[Almanach] Régine Detambel …

[On y parle aussi des murs du temps.]

Dimanche 9 Juin 2013
Les éditions publie.net donnaient
Martin le bouillant de Régine Detambel

CELUI QUI A INVENTÉ DEMAIN-letcr1-exp

                               

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L’extrait complet

 

Proposition de lecture :


Un soir je suis assis sur le lit dans ma chambre, c’est un soir important parce qu’il faut que je prenne une décision sinon ma mère avec ses idées croches va me jeter dehors. Tout à l’heure, en regardant ses ongles, elle a dit : « Ou tu te conduis correctement, et tu cesses de traîner avec des petits mafieux, ou tu débarrasses le plancher. »
Et je prends donc la décision d’être nickel, pour obéir à ma mère qui m’a pas appelé Martin pour rien. Je suis censé être Martin le Miséricordieux qui distribuait à tour de bras des moitiés de manteau. Pendant que je réfléchis à la meilleure manière de distribuer à tout va des demi-manteaux sans être chaque jour pompé, raplapla, rétamé, je suis distrait par un petit pain au chocolat. Je le considère amoureusement. Je regarde ses yeux qui coulent. Je me le farcis en une seule bouchée, les joues qui enflent, impossible de respirer, je le sens jusque dans mes oreilles, il prend son temps pour descendre, ce salaud de petit pain. Dans l’intervalle j’ai une idée. Je vais me faire tonsurer une étoile filante sur le sommet du crâne, et les gens de la cité Mimosa auront plus qu’à faire un vœu quand je passerai sous leurs fenêtres. Voilà pour la sainteté. Je l’annoncerai demain à ma mère. Maintenant je nourris mes guêpes dans leur cage de papier. La viande est si crue qu’elle est violette. Celui qui a inventé demain, quel con, on est si tranquille maintenant. J’éteins la lumière et je me couche tout habillé.

[Almanach] Jean ROUAUD …

[Le bidonville est-il l’aboutissement du projet
« la ville à la campagne »
voire son dépassement ?]

Mardi 5 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
Les villes fantômes de Jean Rouaud

LA SEULE FAÇON POUR LA CAMPAGNE-letcr1-exp

                               

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Proposition de lecture :


Admettons la proposition mitterrandienne : Le socialisme, c’est la ville. On peut en débattre, mais retenons surtout que dans l’esprit d’un dirigeant éclairé, le socialisme passe nécessairement par la ville. Ce qui dit aussi, en négatif, qu’il se désintéresse totalement de la campagne, qu’il se fiche de réfléchir à son évolution, ou qu’il trouve son cas à ce point désespéré, qu’en une formule il choisit de la rayer de la carte de l’avenir. La seule façon pour la campagne d’embarquer à bord du train du progrès, ce serait donc de se regrouper en cités, et de laisser la nature aux plantes et aux petits oiseaux. C’est ce qu’elle a fait pourtant, pendant deux siècles sous nos contrées, et continue de faire dans les pays du Tiers Monde, mais avec des résultats mitigés. Par exemple, on ne sait même pas combien de paysans ont quitté le peu qu’ils avaient, mais qui n’était pas rien, puisque, aussi misérable fût-il, ce coin de campagne était dépositaire d’une histoire, pour s’entasser dans de gigantesques campements de toiles et de cartons à la périphérie de Mexico et faire de la cité aztèque une nébuleuse de vingt-trois ou vingt-cinq millions d’habitants, nul ne sait, mais dans cette approximation, on aurait de quoi inclure les deux millions de Parisiens. Alors, le socialisme, serait-ce aussi le bidonville ? Ne poussons pas tout de même. Mais le fait est, qu’en retournant la proposition, si le socialisme c’est la ville, quel système politique définit la campagne ? La ville étant perçue comme le laboratoire du progrès, du commerce avec l’autre, de la civilité, de l’échange, du vivre ensemble, si l’on inverse terme à terme les valeurs de ce riant tableau progressiste, on souffre pour nos amis ruraux. Autrement dit : à la ville les lumières, à la campagne l’obscurantisme, à la ville le progrès, à la campagne l’arriération, à la ville le commerce avec l’autre, à la campagne le repli sur soi, à la ville l’échange, à la campagne la thésaurisation, à la ville la civilité, à la campagne les rustres, à la ville l’art de vivre ensemble, à la campagne la haine rance du voisin, d’où, in fine, et ainsi on comprend mieux les arcanes de la pensée du maître de Jarnac : si le socialisme c’est la ville, la campagne, c’est la réaction. Décidément le Maréchal avait bien raison d’être vichyste. La campagne et lui étaient faits pour s’entendre.
D’une autre côté, si la ville s’est constituée massivement avec l’exode rural, que devient son socialisme lorsque le mouvement, comme c’est le cas aujourd’hui, s’inverse ? Ainsi, c’est la première fois depuis deux siècles que les campagnes européennes ne perdent plus d’habitants, que l’hémorragie de l’exode est stoppée, et que les villes, on le voit avec Paris, commencent même à perdre une partie de leur population, qu’elles ne savent pas comment retenir. De sorte que la formule n’est plus d’actualité (sinon ça donne, avec cette image d’une ville qui se dégonfle : le socialisme, c’est une baudruche) et qu’il faut la repenser. Il aurait même fallu commencer à y songer plus tôt. Ce qui fait que certains débats sentent la naphtaline.

