« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 12

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.»


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Douzième page,

Remue ménage général
dans l’hôtel de la tante.

Gaspard se voit confier une tâche
un peu plus noble que d’ordinaire.


 

« Fernande, allez préparer le numéro 25.
– Le numéro 25? Mademoiselle n’y songe pas, répondit Fernande. Voici deux ans que personne n’y a mis les pieds.
– Je vous apprendrai à discuter mes ordres, dit Gabrielle Berlicaut. Laissez votre omelette et faites ce qu’on vous demande.
– Mais qui servira dans la salle? reprit Fernande.
– Gaspard servira, trancha Gabrielle Berlicaut.
Cette dernière parole eut un effet prodigieux. La servante se leva avec une hâte soudaine. Elle disparut dans l’escalier en s’essuyant la bouche du revers de sa manche […]
– Le numéro 25, ne put s’empêcher de dire le commis.
[…]
Le numéro 25 désignait une mansarde qui ne possédait qu’une ouverture en tabatière et ».…
  

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P12-ET QUI ÉTAIT SITUÉE DANS LE GRENIER-image


… qui était située dans le grenier au-dessus de l’appartement de Gabrielle Berlicaut.« 

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 11

P11-DÈS LES PREMIERS MOTS-image

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Onzième page,

Ici le narrateur fait un clin d’oeil
à tous ceux qui s’étonnent de voir
au cinéma
un personnage
dans un moment où l’urgence est de mise
annoncer de façon grandiloquente
les circonstances, les causes … et

l’action déterminante qui sera la sienne
dans les prochaines secondes.


 

« Pantalon gris, chemisette de laine. Dans le visage de l’enfant, amaigri et déchiré par les ronces, et qu’encadraient des cheveux en désordre; poussiéreux et d’un éclat magnifique, brillaient des yeux où filtrait une lumière d’une dureté angélique. Gaspard demeura stupéfait. L’enfant l’examinait avec attention et sembla même, en ces brefs instants, s’intéresser à Gaspard. Il allait parler lorsqu’une voix se fit entendre à dix pas de là. C’était la voix du garde champêtre:…
… – Voilà bien un quart d’heure que je te vois tourner autour de l’église. Tu n’échapperas pas, cette fois.
… Les gardes champêtres et maints agents de la fonction publique éprouvent la nécessité de faire un discours pour expliquer ce qu’ils vont faire, et ainsi il n’est pas impossible de leur échapper. » .…
  

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… Dès les premiers mots, l’enfant blond s’était élancé, bousculant Gaspard.« 

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 10

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Dixième page,

Le narrateur s’éloigne pour un temps
de Gaspard (quoique…)
et
donne la voix à un communiqué de la radio

qui évoque un enfant fugueur


 

« Le communiqué s’interrompit brusquement. On venait de tourner le bouton du poste. Il y eut une brève discussion dans la maison, probablement entre le maire et sa femme, et de nouveau la voix se fit entendre:
… « … une quinzaine d’années, qui d’Anvers a traversé à pied toute la Belgique, réussissant à échapper à la police. L’enfant portait un pantalon de velours gris, une chemisette de laine bleue. Cheveux blonds abondants descendant sur la nuque. Il y a lieu de supposer que  » .…
  

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P10-CET ENFANT S’ EST PERDU-image


… cet enfant s’est perdu dans la forêt entre Revin et Laifour où on l’a aperçu pour la dernière fois… »

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 9

P09-IL S’ IMAGINAIT LES CANAUX -image

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Neuvième page,

Solitaire, sans l’avoir voulu
Gaspard à l’écoute du village
fait de certains mots
qui résonnent particulièrement en lui

ses compagnons de rêverie.


 

« Le silence de Lominval était si profond qu’une simple parole par exemple pouvait prendre une valeur inattendue et avoir d’exceptionnelles conséquences.
… Une parole, ou plutôt des mots, certains mots que l’on n’avait coutume d’entendre ici et qui, pourtant, étaient prononcés de temps à autre, il faut bien le croire. Le mot canal, le mot beffroi, et le mot mer, par exemple. La boulangère avait un cousin en Belgique. Le frère du bedeau était douanier dans un port. Gaspard s’intéressait aux mots pour eux-mêmes.  .…
  

P09-IL S’ IMAGINAIT LES CANAUX -let


 

P09-IL S’ IMAGINAIT LES CANAUX -image(emprunts à Dominique Hasselmann de son voyage aux Pays Bas)


Il s’imaginait les canaux qu’il n’avait jamais vus, des villes avec leurs tours, et la mer immense. »


Ajout du 8 juin :
Coïncidence, cette page préparée hier, entre en résonance avec l’émission d’Alain Finkielkraut (que je découvre ce jour en podcast à l’heure de mon petit déjeuner tardif.)

Les mots que nous aimons

« La langue n’est pas seulement un outil de communication. Nous avons tous en effet des mots préférés , des mots chéris, des mots rêvés, des mots qui nous parlent, nous transportent, nous enchantent, des mots mélodieux, des mots clés, des mots thèmes.

Belinda Cannone et Christian Doumet ont eu la bonne idée de demander à 44 auteurs de présenter leur mot parfait. »

Bien sur, ici le traitement est celui de notre époque de compétition, d’échelle de mesure, de champion.
C’est ainsi que fonctionne actuellement l’adulte … à la recherche de l’exceptionnel, du meilleur,
et ici
du mot parfait
Lorsqu’ici chacun cite son champion
Gaspard, pour son lecteur, donne ce qui suscite en lui un éveil particulier à l’enfance – loin du choix – ce qui vient à lui.

La suite du passage marque d’ailleurs l’absence de toute volonté de possession.

