[Almanach] Daniel Bourrion …

[Des faits qui se rapprochent
alors même que le temps les éloigne de nous.]

Mardi 5 Juin 2012
Les éditions publie.net donnaient
Incipit de Daniel Bourrion

QUE LES ARBRES DESSUS OSENT-letcr2-exp

                               

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L’extrait complet

Proposition de lecture :


ces hommes tombés sur les prés lourds autour, sur ces champs de bataille régulièrement recyclés par les pères, les fils, les frères, et que la glaise se hâtait de dévorer, eux tous une fois tombés, de ronger, de digérer, de se les conserver tout au fond d’elle pour qu’il n’en restât rien, pour que toute cette horreur puisse peut-être se voir un matin oubliée, pour que les arbres dessus osent revenir, grossir, se gorger des chairs dessous leur devenant fumier, les emplissant de sève, de sang peut-être, de chuchotements, de ceux que l’on croit deviner en marchant là, dans ces collines aux peaux à peine cicatrisées, à la douceur seulement revenue – poussant à la charrette, se chahutant, nous chahutant dans le bruissement des nuits sans lune durant lesquelles, assis au milieu des couloirs qui tranchent chacune de nos maisons en deux, sur ces chaises où d’autres soupirèrent bien avant nous, nous demeurons à attendre, face à nos portes ouvertes sur la grande soie de la nuit, qu’entrent ceux qui du passé peuvent venir, revenir, le temps d’une insomnie.

[Almanach] Jean-Yves Fick …

[Dans un long poème qui évoque la ville
ce qui la fait ville
ce qui l’immerge dans la durée]

Dimanche 5 Juin 2011
Jean-Yves Fick donnait le poème sans filet 58 (V)

LES ANCRES DE CHAÎNAGE - letcr1-exp

                               

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L’extrait complet

Proposition de lecture :

 

Le lieux d’écriture virtuelle de Jean-Yves Fick : Gammalphabet

Ses recueils chez Publie.net 


De l’une à l’autre rive
ce sont mêmes aspects
qui s’offrent à la vue

dans le peu de lumière

la même cendre prend
en poudre grise aux murs
plaqués de parements

ou les feux du plein jour

les ancres de chaînage
pauvres ou ouvragées
pleurent rouges leurs rouilles

ne passent que les masses

les surplombs d’avenues
horizontales noires
sillonnées d’autres masses

les mouvements s’écroulent
dans leurs propres néants
avec les immobiles

il préfère bien plus
se fier à la danse
des ombres de la flamme

plus vives et légères
dont rien ne le distrait
il arrive qu’il doute

que tout ne soit que songes.

[Almanach] Maryse Hache & Pierre Ménard…

[Ce jour, ils ont fait communiquer leurs lieux virtuels.]

Vendredi 4 Juin 2010
Maryse Hache écrivait sur Liminaire (de Pierre Ménard)
Offrandes et libations

ÇA TRESSE DES COURBURES-letcr1-exp

                               

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Le poème en sa page

Proposition de lecture :

 


 Le même jour, Maryse Hache
suivant le principe des Vases Communicants
accueillait le texte de Pierre Ménard en son Sémenoir

L USURE DU TEMPS-letcr1-exp

Lire le texte entier »l’usure du temps « 

 


 

[Almanach] Robert Badinter – (François Mitterand)…

[Un travail qui serait plus que jamais d’actualité.]

