison. Elle monta en courant bien décidée à trouver ce qui l’énervait ainsi. Oubliant sa peur, elle le chercha à l’étage dans chaque pièce mais il semblait s’être volatilisé.

CAMPEMENTS – ANDRÉ DHÔTEL – 27

[La privation appelle
un supplément  d’être,
parfois : l’amitié]


LES MOINEAUX VONT ÉCRIRE - letcr11

… Mendiants et poètes« 

Extrait du roman « Campement »
de André Dhotel

 —

Parcours de lecture

LES MOINEAUX VONT ÉCRIRE - s

En clair

LES MOINEAUX VONT ÉCRIRE - txt0


Un extrait plus long

LES MOINEAUX VONT ÉCRIRE - txt1


Un livret dédié à l’oeuvre d’André Dhôtel
(28 extraits provenant de quatorze romans et nouvelles
à redécouvrir en mots liés)
Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

(cliquer sur l’image pour lire le livret)


Merci de  signaler une erreur  


Jacques n’avait plus d’avenir, et il songeait que l’hiver allait paraître avec sa neige : Les moineaux vont écrire sur la neige des alphabets incompréhensibles et ils voleront jusqu’aux fenêtres des fermes, mendiants et poètes.

Taille – (MOTS SOUS L’AUBE) – Anna Jouy

 En ses terres virtuelles des mots sous l’aube, Anna Jouy
pose sur racines, tronc et feuilles de la journée

(aube matin  midi  après-midi  soirée  et  nuit)
paroles-échardes et leurs traces

 TU NE DESSINES PLUS DE BOUCLES - letcr1-exp

 

Extrait de « Taille »   (sur  soirée)

de

Anna Jouy

parcours de lecture

TU NE DESSINES PLUS DE BOUCLES - s

 —

Texte en clair

TU NE DESSINES PLUS DE BOUCLES - txt0


Lecture

 


Merci de signaler une erreur 


Taille-crayon. Prendre l’âme et sa pointe toute usée. Les traces au canif faites à l’arrachée se sont noircies. Les doigts qui devaient la manier ont-ils été si sales ou est-ce le charbon qu’il y a à l’intérieur de toi qui coule comme ça et rend les choses si abîmées ? Tu n’arrives presque plus à écrire sans te ronger le bois. Pauvre âme dont le violon la burine d’échardes ! Tu ne dessines plus de boucles légères sur la feuille mais y graves, profondes, des cicatrices. Quelqu’un repassera peut-être dans ces sillons, y touchera ta voix devenue blanche, lui redonnera son ombre carbonée. Prendre l’âme par la mine, détourer à la toupie de lames ces excès ligneux. Faire resurgir le graphite. Sur la table quelques copeaux frangés de rouge, tes écailles de fagot

Monsieur M. – Anh Mat – 15

[Monsieur M. :  entre le roman et le poème, l’enquête (tout interroge) et l’évocation d’une descente aux enfers d’un Ulysse écrasé sous la multitude de dieux anonymes et terriblement obstinés.]


ATTENDRE QUE LA VOIX SE LASSE - letcr1-exp

(cliquer)

 

Extrait du roman* « Monsieur M »

de Anh Mat

———

Parcours de lecture

ATTENDRE QUE LA VOIX SE LASSE - sr
(cliquer)

L’extrait en clair
ATTENDRE QUE LA VOIX SE LASSE - txt0

Un extrait plus long

ATTENDRE QUE LA VOIX SE LASSE - txt1


Anh Mat
chez publie.net
chez qazaq

Lorsqu’il nous dit   « les nuits échouées »

 


N’hésitez pas à signaler une éventuelle erreur – merci d’avance


La peau Sa rage s’effondre contre la porte condamnée. Tu l’entends pleurer dans un accès de détresse démente. Tu gardes par précaution la main sur la poignée dorée, effrayé à l’idée que cette voix délirante puisse entrer. Tu te dis :
— Mais qui est ce Mathias ? Un ami imaginaire, un monstre sans défense séquestré depuis des années ? Un être humain de sang et d’os avec qui cette voix partage un passé commun ? Après tout, elle n’est peut-être pas si folle… Elle a probablement des raisons, de très bonnes raisons pour en arriver à de telles extrémités. À l’écouter ainsi, je lui viendrais bien en aide. Mais répondre à l’appel de ce prénom serait en quelque sorte usurper une identité qui n’est pas la mienne, me mêler d’une histoire qui ne me concerne pas. En rien. Alors je préfère me taire. Et attendre. Attendre que la voix se lasse, qu’elle s’épuise à appeler en vain l’homme que je ne suis pas.