« Il ne formait nullement le désir de quitter Lominval pour aller visiter des lieux que hantaient familièrement le cousin de la boulangère et le frère du bedeau. »

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 8

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) de nos jours.

C’est ce que le Livre permet depuis toujours
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Huitième page,
Exilé
mais sans savoir qu’il existe
un autre monde
que celui où il vit
isolé des autres malgré lui

Gaspard se rapproche
de ce qui ne se refuse pas à lui.


 

« Lorsqu’il quitta l’école à quatorze ans, Gabrielle Berlicaut l’occupa à cirer les parquets et à balayer la cour. Bien qu’il eût montré une intelligence assez vive, la tante se désintéressa de l’avenir de Gaspard. Si elle le gardait chez elle, pour faire son devoir, comme elle le proclamait, elle avait toutefois renoncé à ses rêves. Gaspard, de son côté, ignorait même qu’il eût été possible de concevoir pour lui quelque ambition. Son seul désir était de passer inaperçu. Il s’était d’ailleurs attaché à la maison, .…
  

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et les plus modestes choses du village faisaient partie de lui comme ses mains et ses yeux. »

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 7

« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre. »


disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) à l’époque moderne.

C’est ce que le Livre permet
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Septième page,
Jamais responsable
mais toujours au coeur d’un nouveau désastre

On se méfie de Gaspard
comme d’un
« porte-malheur ».


« Gaspard fut entouré d’une méfiance toujours plus grande. Sans cesse on l’avait à l’oeil , et il ne connût guère en somme ce qu’il y a de meilleur dans le vie de l’enfance et dans toute sa vie, le plaisir de parler à coeur ouvert et d’entendre parler à coeur ouvert. Ses parents le jugeaient parfaitement comblé et ne se souciaient pas, dans leurs courts séjours, des erreurs qu’on lui reprochait. C’était comme si le monde se cachait à ses yeux. En classe, Gaspard était rarement interrogé. .…
  

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…Il eut de plus en plus l’assurance que rien ne le concernait et que toutes ses démarches seraient à jamais déplacées. »

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 6

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette ultime forme de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) à l’époque moderne.

C’est ce que le Livre permet
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Sixième page,
Encore un concours de circonstances
un désastre
duquel
Gaspard sort

une fois de plus … .


 

« Gaspard, qui se promenait seul autour du village, un soir après l’école, fut surpris par un orage que personne n’avait vu venir, comme il arrive souvent. Il se réfugia sous un gros poirier dont deux maîtresses branches étaient mortes. La foudre tomba sur le poirier, et l’une des branches, qui à elle seule avait l’importance d’un arbre de taille moyenne, prit feu, et une rafale énorme l’emporta à cinquante pas de là, juste sur le hangar qui abritait la pompe incendie…
  

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…On retrouva Gaspard inanimé au pied de l’arbre. Ses cheveux blonds avaient roussi. Ce fut la seule trace qu’il garda. 

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 5

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette forme ultime de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) à l’époque moderne.

C’est ce que le Livre permet
fenêtre ouverte sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.


Cinquième page,
Une fois de plus
Gaspard n’y est pour rien.
Pas plus que
l’automne
les champignons
ou
son sac.


 

« Lorsque Gaspard eut dix ans, il fut le héros d’un nouveau drame manqué. C’était un jeudi d’automne, et il s’était sauvé pour aller cueillir des champignons dans le bois voisin. Il avait jeté sur son épaule un sac en poil de chevreuil. La feuille n’était pas tombée et il arriva qu’un chasseur le prît véritablement pour un chevreuil dans la confusion du taillis. Le chasseur était M. Steille, un avocat, hôte du notaire. Il chassait en compagnie du notaire et de deux amis autour d’une vaste enceinte. On avait lancé les chiens, sans savoir que Gaspard avait pénétré dans l’enceinte, …  

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…et, lorsque l’avocat aperçut soudain le sac de Gaspard, il épaula et tira

« Le pays où l’on arrive jamais » – André Dhôtel – page 4

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« Je n’ai jamais interdit à un élève
de regarder par la fenêtre.
«

disait André Dhôtel à propos de
cette forme ultime de l’école buissonnière
qui est encore possible (?) à l’époque moderne.

C’est ce que le Livre permet

et « Le pays où l’on arrive jamais »
est une de ces fenêtres ouvertes sur
ce qui buissonne à deux pas de nous.

Croire qu’elle ne s’adresse qu’aux enfants
parce que deux enfants en sont les personnages (humains) principaux
serait (un bien grand) dommage
(ce serait un peu comme : croire que les pâtes ne s’adressent qu’aux italiens …
on y perdrait la connaissance d’un continent entier du goût)


Quatrième page,
Quelques années
– bien surveillées par la tante –
passent
sans une autre alerte

… et puis
à nouveau
sans que ce soit de sa faute


 

« Il n’y avait pas deux semaines qu’il recevait l’enseignement de M. Dumeron, qu’un soir, en revenant de l’école, il s’avisa de monter dans la camionnette de l’hôtel qui stationnait devant la porte. Le commis devait aller faire une course à la ville et il avait laissé la voiture sur le terre-plein. Dès que Gaspard y fut monté par derrière, la camionnette démarra. Il y a une pente très légère devant l’hôtel du Grand Cerf, on s’en aperçut bien en cette occasion. Le commis avait négligé de serrer le frein et insensiblement le véhicule s’était mis en mouvement pour gagner la rue où une brusque déclivité dévale sur la place de l’église. On vit donc bientôt la camionnette …  

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… traverser la place, tandis que Gaspard tout étonné, demeurait assis, les jambes pendantes, à l’arrière. »