15 Octobre 1950 …

… L’hebdomadaire « Radar » (« le tour du monde en 150 images ») consacre un article au sultan du Maroc Mohamed V.

Tous les membres de la famille royale sont évoqués, et notamment, en fin d’article sa fille, la princesse Lalla Aïcha qui pourrait devenir, selon la plume du journal, l’Atatürk (féminin) du Maroc.

(extrait)

La grande fierté de Sidi Mohamed Ben Youssef est sa fille ainée, âgée de 19 ans.
C’est sur elle qu’il se repose pour déclencher le mouvement d’émancipation de la femme musulmane.
Celle-ci a déjà lancé un slogan qui germe peu à peu dans les patios où les femmes rêvent, sans le dire, de sortir sans voile et de n’être plus une esclave.
« La musulmane doit s’instruire et participer à toutes les activité de la vie » a proclamé la princesse Lalla Aïcha.
La jeune fille a reçu une éducation très moderne au lycée. Elle parle couramment l’anglais et le français. Elle conduit sa voiture, s’habille selon le dernier cri de la mode parisienne et se passe de chaperon. Il n’est plus question pour elle, désormais, de se voiler !
Le 12 Mars 1947, jour de l’inauguration d’une école de fillettes musulmanes, la princesse a déclaré :
« Pour qu’aucune fraction du peuple ne soit privée du …

(Pour lire la grille plus facilement, cliquer ici)

… la femme musulmane…« 
C’est la première brèche dans le Coran. Les femmes du Maroc peuvent déjà librement disposer de leurs biens.
Les Françaises n’en sont pas encore là ! Dans quelques années, elles disposeront de leur personne et voteront.

Dans un petit encart, sont évoqués LES PROBLEMES DU NATIONALISME MAROCAIN

Ce court paragraphe est clôt par une déclaration encourageante :

Ces problèmes forment …

(Pour lire la grille plus facilement cliquer ici)

… le président Auriol.

Ceci, quelque temps avant que la France destitue, remplace et exile le sultan Mohamed V., trop favorable au courant prônant l’indépendance de son pays et la suppression du régime du « protectorat« . Exil qui a beaucoup influé sur les projets de sa fille.

30 Septembre 1872 …

dans la « chronique illustrée » Charles Monselet évoque l’automne à ses début et donne une petite histoire … d’automne.
Histoire, réécrite en partie ici, dont on trouvera des passages, et notamment la lettre donnée plus bas, dans son roman « La Franc-maçonnerie des femmes« , roman où ces éléments prennent un sens tout à fait différent.
En effet, l’auteur nous y narre la vengeance d’une chanteuse (rien avoir avec celle qu’évoque Guillaume Erner, dans sa chronique de ce jour, (Sur France Culture) pour nous dire qu’on en parle trop (?)) séduite et abandonnée par un jeune arriviste qui utilise une « police parallèle dirigée par et pour des femmes, pour lancer la toute-puissante société secrète sur les traces de son amant afin d’assouvir sa vengeance.« 

(Extraits de l’article)

(Cette partie n’est pas dans le roman)

Voici l’automne !
Il ne fait plus chaud, et il ne fait pas encore froid. C’est une saison de transition ; elle achève et elle commence. Elle achève de cueillir ses fruits et elle commence à ensemencer ses terres arables.

(Cette partie est dans le roman, modifiée ici pour l’article, les parties modifiées sont en gras italique)
les parties supprimées sont rouge

L’automne est la plus belle saison de Paris, ou du moins celle qui lui sied le mieux. À cette ville toute de frivolité et de luxe aimable, (dans son état normal) il suffit de cette coloration pâle, de ce soleil insouciant qui sert de prétexte aux ombrelles et aux dernières toilettes brillantes.
Le ciel est argent et bleu, livrée délicieuse ; il y a non seulement des feuilles aux arbres des parcs, mais il y a encore par terre, dans toutes les allées, où elles dissimulent la poussière.
C’est le moment où le Bois de Boulogne, où le coteau de Sèvres, où l’île de Bougival font des efforts désespérés pour se maintenir au rang d’oasis et atteignent aux effets les plus prodigieux et les plus splendides. La Seine est unie, et reposée. Dans les forêts, c’est une mêlée générale, une bataille de tons mordorés, jaunes, verts, bleus, écarlates même. La nature déploie toutes les …

