
Sans titre – Sans titre – Sans titre – Sans

La collection « Rayon Fantastique » des éditions Hachette et Gallimard, a publié pendant
treize ans les plus grands noms de la science fiction de l’après guerre.
Dans « La rive incertaine » (1962), comme dans « Les plus qu’humains » la science fiction n’est pas outillée d’une technologie omniprésente. On est ici davantage dans un climat d’angoisse proche par certain côté de celui des romans de Lovecraft.
L’écriture est d’une qualité comparable à celle de Théodore Sturgeon et démarque l’oeuvre de celle des auteurs de SF qui, dans les années 60/80, publiaient un volume par mois.
Particularité du roman : il s’adresse à un lecteur particulier … peut-être vous ?
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William Sloane a également vu publier dans la même collection un roman de la même veine « Lutte avec la nuit »
Comme la série précédente, celle-ci propose, (sur cette même page),
une quinzaine de grille de jeu
dans les deux versions extrêmes.
Puis un livret proposant l’ensemble au format pdf. (voir en fin de page)
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Rayon Fantastique – La rive incertaine – 17-01-2020 – facile
Rayon Fantastique – La rive incertaine – 17-01-2020 – difficile
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La collection « Rayon Fantastique » des éditions Hachette et Gallimard, a publié pendant treize ans les plus grands noms de la science fiction de l’après guerre.
Avec « Double étoile » (1956) on retrouve une Science Fiction plus peuplée d’ « astro-navigateurs ». On dira plutôt dans le monde scientifique astronautes ou spationautes. (Cette distinction révèle beaucoup des buts de ceux qui la font.)
La technologie est beaucoup plus présente que dans le roman présenté précédemment, où seule était invoqué un générateur d’antigravitation.
L’époque où se déroule l’action est également plus avancée, puisque l’homme y a déjà commencé la conquête* de l’Espace.
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*Qui désigne alors les espaces au-delà de la Terre.
Robert Heinlein est aussi l’auteur de l’incontournable « Starship Troopers » adapté au cinéma et qui célèbre l’engagement militaire » indispensable à toute démocratie ».
Comme la série précédente, celle-ci proposera, à terme (sur cette même page),
une quinzaine de grille de jeu
dans les deux versions extrêmes.
Puis un livret proposant l’ensemble au format pdf. (voir en fin de page)

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La collection « Rayon Fantastique » des éditions Hachette et Gallimard, a publié pendant treize ans les plus grands noms de la science fiction de l’après guerre.
« Les plus qu’humains » (1957) a une place particulière du fait d’une absence quasi totale de la haute technologie dans cette histoire émouvante de personnages hors normes, qui pour cette raison ne trouvent pas de place dans la société des humains.
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L’Idiot habitait un univers noir et gris que déchiraient parfois l’éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vêtements
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Le thème et même, pour une part, l’écriture, ont une certaine proximité avec une des oeuvres majeures de la SF : « La rose » de Charles L. Harness.
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Lewis Mumford a, en général, toujours donné une nouvelle préface aux rééditions de ses oeuvres.
Malheureusement, il ne pourra le faire pour celle-ci. Il aurait assurément donné un éclairage actuel à cet essai en rapport avec les dernières « évolutions » de l’humain en rapport avec le progrès technique. Thème qui est précisément le sujet de ce premier tome « Technique et développement humain » qui concerne la période allant de la préhistoire … de l’homme jusqu’à l’époque médiévale.
Je donnerai donc un extrait de la note de l’éditeur qui comporte en ses tout derniers mots une citation de l’auteur.
Le deuxième type d’utopie peut aussi être influencé par des désirs et souhaits primitifs ; mais ces désirs et souhaits ont appris à compter avec le monde dans lequel ils cherchent à se réaliser. Comme son nom l’indique, l’utopie de reconstruction est une représentation d’un environnement reconstitué, mieux adapté à la nature et aux buts des êtres humains qui l’habitent ; et non seulement mieux adapté à leur vraie nature, mais plus propre à les accompagner dans leur évolution. […] J’y ajoute une somme d’habitudes et une échelle de valeur neuves, un réseau d’institutions et de relations différent, et, peut-être – car toutes les utopies insistent sur l’importance de l’éducation – une transformation des caractères physiques et mentaux de la population choisie, grâce à l’éducation, la sélection biologique, etc. L’environnement reconstruit que cherchent à définir les véritables utopistes est à la fois une reconstruction du monde physique et du monde des idées. […] La recherche d’un idéal, d’un but, d’une finalité […] est fondamentale chez les utopistes. […] C’est sur ce point que l’utopie de reconstruction prouve sa supériorité. Elle ne se contente pas de dépeindre un monde complet car elle a le souci d’examiner simultanément tous les éléments qui le composent. Il est impossible d’étudier les utopies classiques sans voir leurs faiblesses et leurs propositions parfois dérangeantes. Mais pour le moment, il importe de découvrir leurs qualités.