Jeudi 3 Juin 1976
les éditions Gallimard publiaient un travail collectif
préfacé par François Mitterand et Dirigé par Robert Badinter
Liberté, libertés. (Réflexions du Comité pour une charte des libertés)

DANS LA PRATIQUE LES MAÎTRES-letcr1-exp

                               

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Le passage entier


 

La France a une longue histoire. Et les Français ont beaucoup combattu pour leurs libertés. Proclamer à nouveau les libertés acquises, comme si on s’arrogeait le bénéfice de leur découverte, c’est méconnaître qu’elles sont déjà inscrites dans les textes solennels, souvent depuis presque deux siècles.
Aussi, avant d’aller au-delà, il nous a paru nécessaire de prendre la mesure de l’acquis. Ce rapport suscitera trois réflexions. La première est que la France est terre de liberté, puisque ces libertés y sont reconnues pour l’essentiel.
Mais il serait aisé de montrer comment, dans la pratique, les maîtres de l’État s’appliquent souvent à rogner plutôt qu’à conforter ces libertés.
La seconde est que cet acquis des libertés, les Socialistes le revendiquent pour leur. Non pas comme héritiers de la société qui s’achève, mais parce qu’en toutes circonstances. les hommes qui ont lutté pour les libertés ont été les plus opprimés de la société, ou ceux qui avaient choisi leur camp.
Enfin, à considérer l’évolution de ces libertés, il apparaît que la liberté est exigence et action continue.
C’est tout le sens de notre ouvrage.

[Almanach] Guillaume Vissac …

[De son atelier aux mille projets (où il traduit jour après jour l’Ulysse de James Joyce) il a de temps à autre des instants qui ressembleraient presque à des pauses, … mais l’on sait bien que ce n’est guère possible.]

Dimanche 3 Juin 2012
Guillaume Vissac,
après une citation de Roberto Arlt

(« … Vous croyez que les futures dictatures seront militaires ? Non, monsieur … » )

écrivait :

FACE L ÉCRAN N AVOIR RIEN -letcr1-exp

                               

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La page originale sur le site de Guillaume Vissac


Un Ford ou un Edison sont mille fois plus capables de provoquer une révolution qu’un politicien. Vous croyez que les futures dictatures seront militaires ? Non, monsieur. Le militaire ne vaut rien comparé à l’industriel.

Roberto Arlt, Les sept fous, Belfond, traduction Isabelle et Antoine Berman, P.68

Dressons la liste des dépenses fictives mensuelles en cas d’emménagement futur dans l’appart aux briques rouges. Comparaison papier avec la liste réelle des dépenses actuelles (sur laquelle je fous l’oeil pour la toute première fois). Quant au déménagement lui-même, savoir combien de milliers d’euros il coûterait. Derrière nos dos, la journée, Lalapin a mangé une bonne douzaine de livres, pas entier mais partiellement, parmi lesquels des Agatha Christie, Chloé Delaume ou Sébastien Doubinsky. Certains seront jetés, d’autres pas. Litres de confettis sous les lames du parquet. Regard tombe sur la fiole d’hydroxyethyl et toute réalité humaine environnante s’amenuise.

« L’argent fait de l’homme un dieu. Donc Ford est un dieu. Si c’est un dieu, il peut détruire la lune. »

P. 190

Clavier : aucune ligne. Ni tristesse ni retard ni frustration ni rien de tous ces faux trucs là. Simplement constater face l’écran n’avoir rien envie de faire d’autre que constater assis là cette prodigieuse absence d’envie de rien faire. J’y attends.

[Almanach] Dominique Hasselmann …

[Comme à son habitude, il joue avec le mot et l’image
mais ici il ne se contente pas de la langue française.]

Lundi 2 Juin 2014
En ses terres virtuelles MÉTRONOMIQUES

Dominique Hasselmann donnait
« xxxxxxxxxx »
(titre à découvrir)

                     DURA LEX SED SOLEX-letcr1-exp          

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L’article complet


Dominique Hasselmann aux éditions Qazaq

Dominique Hasselmann aux éditions Publie.net


Personne ne songe à le contester. Utilité des travaux menés par la commission docte de surveillance. La commission de surveillance rend des sentences sûres et éclairées au sujet du savon en paillettes et du fil de fer galvanisé. Nous payons pour savoir. Nous atteindrons un jour la stratosphère, ménagères pratiques de sens à un sou près. Ce qui se mange coûte de jour en jour plus cher. C’est la guerre. Il ne faut pas espérer profiter des douceurs et de l’abondance /