(Cliquer ici pour lire la grille plus facilement)

…où l’originalité arrive au secours de la grâce.
Nul temps ne convient mieux aux douces promenades, moitié gaité, moitié sentiment. C’est pourquoi ma Chronique – qui ne s’est point engagée à être un recueil de faits divers – veut essayer de vous raconter ce qu’on pourrait appeler : une « histoire de tous les jours »

Il était une fois, – hier par exemple – deux amoureux de date récente, Valentin et Nancy, qui avaient décidé de profiter d’une de ces journées engageantes pour mettre quelques pouces de champs entre eux et Paris.
Un de ces petits coupés, qui valent les chaises à porteur d’autrefois pour l’élégance et qui leur sont bien supérieurs pour la rapidité, un petit coupé les emporta, dès midi, au-delà d’Auteuil, et ensuite un peu partout, à Meudon, à Saint-Cloud, dans les sentiers de Ville d’Avray.
Quand le site leur paraissait beau, ils descendaient de voiture et continuaient leur route à pied ; Nancy s’appuyait sur le bras de Valentin et marchait en soulevant légèrement sa robe pour qu’elle ne fût pas accrochée par les branches mortes et noires qui gisaient sur le sol  – c’était un plaisir de voir le bout de ses bottines furetant à travers les feuilles sèches.
La conversation ne tombait jamais entre eux ; l’un et l’autre avaient cet âge où la richesse et la vivacité du sang entretiennent une succession d’impressions rapides, heureux âge où la parole fleurit sur les lèvres, amenant avec elle sans effort la bonté, l’esprit, le charme, comme les perles d’une eau limpide. Ils causaient de ce qu’ils voyaient et de ce qu’ils aimaient ; leurs idées semblaient rire, ainsi que leur bouche.
Un tel entretien, emporté par le vent et semblable au vent lui-même, ne peut être rapporté ni traduit ; il ressemble à ces babils insaisissables et coquets qui courent dans les partitions d’opéra-comique. Il n’y a qu’un âge, il n’y a qu’un temps pour de tels duos. Plus tard, on oublie cet idiome amoureux qui pourtant ne s’apprend pas, et l’on est tout surpris de s’apercevoir que les paroles tarissent comme autre chose ; plus tard, on ne sait plus causer avec les femmes, on se contente de les écouter ou simplement de les entendre ; alors, elles nous étonnent plus qu’elles ne nous charment ; nous les regardons en souriant, l’esprit traversé par des idées étrangères…

Nancy n’avait jamais été si jolie, si fraîche. Valentin, de son côté, ne pensait qu’au moment présent, et le moment présent était tout son bonheur. Il lui semblait que la vie humaine n’avait qu’un seul jour, et que ce jour était celui-ci.
Ils dînèrent chez le garde du parc de Marly, car les caprices de leur promenade les avaient amenés jusque-là.

[On peut penser que durant les années écoulées entre le roman et cette chronique qui lui est antérieure, le parc a été quelque peu restauré.]

Il fallait être Valentin et Nancy pour avoir songé à ces pauvres ombrages de Marly où l’on ne trouve ni une statue,

ni un banc de marbre…
La nuit, qui vient vite en automne, les surprit pendant qu’ils étaient encore à table, auprès d’une fenêtre. On apporta des chandelles, on ferma les contrevents. Toute gaieté disparut alors. Avec le soir, le froid se glissa dans cette petite chambre et ralentit les doux propos.

