[Almanach] Philippe Castelneau …

[Un esprit et un corps en ballade avec des souvenirs d’autres lieux,
d’autres sons … d’autres…]

Vendredi 29 mai 2015
Les éditions Publie.net donnaient
de Philippe Castelneau 
« L’appel de Londres »
(gentlemen take polaroids)

                                 […d’autres pluies aussi]     LONDRES OU TOKYO C EST PAREIL-letcr1-exp
                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Lecture du passage par Philippe Castelneau itself

D’autres passages ici


Récemment une version papier qui inclut l’accès au format numérique
a été publiée par le même éditeur.


« La musique de Philip Glass » … »Einstein on the beach »


La photo est un souvenir échoué, balayé par les vents contraires de ma mémoire subjective. Sept ans ont passé, je suis à Londres et je me souviens de Tokyo. Cette photo-là n’a rien à voir, et pourtant. Je ferme les yeux. Einstein on the Beach. La musique de Philip Glass, le rêve se poursuit. La nuit à Londres rappelle la nuit à Tokyo. À Tokyo je sors de l’hôtel, les taxis vert bouteille alignés ont leurs moteurs qui tournent, les chauffeurs aux gants blancs fument en attendant le client, imperturbables. À Londres les taxis sont noirs, ils passent en silence. À Tokyo je marche jusqu’à épuiser la nuit. Je traverse Roppongi, je cours pour rejoindre la tour de Tokyo. En chemin, les vieux qui vont se coucher dans les parcs, les buildings, les lumières, le bruit des pachinkos les néons des combinis la ville de métal et de verre : la nuit à Tokyo, ça n’existe pas, le noir complet n’existe pas, c’est un voile qui tombe sur la cité ; les vieux s’endorment le voile tombe quelque chose se lève qui occupe la ville, quelque chose autre qui vient occuper la nuit. Tout le voyage, mon appareil photo n’a pris que des photos floues, souvenirs imprécis d’un rêve incertain, photos presque effacées, ombres fondues, images vagues d’un songe vaporeux. Dans la nuit le monorail Yurikamome traverse la baie pour rejoindre l’île d’Odaiba. Je suis debout dans le wagon vide au-dessus du Rainbow Bridge, le visage collé à la vitre, la pluie fine, les gouttes glissent sur ma joue de l’autre côté. À Londres il pleut aussi, je marche d’un pas rapide, Londres ou Tokyo, c’est pareil, toujours la nuit je marche. Je cours encore, toujours je cours. Je cours pour me retrouver, mais c’est chaque fois trop tard.

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