ça m’manque (confinement j20)

ça m'manque 06 avril 2020 bis2

Tu as beau te raisonner, te dire que
une maison avec un petit jardin
et des milliers d’amis aux pages qui t’attendaient depuis plus de dix ans
cela devrait faire
de ta prison
un paradis.
Tu as beau te dire que tu es un favorisé
et que tu ne vas pas
à l’âge que tu as
recommencer à te sauver par la fenêtre
comme tu le faisais lorsque
le directeur de l’école t’enfermait dans son bureau
parce que tu avais piqué une de ses colères qui te surprenait toi-même
mais dont tu as compris le sens à l’adolescence
lors d’échappées folles en direction de n’importe où.
Tu as beau …
Rien n’y fait
ça t’manque.

L’ HÉSITATION SUR LE CHEMIN À PRENDRE-leNetB-i

Des petits bois qui ne doivent leur survie qu’à un relief si tourmenté qu’il a été impossible de les mettre en culture. Bois dont rien ne se devine pour qui ne franchit pas les ronces qui les entourent. Et surtout pas ces clairières impossibles où le plus pauvre des pique nique est un enchantement et …
Des voies de chemin de fer qui rassurent, si cela était nécessaire, sur la capacité de la nature à digérer l’angle droit.

ça m'manque 06 avril 2020-1

Un peu plus loin que nos vélo, un chemin part sur la gauche, un autre, invisible de là où nous nous trouvons, passe tout près du petit bois qui se trouve sur la droite, reste un bout de champ à traverser jusqu’au trou ménagé dans les ronces et …


 

Pour Gilles (sourire)² L’ HÉSITATION SUR LE CHEMIN À PRENDRE-let-i

Cohérence paradoxale

L'EXCES DE-let

Les deux actions sont comparables et devraient nous orienter vers la mesure.

Plus pragmatiquement, cette sur-réaction défensive repérée, il serait peut-être temps de réviser/moduler les préconisations données à propos de « Ne pas aller contre la réaction de l’organisme »


Sans parler du détournement d’une partie de l’énergie de cette réponse vers des outils au service de tout autre chose que la catastrophe surgie, comme par exemple les drones et personnels consacrés à l’éradication des contrevenants.
Des contacts personnels (à distance)  avec des amis se baladant en VTT dans les forêts ou allant se baigner dans le cours de rivières, m’ont montré que plutôt que de rappeler interdiction et menace, l’évocation de l’accident qui obligerait à détourner pompier, ambulance et chambre d’hôpital, suffit en général à faire prendre conscience à l’autre de la charge d’incivilité et d’inhumanité de son acte.
Mais, le choix a été fait, il est plus facile de faire la guerre, y compris aux contrevenants, que …

S’il arrive qu’il y ait un praticien parmi les « décideurs » …

IL EST LÀ POUR LÉGITIMER-le-i

(Dans cette affirmation
un rien d’excès
… en dose infime.)


 

 

Avec le développement des industries pharmaceutiques modernes, des éditeurs de logiciels propriétaires, des médias numériques centralisés, des grands groupes semenciers et agroalimentaires bio-technologiques, on voit apparaître des industries dont les prix de vente, les marges, le chiffre d’affaires …

ET LA CAPITALISATION-le-i

Pourquoi l’état n’a-t-il pas, pour préserver la santé publique, les mêmes exigences vis à vis de ces industries que vis à vis de la population (qui est pourtant sa raison d’être ! (?)) et de même pour la privation temporaire d’une liberté fondamentale, pourquoi ne fait-il pas voter un ordre de réquisition sur le modèle du décret « du 23 mars 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire« 

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 26 – Tuer la Guerre

Ici, je ne peux que répéter des paroles qui ont un sens nouveau ces derniers jours.

Alors que les mesures prises, sans aucun accompagnement, interdisent
les espaces publics, à ceux qui n’ont que cela pour vivre (ceux par exemple qui vivent à plusieurs dans une chambre d’hôtel social)
l’école, sans que rien n’ait été envisagé pour, non pas la remplacer, mais donner le sentiment que tout ne s’arrête pas du côté de « éducation que donne la nation » (Le groupe (?) qui a concocté ces obligations, n’a pas pensé à réquisitionner en partie les chaines publiques pour proposer au long de la semaine quelques substituts au vide qu’ils créaient ainsi)
les resto … du coeur par exemple, contraints pour un grand nombre, faute de suggestions de ces mêmes décideurs, de fermer leur porte.