Ils regagnèrent promptement leur coupé, et ils s’y enfermèrent sans plus de phrase. Le cocher reçut l’ordre de conduire grand train. Ce fut comme une déroute.
Une vraie déroute, en effet, la déroute du cœur et de l’esprit. Nancy avait remonté son châle sur ses épaules et enveloppé son cou d’un mouchoir. Elle ne répondait plus que par monosyllabes aux paroles de Valentin, qui tâchait vainement de renouer la conversation. Seulement, du coin de la voiture où sa jolie tête était tournée de trois quarts vers lui, elle ne cessait pas de l’examiner. Il y avait dans la persistance de son regard quelque chose de sournois et même de cruel.
Plusieurs fois aussi, elle consulta la petite montre qu’une chaîne d’or retenait à sa ceinture.
Valentin avait fini par prendre son parti du maussade dénouement de cette belle journée. Il se disait que c’était l’allure habituelle des choses, et il s’y conformait philosophiquement. Par la vitre de la portière, il cherchait à reconnaître le chemin que, quelques heures auparavant, il avait parcouru. Tout était noir et triste. Le vent de novembre prenait sa revanche sur le soleil et secouait rudement ces arbres si confiants, qui avaient pu croire pendant la journée à un armistice ou à un oubli. Le vent les dépouillait sans pitié, tantôt en raillant et en sifflant, tantôt en grondant tout de bon et en s’irritant de leurs résistances.
L’arc de l’Étoile apparut, enveloppé de brumes rougeâtres.
Ils rentrèrent à Paris. Valentin reconduisit Nancy jusque chez elle ; et, comme elle se plaignait de la fatigue, il n’insista pas pour monter à son appartement. En lui souhaitant le bonsoir, il remarqua que ses petits doigts gantés, qu’elle lui avait tendus, tremblaient d’une manière fiévreuse.
— Adieu ! lui dit-il.
— Non pas adieu, dit Valentin, au revoir.
Elle ne répliqua pas. 

Ici disparait un long passage* du roman en rapport direct avec l’intrigue et qui n’a plus de raison d’être dans cette chronique qui se veut une allégorie de l’automne (*que je ne donne pas ici)

La lettre qui suit est une pièce d’anthologie, un morceau de bravoure à la gloire de la subtilité féminine (pas trop mures les tomates SVP (sourire)²).
La lettre correspondante du roman a été considérablement remaniée pour la rendre plus drôle, faisant la partie belle à l’humour décapant de Nancy.

Le lendemain matin, Valentin recevait la lettre que voici
« Mon cher Valentin,

« Quand vous recevrez cette lettre… oh ! rassurez-vous, je ne serai pas morte, mais je ne vous aimerai plus.
Vous avez trop d’esprit pour vous étonner d’un fait si simple, si ordinaire et si prévu.
Bien que le temps me presse et que mon coiffeur attende dans l’antichambre, il faut cependant que je vous dise quelques vérités, mon Cher Valentin.
« Vous ne m’aimez pas, vous ne m’avez jamais aimée, mais pas du tout, croyez-le bien. Je vous ai distrait, je vous ai irrité, rien de plus ; cela a suffi pour que vous vous trompiez vous-même.
Faire souffrir plutôt qu’ennuyer, voilà notre secret à nous autres femmes déclassées. Il me reste tant d’autres secrets que je puis bien vous livrer celui-là !
« Notre rencontre a été une méprise ; il n’y avait aucune sympathie entre nous ; nous sommes trop semblables l’un à l’autre. Vous n’avez pas plus de sensibilité que moi : la douleur peut vous faire crier — pleurer jamais. Vous savez garder en toute occasion la conscience de votre supériorité. Aussi, vous pourrez dans votre vie avoir beaucoup d’amours, mais je vous défie d’avoir jamais l’amour.
« Un homme tel que vous, Valentin, n’est pas fait pour une femme telle que moi ; laissez-moi m’éloigner de votre chemin. Je suis ce qu’on appelle un produit parisien, né, cultivé dans cette grande serre du vice qui s’étend des boulevards au bois de Boulogne. Comment s’est faite mon éducation, je ne m’en souviens plus, ou je frémis quand je m’en souviens ; seulement j’ai tout appris, je sais tout, même un peu d’orthographe.

