Promenoème -Claude Meunier – 1

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Cinquième des invocations du poète
aux lieux du passé

Poème chanson poème promenade
que résume bien le mot ballade
et qui nous aide remonter « sans idée vers le Nord »

L’oeuvre est disponible aux éditions Qazaq  (de Jan Doets)  ici


[Ici, une invocation des nuages
de leurs naissances, trajets
et de ce qu’ils emportent.]

AU LOIN L USINE D INCINÉRATION D IVRY - letcr1-exp

 


(sans image
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AU LOIN L USINE D INCINÉRATION D IVRY - letcr1

Extrait du recueil de poèmes
Promenoème de Claude Meunier

« j’invoque les séances nuages »

Parcours de lecture

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En clair

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Un extrait plus long

AU LOIN L USINE D INCINÉRATION D IVRY - txt1


 

j’invoque les séances nuages
et les pensées mal formées et dis
jointes tôt
dans les nuages sommeil

c’est que je passe sur le pont d’Austerlitz
au loin l’usine d’incinération d’Ivry
dont nous étions voisins et que
nous appelions la fabrique de nuages

pensées dis
jointes
dés
assemblées
trouées vidées percées
dans les nuages sommeil

THÉORIE DES ORAGES – LUCIEN SUEL – 4 –

(Ces mots de Lucien Suel évoquent
par ricochet
cette nécessité de ralentir la lecture
de temps à autre
pour épargner la parole

mais pas que.

Ils sont une des origines
du SlowReading²)




LES PHRASES DÉFILENT DANS - gif01

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LES PHRASES DÉFILENT DANS - letcr1


—-

Extrait de  « Théorie des orages »
Poèmes de Lucien Suel 


Parcours de lecture

LES PHRASES DÉFILENT DANS - s

 —

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LES PHRASES DÉFILENT DANS - txt0

 

 Un extrait plus long

LES PHRASES DÉFILENT DANS - txt1


 

 

 Lucien suel chez Qazaq

Lucien Suel sur Publie.net

en son SILO

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Le papier condense la valeur dans le glacis des lignes. Les écrivains, les philosophes augmentent régulièrement, considérablement, la masse de papier.
Ils utilisent des références, des tas de fiches, des dictionnaires, et leur propre mémoire vive. Les vrais écrits naissent du besoin de chauffer l’aire de la bête organique. Ce n’est pas la peine de vous faire un dasein, il est révolu, le temps de l’ânonnement. Les phrases défilent dans la flamme jaune et fuligineuse d’un briquet à essence qui lit à la vitesse de la lumière en brûlant l’être de papier. La table de matière s’effrite entre les pattes du pyromane qui brûle les étapes, lisant d’abord la fin, puis revenant en tête de l’œuvre. Il tourne définitivement la page sur l’écrit, fait des cendres la lumière du texte et crache sa loi.
 
La parole s’envole ; l’écrit crépite.

La rose – Charles L. Harness – 01

[Roman culte dans le domaine de la science fiction, la rose explore les rapprochements possibles entre l’art et la science, l’alliance de l’intuition et de la raison.
Tout au long de l’oeuvre l’auteur montre (?) que le savoir scientifique est souvent une réduction de ce que l’homme peut percevoir du réel par l’ensemble de ses sens utilisés en toute conscience.]


CE PROFIL VU COMME À TRAVERS - letcr1-exp2n

 

(Sans l’image, à cliquer)

CE PROFIL VU COMME À TRAVERS - letcr1

 

Extrait du roman de science fiction (mais pas que) La rose
de Charles L. Harness (son chef-d’oeuvre)

 

Parcours de lecture

CE PROFIL VU COMME À TRAVERS - s

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CE PROFIL VU COMME À TRAVERS - txt0


Extrait plus long

CE PROFIL VU COMME À TRAVERS - txt1


 

 

 


Graduellement comme une sorte de Narcisse des régions infernales, elle se mit à sombrer sous l’empire de l’enchantement bizarre qui émanait de cette image contrefaite.
Elle ne parvenait pas à garder vraiment la notion que cette créature était elle-même.
Ce profil, vu comme à travers des yeux ensorcelés, aurait pu être celui d’un énorme crapaud, et le scintillement de cette métaphore paralysa sa première tentative désespérée d’identification.
De façon vague, elle réalisait qu’elle avait découverte ce qu’elle avait entrepris de découvrir. Elle était effectivement affreuse. Et même plus qu’affreuse.
La métamorphose avait du être progressive, trop lente pour pouvoir dire un jour quelconque : Hier je n’étais pas encore affreuse. Mais même des yeux qui cherchaient à se leurrer ne pouvaient plus nier l’évidence aux effets cumulatifs.
Si lentement… et en même temps si vite. Il lui semblait que c’était seulement la veille qu’elle s’était retrouvée allongée à plat ventre sur la table d’examen de Matthew Bell, mordant sauvagement le petit oreiller pendant qu’il palpait inexorablement, de ses doigts noueux, ses vertèbres dorsales supérieures.

