TRANSOXIANE, épisode #1: Barbe Bleue – GUILLAUME VISSAC (3)

« Misère Balkaï n’est pas une chamane de contes de fées ou de légendes africaines : c’est une traceuse … lorsqu’elle est en état de transes mystiques »

 

 

Slow²Reading

[La seconde vision de Misère Balkaï]

LE JOUR OÙ IL A FINALEMENT - letcr1-exp


Extrait de « Transoxiane, épisode #1 : Barbe-Bleue »
de Guillaume Vissac

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LE JOUR OÙ IL A FINALEMENT - letcr1-s

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Parcours de lecture

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(à cliquer)

 

En clair

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Un extrait plus long
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Un extrait en audio lu par Èric Schulthess

 


Le site de Guillaume Vissac « Fuir est une pulsion »

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les TAGS donnent des mots de la grille.

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J’ai gagné Tbilisi accrochée au thorax d’un homme qui ne faisait qu’un avec sa moto, mais c’est une autre histoire. Je m’étais assise sur le porte-bagage. Après avoir mis un pied en Géorgie, j’ai fini par gagner l’Europe. Pendant ce temps, Alexeï faisait le chemin inverse dans le monde souterrain : il remontait à pied le fleuve de ma vie nomade jusqu’en Transoxiane. C’est de là que je viens, une région qui se situe je crois à la rencontre de pays que vous appelez ici Ouzbékistan et Kazakhstan. Le jour où il a finalement atteint ma Transoxiane natale, sa silhouette a gonflé sous ma peau au niveau des paupières. Je le vois quand je ferme les yeux. Il m’apparaît en rêves et en transes et, par moment, cela peut arriver, en surimpression dans la vie véritable. C’est un lien unique, ibashim comme on dit dans nos langues, qui ne peut se défaire. Comme une ancre. Comme une tache de naissance spontanée.

J’attends – Roland Marx – (chanson)

 

Roland Marx, à travers l’écriture de son texte,  Gérard Delon  par  la musique qu’il a écrite et la voix qu’il lui a prêtée
(et aunryz dans sa proposition de promenade à travers le cimetière de Nicastro)
nous engagent à ne pas trop attendre  … attendre … attendre.

J ATTENDS LA FIN DE LA SEMAINE - letcr1-exp

 

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Sans le cimetière
(ou presque)
J ATTENDS LA FIN DE LA SEMAINE - letcr1-

Parcours de lecture

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En clair

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j’attends la sortie de l’école
pour aller jouer dans le pré

j’attends de choper la rougeole
pour sécher les cours du curé

j’attends parfois des coups de trique

j’attends Noël tout excité
pour avoir un train électrique

j’attends les vacances d’été

j’attends un regard ou un geste
le premier baiser en retour

j’attends qu’elle me dise « Reste ! »
et la première nuit d’amour

j’attends la fin de la semaine

j’attends de réussir mon bac

j’attends qu’un train me la ramène

j’attends de m’inscrire à la fac

j’attends les perms, j’attends la quille

j’attends la relève au portail
au long des jours de pacotille

j’attends de trouver un travail

j’attends de gagner le pactole
dans un boulot moins étouffant

j’attends de changer de bagnole
elle attend mon premier entant

j’attends les fêtes de famille
et l’héritage du tonton

j’attends ma maîtresse à la grille
et la rosette à mon veston
dans ma résidence de Crète

j’attends en jouant au tennis

j’attends l’heure de la retraite
et le mariage de mon fils

j’attends d’entrevoir Dieu le Père
et mes héritiers en grand deuil

j’attends la pelletée de terre
qui fera vibrer mon cercueil

j’attends dans mon trou solitaire
j’attends, j’attends…