LES JEÛNEURS – CLOTILDE ESCALLE – 3

[une partie de l’héritage]

J AI EGALEMENT HERITE DE SA - letcr1-exp1


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J AI EGALEMENT HERITE DE SA - letcr-sr

Extrait de
« Les jeûneurs »

de Clotilde Escalle

aux éditions publie.net

Parcours de lecture

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L’extrait
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Extrait plus long

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J’ai hérité du dentier et de tout le reste dont on voulait se débarrasser. N’étais-je pas le digne représentant de mon père ? Képi militaire, spéculums et bistouris, des photos de lui jeune, comme je ne l’avais jamais connu. J’ai également hérité de sa dernière volonté, il me l’a chuchotée avant le « je t’aime » d’usage. Pour solde de tout compte, pour m’amadouer aussi, évidemment. Il désirait que je retourne sur les lieux fastueux du passé, et que je retrouve, outre la trace d’un amour secret, celle d’un meurtre. Dans sa confusion, il ne savait plus ce qu’il avait fait du cadavre, il voulait laisser la place nette. C’est ce qu’il disait, du fond de sa couche, en sueur, la peau collée aux os, crachant tant et plus, cherchant à m’attendrir derrière mon masque blanc de son galimatias de comateux.

LE VILLAGE PATHÉTIQUE – ANDRÉ DHÔTEL – 15


[A l’intérieur de l’autocar
nouvellement réparé.]


 

     MALGRE LA FATIGUE D UNE JOURNEE - letcr1-exp

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MALGRE LA FATIGUE D UNE JOURNEE - letcr1-sr

Extrait du roman « Le Village pathétique »
de André Dhotel

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Parcours de lecture

MALGRE LA FATIGUE D UNE JOURNEE - sr

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MALGRE LA FATIGUE D UNE JOURNEE - txt1r


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Malgré la fatigue d’une journée de moisson, pareille à toutes les autres, chacun paraissait bien éveillé et radieux. Du moins tous les habitants le crurent et c’était absolument faux : l’élan de certaines joies – l’oubliera-t-on à jamais ? – est limité le plus souvent par une sorte d’horizon à la fois sombre et net : azur à contre-jour tranché comme une fin inéluctable, et mêlé de mort et de clarté.

LE MIROIR DE CASSANDRE – BERNARD WERBER – 1 –

CES ETRANGES CLOCHARDS VONT - letcr1-exp

… Et puis… ce n’est jamais facile d’aimer quelqu’un d’aussi bizarre que moi. Je me mets à leur place. »

 

Extrait de «Le miroir de Cassandre»

de Bernard Werber

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CES ETRANGES CLOCHARDS VONT - letcr1-sr

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CES ETRANGES CLOCHARDS VONT - txt1r


— Je sens qu’on fait une grosse connerie, murmure Esméralda pour elle-même. Ça, je suis sûre de ne pas me tromper ; garder une gamine mineure avec nous, c’est une grosse, une très grosse connerie.
— Hé, pitchounette, tu ne nous as toujours pas dit comment tu t’appelles ? signale le Viking.
La jeune fille aux grands yeux gris clair les fixe un par un, puis articule lentement :
— … Cassandre.
Kim glousse à nouveau :
— Ça, c’est bien un prénom de bourge à la con.
— T’as faim ? demande Orlando.
Elle refuse d’un signe de tête.
De lourds nuages ont gommé la lune. De grosses gouttes s’étalent sur le sol et claquent dans les flammes. Une nouvelle averse se prépare. Orlando et Fetnat trouvent des vêtements secs pour leur invitée. Ils lui aménagent une chambre de fortune dans la remise aux conserves. Elle s’installe tant bien que mal sur un lit de journaux tassés, posé sur des boîtes de conserves et recouvert d’un drap sale. Elle pose sa tête sur un sac à pommes de terre bourré de chiffons. Autour d’elle, en guise de décor, encore des boîtes de conserves empilées. Certaines sont gonflées, d’autres mouchetées de rouille. La plupart des étiquettes ont disparu.
Cassandre s’étend, épuisée par les émotions de cette étrange journée, et s’enfonce sous la couverture qui sent la poussière. Un moustique qui a échappé à la pluie tournoie bruyamment sous le plafond en bâche plastique.
Ces étranges clochards vont apprendre à m’aimer. Je crois qu’ils m’aiment déjà un peu. Ils sont juste un peu bourrus. Et puis… ce n’est jamais facile d’aimer quelqu’un d’aussi bizarre que moi. Je me mets à leur place.