Avant que la ville ne brûle – Cosmas Polìtis

[Histoire, en forme de conte, d’une ville partagée (Smyrne) dans les temps qui ont précédé son embrasement]

Le sang ne se change pas - letcr1-exp

 

Extrait du livre de Cosmas Polìtis
Avant que la ville brûle

Traduit du grec par Michel Volkovitch 

 

Parcours de lecture
(à cliquer)

Le sang ne se change pas - s

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Le sang ne se change pas -txt0

Un extrait plus long
Le sang ne se change pas-txt1

 

 

 

Une présentation du livre


 

Et tandis qu’ils racontaient, voilà que retentit la sirène de l’usine à côté, celle de Kalidònis.
— Tiens, pourquoi ils sonnent la sortie ? Ils ne travaillent pas aujourd’hui.
— Ils ont dû apprendre la nouvelle.
— Mais enfin, ils sont pour les Anglais. Ils ont pris la nationalité.
— Le sang ne se change pas en eau.
— Katerìna ! Laisse le chat et va vite sortir la marmite du feu ! s’écria Styliani en poussant sa fille.
La petite flanqua un coup de poing à Periklis, qui s’apprêtait à lui tirer sa natte, et s’en fut vers la maison, le chaton dans les bras, en jetant des coups d’œil derrière elle.
— Je parie que c’est le gardien de l’usine qui a décidé de faire marcher la sirène. Yòryis Mavrovouniòtis.
Katerìna avait tort de se méfier, Periklis ne la poursuivit pas, ayant trop peur de Styliani.
Les enfants, maintenant que les femmes les laissaient tranquilles, se remirent à discuter entre eux, s’écriant :
— On a gagné ! Ils arrivent ! Ils arrivent !
— Mais enfin, qui arrive ? demanda Kyra Doudou, l’une des femmes.


 

Éléments de philosophie – Alain – 1

[Certains y échappent parfois
on nomme cela
« comportement asocial »]


CHACUN SAIT QUE DANS - letcr1-exp

… connues d’avance. »

CHACUN SAIT QUE DANS - letcr1

(Sans image
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Phrase extraite des  Éléments de philosophie
de Alain (Emile Chartier)

Parcours de lecture

CHACUN SAIT QUE DANS - s

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CHACUN SAIT QUE DANS - txt0

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CHACUN SAIT QUE DANS - txt1


 

Chacun sait que dans les rencontres de loisir l’échange des idées, si l’on peut ainsi dire, se fait par des formules connues d’avance. L’esprit s’y joue tout au plus dans les mots, comme en des variations, sans autre plaisir que la surprise. je vois là un reste des anciennes cérémonies, où l’on avait assez de bonheur à confirmer les signes. Tels sont les vrais plaisirs de société. L’esprit en révolte n’y apporterait qu’une guerre stérile. La dispute vive surprend et rend stupide, par la nécessité de suivre l’adversaire sur son terrain. Mais aussi il faut être enfant pour croire que les victoires en discours établissent jamais quelque vérité. L’imagination est déjà assez puissante sur les formes mal définies ; et il existe même des sophismes de géométrie qui étonnent un moment. À bien plus forte raison, quand on argumente sans figures, et avec les mots seulement, il n’est rien d’absurde qu’on ne formule, rien de raisonnable qu’on ne puisse contester, car les mots n’ont point d’attaches selon le vrai, et, en revanche, ils ont, comme leur origine le fait assez comprendre, une puissance d’émouvoir qui va toujours au delà de leur sens, et qui fait preuve pour l’animal, sans qu’il sache seulement de quoi.

