Des voix dans l’obscur – Françoise Ascal – 1 –

Certains la craignent d’autres l’affectionnent,
pour d’autres encore elle est une interrogation, un impossible…*

LA SOLITUDE J EN RÊVE - letcr1-exp


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LA SOLITUDE J EN RÊVE - letcr1

Extrait du recueil
« Des voix dans l’obscur »
de
Françoise Ascal
[Imprimé sur la presse typographique d’ Æncrages & Co]

Parcours de lecture
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* Peut-être que cette solitude, n’est qu’un manque, une dépression d’intentions bienveillantes de l’autre ou pire, le résultat d’une entrave à leur perception.

A moins qu’elle ne soit, la submersion des présences extérieures par … la multitude des êtres gris qui nous habitent, et leurs incantations morbides ?


 

la solitude connais pas n’ai jamais connu même au fond de mon corps lorsqu’il ressemble à un puits
la solitude j’en rêve quelquefois
ce serait reposant

vous-mêmes vous connaissez dites-moi quand et comment dites-moi à quel instant vous faites cesser les voix à quel instant les autres tous les autres sortent de votre peau quittent votre cerveau vos pensées vos émotions vos muscles votre souffle à quel instant s’apaise assez le fracas ordinaire pour qu’un vent de solitude caresse votre visage à quel instant vous parvenez à vous détacher de la ronde au point de vous croire seul

MONDELING – GUILLAUME VISSAC & JUNKU NISHIMURA – 5

Slow²Reading

[L’incertain au bord des rails]


 

« mon train partira bien à l’heure…

LE CHAT DE L HEURE IRA TOUT - letcr1-exp

...de mes deux yeux fermés dans mes deux manies grises »

—-

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LE CHAT DE L HEURE IRA TOUT - letcr1

Extrait de

« Mondeling »
de Guillaume Vissac  (textes)
et
Junku Nishimura (photographies)

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Parcours de lecture

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Une proposition de lecture

 


Le site de Guillaume Vissac « Fuir est une pulsion »

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« une voix pose un chiffre
19h33 pile
s’ouvrent les vannes fanées
que fais-je à cet instant précis ?
que font nos proches à cet instant précis ?
que fait quiconque à cet instant précis ?
quel est l’alignement des lunes et des chimères à cet instant précis ?
quel air quelle musique est cet instant précis ?
quelle pensée nous aimante à cet instant précis ?
quels autres femmes ou hommes à cet instant précis ?
qu’ont-ils-elles en commun ?
quelles ombres sémaphores à cet instant précis ?
quel chat sur quelle photo à cet instant précis ?
c’est aussi pour ne plus rien savoir
que l’on enfonce dans ses deux mains une tête et que l’on dit
c’est non »
 
« mon train partira bien à l’heure
le chat de l’heure ira
tout dépend des lumières
de la surface des lunes
des caillots dans le vent
de mes deux yeux fermés dans mes deux manies grises »

D’ici et d’ailleurs – Marie-Christine Grimard – La Bohème – 01

Couverture - d'ici et d'ailleurs

Marie-Christine Grimard
déjà présente dans le refuge de JAN DOETS (les cosaques des frontières) rejoint  les plumes publiées aux éditions Qazaq avec un recueil de nouvelles, histoires courtes (hormis la première).

Qui a déjà rencontré les écrits de l’auteure, ici ou …
sur la toile, ne s’effrayera pas du 13 dans le titre, se doutant bien qu’ici, il ne peut être qu’un porte bonheur.

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq  (de Jan Doets)  ici


[L’étrange fait irruption
dans la nouvelle habitation.]

ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN - letcr1-exp


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ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN -letcr1

Extrait du recueil de nouvelles
D’ici et d’ailleurs de Marie-Christine Grimard

« La bonhème »

Parcours de lecture

LES AMANTS SÉPARÉS AU POINT - s

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ELLE RESTA FIGÉE DEVANT UN - txt1


En voulant poser la viande sur la table pour la découper, elle remarqua un détail qui lui coupa la respiration.
Une sensation de froid intense l’envahit et elle poussa un petit cri qui arracha un grognement sourd au chien. Elle resta figée devant un objet posé en évidence au milieu de la table, qu’elle avait vu le matin même rangé sur l’étagère. C’était un de ses moules à charlotte dans lequel un fouet métallique était soigneusement posé, semblant attendre les ingrédients nécessaires et son savoir-faire. Sarah prit le moule entre ses mains, l’examina puis le retourna comme si elle attendait qu’il lui fournisse une explication à sa présence sur la table.
Le chien continuait de grogner en l’observant, crocs découverts, en fixant le moule du regard.
Décidément, ce qui se passait dans cette maison commençait à l’inquiéter.
Mais Sarah n’eut pas le loisir d’y réfléchir plus avant. Le chien se précipitant vers le corridor, se rua dans l’escalier en jappant. Il disparut à l’étage supérieur et Sarah entendit sa voix se perdre dans les combles de la maison. Elle monta en courant bien décidée à trouver ce qui l’énervait ainsi. Oubliant sa peur, elle le chercha à l’étage dans chaque pièce mais il semblait s’être volatilisé.

CAMPEMENTS – ANDRÉ DHÔTEL – 27

[La privation appelle
un supplément  d’être,
parfois : l’amitié]


LES MOINEAUX VONT ÉCRIRE - letcr11

… Mendiants et poètes« 

Extrait du roman « Campement »
de André Dhotel

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Parcours de lecture

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Un livret dédié à l’oeuvre d’André Dhôtel
(28 extraits provenant de quatorze romans et nouvelles
à redécouvrir en mots liés)
Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

(cliquer sur l’image pour lire le livret)


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Jacques n’avait plus d’avenir, et il songeait que l’hiver allait paraître avec sa neige : Les moineaux vont écrire sur la neige des alphabets incompréhensibles et ils voleront jusqu’aux fenêtres des fermes, mendiants et poètes.

Taille – (MOTS SOUS L’AUBE) – Anna Jouy

 En ses terres virtuelles des mots sous l’aube, Anna Jouy
pose sur racines, tronc et feuilles de la journée

(aube matin  midi  après-midi  soirée  et  nuit)
paroles-échardes et leurs traces

 TU NE DESSINES PLUS DE BOUCLES - letcr1-exp

 

Extrait de « Taille »   (sur  soirée)

de

Anna Jouy

parcours de lecture

TU NE DESSINES PLUS DE BOUCLES - s

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TU NE DESSINES PLUS DE BOUCLES - txt0


Lecture

 


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Taille-crayon. Prendre l’âme et sa pointe toute usée. Les traces au canif faites à l’arrachée se sont noircies. Les doigts qui devaient la manier ont-ils été si sales ou est-ce le charbon qu’il y a à l’intérieur de toi qui coule comme ça et rend les choses si abîmées ? Tu n’arrives presque plus à écrire sans te ronger le bois. Pauvre âme dont le violon la burine d’échardes ! Tu ne dessines plus de boucles légères sur la feuille mais y graves, profondes, des cicatrices. Quelqu’un repassera peut-être dans ces sillons, y touchera ta voix devenue blanche, lui redonnera son ombre carbonée. Prendre l’âme par la mine, détourer à la toupie de lames ces excès ligneux. Faire resurgir le graphite. Sur la table quelques copeaux frangés de rouge, tes écailles de fagot

CAMPEMENTS – ANDRÉ DHÔTEL – 26

[La privation appelle
un supplément  d’être,
parfois : l’amitié]


L ENNUI DES ENFANTS DANS - letcr1

Extrait du roman « Campement »
de André Dhotel

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Parcours de lecture

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Un livret dédié à l’oeuvre d’André Dhôtel
(28 extraits provenant de quatorze romans et nouvelles
à redécouvrir en mots liés)
Pour saluer Dhôtel- livret N°1- 12 aout 2015

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Hélène ne faisait rien à l’école, parce qu’elle bavardait avec Marie, la fille du grand fermier de Saint-Pierre, Monsieur Laurent.
C’était avec la famille de ce fermier que Jeanne s’était liées d’amitié.
Un jour Hélène et Marie furent punies ensemble et enfermées dans la salle d’études.
La salle d’études était pleine d’été. L’ennui des enfants dans cette lumière devint de la tendresse et elles se promirent d’être des amies véritables. Il leur sembla aussi que ce premier serment était le commencement d’une grande aventure.