[Almanach] Jules Michelet …

[Ce n’est pas tout à fait celle de Charles Trenet.]

Jeudi 7 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
« La mer » de Jules Michelet

DANS TOUTES LES ANCIENNES-letcr1-exp

                               

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Proposition de lecture :


UN BRAVE MARIN HOLLANDAIS, ferme et froid observateur, qui passe sa vie sur la mer, dit franchement que la première impression qu’on en reçoit, c’est la crainte. L’eau, pour tout être terrestre, est l’élément non respirable, l’élément de l’asphyxie. Barrière fatale, éternelle, qui sépare irrémédiablement les deux mondes. Ne nous étonnons pas si l’énorme masse d’eau qu’on appelle la mer, inconnue et ténébreuse dans sa profonde épaisseur, apparut toujours redoutable à l’imagination humaine.
Les Orientaux n’y voient que le gouffre amer, la nuit de l’abîme. Dans toutes les anciennes langues, de l’Inde à l’Irlande, le nom de la mer a pour synonyme ou analogue le désert et la nuit.
Grande tristesse de voir tous les soirs le soleil, cette joie du monde et ce père de toute vie, sombrer, s’abîmer dans les flots. C’est le deuil quotidien du monde, et spécialement de l’Ouest. Nous avons beau voir chaque jour ce spectacle, il a sur nous la même puissance, même effet de mélancolie.

[Almanach] Anne Frank …

[De quoi redonner l’espoir à celle qui avait tout à craindre de l’avenir jusqu’alors.]

Mardi 6 Juin 1944
Anne Franck dans son journal écrivait

D APRÈS LES NOUVELLES ALLEMANDES-LETCR1-EXP

                               

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Le passage


Très chère Kitty,
 
« This is D-Day », a dit la radio anglaise à midi et en effet this is the day, le débarquement a commencé.
Ce matin à huit heures, les Anglais ont annoncé : importants bombardements sur Calais, Boulogne, Le Havre et Cherbourg ainsi que sur le Pas-de-Calais (comme d’habitude). Ensuite les règles de sécurité pour les territoires occupés, toutes les personnes qui habitent à moins de trente-cinq kilomètres de la côte doivent s’attendre à des bombardements. Les Anglais tenteront de jeter des tracts une heure avant l’attaque.
D’après les nouvelles allemandes, des parachutistes anglais ont atterri sur la côte française. Des bateaux de débarquement anglais se battent contre les fusiliers marins allemands. Voilà ce qu’annonçait la B.B.C.
Conclusion de l’Annexe, à neuf heures au petit déjeuner : il s’agit d’un essai, comme à Dieppe il y a deux ans.
Communiqué à la radio anglaise à dix heures, en allemand, en néerlandais, en français et en d’autres langues : « The invasion has begun ! » Donc, le « vrai » débarquement.
Communiqué à la radio anglaise à onze heures, en allemand : discours du commandant en chef des armées, le général Dwight Eisenhower.
Communiqué à la radio anglaise à midi, en anglais : « This is D-Day. » Le général Eisenhower s’est adressé au peuple français en ces termes : « Stiff fighting will come now, but after this the victory. The year 1944 is the year of the complété victory, good luck(1)! »
Communiqué à la radio anglaise à une heure, en anglais (traduit) : 11 000 avions sont appareillés, ils ne cessent de faire la navette pour parachuter des troupes et bombarder l’arriére des lignes. 4 000 navires plus des petits bateaux débarquent les uns après les autres entre Cherbourg et Le Havre. Les armées anglaise et américaine sont déjà au cœur de la bataille. Discours de Gerbrandy, du Premier ministre belge, du roi Haakon de Norvège, de De Gaulle pour la France, du roi d’Angleterre, sans oublier Churchill.
L’Annexe est en émoi. La libération tant attendue arriverait-elle enfin, cette libération dont on a tant parlé mais qui est encore trop belle, trop miraculeuse pour vraiment arriver un jour? Cette année, l’année 1944, va-t-elle nous offrir la victoire ? Nous n’en savons toujours rien pour l’instant, mais l’espoir nous fait vivre, il nous redonne courage, il nous redonne de la force. Car il nous faudra du courage pour supporter les multiples angoisses, privations et souffrances, maintenant il s’agit de garder son calme et de persévérer, mieux vaut s’enfoncer les ongles dans la chair que crier ! La France, la Russie, l’Italie et aussi l’Allemagne peuvent toutes crier de détresse, mais nous, nous n’en avons pas encore le droit ! Oh, Kitty ! Le plus beau du débarquement, c’est que j’ai l’impression que des amis approchent. Ces horribles Allemands nous ont opprimés et mis le couteau sous la gorge pendant si longtemps que les amis et la délivrance, c’est tout pour nous ! Il ne s’agit plus des juifs, il s’agit des Pays-Bas, les Pays-Bas et toute l’Europe occupée. Peut-être, a dit Margot, qu’en septembre ou en octobre je pourrai malgré tout retourner à l’école.
 
