L’HONORABLE MONSIEUR JACQUES – ANDRÉ DHÔTEL – 13

[Tout va très bien …]


 

A PART DES COURSES EN VOITURE - letcr1-s                      

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Extrait du roman « L’Honorable Monsieur Jacques »

de André Dhotel

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A PART DES COURSES EN VOITURE - txt1r


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Non, tout est calme, beaucoup trop calme à mon idée. Depuis des mois pas une farce notable, à part les pétards qu’on a lancés dans la cheminée de Mlle Savary, à part le coq du clocher que le père Varte a parié d’abattre d’un seul coup de fusil, à part des courses en voiture à travers les prés et les trois voitures qu’on a démolies contre des arbres. Oui, à part quelques chats empoisonnés , les gifles échangées par de nobles commères. À part qu’on voulait faire croire que la foudre tomberait tel jour, à telle heure sur le sapin de la Belle Étoile.


Propos en l’air de Boris Vian

LA QUESTION NE SE POSE PAS - letcr1-exp

On pourrait ne voir ici qu’un joli jeu de mot
mais qui connait Boris Vian se doute bien qu’il n’en est rien.

En période de « gros temps »
il y a bien autre chose à faire
que de discourir et théoriser

Oui la mauvaise peur et la mauvaise colère
peuvent nous égarer
mais
faisons (un peu) confiance en la vie qui nous a fait
si de temps à autre
la raison en nous est court-circuitée
c’est peut-être parce que
sans elle
nous trouverons bien mieux et plus vite
notre chemin.

A l’extrême inverse
il n’est pas inutile que celle dont parle Boris ici
vole suffisamment
avant d’atterrir
qu’elle survole assez longtemps le paysage
pour en avoir une représentation assez solide
avant de se poser.

Alors
qu’elle reste encore
un peu dans l’air
on ne lui en voudra pas.

 

LA QUESTION NE SE POSE PAS - txt0r

(A cliquer)

(Merci à Christine Grimard qui a évoqué
cet trait du génial Boris
ici
dans un texte qui parle précisément du vent
et des craintes qu’il suscite
pour ce souviennent de ses excès passés.)

Avec l’espoir que tu me lises un jour – FRANÇOISE GÉRARD – 7

Avec l'espoir que tu me lises un jour - couverture« Avec l’espoir que tu me lises un jour est une longue lettre écrite par une femme amenée à revisiter un passé douloureux. Elle tente ainsi de restaurer un lien qui s’est brisé avec une personne chère »
Françoise Gérard

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici





Slow²Reading

(Où la narratrice évoque la vie et les gens des « Tours », « Barres » et autres immeubles à l’espace intérieur très réduit)

MA TOUR MA BARRE MON IMMEUBLE - letcr1-expo

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MA TOUR MA BARRE MON IMMEUBLE - letcr1-sr

                         —                      

Extrait de « Avec l’espoir que tu me lises un jour »
de Françoise Gérard

Parcours de lecture

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 Le blog de Françoise Gérard
Le vent qui souffle


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Dans la station orbitale que j’occupe au sommet de ma tour sous le couvert des étoiles, je prends des habitudes. Ma tour, ma barre, mon immeuble, je parle dorénavant comme les gens d’ici, locataires de ces cages à lapins depuis des lustres, contents de l’être ou accrochés à l’espoir de s’en évader, mais pour la plupart d’entre eux, résignés… au chômage, au bruit, à la délinquance, à l’exclusion. Dans ma tour, je connais maintenant presque tous mes voisins. Palier gauche dans le sens de la sortie, un jeune musicien qui se dit étudiant pour rassurer les gens, mais qui se fait voleur de portefeuilles quand il n’a pas trouvé mieux à se mettre sous la main, je le sais car je l’ai surpris chez moi en flagrant délit, depuis, on est copains… Palier droit, un jeune couple enamouré qui s’embrasse ou s’engueule, elle, elle fait des ménages dans la journée, lui travaille dans un « Mac Do » le soir..

CANTIQUE DE LA PARANOÏA – DANIEL BOURRION – 3

[Daniel Bourrion nous dresse une liste quasi exhaustive
de tout ce qui, dans ce monde qui ne nous veut que du mal
menace notre sécurité

Il nous indique les moyens de nous défendre.]

Slow²Reading

AFFUTEZ VOTRE CRAYON DE PAPIER - letcr1-exp

Extrait du livre de « recommandations »
« Cantique de la paranoïa »

de Daniel Bourrion

(CA1)

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AFFUTEZ VOTRE CRAYON DE PAPIER - letcr1-sr

Parcours de lecture

AFFUTEZ VOTRE CRAYON DE PAPIER - sr

L’extrait (sur babelio)
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AFFUTEZ VOTRE CRAYON DE PAPIER - txt0r

Daniel Bourrion chez Publie.net

En librairie de Publie.net

Le lire en ligne sur face-ecran

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n’hésitez pas à faire demi-tour lorsque la sortie est proche restez à contre-jour brûlez vos tickets de métro pincez-vous d’heure en heure pour ne pas vous endormir affûtez votre crayon de papier il pourrait vous sauver la vie sachez entendre le murmure des murs les comprendre découpez votre visage sur les photographies de votre enfance effacez des registres vos noms prénoms numéro matricule taille poids stature etc.

