La planète des Normes – Jan De Fast – 10

La planète des normes est un roman de Jan De Fast écrit dans les années 70, belles années de la collection fleuve noir.

L’auteur y évoque un monde où l’esprit des humains est, tout comme le corps, entouré de soins qui lui « évitent », ainsi qu’à la société, tout dérèglement, tout dépassement de la normalité.
Pour cela, la solution idéale :  la machine et les mots sans épaisseur de la « Norme »

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Couv-cut - la planète des Normes

Allan, désirant se faire remarquer et approcher de plus près la machine des Normes, opère un Servant d’une tumeur au cerveau dont il n’aurait pas survécu sans l’utilisation d’une technique que l’envoyé d’Alpha présentera comme le fruit d’une de ses recherches personnelles.
Effectivement, cet exploit va attirer l’attention sur lui …


Couverture - la planète des Normes


— Docteur Kleeth, nous avons l’ordre de vous emmener. Veuillez nous suivre.

Ils n’avaient même pas posé la question classique au sujet de son identité, toute erreur sur la personne était impossible puisqu’ils étaient guidés par le psycho-traceur ; l’homme qui le portait ne pouvait être un autre que celui qu’ils étaient venus quérir. L’Envoyé haussa les sourcils, hésita une seconde et finalement se leva. Il savait aussi qu’il était parfaitement inutile de discuter avec des Servants. Cette soudaine apparition des agents des Normes ne le surprenait d’ailleurs qu’à moitié, il s’étonnait seulement qu’elle se produise si tôt et d’une façon si soudaine, mais il n’avait jamais cessé de l’envisager et s’y était préparé depuis longtemps. Il sourit poliment, inclina la tête.

— A votre disposition, messieurs.

Encadré par les deux sbires, il longea les couloirs du bâtiment de réception jusqu’au grand parking de l’entrée où d’un geste à peine esquissé, les Servants lui désignèrent une grosse voiture arrêtée dans l’allée centrale, capot tourné vers la sortie.

— Entrez et asseyez-vous au milieu.

Il se pencha pour obéir à l’ordre, s’installa commodément, aussitôt rejoint par les deux hommes qui se placèrent de chaque côté de lui ; la banquette était suffisamment large pour que trois personnes y tiennent à l’aise. L’homme de droite saisit les leviers de commandes, démarra, franchit lentement la grille, tourna à gauche pour s’engager sur la route. Sans presque bouger la tête, Alan examinait du coin de l’œil ses accompagnateurs, constatant qu’ils ne portaient aucune arme visible ni probablement cachée et si, leur attitude demeurait lointaine et impersonnelle, elle ne dénotait ni tension ni hostilité. Cette façon d’encadrer leur « invité » pouvait n’être qu’une habitude routinière et d’ailleurs il n’y avait pas de siège arrière dans la voiture. Aucune accusation n’avait été formulée non plus, ce qui se passait était peut-être ce qu’il avait espéré provoquer en se décidant à soigner et guérir par ses propres méthodes l’incurable cancer du haut-commissaire Phréar. La valeur scientifique du véritable docteur Kleeth avait déjà attiré l’attention des Normes, c’était pourquoi elles l’avaient affecté au premier centre d’orthoneururgie de la capitale. Il venait de démontrer par une cure miraculeuse que ses capacités intellectuelles et professionnelles étaient encore plus grandes qu’on ne l’avait jugé, il paraissait donc logique qu’on le transfère encore plus haut, à l’endroit même où il pourrait être le plus utile et ce ne pouvait être qu’à l’intérieur du Cercle interdit puisque là seulement pouvait se situer un organisme supérieur à la clinique du professeur Féhir : quelque chose ressemblant à un conseil supérieur de la médecine. …

21 - DES ORDINATEURS-le(Ou … plus facile)
*

Cela pouvait expliquer que les policiers se conduisent somme toute civilement envers lui sans prendre la précaution de lui passer des menottes ou de le menacer avec un quelconque pistolet. Mais à la réflexion, cette attitude de non-méfiance était-elle vraiment significative ? Après des générations de conditionnement au respect de la toute-puissance des Normes, quelqu’un était-il encore capable de se rebeller et de tenter d’échapper à la convocation des Servants ? Personne n’osait même se débarrasser de son bracelet… Il suffisait que les hommes en bleu se montrent pour qu’on les suive passivement comme le Terrien était en train de le faire…

Il jeta un regard sur le paysage, fronça brusquement les sourcils. La route sur laquelle la voiture filait maintenant à bonne vitesse traversait une campagne à peu près déserte et sur la chaussée elle-même il n’y avait guère que quelques gros camions se succédant par intervalles.
Les premiers bâtiments de la grande cité d’Ejy-hod apparaissaient dans le lointain sur la gauche et les rayons du soleil, encore au début de sa course, frappaient obliquement les glaces de la voiture sur le même côté. On roulait donc vers le sud-est alors que, d’après ce que l’Envoyé avait pu apprendre avec certitude, les buildings abritant les ordinateurs et leurs Servants se trouvaient tout à fait au nord. Son bras droit se détendit d’un geste visiblement machinal, sa main glissa le long de sa ceinture, vint se poser sur ses genoux, poing fermé. Pendant quelques instants il observa le conducteur, notant que la direction du véhicule était assurée non par un volant mais par une sorte de manche à balai tandis que l’accélérateur et le frein étaient d’un modèle classique, puis d’une voix insouciante, posa une question.

— Où m’emmenez-vous ? Je ne reconnais pas cette route.

— A la clinique numéro deux, naturellement, répondit poliment l’homme de gauche. Elle se trouve à l’est d’Ejy, à l’opposé de la vôtre. Mais pour éviter de perdre du temps dans la traversée de la ville, nous passons par le grand boulevard extérieur.

— Ah bon… Pourquoi cette clinique en particulier ?

Les lèvres du Servant dessinèrent une légère moue d’impatience.

— Vous devriez le comprendre ! C’est le second centre …

22 - D’ ORTHONEURURGIE-le(Ou … plus facile)
*

— Opérer ?

— Dame ! Vous êtes un déviant, non ? Mais à quoi bon vous inquiéter, vous savez mieux que tout autre que la normalisation n’est pas douloureuse. Dans quelques heures vous vous sentirez tout à fait bien.

Ainsi telle était la conclusion des Normes : le cerveau de Kleeth avait besoin d’être remis au pas !
Pourquoi Alan n’avait-il pas songé plus tôt à une pareille décision, elle était tellement logique ! Que pouvait importer aux ordinateurs qu’il ait découvert une nouvelle théorie capable de sauver des vies humaines, tout ce qui comptait pour eux était qu’un certain citoyen hodien s’était permis de concevoir et d’effectuer un acte non conforme aux principes directeurs programmés dans leurs circuits.
Si un médecin guérissait une maladie considérée comme curable dans le répertoire thérapeutique, tout allait bien. Mais s’il s’agissait d’une affection pour laquelle aucun traitement efficace …

23 - LE PRATICIEN-le
(Ou … plus facile)
*

Alan se souvenait du regard et du ton des paroles de Féhir et il comprenait maintenant pourquoi celui-ci avait fait en sorte de ne pas partager sa responsabilité. Il avait accepté que son assistant sauve un malade condamné parce que lui aussi était médecin et il ne pouvait donc s’opposer à une tentative qui avait pour but de repousser la mort, mais il ne voulait pas que la sanction retombe sur lui. En définitive, la faute de l’Envoyé avait été d’imaginer une technique nouvelle …

24 - ET LE PROPRE D’ UN ORDINATEUR-le(Ou … plus facile)
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