de grands fruits de verre pendent aux yeux… – Anna Jouy

[bien au-delà
du regard
ou des pleurs]

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DES MOUCHES Y VOLENT-letexx

(Lire)

[L’image est empruntée à Anna Jouy
qui depuis quelques temps illustre ces textes d’images de sa main]


 

L’extrait provient du texte « de grands fruits de verre pendent aux yeux… »
publié en les dans la section prosaïques

Le texte complet et son illustration originale

 


 

de grands fruits de verre
pendent aux yeux des femmes
l’amour est une carrière de feu et de sable
on y jette parfois ses amandes
qui crépitent, pauvres noyaux
laissant le parfum et l’huile
dissoudre la chambre et la pupille
elles penchent du côté des images
une vue sur le ciel, une autre sur la mer
une pleine louche d’ambre et d’esquilles
des mouches y volent comme des flammes

[Almanach] naissance des éditions Qazaq …Brigitte Celerier

[Ce serait … les éditions Qazaq
un rêve de Jan Doets
devenu réalité avec … ]

Vendredi 19 Juin 2015
Brigitte Celerier
« Ce serait … »
(extrait de « Ce serait … Isaïe »

CAR IL DANSE ISAÏE-letcr1-exp

                               

(à cliquer pour obtenir le parcours de lecture)

Le texte


Proposition de lecture  :


Les lieux où
Brigitte Celerier choisit, évoque et lit, en voix, d’autres textes, d’autres auteurs : BRIGETOUN

Ses écrits, ses ciels, son Avignon et le monde qui habite autour :
PAUMÉE 


Ce serait … Isaïe
 
Ce serait un jour d’été, ou bien d’automne, ou je ne sais quand.
 
Ce serait dans l’abbatiale de Souillac, en tournant le dos à la nef qui file sous ses coupoles vers la grande conque du choeur, et s’arrêter avant de sortir, les yeux dégringolant le long de la grande pile grouillante de personnages et d’animaux que l’on nomme trumeau, comme si on l’avait tourné, rendu vertical pour épauler notre vision de la porte, nous retenir dans la contemplation de cette chute souple de motifs avant que nous retournions dans le monde.
 
Et il serait là, à côté, contre le mur du fond, à l’embrasure de la porte, tenant le rouleau de ses poèmes qui se déroule jusqu’au sol, et il nous regarderait la tête un peu penchée en arrière dans l’élan de sa danse.
 
Car il danse Isaïe, et dansent les cornes de sa barbe, et dansent les mèches de ses cheveux, et dansent les plis de son manteau qui s’ouvre en coquille ornée pour que joue le corps dans les plis souples que fait, suivant le ventre, le mouvement des hanches et de la jambe droite emportée par la danse, la tunique de lin souple, et danse la tunique qui se relève en ellipse sur la jambe arrière entortillée dans le fin vêtement de dessous, appui près à s’élancer pour que vienne le pas.
 
Car il danse Isaïe, comme une flamme, et il se déhanche, se ploie en arrière, il danse sur la force de ses paroles, de ses oracles, ses condamnations des peuples mauvais, et leur raz de marée, l’histoire à venir de Shebna, de Tyr, d’Edom, les imprécations contre les mauvais conseillers, et la louange, l’écoute, la confiance mise dans le salut, l’annonce.
Et sous le visage sage et doux, la beauté de sa danse ample et calme, même sans entendre sa voix prophétique, nous serait joie, liesse, sourire, force avant de nous laisser sortir dans la lumière du monde.

[Almanach] Jean-Yves Fick …

[Une écriture qui s’inscrit dans le temps de sa pensée
qui ne se renie pas
laisse les traces de ses passages, ses retours,
une écriture qui se dit. ]

Mercredi 22 mai 2013
en ses forêts de poèmes
où les ronces ne sont pas combattus
mais apprivoisés
Jean-Yves Fick , donne
« Du peu« 

LES FLAMMES TOUCHENT-letcr1-exp

                                                                       

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Le poème en son entier
(chez lui)


c’est une poussière
ou même  une ombre

ce le noir du corps
un feu bas brûle

est-ce du le lieu
un un seuil — d’aller  l’ouvert
de vers ce silence
— quoi donne voix

les flammes touchent
à l’inaudible

comme_une cendre
de toute parole.

 

Traverser à tâtons
ce monde à dos d’écailles,
presque un désert pour nous et pas un bout de ciel.

THÉORIE DES ORAGES – LUCIEN SUEL – 4 –

(Ces mots de Lucien Suel évoquent
par ricochet
cette nécessité de ralentir la lecture
de temps à autre
pour épargner la parole

mais pas que.

Ils sont une des origines
du SlowReading²)




LES PHRASES DÉFILENT DANS - gif01

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Sans image

LES PHRASES DÉFILENT DANS - letcr1


—-

Extrait de  « Théorie des orages »
Poèmes de Lucien Suel 


Parcours de lecture

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 —

En clair

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 Un extrait plus long

LES PHRASES DÉFILENT DANS - txt1


 

 

 Lucien suel chez Qazaq

Lucien Suel sur Publie.net

en son SILO

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les TAGS
donnent des mots de la grille.

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Le papier condense la valeur dans le glacis des lignes. Les écrivains, les philosophes augmentent régulièrement, considérablement, la masse de papier.
Ils utilisent des références, des tas de fiches, des dictionnaires, et leur propre mémoire vive. Les vrais écrits naissent du besoin de chauffer l’aire de la bête organique. Ce n’est pas la peine de vous faire un dasein, il est révolu, le temps de l’ânonnement. Les phrases défilent dans la flamme jaune et fuligineuse d’un briquet à essence qui lit à la vitesse de la lumière en brûlant l’être de papier. La table de matière s’effrite entre les pattes du pyromane qui brûle les étapes, lisant d’abord la fin, puis revenant en tête de l’œuvre. Il tourne définitivement la page sur l’écrit, fait des cendres la lumière du texte et crache sa loi.
 
La parole s’envole ; l’écrit crépite.