HYMNE DE L’UNIVERS – PIERRE TEILHARD DE CHARDIN – 2

La langue poétique d’un scientifique à l’écoute du monde

René Daumal n’aurait pas manqué de remarquer
« Tu aurais pu dire plus simplement :
un homme accompli« 


 

« C’est fait.
  Le feu dans le monde .
Le Feu, encore une fois, a pénétré la Terre…

IL N EST PAS TOMBE BRUYAMMENT - letc1-exp 

Une lecture (à cliquer) guidée
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IL N EST PAS TOMBE BRUYAMMENT - letc1-sr

    

Extrait de l’essai « Hymne de l’univers»
de Pierre Teilhard de Chardin

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Parcours de lecture

IL N EST PAS TOMBE BRUYAMMENT - sr

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C’est fait.
Le feu dans le monde. Le Feu, encore une fois, a pénétré la Terre. Il n’est pas tombé bruyamment sur les cimes, comme la foudre en son éclat. Le Maître force-t-il les portes pour entrer chez lui ?
Sans secousse, sans tonnerre, Sans secousse, sans tonnerre, la flamme a tout illuminé par le dedans. Depuis le coeur du moindre atome jusqu’à l’énergie des lois les plus universelles, elle a si naturellement envahi, individuellement et dans leur ensemble,, chaque élément, chaque ressort, chaque liaison de notre Cosmos, que celui-ci, pourrait-on croire, s’est enflammé spontanément.

 

LE GRAND MEAULNES – ALAIN FOURNIER – 35

[ Les trésors du bohémien déstabilisent la classe]

LES UNS FEUILLETAIENT D UNE MAIN - letc1-s

… et écrivaient la dictée de l’autre main. »

—-

(sans les liens d’un mot à l’autre)

LES UNS FEUILLETAIENT D UNE MAIN - letc1-exp

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Extrait du roman « Le grand Meaulnes » de Alain Fournier

Parcours de lecture

LES UNS FEUILLETAIENT D UNE MAIN - sr
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LES UNS FEUILLETAIENT D UNE MAIN - txt1r

 


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Passèrent aussi des livres tout neufs, dont j’avais, avec convoitise, lu les titres derrière la couverture des rares bouquins de notre bibliothèque : La Teppe aux Merks, La Roche aux Mouettes, Mon ami Benoist… Les uns feuilletaient d’une main sur leurs genoux ces volumes, venus on ne savait d’où, volés peut-être, et écrivaient la dictée de l’autre main.

L’HONORABLE MONSIEUR JACQUES – ANDRÉ DHÔTEL – 12

[Le facteur et la belle*.]

 


* Attention, moment romantique !
Déconseillé aux âmes allergiques (clin d’oeil à )

 

« A l’intérieur, il y avait une superbe feuille blanche. …

CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - letcr1-s

                      

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CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - letcr1-exp

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Extrait du roman « L’Honorable Monsieur Jacques »

de André Dhotel

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Parcours de lecture

CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - sr

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CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - txt0r


Une fois n’est pas coutume, je ne résiste pas à donner cette page en son entier.


Le facteur survint, alors que le ciel ne s’était pas encore voilé. Rosalie l’avait attendu sur le seuil. Quelques prospectus, un journal.
– Rien d’autre ? demanda Rosalie. Comme d’habitude Augustin fouilla dans son sac et feuilleta un paquet de lettres. Il y avait encore au fond de l’air un parfum de rosée. Augustin en triturant son courrier ne manqua pas de regarder à la dérobée le visage et les yeux dorés de Rosalie. Une lettre tomba sur le carreau. Augustin la Rosalie lui saisit le poignet :
– Laissez-moi voir. Je crois que j’ai aperçu mon nom sur l’enveloppe.
– Votre nom ? Pas possible.
Augustin chercha vainement à escamoter la lettre.
– Je lis bien, dit la jeune fille : Rosalie Aumousse, École communale. Mauterre.
– Pas possible, répéta Augustin. Mais il n’y a pas de timbre sur l’enveloppe. Quelqu’un m’aura fourré cette lettre dans mon sac.
– Donnez-moi cette lettre, dit Rosalie.
– Je n’ai pas le droit. Je devrais vous faire payer la taxe. D’abord il me faut savoir qui c’est et lui demander de mettre un timbre.
– Mettez-y un timbre vous-même, et donnez-la-moi.
Augustin semblait désespéré.
– Puisque vous insistez, dit-il enfin. Attendez, attendez… Il tira une feuille de timbres de son sac, en détacha un de façon minutieuse, le colla sur l’enveloppe, puis avec un crayon il fit une croix dessus.
– Voilà, c’est vous qui me direz d’où elle vient cette lettre.
Rosalie la prit et l’ouvrit brusquement.
A l’intérieur, il y avait une superbe feuille blanche. Ce n’était rien d’autre que la lettre imaginaire qu’Augustin adressait à Rosalie depuis un an. Tout récemment la lettre était devenue réelle mais rien qu’en ce qui concerne le papier. Rosalie fit semblant de lire puis elle regarda Augustin droit dans les yeux.
– Une lettre d’amour, dit-elle. Je n’en ai jamais reçu d’aussi belle.
– Alors ça serait indiscret de vous demander qui c’est, dit Augustin d’une voix tremblante.
Il tourna le dos, et fila par la porte de la grille qui était restée entrebâillée et qu’il claqua.
– Augustin ! Augustin ! cria Rosalie. Il n’écoutait rien. Il avait fait pétarader son vélomoteur, rien que pour se rendre en face, au garage de Crépart.
Rosalie s’était avancée derrière les grilles, et regarda entre les rosiers. Ce fut à ce moment qu’un premier nuage dépassa le haut d’une colline et s’immobilisa, tandis que la lumière changeait.