Comment voulez-vous que je puisse vous aimer,

(cliquer ici pour lire la grille plus facilement)

de l’esprit.
« Mettons que notre liaison a été une expérience, un essai sans réussite ; elle n’en aura pas moins eu, dans sa courte durée, un charme spécial et réel. Nous avons eu trop de bon sens pour ne pas dissimuler tous les deux, et nous devons à cette délicate politique des heures souriantes qui valent peut-être mieux que des heures brûlantes, et des plaisirs qui
ressemblent bien à des bonheurs.
« À qui s’en prendre si notre promenade de Marly a eu son retour, comme elle avait eu son départ ? Est-ce que toutes les affections, tous les caprices, ne sont pas plus ou moins des promenades à Marly ?
« Adieu, mon ami ; vous avez été très gentil pour moi, et votre souvenir me sera toujours agréable. J’aurais désiré ne pas vous quitter sitôt ; mais que voulez-vous ? Si l’inconstance n’existait pas, je l’aurais inventée.
Cherchons ensemble des prétextes, si vous y tenez : votre cheminée fumait, votre concierge manquait d’aménité, vos favoris étaient devenus trop longs.
Ne pensez plus à moi, ce serait du temps mal perdu ; ou, si vous y pensez, imaginez-vous que vous avez reçu cet été la visite d’une hirondelle, et qu’aux approches de l’hiver cette hirondelle s’est envolée.

« Adieu.

« Nancy»

TRAVERSER LES FORETS – Judith Bordas

EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-imageFrance Culture a proposé, le 11 novembre 2018,  dans le cadre de l’émission « Création on air » :
« Traverser les forêts »
Un essai radiophonique de Judith Bordas (« dramaturge et plasticienne qui travaille également en partenariat avec France Culture et la RTBF pour la réalisation de documentaires et essais de création sonore.« ) dans une Réalisation de Annabelle Brouard.

 


[présentation de l’émission]

TRAVERSER LES FORETS est un essai radiophonique qui a pour point de départ les lieux où une femme ne peut se rendre seule. Les lieux par nature interdits. 

Pendant deux ans Judith Bordas a interrogé plusieurs femmes sur la manière dont leur corps existait dans l’espace public, dans l’espace en général, sur la relation qu’elles entretenaient avec la peur et les stratégies et les mécanismes qu’elles mettaient en place pour continuer à aller justement là où elles avaient envie d’aller. 


EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-image2

L’homme et la femme ne traversent pas les forêts  avec la même facilité, le petit chaperon rouge en sait quelque chose.

[Extrait ]

« …EN TANT QUE FEMME J AI APPRIS-LET1

                                     … : il consiste au jeu en pointillés d’une marche alternée rapide et lente la nuit : une sorte de long message codé lancé dans le vide, au dessus des immeubles : j’ai appris notamment à tenir des conversations avec un téléphone éteint, à lever le nez au ciel pour donner l’illusion de chercher le numéro d’une rue, à boiter. À parler une autre langue. Plus absurde encore : j’ai appris à ralentir quand le danger triture mon dos afin de feindre de ne pas avoir peur.
Depuis l’enfance les zones où je suis invisible, où l’on ne peut me voir, me sont interdites, les zones non éclairées, les petits lacs noirs et les diverses ombres portées des immeubles me sont déconseillés, les espaces où l’on ne pourra me venir en aide sont bannis de ma trajectoire : de ma vie je ne traverserai peut-être jamais une forêt toute seule ».  


Deux extraits en vidéo

 


Une émission à réécouter ici « Traverser les forêts »

[L’occasion pour un homme de comprendre en quoi la domination masculine stérilise tout une partie du potentiel créatif de la femme … contrainte chaque fois qu’elle traverse un territoire incertain (et parfois même sa propre demeure peut le devenir) à mobiliser la plus grande partie de son être pour parler cette langue absurde évoquée plus haut.]

