DOUZE JEUNES POÈTES – MICHEL VOLKOVITCH – 02

LES PATIENTS-image

 

 

 

 

Michel Volkovitch a traduit aux éditions Publie.net les poèmes de douze auteurs grecs contemporains.

(Marigo Alexopoùlou, Vassìlis Amanatìdis, Dimìtris Angelis, 
Chrìstos Anghelàkos, Yànnis Antiòkhou, Nikòlas Evandinos,
Katerìna Iliopoùlou, Dimìtris Perodaskalàkis, Hàris Psarras,
Vassìlis Roùvalis, Nìkos Stavròpoulos, et Yànnis Stìggas.)

Cet extrait est tiré du premier poème de ce recueil
« Le traitement de la tristesse »
et a été écrit par Marigo Alexopoùlou**

« La clinique d’Antiphon*
était de garde

LES PATIENTS-LETN&B

(Note du recueil : * Antiphon. Sophiste du temps de Périclès, il fonda une sorte de
clinique à Corinthe où il soignait par le « dialogue » les gens qui
souffraient de mélancolie.
Voir aussi ici )

(lire l’extrait en clair)

Emprunt de l’image sur la toile sans parvenir à en trouver l’auteur(e)

 

Le recueil chez Publie.net : Douze Jeunes Poètes 

** L’original non floutée de la photographie est dans le recueil, à la suite des 20 poèmes de Marigo Alexopoùlou , où elle évoque son entrée dans l’écriture.

———

 

 


Brigetoun en dit un peu plus de ces douze auteurs ici :

https://brigetoun.blogspot.com/2011/10/hopital-poetes-grecs-musique-et-une.html

 

Michel Volkovitch chez Publie.net

Son blog

 


LE TRAITEMENT DE LA TRISTESSE
La clinique d’Antiphon*
était de garde.
Les patients souffraient de mélancolie.
Le couloir blanc de l’hôpital
sentait la tristesse.
Le médicament prescrit par les médecins
était le dialogue :
l’âme devait se désengorger
se vider de sa tristesse.
Le temps de la joie : thème
de la conférence d’aujourd’hui.
Cependant ce temps n’arrivait pas.
la fille mélancolique
le visage collé à la vitre
se demandait
pourquoi la nuit tombe,
pourquoi ceci et pas cela,
cette ridicule conformité aux lois.
Elle n’était pas la seule.
D’autres affligés soupiraient.
Ils attendaient Antiphon.
Douze jeunes poètes • • • 13
Antiphon sortit de son bureau.
Il sourit, sachant qu’il allait rester dans l’histoire,
et dit :
« Ne combattez pas la nature.
La nature sait et vous montrera. »

Je viens d’une enfance de blé, de chevaux, une… – Anna Jouy

TU NE SAISIS PLUS-image

Sur son blog des Anna Jouy à déposé
dans sa rubrique  « poèmes« 

« Je viens d’une enfance de blé, de chevaux, une…« 

Extrait … (propice à une lecture lente qui ne brûle pas les mots avant qu’ils aient donné leur pulpe)

TU NE SAISIS PLUS-letcoul

(cliquer sur le texte pour le parcours de lecture)


Le texte entier chez Anna Jouy

 

[Texte qui par sa (dé)construction recrée chez le lecteur (que j’ai été à plusieurs reprises) un climat, une eau, un inconfort paisible, proche de celui dans lequel vit l’enfant (? … a vécu l’enfant qui m’a fait le grand prêt)]

 


Lire ses textes déposés chez les cosaques des frontières de JAN DOETS

Anna Jouy aux éditions Qazaq


 

Je viens d’une enfance de blé, de chevaux, une enfance silencieuse à peine perforée de sabots. Quand je veux te parler, je fouille dans mon tiroir, le manuscrit des murmures.
J’aimerais que tu savoures mes images, un croquet ancien.
Mais tu ne saisis plus cette minceur de la voix, tu ignores ces jours d’abeilles et de larves, tu ne sais pas de quand je parle.
Alors mon poème assis dans le pré, ses chaussettes blanches tricotées de nuages faisant craquer les brindilles. Alors mon poème de résine, d’épines broyées.
Alors mon poème libre et silencieux,

Tu ne le comprends pas, des pas dissipés, un mirage, une langue étrangère.
Je suis un poète mort de sens.

ANH MAT – Chez Jan Doets (Les cosaques des frontières) – Insomnie à Saigon

Anh Mat, « auteur » des nuits échouées écrit ici en tant que « Cosaque des frontières »
(qualité qui lui va comme un gant … en rapport avec le titre de son blog)
Il nous évoque un/son voyage en avion.
Occasion pour dire un rapport à la parole et à l’écrit à mettre lui, en rapport avec le qualificatif d’apatride que l’auteur de « Monsieur M »

A la lecture de ce court extrait on peut voir surgir, tout comme lui, des images connues qui marquent des territoires traversés par l’Histoire. Celle qui s’écrit avec le sang des vaincus (les peuples … tous les peuples) de la plume des vainqueurs (?)