EN TAXI DANS JÉRUSALEM – SABINE HUYNH – ANNE COLLONGUES – 7

[Et tout se passe comme si la passagère
l’avait fait apparaître]

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - letcr1-exp


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MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - letcr1

Extrait de « En taxi dans Jérusalem »

de Sabine Huynh

(« Les études »)

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parcours de lecture

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L’extrait

MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - txt0

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MA REMARQUE LUI ARRACHE UN - txt1



Une présentation du livre de
Sabine Huynh & Anne Collongues sur publie.net

Un entretien avec Sabine Huynh sur Radio Kol Israel
L’auteure y évoque la réactivité de l’édition numérique en général et de Publie.net en particulier. Elle y donne également des touches de couleur d’ « en taxi dans Jérusalem » … toutes les surprises, plus ou moins agréables, qu’une femme peut avoir en empruntant ce mode de transport dans la cité Israélienne.

Presque dire : son site

 


Les TAGS
donnent des mots de la grille.

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Sa voix ne trahit aucune colère, aucune amertume. Il semble heureux d’être là où il est aujourd’hui, dans son taxi. Il me montre la première page du journal. On y voit le portrait d’un trentenaire souriant.
« Le nouveau millionnaire du pays !, s’écrie le chauffeur, vous voyez, lui, il est allé à l’université et voilà où il en est, millionnaire !
— Mais nous ne savons pas s’il est heureux, dis-je.
— Vous avez raison, nous ne le savons pas. Mais croyez-moi, si j’étais à sa place, je serais très heureux !
— Pourquoi ? N’êtes-vous pas déjà heureux ? Vous me paraissez très satisfait, non ? »
Ma remarque lui arrache un grand sourire, comme s’il venait de découvrir un trésor convoité depuis longtemps.
« Vous avez tout à fait raison ! Je suis satisfait, j’ai du travail ! Et puis je n’ai pas arrêté d’aller à l’université, vous savez ?

CE QUI BERCE CE QUI BRUISSE – JEAN-CLAUDE GOIRI – 2

Ce qui berce ce qui bruisse - couverture

Aujourd’hui, et toujours aujourd’hui, l’utile se trouve dans cette oreille qui écoute le bruit du marteau qui tape, le crissement de l’acier qui entre dans le mur, la poussière de plâtre qui bruine sur la peau, le mur tout entier qui frisonne de pouvoir supporter tout ça, cette oreille dans laquelle bruissent mille autres oreilles.

Et je ne sais que chanter les éloges du bruité aux charnières de l’inutile pour que résonne dans les oreilles autre chose que du bruit.

Et une oreille s’est tournée vers mon bruité pour le transmettre à d’autres.
Celle de Jan Doets.
Merci à lui, celui qui m’accompagne.

(présentation de )Jean-Claude Goiri

Peinture de couverture : Nathalie Oso

disponible aux éditions Qazak (de Jan Doets)  ici

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IL Y A DES JOURS ET DES NUITS - letcr1-exp

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IL Y A DES JOURS ET DES NUITS - letcr1

Extrait du recueil
« Ce qui berce ce qui bruisse » de Jean-Claude Goiri

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Itinéraire de lecture

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Jean-Claude Goiri est aussi sur les sites internet :
http://www.jeanclaudegoiri.com/
http://www.fepemos.com/


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Il y a des jours où je sens la nuit me froisser le regard et déployer les orgues de toutes ces choses à terre que personne ne ramasse, il y a des nuits où je sens le jour frissonner dans son antre et ramasser tout son ciel vers ce point de friction qu’est mon nombril asséché, il y a des jours et des nuits où je ne sens rien d’autre que toi aux paupières si ouvertes que l’on ne voit rien d’autre que nos âmes érigées dans une maison sans toit aux fenêtres ouvertes, il y a des jours et des nuits où il n’y a que ta peau pour contenir mon corps.