« L’état capitaliste ne connaît pas les hommes qui cherchent ce que nous appelons le bonheur, les hommes dont le propre est d’être ce qu’ils sont, les hommes en chair et en os ; il ne connaît qu’une matière première pour produire du capital. Pour produire du capital il a, à certains moments, besoin de la guerre, comme un menuisier a besoin d’un rabot, il se sert de la guerre. L’enfant, les yeux bleus, la mère, le père, la joie, le bonheur, l’amour, la paix, l’ombre des arbres, la fraîcheur du vent, la course sautelante des eaux, il ne connaît pas.

Il ne reconnaît pas dans son état, dans ses lois, le droit de jouir des beautés du monde en liberté. Économiquement, il ne peut pas le reconnaître. Il n’a de lois que pour le sang et pour l’or. Dans l’état capitaliste, ceux qui jouissent ne jouissent que de sang et d’or. Ce qu’il fait dire par ses lois, ses professeurs, ses poètes accrédités, c’est qu’il y a le devoir de se sacrifier. Il faut que moi, toi et les autres, nous nous sacrifiions. A qui ? L’état capitaliste nous cache gentiment le chemin de l’abattoir : vous vous sacrifiez à la patrie (on n’ose déjà plus guère le dire) mais enfin, à votre prochain, à vos enfants, aux générations futures. Et ainsi de suite, de génération en génération. Qui donc mange les fruits de ce sacrifice à la fin ? …

(passage déjà cité)

Oui l’état capitaliste ne connait pas les hommes, ou plutôt, les hommes qui dirigent cette entreprise ignorent tout de ceux auxquels ils adressent leurs ordres de « mobilisation (présentée comme) fraternelle ».


Jean Giono jeune (puisque vers le tard il regrettera ces propos) indique l’action à mener.

« Voilà un être organisé qui fonctionne. Il s’appelle état capitaliste comme il s’appellerait chien, chat ou chenille bifide. Il est là, étalé sur ma table, ventre ouvert. Je vois fonctionner son organisme.

Dans cet être organisé, si j’enlève la guerre, …
JNPgi-26-JE LE DÉSORGANISE-le-i

comme si je sectionnais le 27e centre moteur de la chenille, cette perle toute mouvante d’arcs-en-ciel et indispensable à sa vie. »

F                                                                                         S


« Si des cas d’insubordination ont parsemé les quatre années de guerre, il existe de mai à juin 1917 une crise de discipline globale dans l’armée française. Ces mutineries, dont l’origine s’explique entre autres par les conditions de vie plus que pénibles des soldats, sont représentées par une multitude de pratiques allant de la désertion aux mutilations volontaires. Toutefois, quelle que soit la forme que prennent ces actes d’insubordination, qu’ils soient individuels ou collectifs, ils manifestent tous un refus de faire la guerre. Dans l’armée française, ce sont des dizaines de milliers d’hommes issus d’une centaine d’unités différentes qui refusent de se battre. Cependant, il est extrêmement difficile de mesurer plus précisément le nombre de mutins tant le phénomène de désobéissance est rendu complexe par la variété de son expression. L’indiscipline ne touche pas seulement l’armée française. Toutes les armées ont dû faire face à des cas de désobéissance, certaines les réprimant plus violemment que d’autres. »

Source :  https://buclermont.hypotheses.org/2743
JBLEDUC

 

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 25 – POUR QUI !

En cette période de guerre et de sacrifices demandés à chacun, notamment ceux qui n’ont comme lieux de confort et de rencontre que les espaces publics et les lieux de rencontre, le quotidien est en tel écho avec le texte de Giono que tout commentaire me semble superflu.
(Pardon à ceux qui, engagés dans l’aide à l’autre, pourraient voir ici une contestation de leur implication , au coeur de la souffrance ils ne peuvent que souhaiter son immédiat soulagement et l’éradication locale de ses causes. Le long terme et les implicites sont incompatibles avec leur nécessaire engagement.)


départ engagés

JNPgi-25-NOUS SAVONS DONC-le-i

JNPgi-25b-C’ EST UN DE SES OUTILS-le-i

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 24 – pour qui

Ici L’auteur motive ce refus d’obéissance par un doute. Quand un sacrifice est obligatoire et que ceux qui le refusent sont punis de mort, pour qui est-il vraiment ?