CAMPEMENTS – ANDRÉ DHÔTEL – 26

[La privation appelle
un supplément  d’être,
parfois : l’amitié]


L ENNUI DES ENFANTS DANS - letcr1

Extrait du roman « Campement »
de André Dhotel

 —

Parcours de lecture

L ENNUI DES ENFANTS DANS - s

En clair

L ENNUI DES ENFANTS DANS - txt0


Un extrait plus long

L ENNUI DES ENFANTS DANS - txt1


Un livret dédié à l’oeuvre d’André Dhôtel
(28 extraits provenant de quatorze romans et nouvelles
à redécouvrir en mots liés)
Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

(cliquer sur l’image pour lire le livret)


Merci de  signaler une erreur  


Hélène ne faisait rien à l’école, parce qu’elle bavardait avec Marie, la fille du grand fermier de Saint-Pierre, Monsieur Laurent.
C’était avec la famille de ce fermier que Jeanne s’était liées d’amitié.
Un jour Hélène et Marie furent punies ensemble et enfermées dans la salle d’études.
La salle d’études était pleine d’été. L’ennui des enfants dans cette lumière devint de la tendresse et elles se promirent d’être des amies véritables. Il leur sembla aussi que ce premier serment était le commencement d’une grande aventure.

EN TAXI DANS JÉRUSALEM – SABINE HUYNH – ANNE COLLONGUES – 7

[Et tout se passe comme si la passagère
l’avait fait apparaître]

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - letcr1-exp


(Sans image,
à cliquer)

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - letcr1

Extrait de « En taxi dans Jérusalem »

de Sabine Huynh

(« Les études »)

 ——-

parcours de lecture

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - s

L’extrait

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - txt0

 (à cliquer)

Un extrait plus long

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - txt1



Une présentation du livre de
Sabine Huynh & Anne Collongues sur publie.net

Un entretien avec Sabine Huynh sur Radio Kol Israel
L’auteure y évoque la réactivité de l’édition numérique en général et de Publie.net en particulier. Elle y donne également des touches de couleur d’ « en taxi dans Jérusalem » … toutes les surprises, plus ou moins agréables, qu’une femme peut avoir en empruntant ce mode de transport dans la cité Israélienne.

Presque dire : son site

 


Les TAGS
donnent des mots de la grille.

___________________________________

Pour agrandir cliquer


Merci de signaler une erreur 


Sa voix ne trahit aucune colère, aucune amertume. Il semble heureux d’être là où il est aujourd’hui, dans son taxi. Il me montre la première page du journal. On y voit le portrait d’un trentenaire souriant.
« Le nouveau millionnaire du pays !, s’écrie le chauffeur, vous voyez, lui, il est allé à l’université et voilà où il en est, millionnaire !
— Mais nous ne savons pas s’il est heureux, dis-je.
— Vous avez raison, nous ne le savons pas. Mais croyez-moi, si j’étais à sa place, je serais très heureux !
— Pourquoi ? N’êtes-vous pas déjà heureux ? Vous me paraissez très satisfait, non ? »
Ma remarque lui arrache un grand sourire, comme s’il venait de découvrir un trésor convoité depuis longtemps.
« Vous avez tout à fait raison ! Je suis satisfait, j’ai du travail ! Et puis je n’ai pas arrêté d’aller à l’université, vous savez ?

LES POUVOIRS DE LA PAROLE – RENÉ DAUMAL – 03

[A les croire un peu trop,
on en viendrait à se tâter les côtes
pour vérifier notre réalité]

LE DERNIER MOT DE LA SCIENCE MODERNE - letc1

Extrait du recueil d’essais
« Les Pouvoirs de la parole – Essais et notes 2 »
de René Daumal

Parcours de lecture

LE DERNIER MOT DE LA SCIENCE MODERNE - s

En clair

LE DERNIER MOT DE LA SCIENCE MODERNE - txt0


N’hésitez pas à signaler une éventuelle erreur – merci d’avance


Le dernier mot de la science moderne est qu’il est presque impossible que le monde existe

 

CE QUI BERCE CE QUI BRUISSE – JEAN-CLAUDE GOIRI – 2

Ce qui berce ce qui bruisse - couverture

Aujourd’hui, et toujours aujourd’hui, l’utile se trouve dans cette oreille qui écoute le bruit du marteau qui tape, le crissement de l’acier qui entre dans le mur, la poussière de plâtre qui bruine sur la peau, le mur tout entier qui frisonne de pouvoir supporter tout ça, cette oreille dans laquelle bruissent mille autres oreilles.

