« Le chant du monde » – Jean Giono – page 14

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La sensualité d’Angelo s’exprime dans chacun de ses gestes sans aucune feinte ni pudeur.  Giono ne donnera plus par la suite de personnages aussi proche de l’animal … qui ne parle pas.


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Quatorzième page …

C’est le soir, tout est dit ou presque, le départ est pour le lendemain, il va être l’heure de se coucher. On tarde encore un peu à se séparer.

 


« Antonio caressait la tête de la petite fille, il en faisait tout
le tour avec la paume de la main. Les flammes du feu se couchèrent comme si l’air s’était mis à peser. L’odeur du fleuve descendait dans le vallon. La jeune femme regardait Antonio elle suivait tous ses gestes.
Matelot vint s’asseoir près du feu. C’était un homme épais sans lourdeur. Il s’était un peu tassé avec l’âge et maintenant il était rond comme un tronc d’arbre,  …»

 

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… sans creux ni bosse,depuis ses épaules jusqu’aux pieds. Son visage était couvert de barbe blanche. »


Ici encore Antonio est au centre de toutes les attentions, y compris de « la vieille Junie » qui n’est pas sortie de sa maison … quant aux regards de la jeune veuve, Giono les prolonge par ceux de sa toute petite fille.

« Il se dressa. La petite fille abandonnée le regardait d’en bas en essayant de parler. La jeune femme le regardait. Matelot le regardait. »

Ces attentions et désirs dont il jouit comme un enfant se baigne en la lumière du jour.

(plus loin)

« C’était la jeune femme. Elle appelait doucement
–- Antonio !
Puis, elle faisait un pas presque sans bruit, avec juste le bruit de sa jupe.

Elle appelait autour d’elle en baissant un peu la tête pour que sa voix aille toute chaude vers le dessous des buissons. Un oiseau réveillé se mit à gémir.

Antonio se serra dans sa couverture; il cacha son visage dans la mousse…. » 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 13

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Antonio est une part de Giono que l’on retrouve dans « Le Bonheur fou »*.
Roman dont le héro porte un nom assez voisin (Angelo)
Giono a d’ailleurs fait pour ce personnage ce qu’il envisageait pour Antonio.
En effet, l’intention initiale de l’auteur était d’écrire un « chant du monde » composé de trois romans (ou plus). La première publication de son livre (dans la Revue de Paris déjà citée) le présentait d’ailleurs ainsi, avec comme titre de cette première partie : »Le besson rouge ».
On peut penser que Giono n’a pas trouvé matière (ou lecteur) pour les deux autres parties qu’il imaginait initialement, et choisi pour ce projet* un Antonio un peu plus civilisé (et donc plus riche pour l’intrigue … et le lecteur) à savoir Angelo.
Angelo qui pourrait lui aussi mériter le surnom de « Bouche d’or » (au sens où le précise ici** Antonio, et non comme le suggère, Junie.)

____
* « Angelo » , « Le hussard sur le toit » , « Le Bonheur fou » (ordre des publications)
** Dans la citation


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Treizième page …

Junie, Mère du besson rouge, à l’origine de la demande faite à Antonio concernant la disparition de son fils, s’adresse à celui-ci, sans pourtant aller à sa rencontre.

 


« – Je te vois sans sortir, comme si je t’avais fait, dit Junie.
Le Matelot m’a raconté, dit Antonio. Si vous voulez m’écouter ici, voilà ce qu’il faut faire. Nous partirons demain, ton homme et moi, et on remontera l’eau un de chaque côté. S’il est à la côte on le trouvera. S’il passe, on le verra. On remontera jusqu’au pays Rebeillard, on demandera. Ça se fond pas, un homme.
– C’est pas pour rien que nous t’avons appelé « bouche d’or » , dit la voix de Junie. C’est parce que tu sais parler.
– Non, dit Antonio, c’est parce que je sais crier plus haut que les eaux.
La jeune femme regardait Antonio. Elle se souvenait de ce cri que tous les gens de la forêt connaissaient, …»

 

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…  qui passait parfois au-dessus des arbres comme le cri d’un gros oiseau pour dire la joie d’Antonio sur son fleuve. »


Cette joie d’Antonio qu’il exprime comme un animal, dans un cri qui serait une sorte de don au fleuve et à ce qui y vit, pourrait être rapproché, d’autres manifestations similaires (mais dans des modes plus « humains », et des intentions plus « subtiles ») de certains usages de twitter ou du plaisir que certains ont à faire participer leur entourage à la musique qu’ils écoutent chez eux ou dans leur voiture.


 

 




 

 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 12

P12-UNE GROSSE GOUTTE DE LAIT-ima1

Giono peut être aussi très sensuel.


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Douzième page …

La présence d’Antonio trouble de façon évidente la jeune veuve qui n’a pas vu d’homme, en dehors de son beau-père, depuis longtemps.

 


« Antonio, dit la jeune femme.
[…]
Elle le regardait. Elle avait encore la bouche ouverte, mais elle ne disait pas ce qu’elle avait envie de dire.
Donne-moi ta petite fille, dit Antonio.
La jeune femme ouvrit ses bras. L’enfant, debout sur ses jambes solides, était en train de téter.
Va voir Tonio, dit la femme.
Elle tira son sein. L’enfant avait les yeux tout éblouis de feu. Il essaya de sourire avec ses lèvres luisantes.  …»

 

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…  Une grosse goutte de lait continuait à germer du sein de la femme; elle l’essuya du plat de sa main. »


La présence de la fillette, qui n’est plus un bébé et tète encore sa mère, cette goutte de lait qui perle au sein, ces mots qui ne parviennent pas à sortir de la bouche entrouverte de Charlotte, tout concourt à la force érotique du passage.

 


 

 




 

 

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« Le chant du monde » – Jean Giono – page 11

P11-SES ÉPAULES MONTAIENT-ima

Giono peut être cruel dans ses descriptions.
Ce sont là des apparitions furtives d’un autre Giono, celui de « Un roi sans divertissement »


P06-JE CROYAIS CONNAÎTRE-ima

Onzième page …

Antonio est arrivé dans le lieu de la forêt qu’habitent Matelot et sa famille.
Dont la femme du besson (jumeau) qui est mort tragiquement un an plus tôt.

 


« C’était une femme brune aux cheveux raides. Elle était sans couleur, toute grise malgré le feu : grise de front, de joues, de lèvres, avec un long visage dur aux fortes pommettes. Les yeux, d’un jaune violent, étaient largement allumés comme les yeux des bêtes de nuit.

– Assis-toi, Antonio, dit Matelot, je vais chercher la mère.

Ici, on voyait bien Antonio.C’était un homme au plein de l’âge. Il avait des bras longs, de petits poignets et les mains longues …»

 

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Ses épaules montaient un peu. Sa chair était souple et forte, toute armurée de muscles doux et solides. »


La proximité des deux descriptions est sans pitié pour celle qui vit dans la famille de celui dont elle n’est plus que la veuve, mère d’une toute jeune enfant qui lui tête encore le sein.
A côté de Charlotte, veuve triste et fade (la « grise »),  posée dans un coin d’ombre (« on ne la voyait pas ») sans réel avenir, Antonio (« On voyait bien Antonio ») est l’incarnation du beau et de la force virile promise à l’action.

 


 

 




 

 

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