André Gorz lie totalement le mode de production et donc de consommation de l’homme à la question de la sauvegarde de son environnement.
Écologica pages 1415 (2005)
Mon point de départ a été un article paru dans un hebdomadaire américain vers 1954. Il expliquait que la valorisation des capacités de production américaines exigeait que la consommation croisse de 50% au moins dans les huit années à venir, mais que les gens
étaient bien incapables de définir de quoi seraient faits leur 50% de consommation supplémentaire. Il appartenait aux experts en publicité et en marketing de susciter des besoins, des désirs, des fantasmes nouveaux chez les consommateurs, de charger les
marchandises même les plus triviales de symboles qui en augmenteraient la demande. Le capitalisme avait besoin que les gens aient de plus grands besoins. Bien mieux : il devait pouvoir façonner et développer ces besoins de la façon la plus rentable pour lui,
en incorporant un maximum de superflu dans le nécessaire, en accélérant l’obsolescence des produits, en réduisant leur durabilité, en obligeant les plus petits besoins à se satisfaire par la plus grande consommation possible, en éliminant les consommations et
services collectifs (trams et trains par exemple) pour leur substituer des consommations individuelles. Il faut que la consommation soit individualisée et privée pour pouvoir être soumise aux intérêts du capital.
En partant de la critique du capitalisme, on arrive donc immanquablement à l’écologie politique qui, avec son indispensable théorie critique des besoins, conduit en retour à approfondir et radicaliser encore la critique du capitalisme. Je ne dirais donc pas qu’il y a une morale de l’écologie, mais plutôt que l’exigence éthique d’émancipation du sujet implique la critique théorique et pratique du capitalisme, de laquelle l’écologie politique est une dimension essentielle. Si l’on part en revanche de l’impératif écologique, on peut aussi bien arriver à un anticapitalisme radical qu’à un pétainisme vert, à un écofascisme ou à un communautarisme naturaliste. L’écologie n’a toute sa charge critique et éthique que si les dévastations de la Terre, la destruction
des bases naturelles de la vie sont comprises comme les conséquences d’un mode de production ; et que ce mode de production exige la maximisation des rendements et recourt à des techniques qui violent les équilibres biologiques. Je tiens donc que la
critique des techniques dans lesquelles la domination sur les hommes et sur la nature s’incarne est une des dimensions essentielles d’une éthique de la libération.
A la poursuite pacifique de la panthère des neiges, en compagnon de Vincent Munier, lors des nombreux moments de guet immobile dans un froid (-20°C) qui ralentit suffisamment la pensée pour y geler ce qui la parasite, Sylvain Tesson se donne le temps de questionner l’humain et en particulier celui qu’il est lui-même.

(La photographie est de Vincent Munier)

Bien avant l’écriture de Pinocchio, Collodi a participé à la production de livres scolaires (et notamment un ouvrage du genre de notre « tour de France de deux enfants ».
Ce ton de pédagogue (qui n’est pas naturel chez lui) on le retrouve dans ce chapitre où le criquet (centenaire) parlant fait la leçon à la marionnette vivante.
Où la sagesse du grand âge rencontre la rude opposition de la jeunesse qui ne veut surtout rien savoir de la vie, avant d’y avoir goûter.