EN TAXI DANS JÉRUSALEM – SABINE HUYNH – ANNE COLLONGUES – 8

[L’oeil de sioux
du tout jeune
chauffeur
de taxi]

VOUS PARLEZ FRANÇAIS VOUS - letcr1-exp


(Sans image,
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VOUS PARLEZ FRANÇAIS VOUS - letcr1

Extrait de « En taxi dans Jérusalem »

de Sabine Huynh

(« La demande en mariage »)

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parcours de lecture

VOUS PARLEZ FRANÇAIS VOUS - s

L’extrait

VOUS PARLEZ FRANÇAIS VOUS - txt0

 (à cliquer)

Un extrait plus long

VOUS PARLEZ FRANÇAIS VOUS - txt1



Une présentation du livre de
Sabine Huynh & Anne Collongues sur publie.net

Un entretien avec Sabine Huynh sur Radio Kol Israel
L’auteure y évoque la réactivité de l’édition numérique en général et de Publie.net en particulier. Elle y donne également des touches de couleur d’ « en taxi dans Jérusalem » … toutes les surprises, plus ou moins agréables, qu’une femme peut avoir en empruntant ce mode de transport dans la cité Israélienne.

Presque dire : son site


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Ses dents sont très blanches. Ses cheveux à la brosse sentent le gel. Sa peau est bronzée. Son visage est rayonnant, même s’il paraît un peu émacié. Il a l’air très jeune. Il porte un jeans marron délavé et un tee-shirt moulant bleu électrique sur lequel je peux lire les mots FOLLOW ME en lettres noires pailletées. Il s’agite sur son siège. Il monte le son, le baisse, change de station de radio. Il me regarde à la dérobée.
« Vous travaillez à la mairie ?
— Non, pas à la mairie, mais à côté.
— Vous ne seriez pas agent du Mossad ou un truc comme ça, par hasard ?
— Non, pourquoi me demandez-vous ça ?
— Je sais pas moi, parce que vous êtes bien habillée, vous paraissez asiatique mais vous parlez français, vous bossez à la mairie, vous avez l’air cool, comme une James Bond girl…
— Je ne travaille pas à la mairie !
— Bon. Vous voulez vous marier avec moi ?

Générateur de … décourcis*

SI TU CROISES L ABSURDE - LETCR1-EXP

                                                                                  …Prends lui la main. »

(en bas de page sans l’image)

 

En clair, chez Lélio Lacaille

 


 

*Le décourci, antonyme du raccourci
n’est pas économe
mais à coup sur
généreux en découverte
celui qui ne craint pas l’usure s’y adonne sans réserve.

Bien sur
chacun a le choix de sa combustion
certains accepterons le sacrifice que suppose la flamme claire
d’autres
préférerons durer à la manière du charbon de bois


 

 

SI TU CROISES L ABSURDE - LETCR1

 


Si tu croises l’absurde au détour d’un chemin et que tu n’épargnes pas aujourd’hui au profit de demain, fais lui confiance prends lui la main.

Le naufrageur – Stevenson – 01

[Merci à la « Bibliothèque Numérique Romande » pour l’édition gratuite de ce livre au format numérique]


 

ELLE AVAIT ABRITÉ SES YEUX - letcr1-exp

(Sans l’image
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ELLE AVAIT ABRITÉ SES YEUX - letcr1


Extrait du roman  Le Naufrageur,
(roman traduit de l’anglais… par L.-M. Zeys)
de Robert Louis Stevenson

Parcours de lecture

ELLE AVAIT ABRITÉ SES YEUX - s

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Un extrait plus long

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Lecture

 


