
Bêtises ?


…
Oui, pourquoi ?

La rentrée aux éditions Publie.net a vu la publication de « Cor » de Lionel-Édouard Martin.
[Je déteste les bandes annonces des films. Elles empêchent le futur spectateur d’être la page blanche sur laquelle s’écrira SON film. Aussi je ne dirai rien ici de l’histoire elle-même]
L’écriture de l’auteur, sa forme – parfois rude, parfois sinueuse à la manière de la trace des passages réguliers d’une chèvre en montagne– , ses mots – grande proximité , son rythme – qui ne presse pas le pas même dans les moments … d’accident* – m’ont touché
et la présence de COR m’accompagnée d’un bout à l’autre de … sa vie.
* « Toute rupture dans la continuité est un accident » Virilio
Extrait de la page 65 (liseuse) du roman
COR
de Lionel-Édouard Martin
Le roman chez Publie.net : COR
(Aussi en version liseuse
sans la colle poisseuse DRM )
———
Brigetoun donne un autre passage du roman sur « Paumée »
Un article de l’écrivain Marc Villemain, à ne consommer qu’après avoir lu le roman.
Lionel-Édouard Martin chez Publie.net
Avec notamment ces autres publications
(Dans Cratyle pour mémoire grande présence du poète)
Le blog de Lionel-Édouard Martin
(On y trouve « Eléments compact de biographie »
C’est fou la chaleur de son corps, on dirait qu’elle restitue trente ans de soleil pied-noir accumulé, la plaque de fonte des cheminées pareillement recrache la braise, Clarinette c’est le soleil.
Emprunt de la phrase du jour au site italien Aforismi
qui propose un aphorisme par jour.
(26 Septembre 2018)
La citation est de Aleksandr Solženicyn (Alexandre Soljenitsyne)
…
Questo è il motivo per il quale nessun governo ha mai amato i grandi scrittori, ma solo quelli minori.
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La phrase sur le site Aforismi
Une version amputée, de ce qui donne tout son sens à la cette citation, se trouve un peu partout sur la toile
et notamment ici
Emprunt de la phrase du jour au site italien Aforismi
qui propose un aphorisme par jour
(25 Septembre 2018)
La citation est de Nicolas Machiavel (Niccolò Machiavelli)
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L’humanité a, au fil des siècles, augmenté de façon exponentielle sa puissance d’agir sur le monde.
Heureusement (!) cette augmentation a été en grande partie captée par les états d’une part, et les possédants d’autre part.
Le résultat étant que le pouvoir de nuisance de ceux qui « ne sont pas content de leur situation » ou même « ne sont pas content de ce monde » n’ont pas accès à la grande puissance.
Malgré ce mécanisme de régulation les progrès dans les domaines de la communication, de la vitesse, de la reproduction … mettent peu à peu à disposition du tout venant des moyens de nuire qui auraient à eux seul fait gagner une guerre il y a à peine quelques siècles.


Les états savent bien que cette progression est inévitable. Ils n’ignorent pas non plus que les politiques mises en place précisément pour limiter le pouvoir des pauvres et concentrer celui-ci dans les mains des plus riches ne peuvent qu’accroître l’exaspération et augmenter le nombre d’individus potentiellement dangereux pour « la » société.
Les états n’ont donc pas le choix, ces individus qui représentent une menace croissante dès maintenant …

Ainsi les lois « d’exception » vont assurément fleurir au fil des années d’autant que la première mesure évoquée au-dessus commence déjà à s’essouffler.
Il paraît que dans les écoles il y a de plus en plus d’enfants agités que les (nouveaux) films de Walt Disney ne parviennent pas à calmer.
[voir aussi en rapport avec cet article – Richard Powers : des hommes et des arbres ]

Après « l’intelligence des arbres » (qui a convaincu/verti certains et en a fait sourire d’autres) le livre de Richard Powers défend la même cause (la reconnaissance d’une vie ignorée)en utilisant le même chemin : l’arbre dans son roman « L’Arbre-Monde« .

