« Le chant du monde » – Jean Giono – page 4

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À l’époque où il travaillait sur « Le chant du monde« *, Jean Giono disait clairement son désir de s’éloigner du réel, et cela, autant en ce qui concerne les lieux (dans ce roman il mélange, sans fausse note, paysage de plaine et de montagne) qu’en ses personnages (eux aussi, si vrais et pourtant si peu vraisemblables)

« Les temps présents me dégoûtent même pour les décrire. C’est bien assez de les subir. […] des hommes existent aussi qui ne connaissent rien de l’horrible médiocrité dans laquelle la civilisation, les philosophes, les discuteurs et les bavards ont abaissé la vie humaine. »

Troisième mouture, les deux premiers manuscrits ayant pour l’un été volé, pour l’autre, disparu mystérieusement.


Quatrième page …

Matelot évoque un autre personnage du roman :
sa femme, Junie,
dont la présence, bientôt à distance,
sera comme un écho de ce qui se joue déjà
dans cette contrée où Antonio et Matelot
vont aller chercher le Besson.

 


– Qu’est-ce que tu penses?
– Je pense à Junie.
C’est elle qui m’a fait descendre vers toi, dit Matelot.
Si tu es prêt, on allume.
– Allume.
Matelot se mit à battre le briquet. Il souffla sur l’amadou.
…»

 

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P04-IL AVAIT AU FOND-ima11

… Il avait, au fond de sa barbe blanche, une bouche épaisse aux grosses lèvres, un peu luisantes, bien gonflées de sang. »


 

Il est possible de se pencher longtemps sur une question que suscite ici la prose de Giono
lorsqu’il fait dire à Antonio « Qu’est-ce-que tu penses ? » (au lieu de à quoi penses-tu ?)
et que Matelot lui répond « à Junie« .

 

 


 

Cliquer sur le titre pour télécharger le cahier « Pour saluer Giono N°2

L’iris de Suze (format pdf)

(gratuit)

 

Le cahier comporte comporte
– Des évocations courtes des 24 premières pages du roman
avec extrait en clair et en jeu (et illustrations)
– Ainsi qu’une page de la fin (qui ne dévoile rien)
– Les solution en fin de cahier (parcours et citation en clair).

 

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L’iris de Suze

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Il comporte
– Des évocations courtes des 24 premières pages du roman
avec extrait en clair et en jeu (et illustrations)

– Ainsi qu’une page de la fin (qui ne dévoile rien)

– Les citations à découvrir, à la fin du cahier, en clair et avec le parcours solution.

 

« Le chant du monde » – Jean Giono – page 3

P03-– J’ AI PLUS DE NOUVELLES-ima

Évoquant des prétendants, selon lui, au Goncourt 1935, Henri Bidou écrivait à propos du roman de Giono

« Le Chant du Monde est moins un roman qu’une épopée. Sans qu’on puisse préciser de ressemblance, on est à chaque moment frappé par une parenté entre le livre et les aventures d’un folklore très ancien. Pas trace de mythe si l’on entend par là une fable à transposition obligée. … Mais quelque chose comme l’écho d’un chant de l’Odyssée. C’est un voyage et un retour. Au bout du voyage, il y a la reconquête d’une femme. L’itinéraire remonte un fleuve, puissant et fantasque comme un dieu, et la lutte des hommes. »


Troisième page …

Matelot veut voir Antonio pour un motif grave
qui nécessite un temps de silence
et une transition par un autre lieu que la parole,
par un partage.

De ce qui sera dit là naît tout le fil de l’action future.

 


« Ils restèrent un moment sans parler.
Tu as du tabac sec, dit le Matelot ?
Oui, dit Antonio.
Il se fouilla.
– Ma main est là, dit-il.
– Où?
– Devant toi.
Matelot prit le tabac.
– Qu’est-ce que c’est cette histoire? dit Antonio …»

 

P03-– J’ AI PLUS DE NOUVELLES-let


 

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… – J’ai plus de nouvelles de mon besson* aux cheveux rouges, dit Matelot.
– Depuis quand?
– Jamais. »


*Besson se dit d’un (qui a un frère) jumeau

Les dialogues de Giono sont ici très resserrés.
Il y a économie des mots, comme du reste, chez Antonio et Matelot, peu habitués à la dépense large, si ce n’est dans l’action.
Dans ce peu de paroles, la tension n’en est que plus présente.
L’inquiétude de Matelot qui ne faiblira pas, est toute dans ce « jamais« .