On n’aurait pu découvrir, dans toute la longueur de la rue bordant la plage, une seule créature animée, mais au bout de la jetée, assis sur une pile de vieux effets, se trouvait la curiosité vivante de Taiohaé : le fameux blanc tatoué.
Bien que les grands yeux ouverts de notre personnage semblassent se fixer sur le paysage pittoresque qui se déroulait à l’horizon, il était insensible aux beautés du site et laissait follement vagabonder sa pensée à travers l’espace.
Cependant il fut soudain tiré de son assoupissement par une apparition inattendue. L’accès de la baie n’est pas difficile aux bâtiments ; ils peuvent aisément approcher de l’un ou l’autre des deux îlots qui en gardent l’entrée. Le foc d’un vaisseau émergea brusquement ; bientôt après parurent deux voiles d’avant, et notre rêveur n’avait pas eu le temps de sauter sur ses pieds, qu’un brick contournait l’îlot et se trouvait à l’entrée de la passe.
La ville endormie se réveilla comme par enchantement. De tous côtés accoururent les indigènes, se renvoyant les uns aux autres ce cri magique : « Un vaisseau ! un vaisseau ! » La reine, sous sa véranda, scrutait l’horizon ; pour mieux voir, elle avait abrité ses yeux sous une main, véritable chef-d’œuvre de l’art du tatouage. Le commandant rentra précipitamment pour chercher sa longue-vue ; le gouverneur de la prison courut en hâte vers le port. Enfin, les dix-sept Canaques et le capitaine qui composaient une partie de l’équipage du vaisseau de guerre français se précipitèrent sur le pont. Les marchands et les commis de nationalités diverses s’étaient rassemblés, selon leur coutume, dans la rue, devant le cercle. Tout cela s’était fait en un clin d’œil, avant que le bâtiment eût eu le temps de jeter l’ancre. Quelques minutes plus tard, les couleurs anglaises furent arborées.

 

 

JOURNAL DE LA BROUSSE ENDORMIE – Chants à faire et à défaire – SERGE MARCEL ROCHE – 1



Journal de la brousse endormie - couvertureLes mots de Serge Marcel Roche
à propos de ses poèmes :

(Précédés dans l’oeuvre d’une introduction de Anna Jouy qui met en parallèle deux mondes visibles/invisibles.)

« Poèmes écrits dans la chambre, de nuit.
Lui à la table ne fait rien que chercher
la douceur trop souvent absente du cœur humain,
la cherche dans la forme enneigée de l’effraie,
le nid de l’oiseau-soleil,
le silence du bois,
le coq sur le toit,
les arbres des forêts
et la chair tremblante du vent sous le poids de la gloire.

Vient le jour,
son pendant à porter,
les pistes à départir,
les heures à remonter,
le prochain pas à faire
avec la terre battue du corps
sous le couvert des nuages. »

L’oeuvre est disponible (à ce jour gratuitement) aux éditions Qazaq (de Jan Doets)  ici

 


VIENT LE CRÉPUSCULE DU SOIR - letcr1-exp

                                              

  


(Sans l’image
–  à cliquer – )

VIENT LE CRÉPUSCULE DU SOIR - letcr1

Extrait du recueil de poèmes

 « Journal de la brousse endormie »
de

Serge Marcel Roche

« Chants à faire et à défaire
(Refrain : Il n’y a que) »

Itinéraire de lecture

VIENT LE CRÉPUSCULE DU SOIR - s

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Chants à faire et à défaire
(Refrain : Il n’y a que)
 
 
 
Nous descendions – le sable était de mer – vers les boutiques de la ville, or cet homme-là n’aime pas la mer, mais les regards étaient d’étoiles et les corps de cendre chaude. Au retour les lampes à terre noyaient le jour dans leur lumière, la chambre sans fenêtre sentait le linge humide, le savon, et pour tromper l’angoisse il n’y avait qu’un vieux journal populaire.
 
 
 
Il n’y a que le sable gris du ciel pour servir de carte sur la table du présent où la solitude a mis le couvert. La blanche tristesse du jour désoriente l’horizon, la pensée s’accoude au silence, le cœur saisit le couteau du rêve entre les plis de la saison. Vient le crépuscule du soir qui ramasse les miettes de l’attente, parce que l’on n’a rien d’autre à manger.
 
 
 
Sur la route passe une auto, c’est le même jour qu’hier, le même rouleau de poussière et dans les yeux à peine ouverts des cases la même fatigue qui se lit. Il n’y a guère que le bain dans l’eau vierge de la rivière qui change quelque chose au refrain.
 

 
Dans la nuit il n’y a que la brume et la poussière et le pilon sourd du temps, le son du bois fendu par une femme tard rentrée, une lampe, des mains tendues, la rumeur de la ville coulant vers la frontière, vers un ailleurs ignoré des ombres qui glissent.
 

 
Sur le tranchant du sommeil, devant la case au bord du jour, à la lisière des yeux noirs de la forêt, à la frontière d’un ailleurs sans nom, il n’y a que la cicatrice de la piste dans le regard, le long des reins la cendre tiède, la poussière, la racine amère du matin, le froid laissé par les étoiles, le soleil incertain, la salive jetée en terre, les reliefs du rêve, les franges de la brume, et l’eau de la rivière en bas qui nous attend.