Ce doute, cette interrogation à propos de la justification d’une exigence imposée à des hommes et femmes libres,  est  tout aussi légitime en cette période de panique totale en France et dans le monde à propos d’un danger qui cause moins de décès que la voiture, la grippe et les accidents domestiques.)
Sans qu’il s’agisse de conclure ! La réalité est – quand elle n’est pas aussi brutale qu’en 14-18 – un fin dosage d’intentions, d’actes conditionnés, de suggestions fines, d’infusions lentes et inconscientes.
Rappelons que nous ne mettons pas la ceinture de sécurité pour nous protéger, puisqu’elle est obligatoire, y compris pour les personnes majeures, mais pour épargner à notre prochain un possible surcoût de son assurance santé.


« Il faut que moi, toi et les autres, nous nous sacrifiions. A qui ?

L’état capitaliste nous cache gentiment le chemin de l’abattoir : vous vous sacrifiez à la patrie (on n’ose déjà plus guère le dire) mais enfin, à votre prochain, à vos enfants, aux générations futures. …

JNPgi-24-ET AINSI DE SUITE-le-i


(Plus facile)


(Solution)


« Il faut trouver le moyen de conduire les gens à la mort, sinon, il n’y a plus de guerre possible ; ce moyen, je le connais ; il est dans l’esprit de sacrifice, et non ailleurs »

« Les pertes ? – c’est bien, en effet, le prix dont on paye chaque pas en avant, car on n’avance qu’à coups d’hommes ; vaincre, c’est avancer et tout dépend du prix qu’on voudra y mettre. Ce sont les braves semés sur la route qui, en effet, ouvrent le chemin aux autres. »

Général Lucien Cardot

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 22 – homme rabot

Refuser d’être un outil au service autant de la production industrielle que de la destruction industrielle, pour lui qui ne peut pas oublier ce qu’il en a vu lors de « la grande guerre« , c’est une évidence.


« L’état capitaliste ne connaît pas les hommes qui cherchent ce que nous appelons le bonheur, les hommes dont le propre est d’être ce qu’ils sont, les hommes en chair et en os ; il ne connaît qu’une matière première pour produire du capital. Pour produire du capital …

JNPgi-22-IL A , À CERTAINS MOMENTS-le-i


(Plus facile)


(Solution)


« Épargnons-nous les désillusions de ceux qui, ayant lutté pour Liberté, Égalité, Fraternité, se sont trouvés un beau jour avoir obtenu, comme dit Marx, Infanterie, Cavalerie, Artillerie.

L’évolution du régime a, par la suite, rétabli la guerre comme moyen essentiel de lutte pour le pouvoir, mais sous une autre forme ; la supériorité dans la lutte militaire suppose, de nos jours, la supériorité dans la production elle-même. Si la production a pour fin, aux mains des capitalistes, le jeu de la concurrence, elle aurait nécessairement pour fin, aux mains des techniciens organisés en une bureaucratie d’État, la préparation à la guerre. « 

Simone Weil  (1933)
(source : https://lesamisdebartleby.wordpress.com/2020/01/15/simone-weil-allons-nous-vers-une-revolution-proletarienne%E2%80%89/)

Double Exposure – Maryse Hache & Tina Kazakhishvili

rosa blanda carpohispida

deux  fois   en  une  prairie
joues  de  cerises   où   sont
disparus  jaunes diaphanes

escargots    main  droite  ou
main  gauche   petit  vent  à
devinette   ne   crains    rien

Rosa - CEINTURE FOULARD DOCILES-le-i1

*

 


Double Exposure I Maryse Hache & Tina Kazakhishvili – aux éditions Publie.net

Je ne peux pas oublier : Refus d’obéissance – Jean Giono – 19 – lecture

Jean Giono aime écrire, après avoir longtemps été un grand lecteur, notamment des textes anciens. L’écriture est sa raison de vivre, et particulièrement dans ce texte il clame sa volonté (sa rage même) de toucher, de bouleverser le lecteur.
Mais dans ce passage, il va évoquer une lecture dont il se méfie, celle qui rend l’homme malin.