La leçon de morale du vieux grillon est très convenue. Collodi semble forcer le ton comme s’il voulait révolter aussi son jeune lecteur.
Vi dirò dunque, ragazzi, che mentre il povero Geppetto era condotto senza sua colpa in prigione, quel monello di Pinocchio, rimasto libero dalle grinfie del carabiniere, se la dava a gambe giù attraverso ai campi, per far più presto a tornarsene a casa; e nella gran furia del correre saltava greppi altissimi, siepi di pruni e fossi pieni d’acqua, tale e quale come avrebbe potuto fare un capretto o un leprottino inseguito dai cacciatori.
Giunto dinanzi a casa, trovò l’uscio di strada socchiuso. Lo spinse, entrò dentro, e appena ebbe messo tanto di paletto, si gettò a sedere per terra, lasciando andare un gran sospirone di contentezza.
Ma quella contentezza durò poco, perchè sentì nella stanza qualcuno che fece:
— Crì-crì-crì!
— Chi è che mi chiama? — disse Pinocchio tutto impaurito.
— Sono io! —
Pinocchio si voltò, e vide un grosso grillo che saliva lentamente su su per il muro.
— Dimmi, Grillo, e tu chi sei?
— Io sono il Grillo-parlante, e abito in questa stanza da più di cent’anni.
— Oggi però questa stanza è mia, — disse il burattino — e se vuoi farmi un vero piacere, vattene subito, senza nemmeno voltarti indietro.
— Io non me ne anderò di qui, — rispose il Grillo — se prima non ti avrò detto una gran verità.
— Dimmela, e spicciati.
— Guai a quei ragazzi che si ribellano ai loro genitori, e che abbandonano capricciosamente la casa paterna. Non avranno mai bene in questo mondo; e prima o poi dovranno pentirsene amaramente.
— Canta pure, Grillo mio, come ti pare e piace: ma io so che domani, all’alba, voglio andarmene di qui, perchè se rimango qui, avverrà a me quel che avviene a tutti gli altri ragazzi, vale a dire mi manderanno a scuola, e per amore o per forza mi toccherà a studiare; e io, a dirtela in confidenza, di studiare non ho punta voglia e mi diverto più a correre dietro alle farfalle e a salire su per gli alberi a prendere gli uccellini di nido.
— Povero grullerello!… Ma non sai che, facendo così, diventerai da grande un bellissimo somaro, e che tutti si piglieranno gioco di te?
— Chetati, grillaccio del mal’augurio! — gridò Pinocchio.
Ma il grillo, che era paziente e filosofo, invece di aversi a male di questa impertinenza, continuò con lo stesso tono di voce:
— E se non ti garba di andare a scuola, perchè non impari almeno un mestiere tanto da guadagnarti onestamente un pezzo di pane?
— Vuoi che te lo dica? — replicò Pinocchio, che cominciava a perdere la pazienza. — Fra i mestieri del mondo non ce n’è che uno solo, che veramente mi vada a genio.
— E questo mestiere sarebbe?
— Quello di mangiare, bere, dormire, divertirmi, e fare dalla mattina alla sera la vita del vagabondo.
— Per tua regola — disse il Grillo-parlante con la sua solita calma — tutti quelli che fanno codesto mestiere, finiscono quasi sempre allo spedale o in prigione.
— Bada, grillaccio del mal’augurio!… se mi monta la bizza, guai a te! —
— Povero Pinocchio: mi fai proprio compassione!…
— Perchè ti faccio compassione?
— Perchè sei un burattino e, quel che è peggio, perchè hai la testa di legno. —