Invité ce jour chez France Culture l’auteur a évoqué tout ce que l’élection de Donald Trump a détruit en 6 mois des efforts faits aux Etats-Unis pour lutter contre la destruction du patrimoine de l’humanité des vivants.
Triste tableau et défense passionnée autant qu’argumentée et raisonnée de Richard Powers dont l’objectif est de prolonger chez son lecteur la révélation qu’il a eu lui même en découvrant ce qu’est (ce qu’il en reste) une forêt primitive, et par là même, toutes les richesses que l’homme brûle chaque jour de façon accélérée. (Donald Trump a récemment rendu « exploitables » des zones de parcs protégés et l’on continue aux USA à couper des « arbres primitifs »)
Il faut bien sur (pour tous ceux qui partagent ce point de vue) louer un tel objectif (en attendant d’apprécier le contenu de son roman). Cependant si on établit un parallèle entre la lutte pour sauver la planète dans laquelle sont engagés les écologistes et le(s) combat(s) pour la liberté et l’égalité qu’ont menés les démocrates convaincus, on peut s’inquiéter des étapes par lesquelles passent de tels entreprises et notamment de la phase ultime.
En effet, chaque fois que, par les moyens ordinaires, ce type de lutte n’a pu triompher, voire même, n’a fait que renforcer ses adversaires en lui donnant des pistes de développement et d’amplification de son emprise, toutes ces fois que au-delà de la déception, le désespoir à envahi les partisans d’une « juste cause », le recours à d’autres moyens que la persuasion, la voie des urnes, la négociation … la guerre civile même a été jugé nécessaire.
Dans le cas de l’écologie, ce type de réaction serait bien plus grave. Car l’ennemi (du vivant que l’on souhaite défendre) serait alors l’humanité elle même.
Ainsi, plus il y aura de gens convaincu du rôle destructeur de l’humanité face à l’ensemble du vivant, plus il deviendra évident que, par la voie des urnes aucun changement n’est possible et, dans le même temps, plus les messages d’alerte feront sentir l’urgence autant que constater les dégâts et plus le désespoir et tout ce qu’il engendre se répandra dans les coeurs et incitera certains à passer à la phase ultime de la lutte.

Certains films évoquent déjà ce possible …
Il n’est pas sans signification que Terry Gilliam réalisateur de l’un d’eux ait récemment donné un film où il évoque Don Quichotte (L’Homme qui tua Don Quichotte)
Le personnage à la queue de cheval a peut-être pensé endosser le rôle 
de l’homme chevaleresque qui lutte contre les méchants géants … en lien avec ce qu’il a appris à l’école et qu’il a parfaitement compris.

[Extrait du Socle commun des compétences
Tout ce qu’il est indispensable
de maîtriser à la fin
de la scolarité obligatoire]
Il était une émission joyeuse et culturelle qui méritait bien sa place :
sur France Culture.
Mais … les temps changent
et la culture (avec un petit c) évoluent
la Culture doit laisser un peu de place à … ce qui arrive
(une émission de FC, présentée par Arnaud Laporte se nommait « Tout arrive ! » Paul Virilio ajouterait … sans la transition du trajet)
C’est ainsi que « Des papous dans la tête » se sont retrouvé déplacés le samedi soir au lieu du merveilleux créneau pour l’écoute en famille (à l’heure du repas dominical)
Cela n’a pas suffit à tuer l’émission …
il faut croire que d’autres projets du même genre (voir une adaptation à la « culture moderne ») étaient prévus, notamment le débarquement de la fée Françoise (Treussard) joviale (et plus) animatrice de l’émission.
La dite fée a préféré arrêter l’aventure avant le massacre.
Un site a été mis en place pour remercier l’équipe (notamment pour ses savoureuses émissions en direct qui mettaient encore mieux en évidence les talents rassemblés*
Petit message personnel
(cliquer sur l’image pour lire plus facilement
… mais ce n’est pas dans l’esprit des papous (sourire)²)
(* Source de l’article Wikipedia

En ces contrées accueillantes
que Jan Doets ouvre aux cosaques égarés
Brigitte Celerier a déposé un poème
un baume
pour ceux qui
comme elle
ont parfois le souhait de
« reposer mon âme »