UN DE BAUMUGNES – Jean Giono – 006

Un livret gratuit
entièrement dédié à l’oeuvre de Jean Giono
(extraits des nouvelles, romans et pièces de théâtre
à redécouvrir en jeu)
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un de baumugnes - image 2 flou

(Présentation … intention … rappel)


Albin
nous fait la relation de
cette rencontre ,
– ce premier toucher à distance –
qui a changé sa vie
l’a traversé d’une lumière qui désormais
l’habite à jamais
malgré les ténèbres et le néant qui lui creuse à présent
tout son être.

Au passage,
Giono évoque la dureté de l’existence
des femmes
de ces temps et de ces pays là.
Dureté dans laquelle
l’homme a sa part de responsabilité.


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L’attelage s’arrête devant l’épicerie, d’un coup de rêne en première : le patatro, puis, d’un seul coup, les quatre sabots plantés dans la poussière, et, plus de bruit. Une bonne main qui menait, solide et juste. C’était une fille.
Je dis bien : une fille, et pas une femme, parce que, ici, une femme de la campagne, tu les connais comme moi, …

C EST DU BOIS ET DE LA PIERRE - letnb

                                                            … Ça, c’était une fille : deux sauts de pigeon, et la voilà dans la boutique.
Je la voyais de côté : son nez et sa bouche, c’était juste devant la lumière, et c’était net, et c’était beau, j’en ai encore plein la tête.


L’attelage s’arrête devant l’épicerie, d’un coup de rêne en premi-re : le patatro, puis, d’un seul coup, les quatre sabots plantés dans la poussière, et, plus de bruit. Une bonne main qui menait, solide et juste. C’était une fille.
Je dis bien : une fille, et pas une femme, parce que, ici, une femme de la campagne, tu les connais comme moi, c’est du bois et de la pierre ; ça marche comme saint qu’on porte, tout d’une pièce usé que c’est par la terre et par l’homme. , Ça, c’était une fille : deux sauts de pigeon, et la voilà dans la boutique.
Je la voyais de côté : son nez et sa bouche, c’était juste devant la lumière, et c’était net, et c’était beau, j’en ai encore plein la tête.

Ce serait – Brigitte Celerier

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*

[… ce bandit de grand chemin
qui pourtant
savait …]

*

*


Brigitte Celerier
a publié chez Jan Doets
aux éditions Qazaq
« Ce serait … »
(extrait de « Ce serait … Notre Dame« 

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(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)


Les lieux où
Brigitte Celerier choisit, évoque et lit, en voix, d’autres textes, d’autres auteurs : BRIGETOUN

Ses écrits, ses ciels, son Avignon et le monde qui habite autour :
PAUMÉE 


Ce serait … l’hiver
Ce serait au Musée d’Orsay une rencontre amicale.
 
Elle serait descendue de la porte de l’Enfer, elle se serait assise, repliée, se contemplant, et comme Rodin lui aurait donné le nom de Belle heaulmière elle se chantonnerait doucement, en désolé murmure intérieur 
 
Quand je me regarde toute nue
Et je me voy si très-changée
Pôvre, seiche, mègre, menue
Je suis presque toute enragée… parce que François Villon le mauvais garçon sait comme nulle autre prendre voix d’humble femme. 
 
Mais en fait, non, ce ne serait pas là la belle heaulmière, la sombre pensée de bronze, mais l’hiver le marbre taillé par Victor Peter à sa ressemblance. 
 
