Daniel Bourrion – Légende – (19 francs)

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[chez l’indien à moustache]

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Légendes
de Daniel Bourrion
aux éditions Publie.net

« 19 francs* »
[et un croissant]

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         (à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

 


Lecture d’un autre texte de « légendes »


Le livre que Daniel Bourrion a acheté ce jour là chez « Géronimo » était
« L’occupation des sols » de Jean Echenoz

Une présentation, chez Pierre Ménard (site Liminaire)


Géronimo, j’y suis entré la première fois quand ils étaient encore petite librairie à côté de l’université. La boutique faisait le coin, on voyait des bouquins posés partout et même, des qu’on savait déjà qu’on les lirait jamais parce que ça parlait de trucs tellement bizarres qu’on se sentait intimidé – tu parles, fils de routier, tu rentrais pas dans une librairie comme ça, c’était toute une histoire, déjà celle de la ville où était le lycée technique d’avant la fac, qui n’avait de librairie que l’enseigne, il avait fallu attendre d’être en première ou en terminale pour oser y traîner alors celle-là, celle de l’Indien (je l’ai longtemps appelée comme ça, cette maison, Géronimo, je me disais, tu vas pas faire sérieux si tu dis que tu achètes tes bouquins chez un qui s’appelle comme ça, alors je disais rien et moi, dans ma tête, je pensais à l’Indien), c’était pas rien, d’y aller, ça marquait l’entrée dans le monde de l’université, tu vois, dans le monde des gens qui pensent (assez vite, remarque, j’ai compris qu’il y avait aussi dans ce monde beaucoup de frime, de bêcheurs, autant qu’ailleurs sinon plus – l’humain, ça te déçoit quand même souvent, à y bien réfléchir).
Ce jour-là j’avais genre vingt francs en poche (oui, c’était en 1988, c’était encore des francs et là, je sais – miracle de la mémoire qu’on peut lire dans les livres – que c’était deux pièces de dix, tu sais, ces petites rondes et jaunes avec ce graphisme qu’on ne pouvait pas s’empêcher de penser à l’URSS – faudrait pas dire ça, il y aura bien quelque part quelqu’un qui va sursauter et me faire la leçon genre mais non, ça n’a rien à voir, patati patata), j’ai juste dit ça au libraire (c’était pas le moustachu dont le nom m’échappe, mais son collègue qui est allé ensuite ouvrir l’Autre Rive à N* – l’Autre Rive où j’ai découvert bien des années plus tard Régis Jauffret en lecture, jamais lu, j’étais là je sais plus comment… Ah si, je me souviens, c’est Olivier B. qui m’y avait amené mais va savoir pourquoi je ne sais plus vraiment).
Donc j’ai juste dit au libraire pas moustachu mais avec des lunettes rondes et une tellement bonne bouille : « J’ai vingt francs, vous avez un livre pour moi ? »
Il a souri, a farfouillé dans ses rayons, m’a sorti un livre à la couverture blanche, l’a feuilleté rapidement, et puis m’a dit « Celui-là est super, et il est à 19 francs ».
Je l’ai acheté de suite, le livre. J’étais content, j’avais un livre et un franc – sorte de multiplication des pains, sorte de petit miracle. À l’époque, je croyais encore aux miracles, autant en profiter, ça ne durerait pas.
Le livre, c’était L’occupation des sols de Jean Échenoz – je ne connaissais pas ce Jean. Le livre ne faisait que quelques pages, je l’ai lu dans le bus en rentrant chez moi (mon appartement d’alors était à W*). J’ai jamais relu ce bouquin depuis cette période mais je l’ai jamais oublié. Jamais.
Pourquoi je raconte ça ? Peut-être parce qu’il n’y a aucune trace de cette anecdote dans aucun disque dur, à part dans le disque mou que j’ai dans ma tête. Alors…


LES JEÛNEURS – CLOTILDE ESCALLE – 2

Slow²Reading
IL DESIRAIT QUE - letcr1Celle d’un meurtre« 

 


Pour une lecture plus lente

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Extrait de
« Les jeûneurs »

de Clotilde Escalle

aux éditions publie.net

Parcours de lecture

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L’extrait
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Extrait plus long

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J’ai hérité du dentier et de tout le reste dont on voulait se débarrasser. N’étais-je pas le digne représentant de mon père ? Képi militaire, spéculums et bistouris, des photos de lui jeune, comme je ne l’avais jamais connu. J’ai également hérité de sa dernière volonté, il me l’a chuchotée avant le « je t’aime » d’usage. Pour solde de tout compte, pour m’amadouer aussi, évidemment. Il désirait que je retourne sur les lieux fastueux du passé, et que je retrouve, outre la trace d’un amour secret, celle d’un meurtre.

UN SOIR (La débâcle de printemps ) – ANDRÉ DHÔTEL – 03

LES AFFAIRES D'HERITAGE LAISSENT DANS LES VILLAGES DE LONGUES TRACES PATIENTES ET SUSCITENT BIEN DES PEINES

Extrait de la nouvelle « La débâcle de printemps »
de André Dhôtel
(du recueil de Un soir  )

parcours de lecture
LES AFFAIRES D'HERITAGE LAISSENT DANS LES VILLAGES DE LONGUES TRACES PATIENTES ET SUSCITENT BIEN DES PEINES-s

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