Hardi les civils pas de restrictions on les a - emprunt pour payer la guerre à l'industrie


« Mais, par ce côté de leur chair qui s’était collé à leurs mères pendant qu’ils étaient encore dans le ventre, ils avaient hérité de l’habitude de l’esclavage.
Cette habitude leur avait permis, bien sûr, comme à moi, d’entrer à la mine comme mineurs, d’être paysans à la ferme que leurs parents avaient affermée, de s’établir épiciers dans la grand’rue. Mais, maintenant qu’il s’agissait de sortir du gouffre tournoyant de la bourgeoisie,
leur hérédité bourgeoise les empêchait d’ouvrir les bras dans le geste ample du nageur.
Une chose aurait dû nous éclairer, je dis-nous, car moi aussi j’étais éperdu d’ardeur et d’indécision. Dès qu’on entre en lutte contre la guerre, on entre en lutte contre le gouvernement. Je me disais : « Tu refuseras de serrer la main aux officiers de carrière. Tu défendras ta porte aux officiers, même si un jour l’un d’eux entre dans ta famille ou si tu te trouvais être l’ami d’un officier qui aurait surpris ton amitié », mais on me disait : « Ça n’est pas leur faute. »
Et, tout en pensant qu’ils auraient pu choisir un autre métier, j’étais obligé de reconnaître que ça n’était pas leur faute. Je me disais : « Tu barreras dans l’Histoire de France de ta fille tout ce qui est exaltation à la guerre.
Mais il aurait fallu tout barrer et comme j’avais malgré tout essayé, l’institutrice vint chez moi et me dit : « Que voulez-vous, monsieur Giono, comment pouvons-nous faire ? »
Quand je revoyais mes amis, ils me répondaient : « Pétrole, pommes de terre, charbon, place, sous, salaires. Il y aura toujours des guerres, qu’est-ce que tu veux, c’est comme ça ». Ils en arrivaient même à me dire : …

JNPgi-19- « C’ EST DANS LA NATURE DE L’ HOMME-le-i


(Plus facile)


(Solution)


Soldat de France, te rappelles-tu la semaine qui précéda ce jour où la patrie cria : « Aux armes ! » ?
Tu n’as pas oublié ces heures d’incertitude passées au calme foyer de ta vie habituelle. Tout d’un coup, à tes oreilles, cet appel laconique : « Le premier jour de la mobilisation est le dimanche 2 août », qui, pour toi, signifiait : « la guerre est déclarée 5 !
Depuis quelques semaines, on suivait les événements extérieurs d’un cœur chaque seconde plus haletant. On dévorait les journaux. On aurait voulu être plus vieux, les heures ne marchaient pas assez vite.
Notre ennemi héréditaire* ne nous laissait aucun doute sur ses intentions belliqueuses, et nous sentions, en cette dernière semaine de juillet, que l’agresseur qui se préparait depuis si longtemps allait bientôt se ruer sur nous.
Mais le danger n’a jamais fait peur aux Français, et l’incertitude faisait bientôt place à l’impatience. Et certains même n’eussent-ils pas été désillusionnés si les affaires s’étaient arrangées !** Aussi le 2 août n’a-t-il pas surpris ton attente fébrile des événements.

[Pour nos soldats : GUIDE DU POILU – Charles Charton]

* Cette mention n’est pas neutre. Elle entérine un nouveau type de guerre. En effet, contrairement à la plupart des guerres du passé pour lesquels chaque belligérant a des « buts de guerre » en terme de territoire, ou de vassalité, ici ce qui est recherché est l’écrasement (plus tard l’éradication) de l’autre.
On retrouve cette tendance dans la politique moderne où, de plus en plus, l’autre est un ennemi avec lequel aucun compromis (voire même négociation) n’est possible. Et où les armes utilisées sont du type ADM (ex : 49-3)

** ! On pensera à ce propos à l’assassinat de Jean Jaurès et à l’acquittement de son meurtrier … acquittement du sans doute la reconnaissance de l’utilité de son geste … évitant aux hommes, pour lesquels il serait si naturel de faire la guerre, d’être terriblement désillusionnés si les tentatives de ce grand pacifiste visant à éviter le déclenchement de ce terrible conflit.