Passée de l’ombre de la déchéance remâchée à la plainte lumineuse de la neige, ou du squelette qui attend, s’annonce sous les baroques draperies, les lambeaux de chair distendue dans l’âge et l’absence,
ce squelette qui reste là, qui dit qu’elle fût belle, qui le demeure
et au dessus de l’ovale décharné du visage, le crâne est doucement, tendrement, arrondi
et le cou est long, et les clavicules saillantes se relient doucement aux bras fins qui se souviennent de leur tendre modelé
et sous les seins et le ventre mous, se dessinent les belles proportions d’un corps souple que l’un de ses amants disait de liane, pauvre gars devenu par sa grâce poète sans originalité, à l’impossible nul n’est tenu,
et les longues cuisses, et les tibias, les grands pieds minces se souviennent de sa marche triomphale, traversant un pré, un matin d’été, sous le regard de son ami.
Et je ne sais si elle se lamente avec la véhémence de la belle heaulmière, ou si elle se souvient en douce nostalgie.

[Almanach] Matthieu Hervé …

[Des traces de vie suivies en des lieux dispersés,
comme les touches d’un clavier
dont le narrateur jouerait . ]

Vendredi 30 mai 2014
Les éditions Publie.net donnaient
de Mattieu Hervé
« Monkey’s Requiem »
(Le peintre exclusif)

IL RÉPÈTE SOUVENT FAIRE DE LA PEINTURE -letcr1-exp                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Proposition de lecture :

 


Récemment une version papier qui inclut l’accès au format numérique
a été publiée par le même éditeur … c’est  ici


Parfois, pris d’absinthe et de mélancolie, il évoque une femme, Augustina, tenancière d’un bar, qui lui a permis d’y organiser une exposition d’estampes japonaises. Elle est modèle pour bon nombre de ses amis, et sans doute un peu pute. Il l’a aimée, beaucoup, même s’il répète souvent, faire de la peinture et aimer les femmes, voilà qui est incompatible, c’est emmerdant, et il l’a peinte, en robe et pensive, nue et lascive. Une relation désastreuse terminée quelques mois avant son départ de Paris.

[Almanach] Rolland Garros 1931 …

[A l’époque ce fut un véritable événement
scandaleux pour les uns
libérateur pour beaucoup d’autres.]

Mercredi 27 mai 1931
Mademoiselle Elia María González-Álvarez
(il n’est pas interdit de reprendre ici sa respiration)
y López-Chicheri,
comtesse de la Valdène
plus connue sous le diminutif  de Lili de Alvarez
fait sensation

27-05-1931-POUR LA PREMIÈRE -letcr1-exp

                                                                       

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le passage en son entier


Précisions sur la tenue  (si le lien n’existe plus merci de me le signaler)
Précisions sur une femme qui sort de l’ordinaire


 

MARTINE CROS – Autoportrait à l’aimée – 3

Publié en numérique
aux éditions Qazaq 
(Isba des cosaques des frontières)
dans ce qui est à présent une « collection » poésie
« Autoportrait à l’aimée de Martine Cros »

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq (Jan Doets)  ici


Un extrait de ce qu’en dit Sabine Huynh en ses pages

« Ce premier recueil de Martine Cros est tout à fait précieux, voire sublime. En trois actes d’un opéra passionnel et métaphysique, il offre, dans une écriture douce et fluide ponctuée de frissons et de convulsions, l’autoportrait qu’une femme abandonnée offre à son aimée. »
(voir ici l’article complet)

III - PLIE MOI DANS TON VENTRE - letcr1-exp

Extrait du recueil de poésie
« Autoportrait de l’aimée»
de Martine Cros

————

parcours de lecture
(à retourner en cliquant)

III - PLIE MOI DANS TON VENTRE - sr

En clair
(à cliquer)

III - PLIE MOI DANS TON VENTRE - txt0r

 Le poème en son entier

 III - PLIE MOI DANS TON VENTRE - txt1r

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les TAGS
donnent certains mots de la grille.