A queste ultime parole, Pinocchio saltò su tutt’infuriato, e preso di sul banco un martello di legno, lo scagliò contro il Grillo-parlante.
Forse non credeva nemmeno di colpirlo; ma disgraziatamente lo colse per l’appunto nel capo, tanto che il povero Grillo ebbe appena il fiato di fare crì-crì-crì, e poi rimase lì stecchito e appiccicato alla parete.
Voilà donc la suite, les enfants. Alors que le pauvre Geppetto était conduit sans raison en prison, ce polisson de Pinocchio, sorti des griffes du carabinier, descendit à toutes jambes à travers champs pour rentrer plus vite à la maison. Dans sa course folle, il gravissait les plus hauts talus, sautait par dessus des haies de ronces et franchissait des fossés pleins d’eau, exactement comme un chevreau ou un jeune lièvre poursuivi par des chasseurs. Arrivé devant la maison, il trouva la porte fermée. Il lui donna une bourrade, entra, tira tous les verrous et s’affala par terre en poussant un grand soupir de satisfaction.
Mais la satisfaction dura peu car il entendit, quelque part dans la pièce, quelqu’un qui faisait :
– Cri-cri-cri !
– Qui donc m’appelle ? – demanda Pinocchio, apeuré.
– C’est moi !
Il se retourna et vit un énorme Grillon qui grimpait lentement sur le mur.
– Dis-moi, Grillon, qui es-tu ?
– Je suis le Grillon-qui-parle, et je vis dans cette pièce depuis plus de cent ans.
– Ouais, mais maintenant c’est ma maison à moi – dit la marionnette – et si tu veux vraiment me faire plaisir, va-t-en tout de suite et ne reviens pas.
– Je ne partirai d’ici – répondit le Grillon – qu’après t’avoir dit une vérité essentielle.
– Bon, alors grouille-toi de me la dire.
– Malheur aux enfants qui se révoltent contre leurs parents et abandonnent par caprice la maison paternelle ! Jamais ils ne trouveront le bien en ce monde et, tôt ou tard, ils s’en repentiront amèrement.
– Cause toujours, mon Grillon, tant qu’il te plaira : moi je sais que demain, à l’aube, je partirai d’ici car si je reste, il m’arrivera ce qui arrive à tous les enfants. C’est à dire qu’ils m’enverront à l’école et, que cela me plaise ou non, on m’obligera à étudier. Or moi, je te le dis en confidence, étudier ne me va pas du tout. Cela m’amuse beaucoup plus de courir derrière les papillons et de grimper dans les arbres pour dénicher les oiseaux.
– Pauvre petit sot ! Tu ne sais donc pas qu’en agissant ainsi tu deviendras le plus beau des ânes et que tout le monde se paiera ta tête ?
– Oh ! La barbe Grillon de malheur ! – cria Pinocchio.
Mais le Grillon, qui était patient et philosophe, au lieu de prendre mal cette impertinence, continua sur le même ton :
– S’il ne te plait pas d’aller à l’école, tu pourrais au moins apprendre un métier, de façon à pouvoir gagner ta vie honnêtement.
– Tu veux que je te dise ? – répliqua Pinocchio, qui commençait à s’énerver – Parmi tous les métiers du monde, un seul me conviendrait parfaitement.
– Et ce métier serait ?…
– Celui qui consiste à manger, boire, dormir, m’amuser et me balader du matin au soir.
– Pour ta gouverne – lui répondit le Grillon-qui-parle avec son calme habituel – je te signale que ceux qui pratiquèrent un tel métier ont tous fini leurs jours à l’hospice ou en prison.
– Cela suffit, Grillon de malheur !… Si la colère me prend, gare à toi !
– Pauvre Pinocchio ! Tu me fais pitié !…
– Et pourquoi, Grillon ?
– Parce que tu es une marionnette et, ce qui est terrible, que tu as donc la tête dure comme du bois.

Rendu absolument furieux par ces dernières paroles, Pinocchio se leva d’un bond, s’empara d’un marteau sur l’établi et le lança à toute volée vers le Grillon-qui-parle. Peut-être crut-il qu’il ne le toucherait même pas.
Malheureusement, il le frappa en plein sur la tête, si bien que le pauvre Grillon, après avoir fait une dernière fois cri-cri-cri, resta collé au mur, raide mort.
De la colère, mais pas vraiment de la méchanceté dans ce pantin révolté. L’auteur précise cette (possible) absence d’intention de tuer chez Pinocchio.
Dans l’adaptation de Walt Disney le grillon, surnommé Jiminy Cricket, est omniprésent.
Il est ce personnage que l’on retrouve dans la plupart des dessins animés et qui, par son aspect et comportement souvent comique atténue le côté dramatique de l’histoire.
Beaucoup sont ceux qui considèrent que cette présence dénature beaucoup le conte de Carlo Collodi, dont l’intention était bien autre que de distraire ses jeunes lecteurs … et leurs parents.

Qui a lu « Le Golem » de Gustave Meyrink trouvera, en ce chapitre, des similitudes entre la marionnette (Pinocchio) qui échappe à son maître et la créature du Maharal de Prague (Le Golem) que son créateur a eut tant de mal à maîtriser.
Il y a du maléfique, de la mauvaise magie, dans les premiers chapitre de ce conte, ceux de la première mouture. Diablerie que Collodi a adouci grandement lorsque, à la demande de ses lecteurs et de son éditeur, il a ressuscité le pantin et écrit une suite beaucoup moins radicalement noire.
Où l’on voit une créature avoir bien peu de reconnaissance pour son créateur.