[Almanach] Emmanuel Adely …

(Un jour de retard pour cet « anniversaire » d’un texte découvert tard hier soir … )


[Un texte étonnant, incantatoire, qui utilise le mot (bien au-delà de son sens) comme un tambour, un vent, une vague (ou une mer) où la ponctuation (le souffle) est donnée par l’espace. Un texte qu’il est indispensable de lire à pleine voix (j’en donne une proposition … forcément maladroite. Il faut (?) tenter de dépasser les cinq premières minutes pour laisser le temps au climat de s’installer). S’y essayer sur l’extrait donné.  .]

Lundi 1er Juin 2009
Les éditions Publie.net donnaient
« Ce n’est que le début »
de Emmanuel Adely

QUAND ÇA VA COMMENCER -letcr1-exp

                               

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Le passage en son entier

Proposition de lecture :

 


Un autre texte de Emmanuel Adely  ici


Ce n’est que le début c’est juste juste le début le dé ce n’est que le dé le juste le début juste le début de ma vie de ma juste le de de ma le dé de ma de ma vie ça ce n’est que ça ce n’est c’est juste ça le début ça de ma vie ça dis-moi ça que ce n’est que le juste ça le début ça de ma vie ça commence juste ma vie ça commence juste ce n’est que le début de ma juste le dé hein dis-le moi ça juste ça que ce n’est que le dé qu’il y a
plus qu’il y a des que ce n’est que le début ça dis-le moi qu’il y a après le dé le coup de dé après le coup de dé qu’il y a autre chose que ça ça qui n’est que le début que le lancer du dé il y a autre chose après le début après le après le lancer du dé les jeux seront faits mais après hein après les jeux seront faits dis-le moi ça qu’il y a encore dis autre chose dis que ce début autre chose dis ce n’est pas commencé rien n’est commencé je n’ai pas commencé vous enten les jeux ne sont pas faits vous enten les jeux ne sont pas faits vous entendez je n’ai pas ce n’est que le les jeux ne sont pas faits ce n’est pas possible autrement
ce n’est que le début ça un jour ça commence ça va quand ça va commencer hein quand ce n’est que le début quand un jour ça commence vraiment ça va commencer ça démarre un jour ça quand vraiment ça ce n’est pas possible autrement hein vous entendez pas possible ce n’est que le début un jour c’est plus c’est davantage quand c’est beaucoup plus ce sera plus que ça encore plus ce sera plus que ça quand beaucoup plus beaucoup que ce début ce sera un jour c’est plus ce sera plus grand ce sera fort ce sera plus heureux atteint ce sera quand épanoui hein fleuri éclos ce sera complet total hein entier quand

[Almanach] Jean Giono …

[Pour beaucoup de ses lecteurs, un des plus beaux romans de « la première période »]

Vendredi 1 Juin 1934
La Nouvelle Revue Française en son n°249
donnait en Marcel Arland une critique du roman de Jean Giono
« Le chant du monde »
Paru un mois plus tôt chez Gallimard
LOIN LÀ BAS DANS LES COMBES -letcr1-exp

                               

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Le passage en son entier

Proposition de lecture


Loin, là-bas, dans les combes des collines, les oiseaux ne pouvaient pas dormir. Ils venaient écouter le fleuve. Ils le passaient en silence, à peine comme de la neige qui glisse. Dès qu’ils avaient senti l’odeur étrangère des mousses de l’autre côté, ils revenaient en claquant éperdument des ailes. Ils s’abattaient dans les frênes tous ensemble, comme un filet qu’on jette à l’eau. Cet automne dès son début sentait la vieille mousse. De l’autre côté du fleuve on appela : –Antonio !
Antonio écouta.
– C’est toi, Matelot ?
– Oui, je veux te voir.
– Le gué a changé de place, cria Antonio.
– Je viens à cheval, dit le Matelot.
Et on l’entendit pousser à l’eau un gros tronc d’arbre.
– Il doit arriver à peu près aux osiers, pensa Antonio, avec ce nouveau détour du gué le courant doit se balancer par là.
– Oh ! cria Matelot.
Il était déjà arrivé.