Bien à toi,
Anne M. Frank

[Almanach] Arnaud Maïsetti …

[Et la ville s’approche.]

Mercredi 6 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
« Où que je sois encore… » de Arnaud Maisetti

ON IRA UN PEU PARTOUT SE COUCHER-letcr1-exp

                               

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Proposition de lecture :

 


D’ici, de cette chambre où je suis et d’où je vois toute la ville, j’entends les voix qui s’élèvent ; d’ici, je sais les reconnaître – chacune d’elles à son secret, et de là où je suis : voix du dedans, du corps qui montent, voix qui de l’intérieur s’échappent de moi et cessent de m’appartenir – ou voix du dehors, voix qui du soir pénètrent jusqu’ici pour m’atteindre et n’être pas différentes de la mienne : voix qui se dressent et se tordent, voix qui marchent et creusent dans le noir les trottoirs qu’elles arpentent : ces voix qui se perdent et ne se retrouvent jamais ; car d’ici, de cette chambre froide, sentant le tabac froid et humide, je les attends et les compte, voix qui égrènent chaque seconde et les précipitent l’une après l’autre dans l’oubli. Monte alors la lente rumeur du monde débarrassé du jour, la persistance des corps dépouillés de la lumière et de ses masques. Dans la chambre froide et humide, l’air ne manque pas. On le respire à chaque seconde. Tout à l’heure, il fera complètement nuit. On ira un peu partout se coucher en attendant de se réveiller, le lendemain.

[Almanach] Régis Debray …

[Un texte qui est d’une actualité brûlante]*

Jeudi 6 Juin 2013 Gallimard rééditait
Éloge des frontières de Régis Debray (publié en 2010)

POUR CONTRER LE NÉANT-letcr1-exp

                               

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L’extrait complet


*Les frontières (toutes les frontières) sont abstractions, leur contour est donné ou assisté, par les mots.
Mais le mot n’a lui même aucune réalité, il sert tout juste, dans sa version utilitaire à éviter les chocs et à contrôler à distance le réel et ceux qui l’habitent.
Le poète, rechargeur de mot (ou éventreur) réinjecte du sens (en toutes ses couleurs, à commencer par celles que lui donnent les peaux) dans le mot … ce qui le fait souvent sortir de ses gongs.
Le résultat étant, qu’une nouvelle porte est ouverte
(il reste à ce que quelqu’un s’en aperçoive et de surcroît
ait l’envie … de sortir prendre l’air.)


Une idée bête enchante l’Occident : l’humanité, qui va mal, ira mieux sans frontières. D’ailleurs, ajoute notre Dictionnaire des idées reçues (dernière édition), la démocratie y mène tout droit, à ce monde sans dehors ni dedans. Pas de souci. Voyez Berlin. Il y avait un mur. Il n’y en a plus. Preuve que la Toile, les paradis fiscaux, les cyberattaques, les nuages volcaniques et l’effet de serre sont en voie d’expédier nos vieillottes barrières rouge et blanc à l’écomusée, avec la charrue à mancheron de bois, la bourrée auvergnate et le coucou suisse. Aussi tout ce qui a pignon sur rue dans notre petit cap de l’Asie — reporters, médecins, footballeurs, banquiers, clowns, coaches, avocats d’affaires et vétérinaires — arbore-t-il l’étiquette « sans frontières ». L’on ne donne pas cher des professions et associations qui oublieraient sur leur carte de visite ce « Sésame, ouvre-toi » des sympathies et des subventions. « Douaniers sans frontières », c’est pour demain.
Si le mirage était vivifiant, propre à nous fouetter le sang, à nous jeter sur les routes, de tôt matin, le jarret frémissant, il faudrait y consentir d’un cœur léger. Entre une ineptie qui aère et une vérité qui étiole, il n’y a pas à balancer. Depuis cent mille ans que nous enfouissons nos morts chéris dans l’idée qu’ils pourront se retrouver bientôt au paradis, la preuve est faite qu’un trompe-l’œil encourageant ne se refuse pas. Pour contrer le néant, l’espèce a toujours pris le bon parti, celui de l’illusion. Si l’on doit s’élever contre celle-ci, c’est que, sous ses allures mi-scoutes, mi-luronnes, mi-évangéliques, mi-libertaires, elle annonce un bol d’air et garantit un trou à rat.

