Un 28 Aout est né un génie … Johann Wolfgang von Goethe

Quel est le domaine qu’il n’a pas approché, touché, pris dans le creux de la main et caressé, comme on pourrait le faire d’un oiseau, puis lui a donné de l’eau (pas de mie de pain qui lui aurait gonflé le ventre) ?
Lui qui a refusé la séparation nette entre art, science, administration et vie intérieure.

Une pensée de Goethe en rapport avec la perte du sens que peut engendrer la tyrannie des …

Littérature et arts de l’écriture (Le cœur le plus visible de son œuvre.

  • Poésie : lyrique, ballades (Erlkönig), élégies (Élégies romaines), épopées (Hermann et Dorothée), poésie « orientale » (Divan occidental-oriental).
  • Roman : Les Souffrances du jeune Werther (premier best-seller moderne), le cycle de Wilhelm Meister (roman de formation / Bildungsroman), Les Affinités électives.
  • Théâtre / drame : Faust I et II, Iphigénie en Tauride, Egmont, Torquato Tasso, Götz von Berlichingen.
  • Autobiographie : Poésie et Vérité.
  • Récits de voyage : Voyage en Italie.
  • Critique littéraire et esthétique, aphorismes, maximes.
  • Concept de Weltliteratur (littérature mondiale) : intuition d’une circulation internationale des œuvres.
  • Traduction, imitation de formes anciennes (antique, persane, populaire).

Arts visuels, esthétique et collection

Goethe dessinait et aquarellait beaucoup, surtout en Italie. Il n’était pas un grand peintre, mais un observateur et un théoricien.

  • Dessin, aquarelle, étude du nu et de l’anatomie artistique.
  • Critique d’art et histoire de l’art (Antiquité, Renaissance, paysage).
  • Collectionneur d’œuvres, de gravures, de moulages.
  • Aménagement paysager et architecture : participation au parc de Weimar (Park an der Ilm) et à la reconstruction du palais ducal.

Théâtre pratique

Pendant 26 ans (1791-1817), il dirige le théâtre de la cour de Weimar : choix des pièces, mise en scène, direction d’acteurs, répertoire (il défend Mozart notamment). C’est un praticien autant qu’un auteur.Sciences de la natureGoethe considérait souvent ses travaux scientifiques comme aussi importants que sa littérature. Sa méthode : observation qualitative, phénoménologie, recherche de types et de métamorphoses plutôt que réduction mathématique.

  • Botanique et morphologie des plantes : Essai sur la métamorphose des plantes (1790). Idée de la feuille comme organe primordial et de la plante archétype (Urpflanze). Il popularise le terme morphologie.
  • Anatomie comparée / ostéologie : découverte (indépendante) de l’os intermaxillaire chez l’homme (1784) ; théorie vertébrale du crâne ; recherche d’un type ostéologique commun aux mammifères.
  • Zoologie.
  • Optique et théorie des couleurs (Zur Farbenlehre, 1810) : opposition à Newton, accent sur l’expérience visuelle, les couleurs physiologiques et le rôle de l’œil. Influence durable sur des artistes (Turner, Kandinsky…) plus que sur la physique.
  • Géologie et minéralogie : supervision des mines d’Ilmenau, études du granite, collections. Le minéral goethite porte son nom.
  • Météorologie : organisation de stations d’observation, réflexions sur les prévisions.
  • Physique, chimie, histoire naturelle plus largement.
  • Anticipations morphologiques parfois rapprochées plus tard de l’évolution (unité de type, métamorphose), sans qu’il formule une théorie darwinienne.

Il a aussi fondé ou enrichi des collections scientifiques (botanique, géologie, zoologie) à Iéna et Weimar.

Philosophie, psychologie et sciences humaines

Pas un système philosophique au sens kantien ou hégélien, mais une pensée organique très influente.

  • Philosophie de la nature (Naturphilosophie), ontologie du vivant, Bildungstrieb (pulsion de formation).
  • Notion de Bildung (formation de soi) au centre de Wilhelm Meister.
  • Psychologie des caractères, des passions, de l’observation de soi (le « Werther-Effekt » est encore cité en psychologie des médias).
  • Histoire des idées, philosophie des sciences, méthode comparative.
  • Influence sur Hegel, Nietzsche, Steiner, et plus largement sur une tradition phénoménologique et morphologique.
  • Intérêt pour Spinoza, Herder, l’histoire des cultures.

Politique, droit et administration

À Weimar, il n’est pas un poète de cour décoratif : il est un haut fonctionnaire.

  • Études de droit (Leipzig, Strasbourg), brève pratique d’avocat.
  • Conseiller privé, puis ministre du duc Charles-Auguste.
  • Administration des mines, des routes, de la guerre, des finances.
  • Réformes de l’Université d’Iéna.
  • Diplomatie, maintien de l’ordre, politique culturelle.
  • Intérêts pour l’économie, l’agriculture, la sylviculture, l’horticulture.

Musique

Il n’est pas compositeur de premier plan, mais :

  • mélomane, organisateur de spectacles lyriques au théâtre de Weimar ;
  • correspondant proche de Carl Friedrich Zelter ;
  • juge esthétique (préférence pour la clarté classique, réserves face à certains excès romantiques) ;
  • surtout catalyseur : ses poèmes et Faust ont engendré une part immense du Lied et de l’opéra du XIXe siècle (Schubert, Schumann, Beethoven, Liszt, Berlioz, Gounod, Wagner, Mahler…).

Autres domaines explorés

  • Voyage comme méthode de connaissance (Italie surtout, mais aussi Harz, Suisse, Rhénanie, Bohême…).
  • Philologie et langues : italien, français, anglais, latin, grec ; étude du persan et de l’arabe pour le Divan.
  • Religion et théologie : lecture intensive de la Bible, distance vis-à-vis du dogme chrétien, sensibilité panthéiste.
  • Alchimie, hermétisme, Rose-Croix : lectures de jeunesse (Paracelse, etc.) qui irrigueront Faust et certains contes symboliques (Le Serpent vert).
  • Franc-maçonnerie : initié en 1780 à la loge Anna Amalia de Weimar ; aussi lié un temps aux Illuminés de Bavière. Influence plutôt éthique et symbolique que militante.
  • Bibliothéconomie (surveillance des bibliothèques de Weimar et Iéna).
  • Technique, industrie, artisanat.
  • Collectionnisme (minéraux, art, livres).
  • Journal intime, correspondance immense (instrument de pensée autant que de sociabilité).

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