« Le chant du monde » – Jean Giono – page 2

P02-IL DOIT ARRIVER-imaB

« Il y a bien longtemps que je désire écrire un roman dans lequel on entendrait chanter le monde (et ferait) percevoir le halètement des beaux habitants de l’univers.  »

Disait Jean Giono à propos de ce livre, en germe bien avant qu’il en ait écrit les pages. (Puis en nombreux brouillons hésitants)


Deuxième page …

Le second héro de ce roman, dont on ne connaîtra que le surnom : Matelot
apparaît dans ce pays* d’arbres et d’eau.
Pas de salutation entre ces deux-là
comme dans les véritables amitiés
entre ceux qui ne songent même pas qu’ils ont pu être l’un
sans un peu de la présence de l’autre.

 


« Cet automne dès son début sentait la vieille mousse.
De l’autre côté du fleuve on appela :
– Antonio !
Antonio écouta.
– C’est toi Matelot ?
– Oui, je veux te voir.
– Le gué a changé de place, cria Antonio.
– Je viens à cheval, dit le Matelot.
Et on l’entendit pousser l’eau un gros tronc d’arbre.
…»

 

P02-IL DOIT ARRIVER-let


 

P02-IL DOIT ARRIVER-imaC

… Il doit arriver à peu près aux osiers, pensa Antonio,avec ce nouveau détour du gué le courant doit se balancer par là.»


*Un de ces pays où l’on met l’article devant le nom de la personne.
Et comme on y est avare de mots, c’est que cela a vraiment un sens !

« Le chant du monde » – Jean Giono – page 1

P01-ANTONIO TOUCHA LE CHÊNE-ima

« Il y a bien longtemps que je désire écrire un roman dans lequel on entendrait chanter le monde (et ferait) percevoir le halètement des beaux habitants de l’univers.  »

Disait Jean Giono à propos de ce livre, en germe bien avant qu’il en ait écrit les pages.


Première page 

Antonio, un des héros (si ce n’est Le)
de ce roman, nous est présenté dans son milieu naturel
celui avec lequel il fait corps,
la forêt où coule le fleuve.

(Tout comme dans certains « pays »
Giono nomme ici fleuve
ce qui n’est probablement qu’une rivière.)

 


« La nuit. Le fleuve roulait à coup d’épaules à travers la forêt, Antonio s’avança jusqu’à la pointe de l’île.
D’un côté l’eau profonde, souple comme du poil de chat, de l’autre côté les hennissements du gué. …»

P01-ANTONIO TOUCHA LE CHÊNE-let


 

P01-ANTONIO TOUCHA LE CHÊNE-ima

… Antonio toucha le chêne. Il écouta dans sa main les tremblements de l’arbre.»

 


 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – Le livret

Pour saluer Giono - livret N°2-L'iris de Suze - pages 3 et 4

Je propose ici un livret gratuit, entièrement dédié à l’oeuvre de Jean Giono :
(à découvrir en lecture lente)
« L’iris de Suze« 

Giono
Il comporte
– Des évocations courtes des 24 premières pages du roman
avec extrait en clair et en jeu (et illustrations)

– Ainsi qu’une page de la fin (qui ne dévoile rien)

– Les citations à découvrir, à la fin du cahier, en clair et avec le parcours solution.


Cliquer sur le titre pour télécharger ce cahier N°2 *

L’iris de Suze (format pdf)


Extrait : (première page du roman et une citation avec les lettres de la grille)
Pour saluer Giono - livret N°2-L'iris de Suze - pages 3 et 4

___
* Le premier cahier consacré à Giono
peut être téléchargé sur cette page 

Il correspond à des citations extraites de l’ensemble de l’oeuvre de Jean Giono.
(Excepté de l’iris de Suze)


(Une version plus difficile)

L’iris de Suze (format pdf)

Pour saluer Giono - livret N°2-L'iris de Suze - pages 3 et 4 - difficiles

(Ici l’utilisation du crayon est indispensable. Voir ci-dessous)


Pour jouer directement sur le fichier pdf, sans avoir à l’imprimer, il suffit de l’ouvrir avec Foxit Reader  en utilisant l’outil stylo (menu « commentaires ») pour tracer le parcours solution sur la grille, comme ci-dessous.

