« L’iris de Suse » – Jean Giono – 18

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« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Dix huitième page,
Tringlot essaie de se faire
à ses nouveaux habits

il ne se reconnait pas sans sa nouvelle apparence


 

« Ça s’arrangera », se dit-il, et il se campa gaillardement le béret sur l’oreille. « C’est approximatif pour le moment, mais je mettrai ça au point petit à petit
[…]
Il prenait de l’aisance. Il était déjà arrivé à combiner son pas et le frottement de ses pantalons.
[…]
Tringlot essaya de passer dans le rond de lumière rouge des lanternes ; il se regarda dans une vitrine. On ne le voyait pas très bien, mais il avait une silhouette normale de trimard, ou de paysan, ou de n’importe quoi …

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C’était parfait.Il tenait beaucoup à être n’importe quoi. (Et à le rester, si Dieu prête vie !)»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 17

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Seizième page,
Tringlot ce paye un petit extra
un plaisir de pauvre
mais pourtant
difficile à satisfaire

(une fois encore) il a de la chance …


 

« Dans un quartier excentrique, une boutique de rien du tout, une espèce de pocharde qui trimbalait quarante kilos de mamelles et une barbe de bouc, mais à l’œil tendre, ouvrit un tiroir plein de croûtes de fromages. …

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Magnifiques ! Des croûtes de roquefort de collection ! A croire qu’elle les aimait elle aussi. »

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 16

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Seizième page,
Tringlot s’équipe

et révèle une part
de ce qui le fascine.


 

« Il entra demander un couteau, mais pas n’importe quel couteau : un Opinel. On le lui donna tout de suite et même on lui en étala tout un choix. Alors là il jubilait ! Il prit un Opinel, bien marqué sur la lame, le plus grand, à cran d’arrêt, naturellement. Que voulez-vous qu’il fasse avec un couteau sans cran d’arrêt ?   …

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Une fois payé, il le soupesa encore au creux de sa main. C’était un bon couteau. Il essaya encore la lame : bien emmanché ! »

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 15

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Quizième page,
Tringlot profite de l’anonymat
que procure la nuit

et se restaure enfin.
A attendre longtemps son repas
un rien lui est … Byzance.


 

« La nuit était tombée. Il allait pouvoir faire des quantités de choses dans ces ombres et ces ronds de lumières rouges. Boire encore, bien entendu, mais d’abord manger. Après il irait chercher des trucs par-ci par-là, sans imprudence.  …

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Il acheta deux sous de pain et trois sous de cervelas.Ce pain était de première bourre et la charcuterie : un luxe !»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 14

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Quatorzième page,
Tringlot est surpris
ou presque
par la ville

et ses lumières.


« Il fut secoué d’un petit rire idiot. Il n’avait pas été pris tout à fait à l’improviste. Depuis un bon moment déjà il avait sur la langue un goût de fumée et dans son nez une odeur de génoises pleines de nids ; il avait même vu dans le soir les zigzags des hirondelles.
En réalité, il croyait que son nez, ses yeux et sa bouche lui faisaient des blagues.
Non, la ville était vraie,  …

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P24 - VIEILLE COMME LES RUES- image

 vieille comme les rues, comme on dit, mais elle fumait et même elle brasillait sous ses réverbères.»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 13

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Treizième page,
Tringlot voit
sans être vu humains, animaux

Et envol effrayé
d’un « petit moineau ».


 

« Il y avait toujours ce type qui engueulait son cheval mais paisiblement, comme une simple formalité. On ne voyait pas l’homme, d’ailleurs ; on ne voyait qu’un gros cheval rouge. Il n’y eut juste qu’un petit pépin :  …

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une fillette sautait à cloche-pied dans une marelle. Une voix de femme la fit s’envoler.»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 12

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Douzième page,
Tringlot dans sa recherche de la discrétion
cherche à se fondre dans la nature

Et se remémore sa fuite précipitée.


 

« Il pouvait très bien dégringoler dans cette sorte de tranchée sans se montrer, surtout en bombant un peu le dos. Il regrettait d’être habillé de son costume « hippique », un peu voyant, mais l’autre soir il avait été obligé de jouer la fille de l’air à toute vitesse. …

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Ça sentait le roussi ! Et à ce moment-là, il ne s’agissait pas de faire l’artiste.»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 11

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Onzième page,
Tringlot traverse divers paysages montagneux

à distance de ce qui, humain ou non,
lui donne vie.


 

« A gauche, une tortueuse vallée encombrée de tertres, resserrée par des parois à plomb couvertes d’yeuses, remontait vers des massifs enchevêtrés. Entrelacé avec un ruisseau scintillant, un petit train d’intérêt local y serpentait. Il faisait des flonflons de fumée, au pas. La gorge étroite où il ahanait amplifiait le martèlement de ses bielles et le trimbalement de ses ferrailles.

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Il traînait à la montée quatre wagons vers une bourgade enfoncée dans des éboulis et les décombres d’une montagne.»

 

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 10

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Dixième page,
Tringlot imagine la conduite de ceux
qui sont à sa recherche.

Et décide de la direction à prendre.


 

« Le cachou et les clefs n’allaient pas se dégoûter si facilement, bien sûr ; ils allaient d’abord faire sentinelle un bon bout de temps au carrefour de la grand-route … après, ils patrouilleraient dans les deux sens jusqu’à une gare d’un côté et de l’autre. Ils ne peuvent pas négliger les gares, les salles d’attente, les horaires. Ils en avaient bien pour tout le jour…

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Il fallait donc s’enfoncer tout de suite et le plus loin possible dans le pays sauvage.»

« L’iris de Suse » – Jean Giono – 9

« C’est aller plus loin que la lune
mais qui le saura »

écrit Jean Giono dans sa présentation du titre.


Neuvième page,
Tringlot en fuite à travers le vert et et ses senteurs
les routes et leurs découpes de l’espace

Une alerte sonne en lui.


 

« Après le passage de la victoria, Tringlot traversa la route, sauta un caniveau et se trouva sur une voie de chemin de fer qui longeait la route.Il enjamba le fil du disque ; il monta une lande qui sentait bon le thym et il entra dans le bois…

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… Sous le couvert il s’arrêta. « La mort attrape d’abord ceux qui courent » , se dit-il. »