[Almanach] De grand classiques…

[La première parution ne datait que de 1972.
Le titre de cet article évoque le grand nombre de textes classiques
qui ont été republiés à cette date :
Racine, Maupassant, La Fontaine, Lewis Carrol … et… ]

Le Vendredi 5 Juin 2016 aux éditions Gallimard étaient rééditées Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire.

Le poème dont provient cet extrait est une sorte de redite tissée sur le célébrissime Albatros, l’auteur y poursuit la métaphore de l’oiseau/poète
mais il n’en va pas comme pour une étoffe, en poésie, plus on tisse la trame, plus elle s’use parfois.

HEUREUX CELUI QUI PEUT D UNE AILE -letcr1-exp

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Le poème 


Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
 
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
 
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
 
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;

[Almanach] Daniel Bourrion …

[Des faits qui se rapprochent
alors même que le temps les éloigne de nous.]

Mardi 5 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
Incipit de Daniel Bourrion

QUE LES ARBRES DESSUS OSENT-letcr2-exp

                               

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L’extrait complet

Proposition de lecture :


ces hommes tombés sur les prés lourds autour, sur ces champs de bataille régulièrement recyclés par les pères, les fils, les frères, et que la glaise se hâtait de dévorer, eux tous une fois tombés, de ronger, de digérer, de se les conserver tout au fond d’elle pour qu’il n’en restât rien, pour que toute cette horreur puisse peut-être se voir un matin oubliée, pour que les arbres dessus osent revenir, grossir, se gorger des chairs dessous leur devenant fumier, les emplissant de sève, de sang peut-être, de chuchotements, de ceux que l’on croit deviner en marchant là, dans ces collines aux peaux à peine cicatrisées, à la douceur seulement revenue – poussant à la charrette, se chahutant, nous chahutant dans le bruissement des nuits sans lune durant lesquelles, assis au milieu des couloirs qui tranchent chacune de nos maisons en deux, sur ces chaises où d’autres soupirèrent bien avant nous, nous demeurons à attendre, face à nos portes ouvertes sur la grande soie de la nuit, qu’entrent ceux qui du passé peuvent venir, revenir, le temps d’une insomnie.

[Almanach] Jean-Yves Fick …

[Dans un long poème qui évoque la ville
ce qui la fait ville
ce qui l’immerge dans la durée]

Dimanche 5 Juin 2011
Jean-Yves Fick donnait le poème sans filet 58 (V)

LES ANCRES DE CHAÎNAGE - letcr1-exp

                               

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L’extrait complet

Proposition de lecture :

 

Le lieux d’écriture virtuelle de Jean-Yves Fick : Gammalphabet

Ses recueils chez Publie.net 


De l’une à l’autre rive
ce sont mêmes aspects
qui s’offrent à la vue

dans le peu de lumière

la même cendre prend
en poudre grise aux murs
plaqués de parements

ou les feux du plein jour

les ancres de chaînage
pauvres ou ouvragées
pleurent rouges leurs rouilles

ne passent que les masses

les surplombs d’avenues
horizontales noires
sillonnées d’autres masses

les mouvements s’écroulent
dans leurs propres néants
avec les immobiles

il préfère bien plus
se fier à la danse
des ombres de la flamme

plus vives et légères
dont rien ne le distrait
il arrive qu’il doute

que tout ne soit que songes.

[Almanach] Maryse Hache & Pierre Ménard…

[Ce jour, ils ont fait communiquer leurs lieux virtuels.]

Vendredi 4 Juin 2010
Maryse Hache écrivait sur Liminaire (de Pierre Ménard)
Offrandes et libations

ÇA TRESSE DES COURBURES-letcr1-exp

                               

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Le poème en sa page

Proposition de lecture :

 


 Le même jour, Maryse Hache
suivant le principe des Vases Communicants
accueillait le texte de Pierre Ménard en son Sémenoir

L USURE DU TEMPS-letcr1-exp

Lire le texte entier »l’usure du temps «