[Almanach] Lucien Suel …

[Il écrit dans l’espace, de sa voix, y ouvrant des chemins de mots
comme un explorateur dans la jungle amazonienne de son coupe choux.
Ici aussi ça coupe … mais un tout autre légume.]

Samedi 31 mai 2008
Les éditions Publie.net donnaient
« Coupe Carotte »
de Lucien Suel
« 6″

                     LA COMMISSION DE SURVEILLANCE-letcr1-exp          

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Le passage en son entier

 


Lucien Suel  aux éditions Qazaq

Lucien Suel  aux éditions Publie.net


Personne ne songe à le contester. Utilité des travaux menés par la commission docte de surveillance. La commission de surveillance rend des sentences sûres et éclairées au sujet du savon en paillettes et du fil de fer galvanisé. Nous payons pour savoir. Nous atteindrons un jour la stratosphère, ménagères pratiques de sens à un sou près. Ce qui se mange coûte de jour en jour plus cher. C’est la guerre. Il ne faut pas espérer profiter des douceurs et de l’abondance /

[Almanach] Marc Bonneval …

[Le titre du poème est l’annonce d’un voyage
au cœur du vivant
le poème tient cette promesse. ]

Dimanche 30 mai 2010
Les éditions Ouvres Ouvertes
qui, elles aussi tiennent (depuis 16 ans) la promesse de leur nom
publiaient
de Marc Bonneval
« Du lieu à l’être » (6)

(Poème que Laurent Margantin, donnait
le mois de la disparition de l’auteur )

EST CE PRÉSOMPTION SENTIR-LETCR1-EXP1                               

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Le passage en son entier


Proposition de lecture :


Le poème en son entier se trouve (6 parties) ici 


Le temps est à l’attente. L’attente est le temps.
Et l’attente est sans savoir, et sans sagesse.

Pourtant, l’attente n’est pas aisée, il est besoin de savoir. Et de reconnaître le juste temps de l’attente, pour l’attente.

L’enfant, qui ne sait pas encore qu’il est un enfant, et il l’oubliera. Moi aussi, et j’ai oublié.

La terre nous est-elle familière ? La sécurité que donnent le jour, et la nuit, nous l’avons conquise, et tous les métiers y contribuent.

Sauf l’été méditerranéen, je ne connais pas de moment où le jour soit absolue certitude, et la nuit consolatrice de son ardeur.

Est-ce présomption, sentir que la beauté – de ce paysage, de cette lumière, de ce crépuscule – rejoint la douleur pure ?

Il n’est pas vrai que tout « ici » en vaille un autre : il en est qui ne donnent que le désir d’être ailleurs, il en est dont il ne faudrait jamais partir, dont jamais il n’aurait fallu partir.

Mais on n’aurait jamais su, ni la douleur, ni l’absence, ni peut-être le plaisir. On ne sait jamais ce qu’il faut, tout au plus ce qui a eu lieu, et encore y faut-il et le temps, et toute la distance qui se creuse, d’un lieu à l’autre, d’un temps à l’autre.)

Ce paysage invite à deviner ce qui pourrait être vraiment visible, et que pourtant l’on ne voit pas. Ce n’est qu’au paradis que les bienheureux pourront, et peuvent déjà, contempler pour l’éternité la face de Dieu.

Il n’est pas vrai que le lieu suffise. Le lieu est, et, pour accéder à son être, il y faut davantage que le séjour. Et tout séjour n’est pas présence, et donc joie.