La véritable scission dans l’Internationale -« obsolescence programmée »- Internationale Situationniste –

[L’I.S. visionnaire à dans le domaine de la pollution
et de
ce que nous avons récemment nommé « l’obsolescence programmée »
en 1972 ce collectif écrivait : ]


ON A SCIEMMENT INTÉGRÉ L USURE  - letcr1-exp

Sans image

Extrait  de
La véritable scission dans l’internationale. 

circulaire publique de l’internationale situationniste.
de
Guy Debord

Extrait complet

ON A SCIEMMENT INTÉGRÉ L USURE  - txt1

———————–

La classe qui accapare le profit économique, n’ayant d’autre but que de conserver la dictature de l’économie indépendante sur la société, a dû jusqu’ici considérer et diriger l’incessante multiplication de la productivité du travail industriel comme s’il s’agissait toujours du mode de production agraire. Elle a poursuivi constamment le maximum de production purement quantitative, à la manière des anciennes sociétés qui, elles, effectivement incapables de jamais reculer les limites de la pénurie réelle, devaient récolter à chaque saison tout ce qui pouvait être récolté. Cette identification au modèle agraire se traduit dans le modèle pseudo-cyclique de la production abondante des marchandises où l’on a sciemment intégré l’usure aux objets produits aussi bien qu’à leurs images spectaculaires, pour maintenir artificiellement le caractère saisonnier de la consommation, qui justifie l’incessante reprise de l’effort productif et maintient la proximité de la pénurie. Mais la réalité cumulative de cette production indifférente à l’utilité ou à la nocivité, en fait indifférente à sa propre puissance qu’elle veut ignorer [«La victoire de l’économie autonome doit être en même temps sa perte. Les forces qu’elle a déchaînées suppriment la nécessité économique qui a été la base immuable des sociétés anciennes. (…) Mais l’économie autonome se sépare à jamais du besoin profond dans la mesure même où elle sort de l’inconscient social qui dépendait d’elle sans le savoir. (…) Au moment où la société découvre qu’elle dépend de l’économie, l’économie, en fait, dépend d’elle. Cette puissance souterraine, qui a grandi jusqu’à paraître souverainement, a aussi perdu sa puissance.» — La Société du spectacle.], ne s’est pas laissé oublier et revient sous la forme la pollution. La pollution est donc un malheur de la pensée bourgeoise ; que la bureaucratie totalitaire ne peut qu’imiter pauvrement. C’est le stade suprême de l’idéologie matérialisée, l’abondance effectivement empoisonnée de la marchandise, et les retombées misérables de la splendeur illusoire de la société spectaculaire.

Promenoème -Claude Meunier – 2

Couverture-Promenoèmes-3_modifié-1-225x300

Cinquième des invocations du poète
aux lieux du passé

Poème chanson poème promenade
que résume bien le mot ballade
et qui nous aide remonter « sans idée vers le Nord »

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq  (de Jan Doets)  ici


[Ici, regret (ambigu ?)
d’une rencontre interrompue
par l’aube.]

LES AMANTS SÉPARÉS AU POINT - letcr1-exp


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LES AMANTS SÉPARÉS AU POINT - letcr1

Extrait du recueil de poèmes
Promenoème de Claude Meunier

« alba alba jeun’alba »

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alba alba jeun’alba
 
 
alba
alba
prendre le large fille de l’air
et saut du lit fille de l’heure
toujours précipité
et à ce propos mon père disait
tu décanilles à quelle heure
il avait bien compris
se tirer filer fendre l’air

tirer la porte vite vite
alba alba
disparaître au point du jour
pad bruit en caleçon pad bruit
ne rien changer ne pas réveiller
et adieu en silence escampativos
fuir pas tant que ça plus faible
plutôt l’abandon de poste
de la sentinelle du point du jour
pas si grave rien d’irréparable
mon froc et me rechausser sur le palier
passer la cochère prendre l’air
de rien s’arracher se tirer se faufiler

alba alba le poème du saut du lit de l’aube
fille de l’air fille de l’heure fille de l’aube
les amants séparés au point du jour
de l’air sur la pointe des pieds alba alba
et ce côté farceur cachecacheur
et aussi faire plaisir à fuir comme ça sans prévenir
c’est ça que tu voulais hein que je parte que je meure
à l’aube alba alba
la fille de l’air déguisé en courant d’
fuir non pas si grave décaniller
furtif parti l’air de rien
alba
alba