À sa « naissance » sous le ciseau à bois du pauvre Geppetto, Pinocchio est un personnage brut, animal, tout en pulsion de vie, de fuite. Il échappe à tout contrôle de son « père » et se fait attraper déjà cette première fois par son nez (et par la suite, par ses mensonges.)
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* La description de la pauvreté chez dans la demeure de Geppetto est à la fois terrible et teintée d’humour. Le vieil homme vit dans un intérieur douillet et ne manque de rien … en apparence.
La casa di Geppetto era una stanzina terrena, che pigliava luce da un sottoscala. La mobilia non poteva esser più semplice: una seggiola cattiva, un letto poco buono e un tavolino tutto rovinato. Nella parete di fondo si vedeva un caminetto col fuoco acceso; ma il fuoco era dipinto, e accanto al fuoco c’era dipinta una pentola che bolliva allegramente e mandava fuori una nuvola di fumo, che pareva fumo davvero.
Appena entrato in casa, Geppetto prese subito gli arnesi e si pose a intagliare e a fabbricare il suo burattino.
— Che nome gli metterò? — disse fra sè e sè. — Lo voglio chiamar Pinocchio. Questo nome gli porterà fortuna. Ho conosciuto una famiglia intera di Pinocchi: Pinocchio il padre, Pinocchia la madre e Pinocchi i ragazzi, e tutti se la passavano bene. Il più ricco di loro chiedeva l’elemosina.

Quando ebbe trovato il nome al suo burattino, allora cominciò a lavorare a buono, e gli fece subito i capelli, poi la fronte, poi gli occhi.
Fatti gli occhi, figuratevi la sua maraviglia quando si accòrse che gli occhi si movevano e che lo guardavano fisso fisso.
Più lo ritagliava e lo scorciva, e più quel naso impertinente diventava lungo.
Geppetto vedendosi guardare da quei due occhi di legno, se n’ebbe quasi per male, e disse con accento risentito:
— Occhiacci di legno, perchè mi guardate? —
Nessuno rispose.
Allora, dopo gli occhi gli fece il naso; ma il naso, appena fatto, cominciò a crescere: e cresci, cresci, cresci, diventò in pochi minuti un nasone che non finiva mai.
Il povero Geppetto si affaticava a ritagliarlo; ma più lo ritagliava e lo scorciva, e più quel naso impertinente diventava lungo.
Dopo il naso gli fece la bocca.
La bocca non era ancora finita di fare, che cominciò subito a ridere e a canzonarlo.
— Smetti di ridere! — disse Geppetto impermalito; ma fu come dire al muro.
— Smetti di ridere, ti ripeto! — urlò con voce minacciosa.
Allora la bocca smesse di ridere, ma cacciò fuori tutta la lingua.
Geppetto, per non guastare i fatti suoi, finse di non avvedersene, e continuò a lavorare. Dopo la bocca gli fece il mento, poi il collo, poi le spalle, lo stomaco, le braccia e le mani.
Appena finite le mani, Geppetto sentì portarsi via la parrucca dal capo. Si voltò in su, e che cosa vide? Vide la sua parrucca gialla in mano del burattino.

— Pinocchio!… rendimi subito la mia parrucca! —
E Pinocchio, invece di rendergli la parrucca, se la messe in capo per sè, rimanendovi sotto mezzo affogato.
A quel garbo insolente e derisorio, Geppetto si fece tristo e melanconico, come non era stato mai in vita sua: e voltandosi verso Pinocchio, gli disse:
— Birba d’un figliuolo! Non sei ancora finito di fare, e già cominci a mancar di rispetto a tuo padre! Male, ragazzo mio, male! —
E Pinocchio, invece di rendergli la parrucca, se la messe in capo per sè….
E si rasciugò una lacrima.
Restavano sempre da fare le gambe e i piedi.
Quando Geppetto ebbe finito di fargli i piedi, sentì arrivarsi un calcio sulla punta del naso.
— Me lo merito — disse allora fra sè. — Dovevo pensarci prima! Ormai è tardi! —
Poi prese il burattino sotto le braccia e lo posò in terra, sul pavimento della stanza, per farlo camminare.
Pinocchio aveva le gambe aggranchite e non sapeva muoversi, e Geppetto lo conduceva per la mano per insegnargli a mettere un passo dietro l’altro.
— Piglialo! piglialo! — urlava Geppetto.
Quando le gambe gli si furono sgranchite, Pinocchio cominciò a camminare da sè e a correre per la stanza; finchè, infilata la porta di casa, saltò nella strada e si dètte a scappare.