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Pour agrandir une image cliquer dessus


Plie moi dans ton ventre creux
Si friand de brebis égarées
Régale toi de mes semelles de femme
Je m’offre à toi comme une fin de vie
Je m’offre ouverte où le chemin t’étrangle 
Suspends ton vol arrime tes regrets
Une dernière femme par derrière la haie
A basculer les mots et les sons et la mort
Pourfends-moi de tes lèvres qui viennent sècher
Aux jugements derniers
Je veux ton ventre sur l’autel    
Trêve !
Ta nef où brûlent les chandeliers
Fous de brûler pour rien ou
Rien que pour moi qui
Suis le rien        Je veux

EN TAXI DANS JÉRUSALEM – SABINE HUYNH – ANNE COLLONGUES – 5

[Pour une preuve statistique de ce qu’il affirme à sa cliente,
l’auteur,
le chauffeur de taxi cherche à montrer dans la rue, des femmes
mais …]

UN JOUR SANS FEMMES PAS DE CHANCE - letcr1-exp



(Plus facile, avec les liens d’un mot à l’autre
à cliquer)

UN JOUR SANS FEMMES PAS DE CHANCE - letc1-sr

Extrait de « En taxi dans Jérusalem »

de Sabine Huynh

(« Les femmes »)

 ——-

parcours de lecture

UN JOUR SANS FEMMES PAS DE CHANCE - sr

L’extrait

UN JOUR SANS FEMMES PAS DE CHANCE - txt0r

 (à cliquer)



Une présentation du livre de Sabine Huynh & Anne Collongues sur publie.net

Un entretien avec Sabine Huynh sur Radio Kol Israel
L’auteure y évoque la réactivité de l’édition numérique en général et de Publie.net en particulier. Elle y donne également des touches de couleur d’ « en taxi dans Jérusalem » … toutes les surprises, plus ou moins agréables, qu’une femme peut avoir en empruntant ce mode de transport dans la cité Israélienne.

Presque dire : son site

—-
Anne & cdote : le livre est vendu en version papier sur ebay au double du prix de vente actuel chez l’éditeur.

—-


Les TAGS
donnent des mots de la grille.

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Pour agrandir cliquer


Merci de signaler une erreur 


— Si, je vous assure. Regardez-vous, vous n’avez aucune ride, la peau d’un bébé ! Prenez une femme israélienne de trente-deux ans, elle est déjà toute ridée et en plus elle est grosse !
— Mais comment pouvez-vous dire une chose pareille ?
— Regardez autour de vous ! Allez, on va regarder les femmes israéliennes dans la rue.
— Non !, protesté-je.
— Si ! Regardez, celle-là par exemple. »
Deux femmes passent. Je n’ai que le temps d’apercevoir la plus âgée.
« Mais elle a bien plus de cinquante ans !, m’exclamé-je.
— Mais non, elle en a à peine vingt et elle a déjà le ventre qui sort, elle est déjà grosse ! Bon, on va en prendre d’autres. Bon, alors, mais elles sont passées où, les femmes ? Qu’est-ce qui se passe soudain ? Il n’y a plus de femmes dans la rue ? On est mal tombés, aujourd’hui ça a l’air d’être un jour où les femmes ne descendent pas dans la rue ! Un jour sans femmes ! Pas de chance ! Il faut qu’on se revoie un autre jour, alors ! Mais croyez-moi, la femme israélienne vieillit mal ! Après son premier enfant, elle reste grosse toute sa vie, conclut-il.

POUR RIRE -13- (Pierre Doris)

Une nouvelle grille
pour rire
chaque heure aujourd’hui


Grille de 19h00


Pour distraire la veillée de Noël
à jouer entre deux plats
notamment ceux qui ont internet sur la télé.
La première lettre de chaque mot est
mise en couleur et en italique.
Chaque mot est entouré d’une limite.
La phrase à déchiffrer est composée de mots qui se suivent.

Pierre Doris donne la recette
de l’éternelle jeunesse.

MA FEMME EST TELLEMENT PARESSEUSE - letc1


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(cliquer)

MA FEMME EST TELLEMENT PARESSEUSE - sr


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MA FEMME EST TELLEMENT PARESSEUSE - txt0r


Tim a lu toutes les épitaphes du cimetière. Il se tourne alors vers son père et lui dit : « mais alors on les mets où les méchants. »