L’image de fond est empruntée au texte original
(en provenance de l’imagerie cérébrale de l’auteur ?)
disponible à la lecture ici :

Depuis que j’ai lu ce poème
je ne vois plus ces petits êtres
si étranges et vulnérables
du même œil
…
et mon oreille
parvient de temps à autre
à percevoir
leur
invitation à la danse.
Les lieux où
Brigitte Celerier choisit, évoque et lit, en voix, d’autres textes, d’autres auteurs : BRIGETOUN
Ses écrits, ses ciels, son Avignon et le monde qui habite autour :
PAUMÉE
Brigitte Celerier
a publié chez Jan Doets
aux éditions Qazaq « Ce serait … »
J’ai voulu reposer dans mon âme, sur des coussins méditatifs,
seulement des lianes dénudées s’y balançaient aux vents du monde,
un taureau m’attendait, cornes prêtes, pour me diriger,
et des miroirs grimaçaient…
mais il y avait les poissons volants
J’ai voulu me réfugier douillettement dans mon âme,
elle était encombré d’un fatras si emmêlé qu’indistinct,
les lumières rivalisaient jusqu’à s’annihiler,
le seul oiseau était grand, beau, guerrier et taiseux,
mais il y avait les poissons volants
J’ai voulu prendre force calme dans mon âme,
le monde s’y reflétait, brouillé et énigmatique,
les proportions étaient déroutantes, des visages
sombres luisaient dans un coin,
les seuls feuillages étaient des images
mais il y avait les poissons volants
qui ondulaient, dansaient en s’évitant, et s’élançaient vers la lumière,
J’ai plissé les yeux, nié les branches, le taureau,
les images encombrantes, l’oiseau guerrier
et même le tout petit cheval,
pour ne plus voir qu’eux,
et je suis remontée en dansant avec eux

Michel Volkovitch a traduit aux éditions Publie.net les poèmes de douze auteurs grecs contemporains.
(Marigo Alexopoùlou, Vassìlis Amanatìdis, Dimìtris Angelis,
Chrìstos Anghelàkos, Yànnis Antiòkhou, Nikòlas Evandinos,
Katerìna Iliopoùlou, Dimìtris Perodaskalàkis, Hàris Psarras,
Vassìlis Roùvalis, Nìkos Stavròpoulos, et Yànnis Stìggas.)
Cet extrait est tiré du premier poème de ce recueil
« Le traitement de la tristesse »
et a été écrit par Marigo Alexopoùlou**
(Note du recueil : * Antiphon. Sophiste du temps de Périclès, il fonda une sorte de
clinique à Corinthe où il soignait par le « dialogue » les gens qui
souffraient de mélancolie.
Voir aussi ici )
Emprunt de l’image sur la toile sans parvenir à en trouver l’auteur(e)
Le recueil chez Publie.net : Douze Jeunes Poètes
** L’original non floutée de la photographie est dans le recueil, à la suite des 20 poèmes de Marigo Alexopoùlou , où elle évoque son entrée dans l’écriture.
———
Brigetoun en dit un peu plus de ces douze auteurs ici :
https://brigetoun.blogspot.com/2011/10/hopital-poetes-grecs-musique-et-une.html
Michel Volkovitch chez Publie.net
LE TRAITEMENT DE LA TRISTESSE
La clinique d’Antiphon*
était de garde.
Les patients souffraient de mélancolie.
Le couloir blanc de l’hôpital
sentait la tristesse.
Le médicament prescrit par les médecins
était le dialogue :
l’âme devait se désengorger
se vider de sa tristesse.
Le temps de la joie : thème
de la conférence d’aujourd’hui.
Cependant ce temps n’arrivait pas.
la fille mélancolique
le visage collé à la vitre
se demandait
pourquoi la nuit tombe,
pourquoi ceci et pas cela,
cette ridicule conformité aux lois.
Elle n’était pas la seule.
D’autres affligés soupiraient.
Ils attendaient Antiphon.
Douze jeunes poètes • • • 13
Antiphon sortit de son bureau.
Il sourit, sachant qu’il allait rester dans l’histoire,
et dit :
« Ne combattez pas la nature.
La nature sait et vous montrera. »