E il povero Geppetto a corrergli dietro senza poterlo raggiungere, perchè quel birichino di Pinocchio andava a salti come una lepre, e battendo i suoi piedi di legno sul lastrico della strada, faceva un fracasso come venti paia di zoccoli da contadini.
— Piglialo! piglialo! — urlava Geppetto; ma la gente che era per la via, vedendo questo burattino di legno, che correva come un barbero, si fermava incantata a guardarlo, e rideva, rideva e rideva, da non poterselo figurare.
Alla fine, e per buona fortuna, capitò un carabiniere il quale, sentendo tutto quello schiamazzo, e credendo si trattasse di un puledro che avesse levata la mano al padrone, si piantò coraggiosamente a gambe larghe in mezzo alla strada, con l’animo risoluto di fermarlo e di impedire il caso di maggiori disgrazie.
Ma Pinocchio, quando si avvide da lontano del carabiniere, che barricava tutta la strada, s’ingegnò di passargli, per sorpresa, framezzo alle gambe, e invece fece fiasco.
Il carabiniere, senza punto smuoversi lo acciuffò pulitamente per il naso (era un nasone spropositato, che pareva fatto apposta per essere acchiappato dai carabinieri) e lo riconsegnò nelle proprie mani di Geppetto; il quale, a titolo di correzione, voleva dargli subito una buona tiratina d’orecchi. Ma figuratevi come rimase, quando nel cercargli gli orecchi non gli riuscì di poterli trovare: e sapete perchè? perchè, nella furia di scolpirlo, si era dimenticato di farglieli.
La maison de Geppetto se réduisait à une petite pièce en rez-de-chaussée qu’éclairait une soupente. Le mobilier était des plus rudimentaires : un siège bancal, un mauvais lit et une table complètement délabrée. Au fond de la pièce brûlait un feu dans une petite cheminée. Mais ce feu était peint sur le mur, en trompe-l’œil. Une casserole, peinte elle aussi, bouillait joyeusement près du feu envoyant un nuage de vapeur qui semblait être de la vraie vapeur.
Arrivé chez lui, Geppetto prit sans attendre ses outils et se mit à tailler le morceau de bois afin de confectionner sa marionnette.
– Quel nom lui donner ? – se demanda-t-il – Je l’appellerai bien Pinocchio. Ce nom lui portera bonheur. J’ai connu une famille entière de Pinocchio. Le père, la mère, les enfants, tous se la coulaient douce. Et le plus aisé d’entre eux se contentait de mendier.
Ayant trouvé le nom de sa marionnette, il se mit à travailler sérieusement. Il commença par sculpter la chevelure, puis le front et les yeux.
Les yeux terminés, imaginez son étonnement quand il s’aperçut qu’ils bougeaient et le regardaient avec impudence.
Ces deux yeux qui le fixaient énervèrent Geppetto. Il dit d’un ton irrité :
– Gros yeux du bois, pourquoi me regardez-vous ainsi ?
Pas de réponse.
Alors il fit le nez, mais le nez à peine fini commença à grandir. Il grandit, grandit, grandit tellement qu’il devint, en quelques minutes, un nez d’une longueur incroyable.
Le pauvre Geppetto avait beau s’éreinter à le retailler, plus il le retaillait pour le raccourcir, plus ce nez impertinent s’allongeait
Après le nez, il sculpta la bouche.
Mais la bouche n’était même pas terminée qu’elle commença à rire et à se moquer de lui.
– Arrête de rire ! – dit Geppetto, vexé. Mais ce fut comme s’il parlait à un mur.
– Arrête, je te répète ! – hurla-t-il d’une voix menaçante.
Alors la bouche cessa de rire mais lui tira la langue.
Geppetto, pour ne pas rater son ouvrage, fit semblant de ne rien voir et continua à travailler.
Après la bouche, ce fut au tour du menton puis du cou, du ventre, des bras et des mains.
Les mains achevées, Geppetto sentit qu’on lui enlevait sa perruque. Il leva la tête et que vit-il ? Sa perruque jaune dans les mains de la marionnette !
– Pinocchio !… Rends-moi tout de suite ma perruque !
Mais au lieu de la lui rendre, Pinocchio la mit sur sa tête. La perruque lui mangeait la moitié du visage.