 

 


 

 

 

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MONDELING – GUILLAUME VISSAC & JUNKU NISHIMURA (3)

Slow²Reading

LA VERITE C EST QUE CHACUN - letcr1-exp

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extrait de

« Mondeling »
de Guillaume Vissac  (textes)
et
Junku Nishimura (photographies)

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LA VERITE C EST QUE CHACUN - txt1r


Le site de Guillaume Vissac « Fuir est une pulsion »

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Umberto Agebant a tenu à savoir où chacun d’entre nous nous nous dirigions tous et la vérité c’est que chacun d’entre nous se dirigeait juste au gré du bus là où allait le bus et comme cette vérité nous était inconfortable à chacun et que nous étions tous incapables de dire à l’oral cette simple et seule vérité vraie nous nous sommes contentés de prononcer à tour de rôle des noms de villes ou de villages que nous connaissions ou que nous croyions connaître ou que nous inventions pour l’occasion ou qu’une bouche étrangère nous avait dit un jour pour une raison connue d’elle seule cette bouche tous nous avons joué le jeu du mensonge tous mis à part le chauffeur qui lui a dit je m’en souviens parfaitement et aujourd’hui encore qu’une fois cette course terminée il appelait ce voyage lent vers le sud une course il remonterait jusqu’au lac de Mazvikadei hier encore liquide sec aujourd’hui c’est là-bas qu’il irait »

LE GRAND MEAULNES – ALAIN FOURNIER – 34

[ Le lendemain, après la bagarre ]

IL AVAIT LA TETE ET TOUT UN COTE DE LA FIGURE  -  letc1-s

… qui nous avait volés la nuit précédente. »

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(sans les liens d’un mot à l’autre)

IL AVAIT LA TETE ET TOUT UN COTE DE LA FIGURE  - letcr1-exp

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Extrait du roman « Le grand Meaulnes » de Alain Fournier

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Un extrait plus long qui contient cette citation

IL AVAIT LA TETE ET TOUT UN COTE DE LA FIGURE  - txt1r

 


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Le premier que j’aperçus était celui-là même auquel je ne cessais de penser, mais le dernier que j’eusse pu m’attendre à voir en ce lieu. Il était à la place habituelle de Meaulnes, le premier de tous, un pied sur la marche de pierre, une épaule et le coin du sac qu’il avait sur le dos, accotés au chambranle de la porte. Son visage fin, très pâle, un peu piqué de rousseur, était penché et tourné vers nous avec une sorte de curiosité méprisante et amusée. Il avait la tête et tout un côté de la figure bandée de linge blanc. Je reconnaissais le chef de bande, le jeune bohémien qui nous avait volés la nuit précédente.

NAVIGATION – Marcello Vitali-Rosati – 2 –

[L’auteur évoque ici la musique et plus particulièrement le jazz et d’un lieu qui lui conviendrait particulièrement.]

 

ON DEVRAIT ENTENDRE DU JAZZ - letcr1-exp

Extrait de « Navigations » de Marcello Vitali-Rosati
publié aux éditions publie.net


Une lecture aidée
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ON DEVRAIT ENTENDRE DU JAZZ - letcr1-sr

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Deux extraits lus par Guillaume Vissac

Extrait 1

Extrait 2


On devrait entendre du jazz au milieu de l’océan Atlantique. Car les rêves américains en sont peuplés. De longs pianos recherchent la bonne note, celle qui racontera avec une précision étonnante l’histoire des désirs de tous les passagers. Bien évidemment il n’y a pas de pianos sur les cargos — ou alors enfermés dans un container et sans personne qui puisse en jouer.