L’HONORABLE MONSIEUR JACQUES – ANDRÉ DHÔTEL – 12

[Le facteur et la belle*.]

 


* Attention, moment romantique !
Déconseillé aux âmes allergiques (clin d’oeil à )

 

« A l’intérieur, il y avait une superbe feuille blanche. …

CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - letcr1-s

                      

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(à cliquer)
CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - letcr1-exp

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Extrait du roman « L’Honorable Monsieur Jacques »

de André Dhotel

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Parcours de lecture

CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - sr

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En clair  sur babelio

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CE N ETAIT RIEN D AUTRE QUE LA LETTRE - txt0r


Une fois n’est pas coutume, je ne résiste pas à donner cette page en son entier.


Le facteur survint, alors que le ciel ne s’était pas encore voilé. Rosalie l’avait attendu sur le seuil. Quelques prospectus, un journal.
– Rien d’autre ? demanda Rosalie. Comme d’habitude Augustin fouilla dans son sac et feuilleta un paquet de lettres. Il y avait encore au fond de l’air un parfum de rosée. Augustin en triturant son courrier ne manqua pas de regarder à la dérobée le visage et les yeux dorés de Rosalie. Une lettre tomba sur le carreau. Augustin la Rosalie lui saisit le poignet :
– Laissez-moi voir. Je crois que j’ai aperçu mon nom sur l’enveloppe.
– Votre nom ? Pas possible.
Augustin chercha vainement à escamoter la lettre.
– Je lis bien, dit la jeune fille : Rosalie Aumousse, École communale. Mauterre.
– Pas possible, répéta Augustin. Mais il n’y a pas de timbre sur l’enveloppe. Quelqu’un m’aura fourré cette lettre dans mon sac.
– Donnez-moi cette lettre, dit Rosalie.
– Je n’ai pas le droit. Je devrais vous faire payer la taxe. D’abord il me faut savoir qui c’est et lui demander de mettre un timbre.
– Mettez-y un timbre vous-même, et donnez-la-moi.
Augustin semblait désespéré.
– Puisque vous insistez, dit-il enfin. Attendez, attendez… Il tira une feuille de timbres de son sac, en détacha un de façon minutieuse, le colla sur l’enveloppe, puis avec un crayon il fit une croix dessus.
– Voilà, c’est vous qui me direz d’où elle vient cette lettre.
Rosalie la prit et l’ouvrit brusquement.
A l’intérieur, il y avait une superbe feuille blanche. Ce n’était rien d’autre que la lettre imaginaire qu’Augustin adressait à Rosalie depuis un an. Tout récemment la lettre était devenue réelle mais rien qu’en ce qui concerne le papier. Rosalie fit semblant de lire puis elle regarda Augustin droit dans les yeux.
– Une lettre d’amour, dit-elle. Je n’en ai jamais reçu d’aussi belle.
– Alors ça serait indiscret de vous demander qui c’est, dit Augustin d’une voix tremblante.
Il tourna le dos, et fila par la porte de la grille qui était restée entrebâillée et qu’il claqua.
– Augustin ! Augustin ! cria Rosalie. Il n’écoutait rien. Il avait fait pétarader son vélomoteur, rien que pour se rendre en face, au garage de Crépart.
Rosalie s’était avancée derrière les grilles, et regarda entre les rosiers. Ce fut à ce moment qu’un premier nuage dépassa le haut d’une colline et s’immobilisa, tandis que la lumière changeait.

 

 


 

 

 

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