UN HIVER DE CANICULE -OLIVIER LAUCOURNET

[Une peur qui ne date pas d’aujourd’hui
mais qui a tendance à s’amplifier
avec le « supplément » de confort ]

MAIS POURQUOI LES CLOCHARDS  - letc1-exp

 

Extrait de «Un hiver de canicule»

de Olivier Laucournet

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MAIS POURQUOI LES CLOCHARDS  - txt0r


Pourquoi, mais pourquoi les clochards font-ils aussi peur aux gens ? Oui, les clochards. Arrêtons avec ses trois horribles lettres qui ne semblent avoir été inventées que pour se cacher encore plus derrière je ne sais quel « alibi ». D’ailleurs, ce soir, je vous propose d’éradiquer SDF de la langue française. Des clochards, voilà ce que nous sommes, des clochards, voici comment on ne doit pas avoir peur de nous appeler. Mais le clochard fait peur. 

CAHIER DE DÉSÉCRITURE – PHILIPPE BERTHAUT – 03

[Tout le projet de Philippe Berthaud
est dans ces mots
serrés entre deux crochets.

Mais ne croyez pas pour cela
qu’il part en thèse]


( …

JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - letcr1-exp

                        …Mon échec sera mon espoir.)

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JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - letcr1-sr

Extrait de  « Cahiers de désécriture»
de Philippe Berthaut

Parcours de lecture

JE FAIS VIBRER CETTE CLOTURE - sr

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(Je fais vibrer cette clôture que le langage crée
 
Jusqu’à le faire éclater comme un cristal détruit par un son suraigu.
 
Mon échec sera mon espoir.)

LIMONOV – EMMANUEL CARRÈRE – 1

OUI IL A ETE CLOCHARD PUIS - letc1-exp

Extrait de « Limonov »

de Emmanuel Carrère

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OUI IL A ETE CLOCHARD PUIS - letc1-rs

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OUI IL A ETE CLOCHARD PUIS - txt0rr


Quand vient son tour de répondre aux questions du public, il fait ce qu’il peut pour être à la hauteur de ce portrait. Oui, il a été clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire américain. Non, son ex-femme n’a pas fait le trottoir à New York, d’ailleurs elle est maintenant mariée avec un comte italien – c’est tout ce qu’il y a de plus vrai et, voyant que le comte italien plaît beaucoup, il se promet de le mentionner chaque fois qu’il en aura l’occasion. Pas de question sur l’homosexualité ni sur les nègres, l’auteur de l’article a fait l’impasse sur le sujet. Il songe à l’aborder lui-même, histoire de jeter un froid, mais juge plus prudent de s’en tenir à cette version de son personnage : un petit prolo qui a su tracer sa route jusqu’au sommet de la jet-set sans se laisser impressionner par les mannequins, les comtesses, la dépravation occidentale ; un mec qui a des couilles et à qui il ne faut pas en conter.

UN HYMNE À LA PAIX (16 FOIS) – LAURENT GRISEL – 3

( …Enfin parce qu’ainsi, au centre des seize hymnes, comme leur axe, on sait que sans Voix de Femme il n’y a pas de paix. *)


Slow²Reading

[la guerre tue … rend autre, mutile aussi …
que faire avec ceux qui reviennent ainsi ?]

« Et …

CES GARS QUE LA GUERRE NOUS A RENDUS - letcr1-exp

(si tu es novice, une lecture plus facile pour commencer
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CES GARS QUE LA GUERRE NOUS A RENDUS - letc1-sr

Extrait du recueil
« Un hymne à la paix (16 fois) »

de Laurent Grisel

Parcours de lecture

CES GARS QUE LA GUERRE NOUS A RENDUS - sr

L’extrait

CES GARS QUE LA GUERRE NOUS A RENDUS - letc1-txt0r

Un entretien avec l’auteur à propos de ce livre
Son site  imagine36tigres

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On accueille la paix, on lui ouvre les bras –
allègres : quitter les usines d’armes,
plus de caisses d’obus ; sortir en plein jour,
le ciel est sans avions.
 
Et ces gars que la guerre nous a
rendus, étrangers, mutilés tous,
on les prend dans nos bras.
On fait vie avec. On refait vie avec.
 
Aller librement dans les ruines,
chercher librement de quoi nourrir,
habiller, bercer – se blottir, se reposer –
ouvrir grand les bras, embrasser,
recevoir les baisers, aimer,
serrer fort.