« La grande beuverie » – René Daumal – Dialogue laborieux – 1 –

La grand beuverie - en Calabre

Tout ce qui est sans chair et sans émotion vraie, en prend pour son grade dans cette oeuvre truculente.

Plus que jamais, dans notre société qui court-circuite l’être, le monde réel, (et nous avec) est mis au placard.
René Daumal décrit l’intérieur de ce placard avec sa population de 
– découpeur de poil de lapin en quatre : les Scients
– aplatisseurs de mots en galette fine … mais étendue : les Sophes
– extracteurs de bout de pensée à projeter sur une toile, du bronze ou même du néant : les fabricateurs d’objets inutiles.
– …

Mais il ne se contente pas de cela (ce n’est pas un re-bêle)
il nous donne aussi des pistes pour en sortir…de ce placard et retrouver l’espace libre où étendre nos bras, nos émotions, nos pensées.


Dialogue laborieux – 1 –
Il est encore question ici
de la clarté du langage
notamment en ce qui concerne
la capacité de se souvenir
et
en bon traducteur

 


« Quand on a soif, on guette les occasions de boire et, pour le reste, on fait seulement semblant d’y faire attention. C’est pourquoi c’est si difficile, après, de raconter exactement ce que l’on a vécu. Il est très tentant,  »…

  

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lorsqu’on rapporte des événements passés, de mettre de la clarté et de l’ordre là où il n’y avait ni l’un ni l’autre.   »

C’est très tentant et très dangereux. C’est ainsi que l’on devient prématurément philosophe.

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C’est là toute la faiblesse
et la supériorité
de la conscience humaine
sur la « mémoire » (de stockage de la machine)
laquelle ne sait que
restituer ce que l’on a pu y déposer
alors que
notre esprit
(même si Gilles Dowek considère ce concept peu pertinent)
est capable de tordre nos souvenir en tous sens
et d’en extraire
un jus
qui n’y était pas.


Dialogue laborieux 1,  complet (au format pdf) Dialogue Laborieux 01