Et je ne sais que chanter les éloges du bruité aux charnières de l’inutile pour que résonne dans les oreilles autre chose que du bruit.

Et une oreille s’est tournée vers mon bruité pour le transmettre à d’autres.
Celle de Jan Doets.
Merci à lui, celui qui m’accompagne.

(présentation de )Jean-Claude Goiri

Peinture de couverture : Nathalie Oso

disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

—- 


IL Y A DES JOURS ET DES NUITS - letcr1-exp

(sans image
à cliquer)

IL Y A DES JOURS ET DES NUITS - letcr1

Extrait du recueil
« Ce qui berce ce qui bruisse » de Jean-Claude Goiri

 —

Itinéraire de lecture

IL Y A DES JOURS ET DES NUITS - s

En clair

IL Y A DES JOURS ET DES NUITS - txt0


 

Jean-Claude Goiri est aussi sur les sites internet :
http://www.jeanclaudegoiri.com/
http://www.fepemos.com/


N’hésitez pas à signaler une erreur 


Il y a des jours où je sens la nuit me froisser le regard et déployer les orgues de toutes ces choses à terre que personne ne ramasse, il y a des nuits où je sens le jour frissonner dans son antre et ramasser tout son ciel vers ce point de friction qu’est mon nombril asséché, il y a des jours et des nuits où je ne sens rien d’autre que toi aux paupières si ouvertes que l’on ne voit rien d’autre que nos âmes érigées dans une maison sans toit aux fenêtres ouvertes, il y a des jours et des nuits où il n’y a que ta peau pour contenir mon corps.

La véritable scission dans l’Internationale -« obsolescence programmée »- Internationale Situationniste –

[L’I.S. visionnaire à dans le domaine de la pollution
et de
ce que nous avons récemment nommé « l’obsolescence programmée »
en 1972 ce collectif écrivait : ]


ON A SCIEMMENT INTÉGRÉ L USURE  - letcr1-exp

Sans image

Extrait  de
La véritable scission dans l’internationale. 

circulaire publique de l’internationale situationniste.
de
Guy Debord

Extrait complet

ON A SCIEMMENT INTÉGRÉ L USURE  - txt1

———————–

La classe qui accapare le profit économique, n’ayant d’autre but que de conserver la dictature de l’économie indépendante sur la société, a dû jusqu’ici considérer et diriger l’incessante multiplication de la productivité du travail industriel comme s’il s’agissait toujours du mode de production agraire. Elle a poursuivi constamment le maximum de production purement quantitative, à la manière des anciennes sociétés qui, elles, effectivement incapables de jamais reculer les limites de la pénurie réelle, devaient récolter à chaque saison tout ce qui pouvait être récolté. Cette identification au modèle agraire se traduit dans le modèle pseudo-cyclique de la production abondante des marchandises où l’on a sciemment intégré l’usure aux objets produits aussi bien qu’à leurs images spectaculaires, pour maintenir artificiellement le caractère saisonnier de la consommation, qui justifie l’incessante reprise de l’effort productif et maintient la proximité de la pénurie. Mais la réalité cumulative de cette production indifférente à l’utilité ou à la nocivité, en fait indifférente à sa propre puissance qu’elle veut ignorer [«La victoire de l’économie autonome doit être en même temps sa perte. Les forces qu’elle a déchaînées suppriment la nécessité économique qui a été la base immuable des sociétés anciennes. (…) Mais l’économie autonome se sépare à jamais du besoin profond dans la mesure même où elle sort de l’inconscient social qui dépendait d’elle sans le savoir. (…) Au moment où la société découvre qu’elle dépend de l’économie, l’économie, en fait, dépend d’elle. Cette puissance souterraine, qui a grandi jusqu’à paraître souverainement, a aussi perdu sa puissance.» — La Société du spectacle.], ne s’est pas laissé oublier et revient sous la forme la pollution. La pollution est donc un malheur de la pensée bourgeoise ; que la bureaucratie totalitaire ne peut qu’imiter pauvrement. C’est le stade suprême de l’idéologie matérialisée, l’abondance effectivement empoisonnée de la marchandise, et les retombées misérables de la splendeur illusoire de la société spectaculaire.