Ces manières insolentes avaient rendu triste Geppetto, comme jamais il ne l’avait été de toute sa vie. Il se tourna vers Pinocchio et lui dit :
– Bougre de gamin ! Tu n’es même pas fini que tu manques déjà de respect à ton père ! C’est mal, mon garçon, c’est mal !
Et il sécha une larme…
Restaient cependant à fabriquer les jambes et les pieds.
Quand Geppetto eut fini, il reçut un coup de pied en plein sur le nez.
– C’est de ma faute – se dit-il alors. J’aurais dû y penser avant. Maintenant c’est trop tard.
Après quoi, il empoigna la marionnette sous les bras et la posa sur le sol de la pièce pour la faire marcher.
Mais Pinocchio avait les jambes raides et ne savait pas encore s’en servir. Geppetto le prit alors par la main et lui apprit à mettre un pied devant l’autre.
Une fois ses jambes dégourdies, Pinocchio commença à marcher tout seul puis il se mit à courir à travers la pièce. Finalement, il passa la porte de la maison, sauta dans la rue et s’enfuit.
Et le pauvre Geppetto de courir derrière lui sans pouvoir le rattraper parce que ce polisson de Pinocchio filait en bondissant comme un lièvre. Ses pieds de bois frappaient le pavé de la rue en faisant autant de tapage que vingt paires de sabots.
Arrêtez-le ! Arrêtez-le ! criait Geppetto, mais les gens, dans la rue, voyant cette marionnette en bois cavalant comme un cheval arabe, étaient enchantés de la regarder et ils riaient, riaient, vous ne pouvez pas savoir comme ils riaient.
Survint heureusement un carabinier qui, entendant tout ce vacarme et croyant qu’il s’agissait d’un poulain qui avait échappé à son maître, se campa courageusement au milieu de la rue, jambes écartées, avec la ferme résolution de l’arrêter et d’empêcher ainsi de plus graves désordres.
Quand Pinocchio se rendit compte que le carabinier barrait la rue, il tenta de le tromper en lui passant entre les jambes mais sa tentative échoua.
Sans bouger d’un pouce, le policier l’attrapa carrément par le nez (c’était un nez tellement démesuré qu’il paraissait n’exister que pour être attrapé par les carabiniers) et le rendit à Geppetto qui, en punition, décida de lui tirer les oreilles. Mais imaginez sa tête quand, cherchant les oreilles, il ne les trouva pas. Et savez-vous pourquoi ? Parce que, dans sa précipitation, il avait tout simplement oublié de les faire.
Il le saisit donc par la nuque et, tout en le ramenant à la maison, lui secouait la tête et le menaçait :
– On rentre. Et quand on sera rentrés, on réglera nos comptes !
A ces mots, Pinocchio se jeta par terre et ne voulut plus marcher.
Immédiatement, curieux et badauds se rapprochèrent et commencèrent à former un cercle autour d’eux.
Chacun donnait son avis. Certains disaient :
– Pauvre marionnette, elle a raison de ne pas vouloir rentrer. Qui sait si elle ne serait pas battue par ce diable de Geppetto !
Et les autres, malicieusement, en rajoutaient :
– Ce Geppetto semble un brave homme ! Mais, en vérité, c’est un vrai tyran avec les enfants ! Si on lui laisse cette marionnette, il est capable de la mettre en pièces !
Ils firent et dirent tant et si bien que le carabinier libéra Pinocchio et conduisit en prison le pauvre Geppetto. Incapable de trouver les mots pour se défendre, il pleurait comme un veau et, tout au long du chemin, murmurait en sanglotant :
– Sale gamin ! Et dire que je me suis donné toute cette peine pour fabriquer une marionnette bien comme il faut ! Tout reste à faire ! J’aurais dû y penser plus tôt !
Ce qui arriva ensuite est une incroyable histoire. C’est cette histoire que je vais vous raconter maintenant.
La malice et l’humour de Collodi est perceptible dans ce « J’aurais dû y penser plus tôt« , qui pourrait être une adresse à celui qui lit l’histoire à son enfant.