Pour saluer Giono - livret N°2-L'iris de Suze - pages 3 et 4 - solution début-opacité

(Ici, dans le sous menu « outils de dessin » j’ai réglé l’épaisseur du trait (maximum) et l’opacité à 25%)
On peut aussi utiliser Acrobat Reader, un peu moins simple. Un mode d’emploi se trouve ici )

Sur tablette ou sur smarphone, c’est tout aussi simple avec une application qui lit les fichiers pdf (par exemple pdf Viewer pour OneDrive) , le dessin du parcours se fait alors avec le doigt à partir de la fonction Pen du menu.
Pdf viewer outil

« L’iris de Suse » – Jean Giono – page 292

P292 - DANS LA SIENNE . DANS LA NÔTRE -image1

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Deux cent quatre vingt douzième page, (dernière de cette série)
à deux pas de la fin
où rien ne se dénoue

mais qui voit Tringlot retrouver…


 

« Entre autres, Tringlot crut reconnaître la silhouette du Jocond, mais mélangée aux rouges et aux noirs du couchant et présentée de multiples façons par les méandres de la voie,il perdit de vue la forme familière. A la nuit close, le train s’arrêta ; pour aujourd’hui il n’allait pas plus loin. Tringlot coucha à l’auberge. Enfin, il était dans la montagne. …

P292 - DANS LA SIENNE . DANS LA NÔTRE -le1


 

P292 - DANS LA SIENNE . DANS LA NÔTRE -image1

Dans la sienne. Dans la nôtre. Il respirait goulûment un air léger, fin comme un parfum de réséda. »

 


 

[A présent, il ne te reste plus qu’à (re)lire « L’iris de Suse, roman qui contient tous les germes* (et une part des fruits) de l’oeuvre de Giono, si ce n’est de l’homme lui-même.
Lire ou relire, en tout ou partie. Car, écrit vivant – en chaque parcelle vibre la durée – quelques lignes suffisent, si l’on connait l’oeuvre, à la convoquer toute entière.]

__
* On peut y trouver, au détour d’une phrase, « Le Coeur-Cerf » 

]

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 34

P34 - IL NE S’ AGISSAIT PAS D’ UN MIRAGE-image

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Vingtième quatrième page,
Tringlot découvre un pays
d’arbres et de pierres
qu’il ne connaissait pas

mais le reconnait pourtant.


 

« A l’horizon, une brume légère voilait des mamelons et des tertres couverts de forêts presque roses mais, au-dessus de cette barre laiteuse, au lieu d’arrondir le ciel, de nouvelles étendues escaladaient les hauteurs, en portant des masses d’herbe, des rochers échevelés et même des arbres gigantesques. Il ne s’agissait pas d’un mirage. …

P34 - IL NE S’ AGISSAIT PAS D’ UN MIRAGE-let


 

P34 - IL NE S’ AGISSAIT PAS D’ UN MIRAGE-image

Tringlot en connaissait la musique ; ce qu’il voyait , c’était de la chair et de l’os …»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 33

P33 - CE QUI COMPTE C’ EST QUE - image

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Vingtième troisième page,
Tringlot dans un monologue
silencieux et joyeux

fait l’inventaire des raisons de l’être.


 

« Mais voilà un truc épatant ! se dit Tringlot. J’étais nu et cru et maintenant j’ai des atouts : j’ai une nouvelle pelure, j’ai un bon couteau ; je me fous des gages, j’ai de l’argent en pagaille. …

P33 - CE QUI COMPTE C’ EST QUE - let


 

P33 - CE QUI COMPTE C’ EST QUE - image

Ce qui compte c’est que je suis embrigadé.
Qui va me regarder sous le nez désormais ? Ni vu ni connu, je t’embrouille.»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 22

P32 - ET EN QUATRE OU CINQ COUPS DE MUSEAU-image

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Vingtième deuxième page,
Tringlot devenu quasi berger
voit les limites

de ses nouvelles compétences.


 

« Au surplus, restait le chien du berger malade (un des chiens, car il y en avait au moins cinq ou six : des griffons qui trottaient sur les talons d’Alexandre ou prenaient brusquement des initiatives, la queue en l’air et avec des coups de gueule). Le chien suivait son maître, juste à l’aplomb du cacolet où le malade se balançait, mais, de temps en temps, il venait prendre la place de son maître …

P32- ET EN QUATRE OU CINQ COUPS DE MUSEAU-let


 

P32 - ET EN QUATRE OU CINQ COUPS DE MUSEAU-image

et, en quatre ou cinq coups de museau, il mettait immédiatement un ordre que Tringlot n’obtenait pas avec son fouet.»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 21

 

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Vingtième et unième page,
Tringlot devient peu à peu,
poussé par le destin qui lui ouvre un chemin

berger.


 

« Tu as de grands ânes, dit Tringlot ; il n’y a qu’à charger ton patron sur ces grosses couffes. Pour tes bêtes, donne-moi un bâton, je t’aiderai.
[…]
Ils installèrent le malade dans une sorte de cacolet. Il gémissait :
– Ah ! mon Dieu, mes enfants, quelle histoire !

P31 - IL BUT ENCORE UN PETIT COUP-let


 

P31 - IL BUT ENCORE UN PETIT COUP-image1

Il but encore un petit coup de son vespétro et il se laissa emporter.»