JE NE JETTERAI PAS UN OEIL-image2

JE NE JETTERAI PAS UN OEIL-image3

JE NE JETTERAI PAS UN OEIL-image1

 

(Au-delà de cette évocation, la ville est dense, sombre et lumineuse, comme souvent sous la plume de l’auteur, dans cette …)

 

insomnie à Saigon – Anh Mat

(Site des « Cosaques des Frontières » de Jan Doets)

treize heures de vols à l’envers. C’était prévu ainsi. Pas d’aller sans retour. Je me l’étais promis. Revenir avant que l’été se termine… en pleine saison des pluies.

JE NE JETTERAI PAS UN OEIL-letcoul

je me sens plus que jamais étranger à moi-même et à mon pays. À sa langue. Oui. Je suis ici malade de la parole. Je ne sais plus parler. À force de vivre ailleurs, j’ai fini par devenir un infirme de la « communication ». Même les échanges les plus anodins sont source d’angoisse irrémédiable.

 

Le texte complet ici

 

Monsieur M
Anh Mat
Chez Publie.net

PUBLIE.NET

 

Anh Mat
aux éditions
Qazaq
Cartes Postales de la Chine ancienne

premier et deuxième tome

Small logo Cartes Postale 2


 

La mer qu’on voit danser …

C EST LE PEUPLE DES NOMBREUX-mer

Certains la voient danser
pour leur plaisir
mais
qu’en est-il
du sien ?


La mer

C EST LE PEUPLE DES NOMBREUX-letcol
… en vagues vaines
Mais auquel
de temps à autre
dans un moment de colère
elle arrache un pan
parfois un territoire.

C EST LE PEUPLE DES NOMBREUX-littoral

Ils y puisent le meilleur

C EST LE PEUPLE DES NOMBREUX-poissons
et y rejettent le pire

C EST LE PEUPLE DES NOMBREUX-plastique-nb


Dans Candide, Pangloss prétendait que
« Les malheurs particuliers font le bien général »

En fait c’est exactement le contraire
Le malheur du grand nombre est la source du confort de quelques particuliers.

C’est le réservoir de pauvreté qui permet la richesse de quelques uns.

De même que la mer absorbe, tant bien que mal, nos déchets
et rembourse tant bien que mal nos emprunts
c’est ce réservoir de pauvreté qui joue
le rôle de
l’arrivée d’air dans le climatiseur.
Lequel rejette
l’air devenu déchet

qui ira réchauffer
l’extérieur.


La mer
c’est le peuple
Les nombreux
Masse puissante et
potente
emprisonnée d’un littoral où elle ne cesse de s’abattre
en vagues vaines
Mais auquel
de tps à autre
ds un moment de colère
elle arrache un pan
parfois un territoire

Ils y puisent le meilleur
y rejettent le pire

UN DE BAUMUGNES – Jean Giono – 006

Un livret gratuit
entièrement dédié à l’oeuvre de Jean Giono
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un de baumugnes - image 2 flou

(Présentation … intention … rappel)


Albin
nous fait la relation de
cette rencontre ,
– ce premier toucher à distance –
qui a changé sa vie
l’a traversé d’une lumière qui désormais
l’habite à jamais
malgré les ténèbres et le néant qui lui creuse à présent
tout son être.

Au passage,
Giono évoque la dureté de l’existence
des femmes
de ces temps et de ces pays là.
Dureté dans laquelle
l’homme a sa part de responsabilité.


baumugne-nb


L’attelage s’arrête devant l’épicerie, d’un coup de rêne en première : le patatro, puis, d’un seul coup, les quatre sabots plantés dans la poussière, et, plus de bruit. Une bonne main qui menait, solide et juste. C’était une fille.
Je dis bien : une fille, et pas une femme, parce que, ici, une femme de la campagne, tu les connais comme moi, …

C EST DU BOIS ET DE LA PIERRE - letnb

                                                            … Ça, c’était une fille : deux sauts de pigeon, et la voilà dans la boutique.
Je la voyais de côté : son nez et sa bouche, c’était juste devant la lumière, et c’était net, et c’était beau, j’en ai encore plein la tête.


L’attelage s’arrête devant l’épicerie, d’un coup de rêne en premi-re : le patatro, puis, d’un seul coup, les quatre sabots plantés dans la poussière, et, plus de bruit. Une bonne main qui menait, solide et juste. C’était une fille.
Je dis bien : une fille, et pas une femme, parce que, ici, une femme de la campagne, tu les connais comme moi, c’est du bois et de la pierre ; ça marche comme saint qu’on porte, tout d’une pièce usé que c’est par la terre et par l’homme. , Ça, c’était une fille : deux sauts de pigeon, et la voilà dans la boutique.
Je la voyais de côté : son nez et sa bouche, c’était juste devant la lumière, et c’était net, et c’était beau, j’en ai encore plein la tête.